Tome XXX VII
ot
Parmi les espèces étrangères, c’est l’atlas de la Balænoptera bonaerensis qui s'éloigne le plus de celui-ci.
L’atlas des Plésiocètes a les apophyses transverses plus délicates.
La plus grande largeur d’un bout des apophyses transverses à l’autre est de 64 centimètres ; sa hauteur de 34 centimètres et demi.
Les atlas qui ont été figurés sont : celui du squelette d'Ostende, par Du Bar, celui des Orcades ( Physalus duguidii), par Gray, celui des iles Loffoden, par Sars.
Flower a figuré l’atlas de la Balcænoptera Schlegelii, Burmeister celui de la Balænoptera bonaerensis et patachonica, Lilljeborg celui de la Balænoptera robusta.
La face antérieure du corps de laxis présente vers son milieu une éminence qui correspond à l’apophyse odontoïde. Cette apophyse s'élève du milieu d’une surface qui vient toucher la moitié inférieure du trou vertébral de l’atlas. Elle se montre à travers et au milieu du trou vertébral comme un bout au milieu d’une mamelle.
Axis vu par sa face antérieure.
La surface articulaire antérieure est en fer à cheval et s'étend tout autour de la moitié inférieure du trou vertébral de l’atlas; cette surface s'applique complétement contre la surface articulaire postérieure du corps de latlas.
Comme dans la vertèbre précédente, un cartilage remplace l'épiphyse vertébrale à la face antérieure.
La face postérieure est semblable à celle des autres vertèbres et se couvre d’un disque épiphysaire. Ce disque à un diamètre transversal à peu près du double plus grand que le diamètre verticale : il mesure en largeur 30 centimètres.
Ce disque se distingue de tous les autres par son échancrure en dessus et une sorte de gouttière verticale en dessous qui est suivie d’une espèce de rostre recu dans le corps de la vertèbre.
L’arc est fort massif; il s'élève un peu au-dessus de celui de latlas, présente au-dessus une crête dans sa moitié postérieure qui est inclinée en arrière, tandis que l’autre moitié est inclinée en avant. Cette surface antérieure présente des saillies correspondant à deux jambages reliés au milieu comme un } majuscule.
En avant, une surface articulaire de chaque côté s'articule aux deux fossettes de l’arc supérieur de l’atlas. Cette surface articulaire a une forme ovale, et les deux ne sont séparées que par un intervalle d’un centimètre de largeur.
Les surfaces articulaires postérieures de l'arc sont un peu plus grandes et séparés l’une de l’autre par toute la largeur du trou vertébral.
La partie la plus remarquable de l’axis, ce sont les deux ailes formées par les apophyses transverses supérieures et inférieures qui se soudent à leur extrémité.
Chaque aile a 28 centimètres de longueur depuis le corps, de manière que tout l’axis a une envergure de 86 centimètres.
En hauteur, l'arc supérieur compris, mesure 34 centimètres.
Le canal vertébral est, à peu près, aussi large que haut, et le plan sur lequel repose la moelle épinière monte rapidement d'avant en arrière et de bas en haut. On voit sur la ligne médiane de ce plan, formé par la partie supérieure du corps de la vertèbre , une crête fort distincte.
Les trois vertèbres qui suivent, c’est-à-dire les 3°, 4° et 5° cervicales, ont entre elles la plus complète ressemblance.
La seconde s’emboite parfaitement dans l’axis; les deux apophyses transverses supérieures et inférieures, plus délicates que dans la seconde, se
.joignent au bout pour former un anneau complet dont l’orifice est beaucoup plus grand que dans la précédente. Ces apophyses ont de 6 à 7 centimètres de moins que celles de laxis. Le corps n’a que 4 centimètres d'épaisseur. À sa face inférieure, une gouttière sur la ligne médiane, qui prend son origine dans l’axis, s'étend dans toute son épaisseur et continue dans les vertèbres suivantes. Le cerceau supérieur ou neural est un peu moins élevé que dans l'axis et a ses apophyses articulaires antérieures et postérieures également développées.
La 4° et la 5° cervicale ne différent de la précédente qu'en ce que l’anneau formé par les apophyses transverses est incomplet du côté droit dans la 4° et du côté gauche dans la 5°. Le corps de ces vertèbres a la même épaisseur à peu près.
Le squelette de Lillieborg porte un anneau depuis la seconde jusqu'à là sixième cervicale.
Dans le squelette de Margate, les vertèbres cervicales 2, 3, 4 et 5 ont des anneaux complets, la 6° n’a qu'une apophyse fort courte, assez différente à droite et à gauche !,
Dans le squelette de Falmouth, 1863, cette même vertébre a en dessous un tubereule plutôt qu'une apophyse, et qui est aussi diversement développé à droite et à gauche ?.
