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DES MUSCLES OU ORGANES ACTIFS DE LA LOCOMOTION

La fibre contractile ou musculaire des mammifères est ordinairement rouge, quelquefois assez blanche, et d’autres fois très-brune ou presque noire , sans qu'il paroisse y avoir de rapport entre les différences et les divers modes d'organisations de ces animaux. En général, sa couleur est plus foncée dans ceux qui vivent dans l’eau.

Les muscles, ou la réunion d’un certain nombre de ces fibres contractiles , sous une forme er une direction déterminée, quoique toujours dépendantes de l'enveloppe de l’animal , peuvent cependant être divisés en deux couches ; en :

Cutanés proptement dits, ou ceux qui adhètent réellement à la peau et qui la meuvent; ét en:

Profonds , ou ceux qui appartiennent réellement au squelette, et viennent d'un os pour se terminer à un autre,

Les premiers sont peu importans à cohnoître.

Quant aux derniers, en prenant comme point de départ le canal intestinal, qui peut être considéré justement comme l'axe du corps, ils peuvent être divisés en supérieurs , en inférieurs et en latéraux, qui comprennent ceux des membres.

Ceux de la partie supérieure au canal intestinal sont peut-être les plus importans; ils forment ce qu'on nomme zzuscles de là colonne vertébrale , ce qui comprend ceux qui meuvent la tête , les vertèbres et la queue. .

Les inférieurs forment une série ou presqu’un seul muscle étendu, du pubis jusqu’à la symphyse de la mâchoire inférieure, et dont les fibres sont parallèles et entre-coupées par la réunion des membres et des côtes.

Enfin les latéraux, plus où moins obliques , sont presque toujours formés de deux couches qui se croisent , occupent les flancs, et servent constamment aux mouvemens des côtes.

Les supérieurs, ou de la colonne vertébrale , prenant le système nerveux qu'elle contient pour axe, peuvent être eux-mêmes subdivisés en supérieurs ou extenseurs, en inférieurs ec en latéraux, ou fléchisseurs latéraux,

Les principaux extenseurs , en marchant de la tête à la queue, sont les grands et petits droits de la

tête, et tous les inter-épineux ; quand ils existent ; et ces derniers sont d'autant plus développés , que les mouvemens de telle ou telle verrèbre doivent être plus grands ; le grand et le petit oblique de la tête ; le transversaire épineux , le multifidus d’ Albinus ; muscles qui se portant en général, d'une apophyse transverse ou articulaire à une épineuse , quel-

uefois en sens inverse , produisent réellement D directe de la colonne vertébrale, peuvent aussi produire une sorte de rotation, ou mieux, de flexion latérale, quand ceux d’un côté seulement agissent, Il faut y joindre ceux qui recouvrent les précédens, comme les sacro-lombaires ; le long dorsal et ses dépendances , les splenius , complexus:, digastriques de la tête , ec vous les sacro-coccygiens supérieurs,

Tous les muscles sont ordinairement composés de petits faisceaux charnus très-nombreux , qui se portent , ou directement, ou plus ou moins obliquement , d’une ou plusieurs vertèbres à une autre, à la suivante, ou même à une beaucoup plus antérieure ou plus postérieure , comme pour la tête ou la queue; ils forment des muscles véritablement complexes dans leur composition et leur action.

En général ils sont développés proportionellement aux mouvemens permis de telle ou celle partie de la colonne vertébrale, et la longueur de leurs fibres est également proportionelle à l'étendue du mouvement.

Les muscles fléchisseurs de cette colonne vertébrale n'existent qu’au cou et aux lombes ; ce sont le petit et le grand droit antérieur de la têr2, le long du cou , le perit psoas , les sous-caudiens.

Les muscles latéraux sont le perir droit latéral , les inrer-transversaires , le carré des lombes , les coccygiens latéraux ; tous muscles également complexes.

Les muscles inférieurs au canal intestinal sont érendus entre la symphyse du menton et celle du pubis : ce sont, en allant d'avant en arrière, les génio-hyoïidiens ; hyo-glosse et thyro-hyoïdiens , sterno-hyoëdien et sterno-thyroïdien ; er enfin le grand droit de l'abdomen , qui va quelquefois de la première côte au pubis,

Enfin, les muscles latéraux se divisent, comme il a été dir plus haut, en ceux des côtes et ceux des membres.

Ceux des côtes sont les inrer-costaux , qui peuvent être divisés en abaisseurs et en élévateurs, ou en externes et en internes.

