ER
Elles sont toutes semblables et ne différent que très-légèrement de grosseur.
Les antérieures et les postérieures sont les moins fortes.
Toutes ont une forme conique avec le sommet légèrement courbé.
Chaque dent est encore enveloppée de sa capsule, et malgré sa forme creuse, on ne parvient à la séparer de la pulpe, qui l’a engendrée, qu'après des tiraillements répétés.
Dans chaque os maxillaire on voit, au fond et sur le côté de la gouttière dentaire commune, autant de dépressions alvéolaires qu’il y a de dents.
Toute la rangée de dents tient à la peau de la gencive et ne montre d’autre adhérence que celle des vaisseaux et des nerfs.
Il n’y a aucun contact avec le tissu osseux.
I n’y a pas d'apparence d’autres dents que celles dont nous venons de parler, et qui appartiennent toutes aux dents molaires.
Nous avons découpé, avec le plus grand soin et dans tous les sens, la peau qui recouvre le bout du museau et de la mâchoire inférieure, et il n’y a aucune trace de dents que l’on puisse considérer comme incisives.
Il est évident aussi qu’il n’y a pas de dents de remplacement.
Dimensions du fœtus.
PONSUEUMLO IE RENE NOR ESA EN 1,70 — deMANATEUITEDECIOTAIE ENCRES ENS 0,58 Hauteur de la nageoire dorsale . . . . D OT GO ME 0,20 Longueur de chaque lobe de la nageoire sudile ÉTÉ AC DE 0,22 Distance du bout du bec à la nageoïire dorsale . . . . . . . 0,60 — de la nageoïire dorsale à la queue . . . . . . . . 0,84 Nagenirelcaudale SAIS EN UN" Ne 0,26 Distance du bout du bec à l’'évent . . . REPARER 0,27 — à la commissure Le es PR 7 Lee 0,18 Hauteur du corps au-devant de l'épaule . . . . . : . . 0,27 — — au-devant de la nageoire dorsale. . . . . . 0,21 Épaisseuride laicouche delard 2.2: "41.1... 97m 0,025
Il ne peut y avoir le moindre doute au sujet de l'espèce; c’est bien l'animal
dont nous donnons ici la synonymie, et qui doit porter dans le langage vul- Toue XXXII. 3
gaire le nom de Grindewall ; mais est-on également d'accord au sujet du genre ?
Frédéric Cuvier, négligeant, dans la rédaction de son livre sur les Cétacés, les notions les plus élémentaires que ses recherches sur les dents n'auraient pas dû lui faire perdre de vue, réunit, sous le nom de Marsouins, les animaux les plus disparates, et y comprend même le Delphinus globiceps. Les Orca, les Beluga, les Globiceps et les véritables Marsouins sont placés les uns à côté des autres.
Gray, dans son Catalogue , place le genre Globiocéphale , qu'il a créé pour cette espèce !, entre l’Orca et les Grampus.
Cet animal n’est certes pas un Marsouin et encore moins un Orca ; mais fait-il un genre nouveau et faut-il adopter le nom proposé par Gray ?
En attendant que les aflinités de ce Cétacé soient mieux appréciées , nous continuerons à nous servir du nom sous lequel il est encore le plus généralement connu, c'est-à-dire
Dezpninus cLogicers. Cuv.
et nous donnerons comme synonymie :
1806. Neill. Tour throught some of the Island Orkney and Shetland. Édimbourg , 1806. 1809. DeLpminus MELAS. Traill, Nicholson’s Journal, vol. 22, pl. 5. 1820. Dezpainus pepucror. Scoresby, an Account of the arctic regions. Decpainus GLogicers. Cuvier, Ann. de Museum, XIX, tab. 1. Oss. foss., pl. 21, fig. 11, 19, 453.
Decrunus 6Loricers. Schlegel, Abhandelungen, À Ht., pag. 35; 1841. — — Fauna Japonica., Mammif., tab. 27. (Jeune animal.) PHocorNa MELAS. Couch., Ann. of nat. hist., vol. 9. 1842. — — De Selys-Longchamps, Faune belge.
1550. GLoBiocePuaLus SVINEVAL. Gray, Catalogue, pag. 87. 1552. Deupainus meLas. Gervais, Zoologie et Paléontologie françaises. Paris, 1848-52. GRIND-WHALE, aux iles Faerü.
CLAING-WHALE, en Shetland.
Nisarnag , en Islande ?.