Le squelette de l’île de Wight a des anneaux complets formés par ses apophyses transverses de la 2 à la 3° inclusivement des deux côtés. (Flower. )
La 6° cervicale n'a plus que son apophyse transverse supérieure qui atteint, à peu près, la même longueur que celles des vertèbres précédentes.
Comme apophyses transverses inférieures, on ne voit qu'un simple mamelon qui ne mérite aucunement le nom d’apophyse.
Cette vertèbre, sous ce rapport, parait très-variable dans les derniers squelettes connus. M. Flower a comparé quatre squelettes d'individus échoués au sud de l'Angleterre et il fait l'observation que les différences entre ces
! Flower, P. Z. $., 1869, p. 607.
? Idem, p. 608.
squelettes proviennent surtout du développement de lapophyse transverse inférieure !, de la présence ou de l'absence de la côte cervicale et du degré de développement de la 15° côte.
Dans la B. musculus de Scheveningue qui est à Bruxelles, la 6° cervicale a une apophyse transverse inférieure qui n’a que la moitié de la longueur de la précédente, mais elle est notablement plus large.
La 7° cervicale ressemble beaucoup à la précédente, avec cette différence seulement qu'elle est plus forte par toutes les parties qui la constituent et surtout par l'apophyse transverse supérieure; elle diffère fort peu, sous ce rapport, de la première dorsale.
Comme dans tous les Cétacés, l'apophyse transverse inférieure manque, et l’on n’en découvre même pas de traces.
Le canal neural a la forme d’un biscuit dans l’atlas; dans l’axis il a le même diamètre, à peu près, dans tous les sens; de la 3° à la 7° vertèbre, il perd en hauteur et gagne en largeur, comme l'indique la figure ci-jointe.
Quant à la direction
D — Ve no des apophyses transver-
2 ses, celles de la 2° cer-
vicale se dirigent d'avant
en arrière, les dernières
B cervicales un peu d'arrière en avant, et la 4° :
Mes ses apophyses à peu près
dirigées dans le même plan que le corps, de
A Le contour intérieur de d'arc neural de lu 5° et de la T° cervicale. manière qu'elles se réu- A. Contour de la 3° cervicale; B. Contour de la 7° cervicale, nissent toutes par leur
extrémité libre en une seule masse couverte par des ligaments que lon aurait de la peine à séparer. Il en résulte que la première côte, en s’articulant avec l’'apophyse transverse de la première dorsale, s'articule, pour ainsi dire, en même temps avec les six dernières cervicales.
1 Frower, Votes on four species of the common Fin-Whale, Proc. Zoo. Soc., décembre 1869.
Les apophyses transverses des cervicales sont entourées d’un même périoste, et la côte supplémentaire s'articule avec elles par la tubérosité seule.
La première côte véritable S’articule par sa tubérosité avec la premiére dorsale et présente en outre un prolongement cervical, comme on en trouve ordinairement à la deuxième ou à la troisième côte.
Les vertèbres, à leur arrivée à Louvain, étaient en-
Les apophyess transverses des aix dernières cervicales unies à la première COTE TÉUNIES par trOnCONS, El
dd celles de la région dorsale:
étaient couvertes de leurs ligaments encore en place, du moins les principaux; ces ligaments montraient, à la face inférieure, une disposition que nous ne pouvons nous dispenser de signaler : de chaque corps de verièbre, surtout de l’espace intervertébral, partait un faisceau très-puissant, principalement aux premières dorsales, lequel se dirigeait de dedans en dehors et allait s'unir à l’apophyse transverse de la vertèbre suivante en dedans de l'insertion des côtes, comme si ces ligaments devaient remplacer la portion cervicale des côtes.
Depuis la 3° vertèbre dorsale ce ligament perd de son importance d'avant en arrière, de sorte qu’à la 5° ou 6° dorsale, il n’est déjà plus très-distinet.
Il est très-fort surtout de Ja 2° à la 1e dorsale.
Le corps des vertèbres dorsales augmente d’une manière fort régulière en épaisseur; la première vertèbre n’a que 7 !/2 centimètres d'épaisseur, la dernière dorsale a 21 1/2 centimètres. À compter de la 4° dorsale, l'épaisseur à augmenté du double.
La première dorsale saurait à peine être distinguée de la T° cervicale, si ce n'est que le corps est un peu plus épais et que l’apophyse transverse, qui
part de la première côte, est plus forte et un peu plus longue. La surface articulaire, pour s'unir à la première côte, est à peu près aussi large que haute. Dans la 7° cervicale, cette surface articulaire est fort étroite.
