Tome XXXIL
Decpuixus PHocoExA (le Marsouin ).
C'est la seule espèce qui apppartienne réellement à la faune de notre littoral : c’est le Tuymelaer des pêcheurs flamands.
Le Marsouin entre très-régulièrement, et en grand nombre, chaque printemps dans la Baltique à la poursuite des Harengs, et en sort au mois de décembre et de janvier. Il passe toujours par le Sund pour entrer dans la Baltique et sort par le petit Belt. (Eschricht.)
On cite aussi le Marsouin dans la mer Noire et dans la mer de Baffin. Mais est-ce bien la même espèce ?
On voit des squelettes de Marsouin dans tous les musées.
DezPranus eLogicers. Cuvier.
C'est le Grindewall des habitants des îles Faerô. On en trouve un squelette au musée de Bruxelles et un autre à Louvain, tous les deux de femelles prises sur nos côtes. On voit souvent cette espèce échouer par bandes.
Le musée de l’université de Gand en possède un squelette entier et le crâne d’un jeune. Si je ne me trompe, les individus dont ces squelettes proviennent ont été pris sur les côtes de Hollande. L'ancienne collection de Louvain possède un squelette provenant de la même prise.
Cette espèce, que nous avons mentionnée précédemment, est considérée jusqu’à présent comme cosmopolite.
MesopLonon SOWERBENSIS.
C'est le Delphinorhyncus micropterus de Cuvier.
Il représente les Ziphius pendant l’époque actuelle.
Un squelette complet d’une femelle de cette espèce a fourni le sujet à l'excellent travail que notre savant confrère, M. Dumortier, a écrit dans les Mémoires de l'Académie *.
! Tome XII.
Il est rare partout.
Dans le musée de la faculté des sciences de Caen, il existe un crane et la colonne vertébrale d'un individu échoué, en 1826, à l'embouchure de l'Orne ( Calvados ) 1.
Une tête décrite par Deblainville se trouve au muséum de Paris; elle provient d’un individu échoué, en septembre 1825, à l'embouchure de Ja Seine.
La tête d’un autre individu mâle, échoué sur les côtes de l’Elquishire (Angleterre), se trouve au musée anatomique d'Oxford.
HYPEROODON ROSTRATUM.
C'est le Dôgling des habitants des iles Faerô.
Le musée de Bruxelles possède le squelette d’un individu pris dans l’'Escaut en 1840, et que notre honorable confrère M. Wesmael a fait connaitre dans un beau mémoire ?.
On en trouve aussi un squelette dans les musées de Paris, de Lille et de Caen.
M. Vrolik a donné une bonne monographie d’une femelle échouée, le 24 juillet 1846, à Zantvord, sur la côte de Hollande *.
D'après Eschricht, cinq ou six individus par an feraient régulièrement une apparition sur les côtes des iles Faerû #.
PuysETER MACROCEPHALUS.
Un individu de cette espèce a été pris dans l'Escaut en 1577, le 2 juillet, et a été figuré par Ambroise Paré 5, Il avait soixante-cinq pieds de longueur.
! Gervais, Zoolog. et Paléont. françaises.
? Mém. de l’Acad. royale de Belgique, tome XIIT, 1840.
5 MNatuur en ontleedkundige Beschowwing van den Hijperoodon. Haarlem, 1848.
# Au moment de corriger l'épreuve de cette feuille, je reçois l'avis de mon ami Eschricht, que, pendant cette année, cinq Æyperoodon, avec un nouveau-né, ont échoué sur la côte de Danemark. (Décembre 1860.)
* OEuvyres complètes. Nouvelle édition, t. LL, p. 799. Paris, 1840.
Il est probable que l’origine de la Baleine qui figure à Anvers dans les cavalcades date de cette époque.
L'axis du musée de Bruxelles provient-il de cet individu? Il a appartenu au cabinet du prince Charles de Lorraine.
Il en existe un squelette dans un mauvais état de conservation au muséum de Paris, et, d’après ce que M. Eschricht m'a écrit, un beau squelette en est conservé dans un château près de Hull.
Une bande de jeunes Cachalots a échoué dans l’Adriatique vers 1850. La tête d’un de ces individus se trouve au musée de Berlin.
Les Cétacés à fanons n'ont des dents qu'à l’âge embryonnaire, mais des fanons à l’âge adulte; des évents doubles, point d'os lacrymal et une tête volumineuse.
Cette division comprend les Baleines véritables sans nageoire dorsale, les Rorquals ou Balénoptères qui portent une nageoire dorsale, et les Baleines à bosse qu’on a confondues avec les précédentes.
Les Baleines véritables manquent complétement aujourd’hui dans la Manche et dans la mer du Nord, quoique les Basques aient fait une pêche régulière de ces animaux dans ce détroit pendant plusieurs siècles.