Par quel nom désignerons-nous ce Dauphin en hollandais (nederduitsch),
1 Zool. Ereb. et Terror.
? C'est à M. Eschricht que nous devons la connaissance de ces noms locaux.
dit notre savant confrère, M. Van der Hoeven, en parlant de cette espèce ? Il ne nous semble pas douteux , nous devons tous adopter le nom de Grindewal. C'est aux iles Faerü qu'il est le mieux connu, et c’est ce nom qui doit prévaloir.
Depuis que les iles Faerô sont habitées, dit M. Eschricht, dans sa savante communication à l’Institut, en 1858, des milliers d'individus d’une espèce de Cétacée sont pris chaque année, lors de leur passage des mers polaires à l'Atlantique. Ce Cétacé est le Grindewal 1.
Il est à peine croyable que l’on ait pu prendre jusqu'à mille Grindewalls à la fois sur ces côtes. D’après Irminger, dit encore Eschricht, on a pris, de 1835 à 1844, 16,299 individus.
Nous trouvons dans l'ouvrage d'Eschricht, sur les Baleines du Nord, que Holbüll n’a jamais vu le Grindewall au delà du 66° degré de latitude au nord de Godthaab, qu'ils visitent seulement, et encore d'une manière très-irrégulière, les côtes méridionales du Groenland; en dix-huit années de temps, il n’a vu ces Cétacés que deux fois, et ces deux années leur présence correspondait avec l'absence de Phoques. Les Phoques mangent aussi les Céphalopodes. Quand il en arrive, c’est par grandes bandes.
En 18192, il en échoua , avons-nous vu plus haut, soixante et dix en même temps près de Paimpol (Côtes-du-Nord).
Le Delphinus globiceps habite la mer du Japon, l'océan Pacifique ou le grand Océan boréal, la mer du Nord, la Manche et le détroit de Davis.
‘ Ce Grindewall, si commun aux côtes des Faerÿ, parait de temps en temps dans le détroit de Davis, dit M. Eschricht, mais il n’y fait pas un séjour régulier. (Comptes rendus, 12 juillet 1858, pag. 54.)
Dans le courant de l'été de 1851, au mois de juillet, les pêcheurs d’Ostende prirent un fort beau Dauphin du sexe femelle, qui nous parvint à Louvain dans toute sa fraicheur. Au milieu de l'hiver de 1852, un second individu du même sexe et de la même espèce fut pris dans des circonstances analogues : ce sont eux qui nous ont fourni le sujet de quelques observations que nous consignons ici.
Nos recherches sur les vers intestinaux, qui absorbaïent toute notre attention et qui réclamaient tout notre temps au moment de cette prise intéressante, nous ont empêché d’en faire mention plus tôt.
Du reste, nous avons été assez longtemps sans pouvoir déterminer l'espèce, et les riches matériaux du muséum d'histoire naturelle de Paris, que l’on ne consulte jamais sans fruit, n'avaient pu nous mettre sur la voie. Ce Dauphin y est complétement inconnu. Ce n’est qu’en visitant les musées de Berlin, de Kiel et surtout celui de Copenhague, formé par les soins si intelligents d’Eschricht, qui en a fait le premier musée cétologique du monde, que nous nous sommes assuré que cette espèce est connue des naturalistes.
Elle a été longtemps confondue avec le Delphinus tursio de la Méditerrané , et Gray en a fait le type d’un genre nouveau, sous le nom de Lagénorhynque.
Nous avons mis nos soins à conserver par un dessin la forme et la distribution des couleurs de ce curieux Dauphin, et, indépendamment de la figure réduite que nous joignons à ce mémoire, nous avons exécuté un dessin de grandeur naturelle, afin de mieux conserver la forme et les couleurs.
Voyons d’abord les caractères extérieurs.
L'animal pesait au delà de trois cents kilogrammes. Du bout du museau au bord libre de la nageoire caudale , il mesurait sept pieds. I y avait un pied d'intervalle entre la partie postérieure des évents et la pointe du museau, et trois pieds moins un pouce de cette même pointe à la base de la nageoire
dorsale, Il restait quatre pieds de cette base au bord de la nageoire postérieure.
La nageoire pectorale a quatorze pouces et demi depuis l'échancrure antérieure jusqu’à la pointe, et huit pouces et demi de la commissure de la lèvre au bout du museau. Au-devant de la nageoire caudale (huit pouces), le corps a huit pouces et demi de hauteur.
