‹ MammifèresChapitre 23 sur 86 · DAT · texte numérisé non relu

DAT

Ce genre renferme les chauves-souris les plus communes, surtout dans les contrées tempérées et froides du nord de l'Europe. Ce sont des Chiroptères robustes, vifs et peu frileux ; leur sommeil hivernal dure peu, et il est souvent interrompu par des périodes d'activité lorsque le temps est au dégel. Ils sont les premiers à se montrer au printemps, et ils sortent aussi de bonne heure dans la soirée. Leur vol est prompt, varié, accidenté : leurs ailes longues et leurs jambes courtes indiquent assez que ce sont de bons voiliers, et c’est parmi eux que l’on a noté les exemples de migrations les mieux constatés jusqu’à ce jour. Ils se réunissent en sociétés nombreuses dans les arbres creux, les clochers, les greniers et ne recherchent pas les caves et les souterrains, avec autant de soin que les Vespertilions. On aurait tort, sans doute, de généraliser le fait, mais je puis affirmer que dans aucun souterrain de la vallée de la Loire je n'ai jamais trouvé pendant l'hiver un seul Vespérien, alors que jy prenais en abondance toutes les espèces de Rhinolophes et de Vespertilions et même quelquefois l’Oreillard et la Bar-

bastelle. — D'après M. Fatio, chaque femelle aurait deux

petits à chaque portée.

Le nombre variable des prémolaires supérieures a fait subdiviser ce genre en deux sous-genres : Vesperus, et Vesperugo proprement dit.

Tableau des espèces du genre Vespérien (Vesperugo).

A. Deux prémolaires supérieures seulement; lobe postcalcanéen étroit; ailes s’insérant à la base des orteils : S.-G. Vesperus.

a. Oreillon de longueur moyenne, ayant

sa plus grande largeur immédiatement au-dessus de la base de son bordinterne; lobe postcalcanéen indistinct,; les 2 dernières vertèbres caudales libres; taille

grande : avant-bras — 0m,050. . VEsp.

b. Oreillon court, à bord interne droit, un lobe postcalcanéen distinct : taille moyenne : deux espèces.

a. Oreillon avant sa plus grande lar-

SÉROTINE (Vesperugo [ serotinus).

geur vers le milieu de son bord in-

terne ; les 2 dernières vertèbres caudales libres; pelage foncé; avantbras — 0m,038. . . . VESPÉRIEN b. Oreillon dilaté par en haut, ayant sa plus grande largeur au-dessus du milieu de son bord interne; oreilles plus courtes que la tête; la dernière vertèbre caudale seule libre ; pelage d’un blanc jaunûtre; avant-bras —

BORÉAL (V. borealis).

0m,040 . . . . . . . VESPÉRIEN DISCOLORE (V. discolor).

B. Quatre prémolaires supérieures; oreilles courtes, moins longues que la tête, leur bord externe se prolongeant au-dessous de l'angle de la bouche; oreillon court et large, lobe post-calcanéen bien développé :

S.-G. Vesperugo proprement dit.

c. Aile insérée au falon ou au-dessus; oreillon dilaté par en haut, sécuriforme, courbé en dedans, à bord interne concave; lobe postcalcanéen bien développé : deux espèces.

c. Taille grande : pelage unicolore en dessus; incisive supérieure externe deux fois plus grosse que l’interne ; incisives inférieures placées à angle droit dans la mâchoire; avant-bras

—0m,050 à 0m,070 . . . . Vesp. NOCTULE (V. noctula). ,

d. Taille moyenne : pelage bicolore en dessus, incisives supérieures toutes égales ; incisives inférieures placées dans la direction parallèle à la mâchoire; avant-bras — 0m,038 à

Om,042, . . . . . . VESPÉRIEN DE LEISLER (VW. Leisleri).

d. Aïle insérée à la base des orteils, oreillon non dilaté par en haut, taille moyenne ou petite : quatre espèces.

e. Oreillon élargi vers son milieu, à bord interne droit; lobe post-calcanéen petit; pelage noji'âtre ; avant-

bras—0m,033 à 0m,036. VESPÉRIEN MAURE (V. maurus).