Les Rorquals ou Balénoptères que M. Eschricht a proposé de nommer Pierobalaena , ont des fanons courts, des plis sur le ventre, peu de graisse et les vertèbres du cou toutes séparées; ils sont très-agiles et fuient horizontalement.
PTEROBALAENA MINOR.
Cette espèce est souvent désignée sous le nom de Balenoptera rostrata. Cuvier la confondait avec l'espèce suivante.
Le squelette d’un individu échoué sur nos côtes existe dans le musée de Paret, à Slykens près d'Ostende. Le musée de Louvain en possède un squelette complet d'un individu échoué sur la côte ouest de Jutland en 1837 (n° 37 d'Eschrischt). Il en existe aussi un squelette qui a acquis une certaine célébrité, à Brême : Pierre Camper en a figuré la tête. Le musée de Paris est, depuis quelques années, en possession d’un squelette rapporté de Bergen par
Gaymard. C’est sous la direction de Duvernoy, si je ne me trompe, que cette acquisition a été faite.
Un mâle de cette même espèce, long de 7,48, vint échouer dans la Charente le 26 août 1835 !,
PTrEROBALAENA COMMUNIS.
Un squelette complet de cette espèce est monté au Jardin zoologique d’Anvers ?. Cette Ptérobaleine se trouve dans la Méditerranée et dans l'Atlantique jusqu'en Islande et au détroit de Davis. C’est elle qui échoue le plus communément dans la Manche.
Un beau squelette de cette espèce est conservé à l’ile de Wight.
Il y en a des squelettes non montés au muséum de Paris *.
Nous possédons , à Louvain, la tête d’un individu de soixante et dix pieds, échoué sur la côte ouest du Jutland en 1836 (n° 36 d'Eschricht).
M. Vrolik a fait connaitre un individu échoué, en 1836, sur les côtes de Hollande, et M. Schlegel un autre échoué l’année suivante sur les mêmes côtes.
PTEROBALAENA GIGAS.
C’est à cette espèce qu'appartient l'individu trouvé mort en mer, le 4 novembre 1827, par les pêcheurs d’Ostende et dont le squelette, préparé par Paret, a été exhibé dans les principales capitales de l’Europe #. Ce même
1 Actes Soc. linn. Bordeaux, juin 1841.
? Bulletins de l’Académie royale de Bruxelles, tome XXIV, n° 5.
5 Je trouve dans mes notes que les squelettes de Bayonne et d'Abbeville appartiennent à une même espèce non adulte, que l’axis dans tous les deux a ses deux apophyses encore écartées. Les côtes manquent à ces squelettes.
“ Van Breda, Algemeenen konst en letterbode, n° 48, 1827.
Vanderlinden, Notice sur un squelette de Baleinoptère. Bruxelles, 1828. Biblioth. méd., nat. et étrangère, mai.
Morren, Bydragen tot de nat. wetenschappen , 4° deel. 1.
Vanderlinden, Quelques observations. dans le Messager des sciences et des arts, publié à Gand.
Du Bar, Ostéographie de la Baleine, Bruxelles , 1828.
squelette se trouve aujourd’hui, si je suis bien informé, aux Etats-Unis.
Un squelette non entièrement adulte se trouve au musée de Berlin. 11 provient d’un individu échoué sur la côte du Holstein en 1819, et qui a été décrit par Rudolphi, sous le nom de Balaenoptera rostratu.
Il en existe aussi un squelette non adulte à Leyde, d’un individu échoué, en 1816, dans la Zuyderzée.
Le musée de Copenhague en possède un bras et au musée de Paris se trouve une caisse tympanique !.
KYPHOBALAENA LONGIMANA,
Le squelette d’un individu de cette espèce, échoué à l'embouchure de l'Elbe, en novembre 18224, et décrit par Rudolphi, se trouve au musée de Berlin ?.
Un autre individu de cette espèce paraît avoir échoué en Écosse 5.
Cette espèce est commune dans le détroit de Davis, et, grâce à l’obligeance extrême de M, le professeur Eschricht, plusieurs musées en renferment aujourd'hui des squelettes complets. Le musée de Paris en possède deux (d’une femelle et de son jeune) rapportés du cap de Bonne - Espérance par De Lalande.
Cette espèce porte des coronula diadema sur la peau.
I parait qu'elle est véritablement cosmopolite ; si elle fait périodiquement une station sur la côte de Groenland, on l’a également signalée aux iles Bermudes, à Java (crâne incomplet à Leyde, rapporté par Reinward), au cap .de Bonne-Espérance et dans la mer du Japon.
! Dans les galeries d'anatomie comparée du muséum de Paris, parmi les préparations des os d'oreille, nous avons trouvé, dans un même cadre, une caisse tympanique de Balaena mysticetus , une autre de Balaena australis, une de Pterobalaena communis et une de Pterobalaena gigas. Ces préparations ont été faites sous l'administration de Cuvier.
2? Mém. acad. Berlin, 1829.
5 Naturalists library. Mamma, vol. 6, pl. 7.