Les quatre premières vertebres dorsales vues par leur face inférieure.
La 2° dorsale a le corps plus épais et, par contre, l’apophyse transverse plus courte.
Dans les vertèbres suivantes, cet accroissement continue, le corps devient de plus en plus épais, les apophyses transverses plus fortes et les surfaces articulaires, zygapophyses, changent d'aspect; à la 5° et surtout à la 6° dorsale, ces apophyses ont cette forme particulière aux Gétacés et qu'elles ne quittent plus jusqu’à la région lombaire.
Les apophyses transverses s’élargissent surtout à la 3° dorsale en même temps qu'elles s’allongent jusqu'à la région lombaire.
A la 3° dorsale, cette apophyse se creuse au bout en dessous et en arrière pour donner attache à la côte.
NO
Là
Cette surface articulaire n’existe plus à la dernière dorsale.
Du reste, dans les premières dorsales, ce n’est pas véritablement l’apophyse transverse qui fournit la surface articulaire, mais la partie transverse de l'arc neural.
L'apophyse épineuse supérieure est peu développée dans les deux 1° dorsales ; dans la 3°, elle s'étend d'avant en arrière en gagnant en hauteur, et dans la 4°, elle prend brusquement son développement et son aspect propre. Cette apophyse ne fait plus que s'étendre légèrement jusqu'à la région lombaire.
Jusqu'à la 8° dorsale, les apophyses 4ransverses se dirigent de dehors en dedans et d’arrière en avant ; à la 8°, cette direction change ; elles se dirigent directement en dehors et les apophyses suivantes se dirigent ensuite légèrement de dedans en dehors et d’arrière en avant.
Les lombaires sont, comme toujours, avec les premières caudales, les plus fortes par les apophyses, surtout par les apophyses épineuses supérieures ; les apophyses transverses des dernières lombaires n’ont plus que la moitié de la longueur des premières.
Les vertèbres lombaires sont au nombre de quatorze.
La région caudale, si l’on compte la première vertébre, qui a un os en F en arrière, comme caudale, est formée de vingt-cinq vertèbres. Les quatre dernières sont les seules sans os en W. Nous comptons comme os de ce nom les rudiments osseux visibles dans les cartilages et que l’on conserve bien rarement.
Les vertèbres logées dans la nageoire caudale sont au nombre de huit.
Les os en V sont au nombre de vingt et un; les trois dernières vertèbres seules n’en ont pas.
Il y en a treize qui sont soudées sur la ligne médiane; les autres sont formés de deux pièces jointes ensemble.
Le premier est formé de deux lames aplaties comme une feuille et qui se joignent sur la ligne médiane.
Sans une attention particulière, nous n’eussions trouvé en tout que quinze os de ce nom.
I n’y en a pas deux qui se ressemblent complétement; le plus grand mesure 27 centimètres en longueur et 20 centimètres en largeur.
Les os en F° de la quinzième caudale ont la surface externe aplatie, la face interne creusée d'avant en arrière, le bord supérieur fort épais pour s’articuler avec les vertèbres, le bord inférieur mince et droit avec une surface articulaire en dedans.
Chacun de ces os à une forme ovale.
Les os suivants reproduisent exactement la même forme et ne différent, sous tous les rapports, que par la taille.
Dans le squelette de Falmouth , 1863 , les os en F qui sont tous présents, dit M. Flower, sont au nombre de 18; les premiers et les trois derniers ne sont également pas unis sur la ligne médiane.
Les premiers sont placés en arrière de la 87° vertébre, comme dans le squelette que nous faisons connaître. .
Les sept dernières caudales mesurent, à l’état sec, 44 centimètres. Ce tronçon avait une longueur notablement plus grande à l’état frais.
Ce qui rend cette région fort intéressante, c’est la diminution brusque des dernières vertèbres : la 57° a le même diamètre, à peu près, dans tous les sens, c’est-à-dire qu'elle a l'aspect d’un bloc carré à angles arrondis. La suivante, où la 58°, est un tant soit peu plus longue que haute, et un peu déprimée ; la 60° ne présente plus supérieurement qu’une crête sur la ligne médiane , et les trous de passage des artères sont presque oblitérés; dans la vertèbre précédente, ces deux trous, en dessus comme en dessous, sont encore parfaitement développés; Favant-dernière est plus déprimée encore, ne porte plus que de faibles indices de crête sur la ligne médiane et de trous pour les vaisseaux; son diamètre transverse est le double du diamètre antéropostérieur. La dernière perd complétement ses caractères propres, et il faut la dégager complétement des ligaments pour la distinguer; on la dirait formée de deux masses arrondies soudées entre elles et montrant les traces de leur réunion par une échancrure qui l'entoure complétement.