f. Oreillon ayant sa plus grande largeur un peu au-dessus de sa base;

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lobe post-calcanéen bien développé:

trois espèces.

ff. Bord externe del’oreille échancré à son tiers supérieur; oreillon à bords parallèles ; 4re incisive supérieure bilobée; avantbras — 0,030. VEsP. PIPISTRELLE (V. pipistrellus). gg. Bord externe de l'oreille droit; semblable du reste à l'espèce précédente; avant-bras 0,034. VESPÉRIEN ABRAME (V. abramus).

hkh. Bord externe de l'oreille à peine concave dans son tiers supérieur; oreillon à bord externe convexe, à bord interne droit; re incisive supérieure unilobée; une bordure blanche à la membrane interfémorale ; | avant-bras— 0,033. VESPÉRIEN DE KuuL (V. Kuhlii).

Sous-genre Vespère (Vesperus, Keys. et Blas.).

Formule dentaire : 1 =; GE; Pm. 5; M 5. = 32 dents. | | Les Vespériens de ce sous-genre ont les ailes moins … étroites, les oreilles plus effilées que les Vespériens proprement dits : ils ont du reste les mêmes mœurs. —. Blasius en forme deux petits groupes : celui des chauvessouris tardives qui ne comprend que la Sérotine ; et celui des chauves-souris montagnardes qui comprend les deux autres espèces du sous-genre.

Le Vespérien Sérotiné

(Vesperugo serotinus, Schreber).

…. Synonymie. — Vespertilio noctula, E. Geoff. (nec . Schreb.) ; — V. murinus, Pallas (nec L.) ; — Vespertiho . incisivus et V. palustris, Grespon (les jeunes).

Caractères. — De grande taille : oreilles à peine plus courtes que la tête, leur bord externe s’insérant au niveau de l'angle de la bouche, directement au-dessous de l'angle postérieur de l'œil. Oreillon deux fois plus long que large, diminuant vers son sommet qui forme une pointe arrondie ; droit ou à peine concave sur son bord interne. — Aïle s’insérant au métatarse près de la base des doigts. Lobe post-calcanéen étroit. Les deux dernières vertèbres caudales libres, cette partie de la queue égalant la lon- Fig 10.— Oreille gueur du pouce. — Le pelage du dos,

. modérément long s'étend à peine sur la

nat.). membrane alaire sauf dans le voisinage

des flancs et à la racine de la queue :

en dessous les poils s'étendent davantage ; la face est presque nue. D’un brun enfumé en dessus, plus clair à la pointe des poils; d’un brun jaunâtre en dessous; oreilles et membranes d’un brun foncé.

Longueur de l’avant-bras = 0®,050; envergure = 0", 330 ; tête et corps = 0”, 072 ; queue = 0”, 052.

Habite toute la France, mais n’est commune nulle part.

Elle vit généralement isolée dans les troncs d’arbres creux, les tours, les clochers ou les combles des vieux édifices. À Paris, on la trouve quelquefois dans les chantiers de bois, où elle se niche au sommet des plus hautes piles de buches ou de fagots. Son sommeil hivernal est long et profond, elle paraît tard au printemps, et né sort que lorsque la nuit est complètement venue. Elle vole lentement et à une hauteur moyenne le long des allées d'arbres des forêts, des parcs et des jardins, ou bien au-

- milieu; les deux dernières vertèbres cau-

dessus des prairies au bord des cours d’eau, et dans le voisinage des habitations. Elle est frileuse et craint le mauvais temps. La femelle met bas un seul petit vers la

. fin de mai.

Cette espèce, en raison de sa grande taille, ne peut être confondue qu'avec la noctule : nous indiquerons les différences en parlant de cette dernière.

Le Vespérien boréal

(Vesperugo borealis, Nilsson).