La tête se prolonge en une sorte de bec. Depuis la base du bec, la tête, le dos, toute la nageoire dorsale, la base de la queue et, sur le côté, jusqu’au milieu des flancs, la peau est du plus beau noir, comme la nageoire caudale et une grande partie de la nageoire pectorale. Le bec ou cette partie du museau qui s'étend depuis le bout de la lèvre jusqu'à la partie qui s'élève brusquement, est d’un blanc jaunâtre. Toute la face inférieure du corps est d’un blanc luisant. Mais ce qui, dans la coloration, semble le mieux caractériser cette espèce, indépendamment de la couleur pale du bec, c’est une bande blanche qui s'étend sur les flancs parallèlement à la colonne vertébrale, à commencer au-dessus des yeux , pour se perdre dans la couleur blanche de l'abdomen au-dessous du bord antérieur de la nageoire dorsale. Il en résulte que le corps est blanc en-dessous, depuis le menton jusqu'à la base de la nageoire caudale , sur le côté de l'abdomen et de la queue, et qu'il règne une bande , également blanche, sur le côté du dos.
Nous avons examiné avec attention, sur les deux individus encore frais, la forme de leur évent: c’est une fente en demi-cerele comme un orifice de bouche fermé par deux lèvres et dont les commissures sont un tant soit peu ouvertes. Les deux commissures sont à 0",034 de distance l’une de l’autre. Comme toujours , la concavité est dirigée en avant.
Nous avons visité ces Dauphins avec le plus grand soin à l'extérieur comme à l'intérieur, et, ce qui paraitra bien remarquable, c’est que nous n’avons pu découvrir aucun parasite. Dans l’un comme dans l’autre individu, ni les cavités de la bouche, de l'estomac et de l'intestin, ni les bronches, ni le sang, ni les sinus de la tête, ni les régions délicates de la peau, nulle part nous n'avons pu découvrir un être vivant, soit comme parasite, soit comme commensal. C’est un exemple tellement rare chez les animaux qui n’ont pas abandonné leurs régions géographiques, que nous serions presque tenté de supposer que ce Dauphin est étranger à la mer du Nord.
Voici le tableau des principales dimensions :
Longueur totale . . . . Abaserence tir fi Gien à 2,55 Du bout du museau à la lèvre SUR ur des events ie 0,52 Du bout du museau à la base de la nageoïre dorsale . . . . . 0,97 Du bout du museau à Pœil . . . . 0,255 De la base antérieure de la nageoire due au ion de " nageoire
CAUSE : aves SMS Fous EN CON LL 4,56 Longueur de la nagcoire sue RO DM Dern re LL 0,59 Du bout du muscau à la commissure des lèvres. . . 4 0,256 Hauteur du corps, à 8 pouces de distance de la nageoire Rs 0,236 DONGUÉUTETeS AU DIELES EE Le 0,02 Distance des deux anciés de TEVENt NC NC A UE 0,055
Il est à remarquer que les Dauphins, dont les mesures ont été conservées, sont un peu plus grands que les nôtres; les deux du port de Kiel mesuraient 2,99 et 2,91; celui de Brightwell mesurait 4,49 ; ils apparüennent au sexe mâle.
On sait que les Cachalots mâles ont le double de la longueur des femelles ; on ne doit donc pas s'étonner de la différence de taille de cette espèce, différence qui dépend, à ne pas en douter, du sexe. |
À cause de l'importance de cette espèce, nous allons indiquer ici le résultat de quelques observations que nous avons pu faire sur le squelette, le tube digestif et les organes génitaux.
La forme de la tête est assez caractéristique ; elle se divise exactement en deux moitiés à peu près égales : l'une antérieure, formant le bec, et l'autre postérieure , comprenant tout le reste de la tête. La mâchoire inférieure dépasse la supérieure à peu près de la distance d’un pouce.
Dans les deux squelettes, les dents sont au nombre de vingt-cinq en-dessus et en-dessous.
Dans d’autres crânes, on n’en compte que vingt et une de chaque coté.
Pour nous assurer de l'importance du nombre des dents dans les espèces de Dauphins, nous avons comparé, comme nous l'avons dit plus haut, douze crânes de Beluga de Groenland de tout âge, et nous n'avons vu ces dents varier que de huit à dix. Dans deux eränes, complétement adultes, il en
existe, chez l’un, huit sur huit, chez l’autre dix sur huit. Dans un seul, nous en avons trouvé dix sur dix. La dentition de tous ces crânes était complète.
M. Eschricht avait demandé ces têtes au courageux Hôlboll, qui à si tristement péri, pour s'assurer s'il y a une différence dans la dentition des deux sexes ; on sait que les Beluga sont, sous tous les rapports, si voisins des Narvals, et que leurs dents présentent, chez les mäles, des différences si considérables : la femelle des Narvals n’a pas de défense, c’est à peine si on peut la distinguer des Beluga. On désigne même dans le Nord ces deux Dauphins, si différents par les mâles, sous un nom générique commun.