Les quatre dernières vertébres mesurent ensemble 12 centimètres, tout juste le diamètre antéro-postérieur de la 54° vertébre.
Jusqu'à la 7° lombaire, l'artère passe au-devant de l’apophyse transverse ; à commencer de la 8°‘, elle passe au travers à la base, et à la 14°, où ces
Tous XXXVII. 4
apophyses ont disparu, ces artères traversent directement le corps des vertèbres de bas en haut et de dedans en dehors.
La 14° caudale est la dernière qui possède un are neural.
La 15° présente encore une gouttière à sa face supérieure, mais sans arc au-dessus.
C'est aussi à commencer de cette 15° vertèbre que les dimensions changent brusquement.
À la 19° caudale, les apophyses articulaires du corps des vertèbres qui s’articulent avec les os en V se rapprochent les unes des autres et les échancrures qui les séparaient se changent en trou.
Jusqu'à la 14° caudale, l'artère passe au-devant des apophyses transverses, mais depuis la 15°, elle la traverse directement de bas en haut.
C'est dans la 8° caudale que commence la perforation verticale à la base de l'apophyse transverse, dit M. Flower, en parlant du squelette de Falmoutbh, conservé à Alexandra-Park.
Les dernières caudales ont leurs épiphyses complétement soudées au corps.
Les sept ou huit dernières caudales n'ont plus d’apophyses ni de cercle neural, ni de surface articulaire pour les os en V, et elles ont à peu près le même diamètre dans tous les sens; on peut cependant toujours distinguer la face antérieure de la postérieure par une plus grande étendue, la face inférieure de la supérieure par le rapprochement des trous qui livrent passage aux artères.
Les côtes sont au nombre de quatorze, et les dernières diffèrent fort peu entre elles. Ce nombre quatorze est-ce le nombre normal ? Nous avons pensé que le nombre normal était de quinze et que là où il n’y en a que quatorze, la dernière côte s'était égarée. Cela doit nécessairement arriver, quand on songe aux difficultés de ne pas perdre les os séparés.
En faisant le relevé des squelettes connus, nous trouvons à peu près autant de squelettes à quatorze côtes qu'à quinze; ceux qui ont quatorze côtes sont : celui de l'ile de Wight, celui du Jardin Zoologique d'Anvers, ceux d'Ostende, 1827, de Sweeting (Charmouth), de Paris au Muséum (embouchure de la Seine), et celui de Lyon (Méditerranée).
Il existe quinze côtes dans les squelettes d'Édimbourg, de Stockholm
(Finlande), décrits par Lilljeborg, de Greifswald, de Katwijk (Boers), de Rosherville-Garden à Londres, d’Alexandra-Park à Londres, de Margate, de Pevensey-Bay à Cambridge !, et de celui du British Museum provenant du canal Saint-Georges et qui à été remorqué à Liverpool en 1846.
Il faudra considérer le nombre normal de côtes variant de quatorze à quinze.
Les-squelettes que M. Flower à comparés diffèrent principalement par le degré de développement de la 15° côte.
La première côte est véritablement bifide à droite et à gauche, et dans toute la moitié supérieure, ce sont deux os juxtaposés. Vers le milieu de la longueur, la côte supplémentaire se fond dans l’autre, et à l'extrémité sternale, elle présente une largeur extraordinaire.
Elle est parfaitement semblable à droite et à gauche, ce qui est rare dans les cas de bifurcation.
On voit à l'évidence que c'est la côte de la T° cervicale qui est venue se joindre à la première dorsale, et c’est la côte supplémentaire qui est la seule vraiment articulée avec la vertébre dont elle dépend.
La côte supplémentaire présente une surface rugueuse sur son bord antérieur.
La côte supplémentaire S’articule directement par la tubérosité, comme nous l'avons dit plus haut, et n’a pas de col, tandis que l’autre moitié présente un prolongement cervical qui va s'unir à la vertèébre précédente par un fort ligament.
La côte s'articule en dessous avec toute la portion terminale du sternum et dépasse encore notablement celui-ci par une portion libre.
Elle est fort large dans toute la longueur et l’on dirait qu’une côte supplémentaire cervicale s’est soudée avec elle.
Cette première côte porte au-devant du tubereule qui s'articule avec l’apophyse transverse de la première dorsale, une portion cervicale, comme la seconde de ce nom. Toutes les autres côtes en sont dépourvues.