Les muscles latéraux les plus antérieurs sont ceux

qui

qui meuvent la mâchoire inférieure ; les élévateurs sont le masséter et le temporal qui ne font réellement qu'un muscle, ec les prérygoïdiens interne et externe : l’abaisseur est le digastrique.

Entre la mâchoire inférieure et l'os hyoïde, il y à pour celui-ci un élévateur qui est le sty/o-hyoïdien, et un abaisseur qui est Le scapulo-trachélien.

Au-delà viennent les appendices simples, qu'on nomme côces ; 1l faut regarder comme élévateurs des premières les scaiènes , ensuite les sur et souscostaux , les inter- costaux internes et externes ». même les sous -srernaux , enfin les deux oëliques de l'abdomen et le transverse |, comme des muscles de ces anpendices. Les sterno et cleido-mastoidiens appartiennent aussi à cette cathégorie.

muscles des extrémités antérieures. Quant au ndices complexes où membres, les sources ou l’origine des muscles qui meuvent les différentes parties qui les composent, sont toujours les muscles élévateurs et abaisseurs qui, ayant entouré la racine de l'appendice, se sont divisés en quatre sections.

Le sous-clavier est évidemment l’analogue d'un intercostal ou abaisseut de l'appendice.

Le srapèze en est l’élévateur ; et quoique réellement 1l soir supérieur au canal intestinal, il est cependant lanalogue d’un surcostal ; il en est de même de l’angulaire de l'omoplate et même du rhomboïde.

Le grand dentelé est l'abmisseur de cette partie de la côre ou de l’omoplate ; il semble qu'il en est de mème du perit pectoral.

Ces divers muscles offrent des différences assez nombreuses, suivant que le membre antérieur a dû servir d'organe de sustentation ou de préhension digitale ; dans le premier cas, le grand dentelé devient extremement puissant , et au contraire le sousclavier et le petit pectoral disparoissent.

Le membre lui-même est mu en totalité sur son pédicule par une série de faisceaux musculaire qu'on peut diviser en tracteurs en avant, en arrière, en haut et en bas; en avant, par le deltoïde dans sa partie acromiale et le sur-épineux ; en arrière, par le grand dorsal , le grand rond et le grand pectoral , les premiers en haut, le dernier en bas; en haut par le sous-épineux et le petit rond , et en bas par le sous-scapulaire. Ces muscles, qui varient, comme on le pense bien, dans leurs proportions relatives , offrent aussi des dispositions en appa-

rence fort différentes, suivant la position quadrupède ou bipède de l'animal,

L'avant-bras est mu sur le bras par des extenseurs et des fléchisseurs seulement. Les premiers qui occupent la partie postérieure du bras, forment ce qu'on nomme le sriceps brachial ; nés de l’omoplate et de l’humérus , ils se terminent à l’olécrane. Le fléchisseurs sont au nombre de deux, quelquefois presque réduits à un, le biceps brachial et le brachial antérieur.

Les deux os de l’avant-bras peuvent être mis en mouvement l’un sur l’autre par les muscles rond et carrépronateurs ; qui se portent plus ou moins obliquement du cubitus au radius, en produisant ce qu'on nomme la pronation ; et en sens inverse par le coure er le long supinateur.

La main, en totalité, peur être fléchie ou étendue directement ou plus où moins obliquement : par le radial et le cubiral antérieur qui produisent la flexion du carpe ; et par le radial externe simple ou

uelquefois double, et lé cubital postérieur, qui opèrent l'exrension.

Les doigts on leurs phalanges sont ég:lemenc susceptibles de flexion, d'extension et d'écartement ou de rappro:hement les unes des autres, ce qu'on nomme deduction , ou abduction et adäucrion.

Les Aéchisseurs divisés en longs et en courts, suivant que leur origine est à l’humérus ou aux os de l’avant-bras, ou au carpe, sont : le pa/maire grêle, qui ne fair qu'un avec le fféchisseur superficiel, et le fléchisseur profond ou perforant , aixsi nommé parce que ses tendons, parvenus sous l’avant-deruière phalange , traversent les rendons du fléchisseur superficiel , pour aller se terminer à la phalange onguéale.

Les fléchissseurs coutts sont ceux du petit doigt et celui du pouce, lorsque ces doigts existenr.

Les extenseurs sont rous longs ; ce sont : l’exrenseur commun , l'extenseur propre de l'indicateur, celui du perir doigt et celui du pouce , avec son long et son court abducteur , quand ce doigt existe.

Quant aux abducteurs et aux adducteurs, ce sont les inter-osseux qui, suivant leur terminaison par rapport aux phalanges, prennent l'un ou l'autre de ces noins.