Synonymie. — Vesperugo Nilssonii, Keys. et Blas. — V. Leucippe, Bonap., (d’après Forsyth Major). Caractères. — Taille moyenne : assez semblable à l’es-

.pèce suivante par Les proportions, l’oreil-

lon ayant sa plus grande largeur vers son

dales libres; en outre, une frange de poils fins et raides entoure la lèvre supérieure au-dessous des narines, — tous carac- Fig. 1. — Oreille tères qui la distinguent de l'espèce sui- gauche du P. vante. — Pelage très foncé : d’un brun RATE (gr. noir en dessus et en dessous avec l’extré- M mité des poils plus claire, ce qui produit quelquefois des tiquetures.

Longueur de l'avant-bras = 0", 038; envergure — 0", 250; tête et corps : 0*, 050; queue=—0", 045

Cette espèce septentrionale et même boréale en Europe, n'a pas encore été signalée en France, mais comme elle

. effectue des migrations assez étendue vers le sud pendant

l'été, il n’y aurait rien d'étonnant qu'elle se montrât de

temps en temps dans le nord et le nord-est de notre pays, notamment dans les Vosges et le Jura, car c'est une espèce montagnarde. — En 1857, Blasius lui assignait pour limite méridionale les monts du Harz en Allemagne : depuis cette époque, M. Fatio l’a rencontrée dans la Haute- Engadine en Suisse, et M. Forsyth Major a établi qu'elle se montrait en Italie et même en Sicile, en identifiant avec l'espèce du nord les exemplaires désignés par Bonaparte sous le nom de Vespertilio Leucrppe.

Le Vespérien discolore

(Vesperugo discolor, Natterer).

Caractères. — Oreilles un peu plus courtes que la tête ; oreillon court élargi au-dessus de son milieu, arrondi au sommet et recourbé en dedans. Ailes

insérées à la base des doigts qui repré-

1! sentent les 3/4 de la longueur totale du pied. Calcanéum muni d’un lobe assez

4 dll étroit. La dernière vertebre caudale (et Fig.12.— Oreille une petite partie de l’avant-dernière)

gauche du F. seule libre. — En dessus le poil s'étend

discolor. (gr. ESS al j nat.) sur l'aile jusqu’à une ligne allant du

milieu de l’humérus au genou, et sur l’interfémorale jusqu'à l'extrémité de la 4° vertèbre caudale ; de même en dessous; l’interfémorale est couverte de poils fins plus abondants le long de la queue. — Pelage, en dessus, d’un brun noir avec le quart terminal des poils glacé de blanc jaunâtre; en dessous brun foncé

il PR FT mmsaûtt éoms dut Cf dé. ae GS

avec l'extrémité des poils cendrée, ce qui produit quel-

. quefois l'effet de marbrures ou vergetures.

Longueur de l’avant-bras — 0", 040; envergure = 0%, 270; tête et corps —0", 048; queue — 0", 045.

Cette rare espèce, encore peu étudiée, se trouve dans le nord et l’est de la France, mais plus particulièrement dans les contrées montagneuses de cette région, c’est-à-dire dans les Vosges, le Jura et les Alpes.

Dans les montagnes, elle s’élève jusqu’à 1,300 mètres; son vol estrapide, élevé : elle se montre dès les premières heures du crépuscule, et habite, par petites troupes ou solitaire, les trous d'arbres ou les combles des habitations.

Sous-genre Vespérien

"(Vesperugo, proprement dit).

Formule dentaire : 1.4; C. =; Pm.; M. à 34 dents.

Ce sont les Vespériens typiques. — Blasius forme dans ce sous-genre trois petits groupes : les chauves-souris des bois (V. noctula et V. Lersleri); les chauves-souris alpines

(V. maurus) ; et les chauves-souris naïînes (V. pipistrellus, V. abramus et V. kuhlii).

Le Vespérien noctule

(Vesperugo noctula, Schreber).

Synonymie. — Vespertilio serotinus, E. Geoff (nec Schreber, nec Daubenton).

Caractères. — Museau court et gros, surtout par suite

du développement des glandes faciales; narines séparées

sur la ligne médiane par un enfoncement assez large. . Oreilles aussi longues que larges, leur bord externe s’in- . sérant près de l'angle de la bouche : :

oreillon court, en forme de hache, ar-.

rondi, son bord interne incliné en de- -

dans et concave. — Pieds épais, doigts

du pied. Aiïle insérée au talon; lobe post Fig. 13. — Oreille calcanéen large, semi-circulaire. La der-

gauche du V. ntère vertébrecaudale rudimentaire seule noctula. (gr. libre.

nat.)