Si l'os de l'oreille a une grande importance pour la distinction des espèces de Cétacés, ce n’est pas tant la description de cet os qui présente une véritable utilité, qu'une bonne figure. Nous nous bornerons à faire remarquer que la caisse tient au rocher par une surface concave du rocher et convexe de la caisse, surface qui n’est pas sans ressemblance avec un moule de certaines coquilles bivalves, dont la surface est couverte de stries partant du sommet de la valve et s’éloignant en éventail vers la circonférence.
La caisse, du côté de son orifice, ressemble à une feuille qui s’enroule autour d’un objet et qui n’a pas encore complétement enveloppé le corps étranger. Du côté opposé, la caisse se termine à l’un des bouts en s’arrondissant, et, au bout opposé en formant deux renflements séparés par une échancrure. Nous avons fait figurer ces os.
M. Claudius fait remarquer, avec raison, que les condyles occipitaux sont excessivement rapprochés dans cette éspèce; le cas cependant n’est pas unique, nous trouvons une disposition toute semblable dans le Delphinus longirostris.
La colonne vertébrale porte un nombre considérable de vertèbres, qui sont partagées, d’après les régions, de la manière suivante : sept vertèbres cervicales, dont les deux premières sont soudées ensemble ; quinze ou seize dorsales, vingt-trois lombo-sacrées et de quarante et une à quarante-quatre vertèbres caudales. Ce même nombre de vertèbres se trouve dans les deux squelettes que nous possédons. En disant quinze ou seize dorsales, nous avons voulu indiquer que l’un possède quinze côtes et l’autre seize.
Nous venons de le dire, l’atlas et l’axis sont complétement réunis; mais
les cinq vertèbres suivantes méritent une mention spéciale. A l'exception de la septième, ces vertèbres ont une apophyse transverse inférieure qui se dirige non en dehors mais en avant; et, comme ces apophyses sont trèsminces et sont serrées les unes contre les autres, elles ont l’air d’écailles imbriquées : c’est l’apophyse de la troisième qui est la moins développée.
Il y a, sous ce rapport, de grandes différences entre les deux espèces de ce genre.
Les côtes sont au nombre de quinze dans l’un et de seize dans l’autre squelette, disons-nous. Mais ce qui surtout est curieux, c’est que dans l’un, celui qui en a seize, la première côte s'articule par le bout libre, tandis que les six côtes suivantes s’articulent par la tubérosité non terminale ; le squelette qui n’en a que quinze a les six côtes antérieures articulées de la même manière par la tubérosité non terminale.
Ïl n’y a pas de transition de la dernière côte, s’articulant, par les deux surfaces, aux côtes suivantes.
I y a done dans les deux squelettes six côtes articulées par la tubérosité et qui ont une tête et un col; dans l’un, c’est de la première à la septième ; dans l’autre squelette, de la seconde à la huitième.
L’omoplate est très-curieuse par son grand développement en largeur. En la comparant au même os de l'espèce voisine, si semblable sous tous les rapports, il y a de notables différences.
L'omoplate est assez remarquable aussi par ses deux apophyses acromion et coracoïde. Elles sont toutes les deux fort développées et, contrairement à ce que l’on observe en général, elles ont la même importance. Il y a même ceci de remarquable, c’est qu’une de ces apophyses est plus large que autre et bilobée, et dans l’un des squelettes, c’est l’acromion qui est le plus large, dans l’autre, c’est l’apophyse coracoïde.
Le sternum est composé de trois pièces dans l’un des deux individus, de quatre dans l’autre ; mais dans tous les deux , la pièce antérieure la plus forte est échancrée en avant à peu près jusqu’au centre de los.
Le squelette du Lagenorhynchus Eschrichtit n'a pas cette échancrure sur le bord antérieur du sternum , mais un trou au milieu , comme si l’échancrure s'était effacée par la soudure.
Les membres ont une largeur ordinaire.
Les os, à commencer des os carpiens, ne sont pas sans mériter une mention spéciale.
Il existe d’abord une première rangée d’os carpiens, mais au lieu de trois pièces, il y en a quatre, et la seconde rangée n’en a plus qu'une seule : c’est évidemment un os de la seconde rangée qui a été refoulé en haut.
Le pouce n’est représenté que par un métacarpien, sans aucune apparence de phalange.
L’index est le plus long et compte huit phalanges; le doigt médian est plus court et en compte six ; l’annulaire, plus court encore , n’en compte plus que trois, et le petit doigt, outre le métacarpien, n’a qu'une seule phalange fort petite, comme le sont toutes les phalanges terminales.