Des muscles des extrémités postérieures. La ceinture osseuse postérieure , ou le bassin , n'étant jamais mobile dans les mammifères, sur la colonne vertébrale , il ne peut y avoir de trace de muscles dans cette partie,

Quant à ceux qui meuvent le membre en totalité sur cette ceinture , ils peuvent, comme dans l’antérieur , ètre Hbibés en quatre groupes.

Le grand fessier est évidemment l'analogue du deltoïde , dans sa forme , ses insertions, sa position et même sa structure.

L'’iliaque erle grand psoas réunis sont l’analogue du sous-scapulaire , avec cetre différence, que Ein insertion a pu remonter beaucoup plus pu et venir de la colonne vertébrale,

Le moyen fessier, le petit fessier et le pyramidal peuvent être les représentans des sur-épineux , sousépineux et petit rond,

Les adducteurs , plus ou moins subdivisés, sont aussi les analogues du grand pectoral ; le carré peut être envisagé comme celui du grand rond , le grand dorsal n'ayant pu exister,

Quant aux muscles obturateurs externe et interne et Jumeaux ; ce sont évidemment des muscles particuliers aux extrémités postérieures , @t qui n'ont point d'anxlogue dans Les antérieures , parce que l'ischion n'y existe pas.

Les muscles moteurs de la jambe sont, de même qu'au membre antérieur, des exrenseurs et “ fléchasseurs seulement. Les extenseurs sont . le droit antérieur analogue de la longue pb 4 criceps olécranien ; 2°. le rricens Fo qui représente l’autre portion : vaste muscle composé de crois et quelquefois quatre faisceaux qui vont se terminer avec le précédent, à un gros tendon dans lequel se développe la rotule, et qui se fixe au tibia. Les fléchisseurs, beaucoup plus subdivisés qu’au bras, sont partagés en externes et en internes, mais d'une manière beaucoup plus tranchée, Les internes qui correspondent au biceps, sont le couurier, le

rêle interne , le demi-membraneux et le demi-tendinEux; le féchisseur interne, analogue du brachial anrérieur, est unique ; c'est le biceps de la cuisse, qui, de la FHRRARRE ischiatique , et quelquefois ee parties environnantes , va au péroné,

Les deux os de la jambe n’éprouvant l’un sur Vautre que très-peu de mouvement, on ne trouve entr'eux qu'un seul muscle, le poplité ; analogue du rond pronateur, et qu, en effet, du condyle interne, ici externe du fémur, se porte au tibia analogue du radius,

Les muscles du pied peuvent aussi être rapportées aisément à ceux de la main.

Les exrenseurs, qui sont ici nommés les fÆchis-

seurs du coude-pied ; sont : 1°. le cibial antérieur, analogue des radiaux externes ; 2°. le moyen péronier , analogue au cubital postérieur. Les fléchisseurs de la main, ici les exenseurs , sont le ribial postérieur où ist antérieur ; les gastrocnémiens et soléaires ; analogues au cubital antérieur, er comme lui se terminant au pisiforme, qui est ici la tubérosité du calcanéum.

Le long péronier qui, du bord externe du péroué , se porte au côté externe du pied, pour passer derrière et aller se terminer à un os métatarsién, est un muscle nouveau, n'ayant point d'analogue à la main.

Les muscles fléchisseurs des doigts sont comme à la main : 1°, le plantaire g crée analogue du palmaire grêle, qui doit être regardé comme continué par le court-fléchisseur: superñiel qui alors nigmisre ici que sous le pied; 2°. le fféchisseur nr À ou perforant avec ses accessoires , les /ombricaux et le carré du pied ; enfin , le jÆchisseur propre du pouce.

Les exrenseurs sont : 1°. l'exrenseur commun, l’extenseur propre du gros orteil , celui de l'indicateur et celui du petit doige: ; nommé petit péronier ; enfin, le e pédieux OU court extenseur quin n’existe jamais à k main.

Les abducteurs et adducteurs , quelquefois séparés aussi en courts fléchisseurs , sont les inter-osseux.

Il est inutile, sans doute, de rappeler ici que les céracés n’offrent que quelques traces des muscles qui s'attachent immédiatement au bassin , er qu'ils sont absolument dépourvus de rous les EE

On conçoit aussi facilement que tous les muscles que nous venons de nommer, éprouvent dans les diverses espèces de mammifères des variations de forme et de dimensions très-nombreuses, en raison de la disposition du système osseux qui A sert de base,

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