No

La plupart de ces caractères contras-

tent avec ceux de la Sérotine qui, en raison de sa taille,

a souvent été confondue avec la présente espèce, que l’on peut considérer comme le type du genre.

Le pelage, dessus et dessous, est d’un brun clair tirant sur le roux, les poils étant plus pâles à leur base. — En dessous la membrane alaire est couverte de poils jusqu’à une ligne allant du coude au genou; une large bande de

poils fins s'étend au-dessous de l’avant-bras jusqu’au carpe. Longueur de l’avant-bras = 0", 050 à 0, 070; en-

vergure = 0”, 320 à 0”, 460; tête et corps = 0, 076; — queue = 0”, 050. +

La noctule habite toute la France : elle est plus répandue que la Sérotine, et ses mœurs sont différentes.

La noctule sort de son trou dès que le soleil est près de l'horizon, et vole d’abord à une grande hauteur avec autant d’aisance que les hirondelles et les martinets. Elle évolue dans l’air en exécutant des crochets et des culbutes

courts, n’ayant que moitié de la longueur

404 ne « DES MAMMIFERES DE FRANCE 35

- rapides à la poursuite des insectes dont elle fait sa nourriture. À mesure que la nuit s’avance, elle se rapproche de

- terre et chasse autour de la cime des arbres les plus élevés. — Elle niche rarement dans les trous de murailles ou de rochers, mais presque toujours dans les troncs d'arbres creux, surtout dans ceux des chênes, où on la trouve quelquefois par petites bandes plus ou moins nombreuses. — Cette chauve-souris est d'une grande utilité pour l’homme en raison du grand nombre d'insectes qu’elle détruit : d’après Kuhl, une seule noctule peut manger 13 hannetons en un seul repas : dans les forêts qu'elle habile elle dévore aussi beaucoup de bombyx processionnaires (Bombyx processionnea). Par conséquent, c’est une

espèce à protéger par tous les moyens possibles.

Son cri, pendant qu'elle vole, est une stridulation aiguë. Elle répand une odeur musquée très forte et très désagréable. — Son sommeil hivernal est long et profond

. et sa période d'activité, qui commence dès le premier printemps, en avril, ne dure pas très longtemps : de même, . chaque jour, elle se couche plus tôt que les autres espèces.

La taille varie-beaucoup : M. Fatio a constaté que les dimensions qui sont d'ordinaire de 32 à 38 centimètres d'envergure, pouvaient atteindre jusqu'à 45 et 48 centimètres chez les exemplaires de sa var. maxima, qu'il a

pris dans les Alpes.

Le Véspérien de Leisler (Vesperugo Leisleri, Kuhl).

Caractères. — Très semblable à la noctule, mais de | taille considérablement moindre. S'en distingue en outre

par la couleur du pelage et les proportions des incisives supérieures. | Dans la noctule le pelage estunicolore dessus et dessous, ou bien la couleur est un peu plus claire à la base des poils, tandis que dans la présente espèce le quart terminal de chaque poil est plus clair, tandis que la base est de couleur foncée, dessus et | dessous. — L’incisive supérieure externe Fig.14 — Oreille PAS, RTE gauche du V. ES, 1CI, égale à l’interne en mesurant son : Ft (8r. diamètre à la base, tandis que dans la : noctule ce diamètre est double. En outre, les incisives sont placées dans la direction de la mâchoire, : tandis que dans la noctule elles sont obliques par rapport à celle-ci, disposées en échelons et parallèles entre elles.

Longueur de l'avant-bras — 0", 38 à 0", 042; envergure — 0%, 270; tête et corps — 0", 055; queue = 0", 045. Cette espèce, beaucoup plus rare que la précédente, habite le nord et l’est de la France; elle est signalée notamment en Lorraine (Godron), dans les environs de « Nancy, et dans les Alpes (Fatio).