Dans la composition du tube digestif, c'est moins la conformation de l’estomac que son contenu , ainsi que la curieuse disposition des replis de la muqueuse de l'intestin, qui méritent de nous arrêter un instant.
Les deux Dauphins qui ont fourni le sujet de ce mémoire avaient tous les deux leur estomac également plein de débris, ce qui nous fait supposer que cet organe, ainsi chargé, est dans son état physiologique.
En volume, chaque Dauphin portait au moins deux litres d’arêtes de poisson.
Nous avons soumis le contenu à un examen minutieux, et nous avons trouvé que les trois quarts se composaient d’arêtes de Merlan et de leurs otolithes et cristallins, d’un autre poisson à peu près de la même taille, et le reste de portions de carapaces et de pattes de Pagure, ainsi que d’opercules de Buccinum undatum. Nous avons trouvé aussi des valves entières de Cardium edule n'ayant pas la moitié de leur croissance.
Comme ces poissons , dont les débris remplissent l'estomac, sont de petite taille, on ne peut admettre que ces valves et opercules de Mollusques, pas plus que les articles de la carapace de Pagures , qui ne sont pas moins écrasés, proviennent de l'estomac des poissons avalés : ce sont bien les Dauphins eux-mêmes qui ont pris et avalé ces animaux vivants.
Depuis plusieurs années, M. Eschricht a attiré l'attention des naturalistes sur la disposition des replis de la muqueuse intestinale. Cette disposition est très-importante au point de vue zoologique, puisque chaque espèce pré-
Toue XXXII. 4
sente dans ces replis des caractères propres. Le Dauphin, dont il est question dans ce mémoire, est extrêmement remarquable sous ce rapport. Indépendamment des replis longitudinaux, il y a des replis transverses, à des intervalles réguliers et assez rapprochés, qui divisent la surface intestinale en compartiments carrés assez semblables à des alvéoles.
A mesure qu'on approche de l'intestin rectum, les replis transverses diminuent , puis disparaissent pour laisser les plis longitudinaux seuls.
Cette disposition est reproduite sur une de nos planches.
Nous ne parlerons pas de la matrice, qui est bicornue, comme dans tous les Cétacés; mais le vagin est remarquable par ses replis transverses qui divisent la longueur de cet organe en plusieurs étages. Ces caractères sont peut-être communs à tous les animaux de cet ordre. On pourrait croire d’abord qu'il existe plus d’un museau de tanche et que ceux-ci sont placés par étage les uns au-dessus des autres.
Indépendamment de ces replis, il existe encore des replis longitudinaux três-nombreux et fort rapprochés les uns des autres.
On distingue fort bien le clitoris dans les deux individus femelles que nous avons eu l’occasion d'observer.
Nous avons éprouvé, avons-nous dit plus haut, de grandes diflicultés dans la détermination de cette espèce.
En consultant les livres classiques nous arrivions toujours au même résultat, c'est-à-dire que notre Dauphin était voisin du Tursio, mais qu'il n'était pas possible de ne pas l'en distinguer. Le Tursio est en effet cité par M. de Selys- Longchamps, dans sa Faune belge, comme se trouvant en Picardie ; et nous avons vu, au muséum de Paris, un crane de véritable T'ursio pris dans la Manche et envoyé par M. Baillon. Il y a aussi un squelette de Tursio à l'université de Gand, et il en existe un au musée de Leyde, d’un individu pris dans la mer du Nord.
Le musée de Louvain possède un Tursio, que j'ai rapporté moi-même de la Méditerranée.
Après avoir comparé le crane avec ceux qui se trouvent au muséum de Paris, nous écrivimes la note que voici :
De tous les Dauphins du muséum, il n’y en a qu'un seul qui se rapproche
un peu du nôtre; il est d’origine inconnue, sans dents en sans mâchoire inférieure. Il est écrit à la main sur le crâne même : voisin du Tursio. I porte sur l'étiquette : Tursio de Bonnaterre.
Il en diffère toutefois par les os incisifs, qui sont séparés dans toute leur largeur dans le crâne du muséum, tandis qu'ils sont réunis au milieu dans celui-ci. Le même crâne du muséum a le museau un peu moins long et plus large à la base, et, d’après les alvéoles, il porte quelques dents de moins, environ vingt-deux.