La bifurcation de la première côte n’a aucun rapport avec le sexe, puisque
! Ce squelette de Cambridge a encore une côte supplémentaire dans les chairs.
la femelle échouée à Charmouth, Dorsetshire, le 5 février 1840, avait la première côte biceps comme le mâle dont nous faisons connaitre le squelette.
Dans ces dernières années, on a attaché une grande importance à la bifurcation de cet os et l’on a même été jusqu'à établir des divisions génériques, dans les baleines comme dans les Balénoptères, d’après ce seul caractère ou plutôt d’après cette seule disposition.
Cette bifurcation est, à notre avis, une disposition anormale, comme on en rencontre chez d’autres mammifères, et qui-ne peut aucunement être prise en considération pour l'établissement des espèces et encore moins des genres.
Peut-être cette anomalie se reproduit-elle plus souvent dans les Cétacés, surtout dans certaines espèces, que dans les autres ordres de mammifères, mais ce n’est en tout cas qu'une anomalie dont on ne doit pas plus tenir compte dans l'établissement des genres ou des espèces que des monstruosités.
Nous avons signalé quelques-unes de ces anomalies dans divers Cétodontes f.
La deuxième côte se fait remarquer par sa largeur du côté des vertèbres, par son col et enfin par la saillie que forme l'angle de son bord antérieur.
La troisième côte, en tout semblable à la première par sa largeur en haut et par son angle, en diffère par l'absence de col et par sa longueur.
La deuxième et la troisième côte se ressemblent beaucoup par leur largeur, tandis que les suivantes sont toutes plus minces. Elles s’amineissent insensiblement d'avant en arrière.
Les trois premières côtes ont assez de ressemblance entre elles. par leur largeur en haut surtout; les six suivantes se ressemblent plus ou moins entre elles, et nous pouvons en dire autant des cinq dernières.
De la deuxième à la neuvième côte, on voit distinctement l'angle non loin du tubercule, mais il disparait complétement aux cinq dernières.
De la deuxième à la dixième côte, le bord présente, en outre, un angle externe.
La dernière côte est singulièrement contournée vers le milieu surtout et
1 La première côte des célacés, à propos de la notice du docteur Gray; BULL. DE L'Acap. no. DE BELGIQUE, 2° série, t. XX VI (1868) et 2° série, t. XXX, pp. 598 et 581 (1870).
ne s’aligne aucunement avec les autres. Elle présente une double torsion sur elle-même. Elle est plus délicate et plus longue que celle qui la précède.
Le sternum a la forme ordinaire d'une feuille de trèfle : au lieu d'être échancré en avant, il est pourvu d’un lobe qui fait saillie et qui est régulièrement arrondi.
Les deux ailes sont grandes et larges et ont le double de l'appendice postérieur,
L’appendice est proportionnellement étroit el pointu à son extrémité, et comme on le voit ordinairement, il n’est pas parfaitement symétrique.
Le sternum mesure d'avant en arrière 36 centimètres et 46 d’un bord du lobe à l'autre.
Le sternum ressemble complétement par la forme à celui d'Anvers et à celui d’Ostende. Arrondi en avant sans trou ni échancrure, il est pointu en arrière et arrondi sur le côté.
Les autres sternums dont celui-ci-se rapproche le plus sont ceux du squelette de Pevensey-Bay, d'Alexandra-Park, à Londres, de Gravesend qui a 60 pieds et du gewoone vinnfisch de Schlegel.
Les squelettes du Kattegat, 1841, des Pays-Bas, Schlegel, 1844, des côtes d'Écosse, Knox, 1831, des iles Loffoden, Sars (40 pieds), de Bergen, de S'-Brieuc, du musée de Christiania, d'Édimbourg (79 pieds), de Katwyk, 1841 (40 pieds), de Finmark par Malm (61 pieds), du musée de Paris, du Texel, qui est au musée de Bruxelles, se distinguent tous par un sternum échancré en avant qui est un indice de jeune àge.
Dans le squelette de la Méditerranée, Lacépède, 1798, et Companyo, 1898, comme dans celui de Margate, qui est au collége royal des chirurgiens à Londres, celui d’Abbeville, qui est à Paris, celui décrit par Heddle, sous le nom de Physalus Duguidii, il existe un orifice au milieu en avant; il y en a même deux dans celui de Rosenthal, 1895.
La plus grande épaisseur du sternum ne dépasse pas 4 centimètres; il s’amineit beaucoup sur le côté, puis en avant et fort peu en arrière.