Après avoir compulsé quelques travaux particuliers sur ce sujet, j'ai trouvé, dans Schlegel !, la description d’un squelette de Dauphin, envoyé au muséum de Leyde par M. Eschricht. La tête est représentée dans cet ouvrage. M. Schlegel l'a nommé Delphinus Eschrichtii. C'est évidemment de ce Dauphin que le nôtre se rapproche le plus ; mais, comme nous le verrons plus loin, par la comparaison que nous ferons après la description, il existe encore des différences dans des organes qui ne varient guère chez les animaux de cette classe,
Enfin, c’est en visitant Copenhague que nous avons pu débrouiller complétement l'histoire de ce Dauphin et d'une espèce voisine dont nous possédions depuis longtemps le squelette.
Nous avons trouvé quatre squelettes complets de notre Dauphin : deux à Copenhague, un à Kiel et un à Berlin.
Voici, en quelques mots, l'historique de cette curieuse espèce qui à fait le sujet d’une bonne dissertation écrite par Mathias Claudius en 1853. Nous y puisons les principaux détails que renferment les lignes suivantes. Comme cet intéressant opuscule est peu connu, nous ne croyons pas faire un horsd'œuvre en les reproduisant.
En 1846, M. Brightwell décrit ce Dauphin sous le nom de Tursio, d’après une femelle prise non loin de Yarmouth. Peu de temps après, J.-E. Gray vit dans ce prétendu Tursio une espèce nouvelle et lui donna le nom d’Albirostris. L'année suivante , M. Eschricht reçoit un squelette de ce même Dauphin, et lui trouvant quatre-vingt-quatorze vertèbres, nombre que l’on n'avait trouvé encore dans aucun Dauphin, il le décrit comme nouveau sous
! Abhandelungen…..
le nom de Delphinus Ibsenii. Puis, en 1852, on prend un individu de cette même espèce dans le port de Kiel, et c’est lui qui a fourni à M. Claudius le sujet de sa dissertation.
Ce Dauphin doit done porter le nom de :
DELPHINUS (LAGENORHYNCHUS) ALBIROSTRIS.
Voici la synonymie avec l'indication des principaux auteurs :
Decpnus rursio. Brightwell, Ann. nat. hist., vol. 17; 1846.
LAGENORHYNCHUS ALBIROSTRIS. Gray, Ann. a. mag. of nat. hist., vol. 17, pag. 84; 1846.
Decpuinus Iesenu. Eschricht, Kongl. Danske vid. Selskab., vol. 12, et Comptes rendus de l’Académie des sciences , 12 juillet 1858.
Decpuinus auBirosteis. M, Claudius, Dissertat. de Lagenorhynchis. Kiliae, 1855.
Ses caractères sont :
Une dépression vers le bout du museau qui donne à l'animal une sorte de bec; ce bec est blanc, ainsi qu’une bande le long des flancs , qui commence au-dessus de l'œil et finit au pied de la nagcoire dorsale ; toute la partie inférieure du corps est également blanche; le dos, la nageoire dorsale et la nageoire caudale sont du plus beau noir. La queue se rétrécit assez brusquement; la colonue vertébrale compte de nonante à nonante-quatre vertèbres ; les deux premières vertèbres, l’atlas et l’axis, sont seules soudées; l’omoplate est fort large et le pouce manque de phalange.
Les pêcheurs d'Ostende appellent ce Dauphin Tenninck, sans doute du mot tonninck que l'on trouve cité dans quelques auteurs, mais pour plusieurs espèces de Dauphins qu'ils confondent. Ce qui me confirme dans l'idée que c’est leur véritable nom de nos pêcheurs, c’est que les deux individus m'ont été envoyés séparément, à deux années d'intervalle, sous la même dénomination flamande.
Cette espèce habite donc la mer du Nord (côtes d'Angleterre, de Danemark et de Belgique) et la Baltique ( port de Kiel).
On en connait un squelette provenant de Jutland, quatre de Groenland, un de la côte d'Angleterre, un de la Baltique (port de Kiel) et deux des côtes
de Belgique. A Berlin se trouve aujourd’hui un des quatre squelettes de Groenland.
Un détail géographique très-curieux que nous fournit M. Eschricht, c'est que le Lagenorhynchus albirostris paraît régulièrement dans le détroit de Davis, à la suite des poissons passagers, avec le Xyphobalaena longèmana , le Fimwall, la petite Baleine et le Marsouin, à l'époque où le Mystitectus, le Beluga et le Narval abandonnent leur quartier d'hiver pour se réfugier dans les régions polaires.
Comme nous possédons, à Louvain, un squelette de la seconde espèce de ce sous-genre, espèce que Schlegel a dédiée à Eschricht, nous en ferons menüon, d'autant plus qu’elle habite la mer du Nord, comme l'espèce dont nous venons de parler.