Il n'est pas régulièrement courbé comme une cuirasse : les deux branches latérales s'élèvent légèrement de manière que la face inférieure médiane est un peu bombée sur la ligne médiane; le lobe antérieur, au contraire, fait un
peu saillie à sa face inférieure,
près droite.
tandis que la pointe postérieure reste à peu
En plaçant le sternum dans sa position naturelle sur une table, l'extrémité antérieure et l'extrémité postérieure touchent la surface, tandis que les ailes s'élèvent à 9 ou à 10 centimètres.
La véritable position du sternum et ses rapports avec la première côte sont parfaitement connus maintenant : immédiatement en dessous de la branche transverse du sternum vient s’insérer la première côte qui ne s’articule véritablement que par son angle antérieur ; toute la partie postérieure
de la côte reste libre.
Le sternum et la 1re côte dans leur situation véri-
table; ces os sont vus par leur face postérieure.
Le sternum porte faiblement les traces de cette articulation qui est une amphiarthrose.
Le sternum de la Balænoptera Sibbaldi n’est pas sans ressemblance avec celui-ci. Le professeur Turner vient de le faire connaitre. Mais dans le jeune âge, le professeur d’anatomie d'Édimbourg signale la présence d’un cartilage amygdaloïde sur la ligne médiane derrière le sternum proprement dit et se demande si ce cartilage ne représente pas l'appendice xiphoïde. IT faudra attendre de nouvelles observations pour s'assurer si ce cartilage médian n’est pas un simple accident individuel. D’après ce que les autres anatomistes, et surtout Eschricht, ont fait connaitre, il n'existe qu'une plaque cartilagineuse dans le jeune âge, et dans cette plaque on distingue déjà l’appendice postérieur de cet os. Eschricht a disséqué un grand nombre de fœtus et ne fait pas mention d’un carti-
lage médian autre que celui du sternum proprement dit. La nageoire pectorale mesure en longueur 2,15, et dans sa plus grande largeur 37, à la hauteur de l’apophyse obcrânienne 59 centimètres.
Vers le milieu de la longueur, à la hauteur du carpe, elle mesure 441% centimètres.
Le cadavre était couché légèrement sur le flanc droit, de manière que la nageoire pectorale était en partie couverte quand nous avons aperçu l'animal.
Le bras droit était brisé. Nous croyions d’abord que les os avaient reposé sur des pierres et que le poids du corps les avait fracturés. En enlevant les parties molles, une large cavité entourait les os, et des coquillages de la plage ainsi que du sable avaient pénétré dans l’intérieur. Cette plaie existait sans doute du vivant de l’animal.
Voici dans quel état se trouvait le membre à son arrivée à Louvain :
La tête du radius était séparée des autres os et de sa diaphyse; elle était fort reconnaissable par sa surface articulaire. À côté de la tête se trouvaient trois grandes esquilles du corps du radius primitif. On voyait que l'os avait été brisé complétement. L'extrémité supérieure de la diaphyse et l'extrémité inférieure de la tête étaient enveloppées d’une gaine osseuse à surface raboteuse qui forme un étui véritable autour de l'os fracturé. Il est encadré dans des Ostéophites.
Le cubitus est resté entier, grâce à l’étui osseux plus avancé qui entoure les esquilles. Celles-ci sont moins grandes et sont restées en place.
A voir la manière dont ces os sont brisés et les crevasses que l’on aperçoit encore dans les esquilles, il nous semble évident qu'une fracture pareille n'a pu se produire que par des projectiles explosifs. Nous n'avons trouvé cependant aucune trace de corps étrangers dans l’intérieur f.
Nous avons fait reproduire les os de l’avant-bras d’après une photographie. (Voir pl. I.)
L'omoplate, comme on sait, est carictéristique dans les Mégaptères par l'absence d’apophyses, dans les Balénoptères par le grand développement du
1 Nous ferons remarquer que dans ces derniers temps il s'est formé une société anglo-américaine pour faire la pêche des Balénoptères à défaut des Baleines, à l’aide de steamers qui sont en station en Islande, et, au lieu d'attaquer ces animaux avec des harpons, les pêcheurs tirent sur eux avec des balles explosives et en perdent un grand nombre; c’est ce qui explique peutêtre pourquoi, dans ces dernières années surtout, on a vu venir à la côte, en Angleterre comme sur le continent, le cadavre de plusieurs Balénoptères de différentes dimensions.
coracoïde et de l’acromion, dans les Baleines par le grand développement du diamètre vertical.
D'un angle à l’autre, cet os mesure 1,10, et en hauteur, c’est-à-dire du bord de la cavité glénoïde au bord libre, la longueur est de 0,63.
L'acromion a 0,25.
Le coracoïde 0,13.
La face externe est à peu près plane dans son ensemble; la face interne est légèrement concave vers le milieu.
L'épaisseur de l'os au milieu n’atteint pas un centimètre; vers les deux angles cette épaisseur augmente notablement.
La cavité glénoïde à en longueur 0,25, en diamètre transverse 0,16.
Cet os n’est pas moins bien caractérisé dans chaque groupe de Mysticètes, par le cartilage suprascapulaire : dans les Baleines, ce cartilage est large dans toute la longueur avec un peu plus d’étendue en arrière; dans les Mégaptères, il ne forme plus qu'une bande étroite en avant; dans les Balénoptères, tout le cartilage est concentré au-dessus de l'angle postérieur et forme un lobe qui prolonge encore cet os en arrière.
L'humérus ne présente rien de particulier : l’épiphyse de la tête n’est pas encore soudée ; à l’autre extrémité, les épiphyses sont incomplétement réunies; on voit fort bien les jointures.
Cet os est un peu plus long que large et régulièrement comprimé dans toute sa longueur comme s’il avait passé par un étau.
La grosse tubérosité est peu développée.
Il se termine, comme toujours, en formant une ligne brisée en angle obtus pour s’articuler par synchondrose avec le radius et le eubitus. Il est fortement comprimé dans cette partie.
La longueur de lhumérus, sans l’épiphyse supérieure, est de 3,40 ; son plus grand diamètre transversal de 0,20.
Son épaisseur à la tête est de 0,20, au côté opposé de 0,14.
La surface articulaire du radius est longue de 0,35.
La surface articulaire du cubitus présente une double surface formant un angle obtus.
Les deux os de l'avant-bras présentent la conformation ordinaire des
Cétacés ; le radius, long de 0,76, est plus large que le cubitus dans toute sa longueur, et il est en même temps plus régulièrement comprimé que celui-ci. Une coupe faite vers le tiers antérieur donne au radius : diamêtre antéropostérieur 0,115, diamètre transverse 0,75. Le cubitus, à la même hauteur, donne pour le premier et le plus grand diamètre 0,9, pour l’autre 0,65.
Par la coupe seule on pourrait fort bien distinguer un fragment de radius de celui du cubitus.
Cet os présente en haut et en dedans une surface articulaire qui a une étendue de 7 centimètres et par laquelle il s'articule avec son acolyte.
La tête du radius à une forme ovale comme tout l'os et ne présente ni excavation au centre, ni rétrécissement pour former un col.
L’extrémité inférieure est plus comprimée que l'extrémité supérieure et le côté interne est aplati du côté du ecubitus et régulièrement arrondi au côté opposé.
Cette surface articulaire mesure en longueur 0,16, en épaisseur 0,9,
: L'épiphyse supérieure n’est pas complétement unie avec la diaphyse; on distingue encore fort bien le point de réunion, quoiqu'on ne puisse plus la séparer.
L’apophyse obcränienne est très-développée. Elle est située dans le même plan que le corps des autres os du bras. Comme nous l'avons fait remarquer déjà, le cubitus est moins large que le radius, mais il est en même temps plus épais, et partant il n’est pas plus délicat que lui.
La surface articulaire inférieure mesure, dans sa plus grande longueur, 0,15, et en épaisseur 0,6. Cette épaisseur diminue de dedans en dehors.
Cet os est long de 0,82, depuis le sommet de son apophyse oberânienne jusqu'au bord de l’extrémité opposée; son épaisseur au milieu de sa longueur n’a que 0,8. L'épiphyse supérieure, comme celle du radius, n’est pas complétement soudée. Du côté du carpe, la soudure des épiphyses est complète.
Les deux os de lavant-bras présentent des différences assez grandes, même au milieu de leur longueur : le radius est toujours plus fort et son diamètre, en largeur comme en épaisseur, est sensiblement plus grand. En mesurant
ces deux os ou en en faisant la coupe, on les distingue facilement l’un de Towe XXXVIIL. b)
l’autre; le cubitus a 0,10 dans son plus grand diamètre, le radius 0,11; et dans son petit diamètre, le eubitus mesure 0,65 et le radius 0,75. De plus, le radius à sa coupe formant un ovale régulier, tandis que le cubitus a un bord conique.
Les os du carpe présentent la disposition normale des Cétacés, du moins quant au nombre : le procarpe se compose du radial, du cubital et de l'intermédial, le métacarpe de deux, le deuxième'et le troisième carpale.
Le cubital est le plus grand de tous, puis le radial et l’intermédial, qui diffèrent peu entre eux.
Les deux carpales n’ont que la moitié de l’intermédial.