Notre squelette a été rapporté à Anvers par un navire marchand venant de la côte d'Afrique, d’après ce qu’on nous a assuré, et provenait d’un animal qui avait été harponné par l'équipage avec deux autres Dauphins, dont Pun est le Delph. Delphis.
Cette espèce a été décrite d’abord par Schlegel en 1841, d'après un squelette que M. Eschricht avait envoyé au musée de Leyde. Par suite d’une faute d'impression, corrigée par M. Schlegel lui-même , qui donnait à ces Dauphins trente-deux vertèbres lombaires au lieu de vingt-deux (le nôtre en a vingtquatre), Rasch a été conduit à faire une espèce nouvelle sous le nom de Delphinus leucopleurus.
Comme le remarque M. Schlegel, les vertèbres cervicales sont remarquables par la présence d’une apophyse à la partie inférieure du corps de la sixième vertèbre et qui manque à la septième.
Il existe, sous ce rapport, une grande différence entre ees deux espèces, d’ailleurs si voisines , et cette apophyse, à la sixième vertèbre cervicale, correspond à la tête articulaire de la première côte, qui manque cependant dans un des deux squelettes de l'A lbirostris.
Comme toutes les vertèbres cervicales diffèrent dans ces deux espèces, nous ne pouvons nous empêcher de signaler quelques-unes de leurs particularités.
Des sept vertèbres cervicales, quatre sont soudées entre elles, les trois premières complétement, la quatrième seulement par son apophyse épineuse.
Les vertèbres dorsales sont au nombre de quinze, les lombaires de vingtquatre et les caudales de trente-six. Il y à done un total de quatre-vingt-deux vertèbres.
Le sternum est composé de deux pièces ; la supérieure, la plus grande, au lieu de présenter cette échancrure de l'Albérostris, présente, au contraire, son bord uni et un trou vers le milieu.
Les deux pièces antérieures sont soudées,
Mais de toutes les pièces du squelette les plus remarquables sont celles des extrémités antérieures.
L'omoplate est beaucoup moins développée dans cette espèce que dans lA/birostris, en même temps que ses deux apophyses acromion et coracoïde sont moins étendues et plus dissemblables entre elles. Le coracoïde est moins volumineux.
Les os du bras et de l’avant-bras sont plus ramassés, et l’olécrâne est notablement moins volumineux.
Les os carpéens présentent des différences plus grandes encore : une première rangée est formée du scaphoïde et du semi-lunaire seulement, tandis que la seconde rangée comprend les trois autres. En comparant les os de celle région avec ceux des espèces voisines, on s'aperçoit aisément quels sont ceux qui ont changé leurs rapports respectifs.
Le pouce est plus complet que dans lAlbirostris : outre le métacarpien , il a une phalange.
L'index à neuf phalanges au lieu de huit, sans le métacarpien. Le médius en à six : c'est le même nombre ; l’annulaire n’en a que deux , et le petit doigt une seule phalange toute rudimentaire.
La forme de la tête se rapproche beaucoup de l'espèce précédente, quoiqu'elle soit un peu plus grêle; le nombre de vertèbres est de quatre-vingttrois; les dents sont plus petites et plus nombreuses : au lieu de vingt-cinq, nous en comptons trente et une de chaque côté; mais ce qui surtout la différencie, C’est que les quatre premières cervicales sont soudées ensemble, tandis que, dans l’A/birostris, l’atlas et l’axis seuls sont soudés.
Decpminus (Lacenoraynenus ) Escuricuru. Schleg.
Synonynrie : Decpanus Escuricaru. Schlegel, Abhandel., St. 1, pag. 25, pl. I et IT, fig. 4, et pl. IV, fig. 3.
— Derpmnus Leucorceunus. Rasch., Vyt Magaz. f. Naturvitensk., 4 B., pag. 97. — Dezpaminus Escuricarn. M. Claudius, Dissert. de Lagenorhynchis, 4. Kiliae, 1855. — Dezpunus Escuricaru. Eschricht, Comptes rendus de l’Académie des sciences, 12 juillet 1858.
Les caractères distinctifs du squelette de cette espèce sont d’avoir de quatrevingt-deux à quatre-vingt-trois vertèbres, le museau moins large, l’omoplate plus étroite, une phalange au pouce, et des cinq dernières vertèbres cervicales, la sixième seule pourvue d’une apophyse transverse inférieure ; l’atlas et l’axis sont soudés et réunis aux deux suivantes par les apophyses épineuses. Les dents sont au nombre de trente et une de chaque côté.
La queue se rétrécit plus brusquement dans le Delphinus albirostris que dans cette espèce.