Il y a quelques différences pour le volume relatif à droite et à gauche.
Les quatre métacarpiens diffèrent peu entre eux; celui de l’index est le plus mince, celui du petit doigt est le plus court, et le plus large, celui du médian, est le plus long et, en somme, le plus volumineux.
L'index a deux phalanges fort allongées : le bout de la seconde aboutit au milieu de la longueur de la deuxième phalange du médian. Cette seconde phalange est la plus mince de toutes celles qui atteignent une certaine longueur. Il n'y à positivement pas de troisième phalange.
Le doigt médian à cinq phalanges qui diminuent insensiblement en longueur'et en largeur. C’est la deuxième qui a les extrémités les plus larges comparativement à sa grosseur, c’est-à-dire que c’est elle qui ressemble le plus à une clepsydre. La dernière phalange est environ du double plus longue que large, et vers le milieu, elle est fort peu creusée.
L’annulaire ressemble complétement au précédent par ses phalanges; la dernière phalange se trouve exactement au niveau de la dernière du doigt précédent, quoique le métacarpien soit plus court; c’est que la deuxième, la troisième et la quatrième phalange sont un peu plus allongées que celles du médian qui lui correspondent.
Le petit doigt est écarté des autres. Il compte trois phalanges assez longues et étroites correspondant aux deux premières phalanges de index pour la longueur comme pour leur grosseur. La troisième phalange est fort petite. Cette troisième phalange atteint la longueur de la seconde de l'index.
Il est inutile, pensons-nous, de faire remarquer que tous les Cétacés sans
distinction, Mysticètes comme Cétodontes, ont les os du bassin placés, parallèlement à l’axe du corps, distants l’un de l’autre et sans pièce osseuse ou cartilagineuse entre eux. Le bassin, tel qu'il a été figuré dans des Baleines par un os en travers, comme Cuvier l’a représenté d’après les assurances positives de De Lalande, est de pure imagination. Il y a des naturalistes de grande autorité qui ont cru, jusque dans ces derniers temps, à l'exactitude des descriptions de Cuvier, mais il est évident aujourd’hui que le grand naturaliste da muséum à eu une trop grande confiance dans De Lalande,
Le bassin n’est, à proprement parler, formé que de deux os ischiatiques, mais MM. Reinhardt et Flower l’ont constaté, il existe de chaque côté une seconde pièce qui représente le fémur. Ce fémur est encore à l'état de cartilage dans le squelette que nous décrivons; nous le reproduisons dans la figure ci-jointe. M. Reinhardt a, en outre, reconnu depuis longtemps chez la Baleine du Groënland, un übia rudimentaire.
L'ischion estun os allongé, terminé en avant et en arrière par un prolongement cartilagineux; il est comprimé , légèrement courbé d’avant en arrière, présen-
tant une surface bombée
Bassin :
en dedans, une surface 4. Fémur cartilagineux. B. Ischion, terminé par un cartilage en avant et en arrière, légèrement concave en dehors; il n’est pas sans ressemblance avec un chapeau-claque dont un des bouts serait un peu plus allongé que l’autre.
C'est du sommet que descendent les ligaments qui unissent le fémur et non du bord en dessous de léminence, comme on la figuré.
Le professeur Turner nous a fait connaitre récemment que le bassin de la Balænoptera Sibbaldii n’est formé que d’un seul os, aussi bien chez la femelle adulte que chez le jeune mäle. La dissection de la femelle adulte aurait pu laisser du doute, mais le soin avec lequel on a disséqué le jeune ne peut
laisser aucune incertitude dans l'esprit. Le cartilage représentant le fémur
re
36 MÉMOIRE SUR UNE BALÉNOPTÈRE, erc.
dans la Balænoptera musculus ferait done complétement défaut dans la Balénoptère qui est venue échouer dans le Firth of Forth.
Nous ferons, au reste, remarquer que le bassin du squelette du Texel ne montrait pas non plus de cartilage pour représenter le fémur, et quoiqu'un peu plus jeune seulement que celui-ci, tout l'ischion était plus cartilagineux qu’osseux.
Il est intéressant de voir qu'il n'existe que de très-faibles différences entre l'ischion de la femelle adulte et le même os du jeune mâle.
Il existe plus de ressemblance entre l’ischion de la Balcnoptera Sibbaldii et celui de l'individu que nous décrivons, qu'entre lui et les Balénoptères du Texel.
C'est à celui de Pevensey que notre ischion ressemble le plus.
Cette pièce est plus courbée, plus courte et avec une éminence bien moins élevée.
EXPLICATION DES PLANCHES