M. Eschricht nous apprend que le Delp. Eschrichtit est l'objet d’une pêche régulière sur la côte de Norwége, qu’elle y porte le nom de Springer, ou Hvidskiaeving, à cause de la couleur blanche des flancs. On la prend par bandes de mille et de quinze cents individus à la fois. Cette pêche se fait en été,
Ce Dauphin visite également et d’une manière régulière les îles Faer6, probablement lors de son passage du cercle polaire à l'Atlantique, dit aussi Eschricht.
I y a un squelette de cette espèce à Leyde, qui provient des îles Faerô , un à Francfort, ainsi qu'une peau montée, et à Copenhague, on en a reçu plusieurs provenant également de Faerô. Nous l'avons dit plus haut, le squelette du musée de Louvain n’a pas une origine bien certaine, mais si l’on devait se rapporter aux seuls renseignements que l’on possède, il proviendrait d’un individu harponné avec deux autres espèces sur la côte d'Afrique. I est à regretter que nous n’ayons pu obtenir la preuve de son origine et la date de sa capture.
Les deux Dauphins lagénorhynques sont d'autant plus remarquables que, tout en vivant dans la mer du Nord et n'étant pas sans atteindre une belle
taille, ils n’ont été reconnus que par un petit nombre de naturalistes. Il n'en existe rien au muséum d'anatomie comparée de Paris, et Cuvier n'ayant parlé que de ce qu'il avait vu, n’a, par conséquent, dans ses belles recherches sur ces animaux , pu faire mention de l’une ou de l’autre de ces espèces.
Nous finirons ce mémoire en ajoutant la liste des Cétacés qui, à notre connaissance, sont venus visiter nos parages et dont les squelettes sont conservés dans les musées.
Nous ne faisons pas figurer dans cette liste le Delphinus delphis, par la raison qu'aucun individu de cette espèce n’a été pris, à notre connaissance, dans la mer du Nord.
Comme Eschricht l’a démontré depuis longtemps, les Cétacés forment deux grandes divisions fort naturelles, les Cétacés à dents et les Cétacés à fanons.
Les Cétacés à dents ont l’évent simple, des dents et pas de fanons, un os lacrymal et une tête en général qui n’est pas en disproportion avec le volume du corps.
Nous énumérerons d’abord les Cétacés à dents.
DezpniNus TURSI0.
Cette espèce, tout en étant propre à la Méditerranée, visite aussi la Manche et la mer du Nord.
On en trouve un squelette dans le musée de l’université de Gand. Le musée de Leyde en possède également un individu échoué sur les côtes de Hollande, il y a une cinquantaine d'années. Au musée de Paris se trouve la tête d'un individu pris dans la Manche, et le musée de Copenhague possède le squelette d’un Tursio échoué sur les côtes de Danemark.
Dezpainus oRcA.
Cette espèce remarquable et franchement carnassière, qui poursuit les. Phoques et les Cétacés jusque dans la mer de Baffin, apparaît de temps en temps sur nos côtes. Paret a eu l’occasion d'en voir échouer trois individus non loin d'Ostende, dont un jeune n'ayant pas atteint la moitié de la croissance et deux entièrement adultes, un mâle et une femelle. Nous possédons, à Louvain , un beau squelette du mâle adulte que Paret nous a cédé.
En 1841, un individu de seize pieds de long échoua à Wyk aan Zee. Le squelette en est conservé à Leyde. Le musée de Gand possède aussi quelques vertèbres et des os d'oreille de ce même Dauphin.
Cette espèce a été observée, en outre, dans la Méditerranée (Gervais), dans la mer des Indes, A/goa-bay (Verreaux , au muséum de Paris), dans la mer de Chili (Eydoux, muséum de Paris) et dans la mer du Japon (Schlegel, musée de Leyde).
DELPHINUS ALBIROSTRIS.
Nous avons fait connaitre plus haut ce curieux Dauphin dont, en deux ans de temps, les pêcheurs d'Ostende ont pris deux femelles. Le squelette de l'un est à Louvain, l’autre à Bruxelles. On en voit encore deux squelettes à Copenhague, un à Kiel et un à Berlin.
DELPHINUS ESCHRICHTIT.
Il est encore douteux que cette espèce ait été vue près de nos côtes. Nous en possédons un squelette à Louvain ; mais nos renseignements sur son origine ne sont pas précis. On trouve des squelettes de cette même espèce à Copenhague , à Leyde et à Francfort, qui proviennent des iles Faerû.
Nous donnons plus haut quelques détails sur le squelette de cette espèce que Schlegel a reconnue, le premier, comme nouvelle.
Il parait que ce Dauphin visite régulièrement la côte de Norwége.