Son vol rapide, puissant et accidenté, permet difficile- : ment de l’atteindre, d'autant plus qu’elle ne repasse pas sans cesse à la même place comme la noctule et les autres chauves-souris : on la perd bientôt de vue. Dans les Alpes, elle vit en petites compagnies dans les arbres creux, se retirant l'hiver sous le toit des vieux édifices. En Angleterre, on l’a observée plusieurs fois près des villages, et. d’après Temminck, elle habiterait les trous d'arbres dans |

le voisinage des eaux stagnantes.

Le Vespérien Maure

(Vesperugo maurus, Blasius).

Synonymie. — Vespertilio Savii Bonaparte; — Y. Bonapartii, Savi. | Caractères. — Oreilles courtes, triangulaires, large-

ment arrondies à leur sommet; oreillon court, ayant sa plus grande largeur vers le milieu de son bord interne, recourbé en dedans, droit sur son bord interne, convexe vers l'extrémité de son bord externe. — Doigts ayant la moitié de la longueur du pied toutsentier; la dernière vertèbre caudale libre. — Pe- - lage long et épais, s'étendant sur la tête jusqu’entre les yeux : sur les flancs ne couvrant qu'une très petite portion de Fi A 2 /Oréblo l'aile, dessus et dessous; membrane gauche du V. interfémorale presque nue en dessus; SES (gr. couverte en dessous, jusqu'aux deux tiers de poils gris et courts, plus épais à la racine de la queue. — Aile insérée à la base des orteils; lobe post-calcanéen petit. — D'un brun foncé presque noir dessus et dessous, l’extrême pointe des poils et le bas du dos tirant au gris, de sorte que le pelage semble poudré à blanc, surtout en dessous. Les membranes et toutes les parties nues du museau et des oreilles sont d’un noir intense.

Longueur de l’avant-bras = 0°,033 à 0,036; envergure = 0*,220 ; tête et corps — 0%,050; queue — 0*,030.

Cette espèce méridionale habite les régions monta-

38 FAUNE ÉLÉMENTAIRE gneuses du sud-est de la France, et s'élève jusqu’à 2,600. mètres dans les Alpes. Elle se trouve aussi en Corse.

Elle paraît de bonne heure dans la soirée : son vol est. élevé, rapide et accidenté ; elle semble aller à l'aventure | sans revenir à la mème place comme le font la plupart des autres chauves-souris. On la trouve souvent sous le toit des chalets et dans les huttes de bergers, sur les hauts sommets des Alpes. "4

Le Vespérien Pipistelle (Veperugo pipistrellus, Schreber).

Synonymie. — Vespertilio brachyotus, Baillon; Y. nigrans, Crespon; nigricans, Gené (les jeunes). Caractères. — Taille petite : oreilles largement triangulaires arrondies à leur .

sommet, échancrées au tiers supérieur | SAR de leur bord externe. Oreillon à sommet Fig.16.— Oreille | s gauche du V,. arrondi, son bord externe convexe, l'in-. pipistrellus terne parallèle à l’externe, concave ou (grand. nat.). : 5 J a presque droit. — Pieds petits : aile s insérant à la base des doigts; lobe post-calcanéen bien développé, arrondi; la dernière vertèbre caudale libre. » Tête et face poilues jusqu’au museau; aile couverte de poils, en dessus, jusqu à une ligne allant du milieu de l'humérus au genou ; l’interfémorale, jusqu’à une ligne joignant les talons ; en-dessous, l'aile est poilue jusqu'à ! une ligne allant du coude au genou, l’interfémorale seulement le long de la racine de la queue et du bord interne des cuisses; mais des poils beaucoup plus courts la

cu or cle pe RS Are EPL RE! LES US LT 78 h ri f Er,

couvrent jusqu'à moitié, principalement le long de la queue. | Pelage long, noir à la base et sur la moitié inférieure du poil, l'extrémité étant d'un brun clair en dessus, cendrée en des- - sous, quelquefois plus ou moins … jaunâtre. — Ces teintes varient . suivant les localités, ou même, « individuellement. — Les membranes sont noires. Les jeunes

EE

A —— A —, = oo = ——

Fig. 17. — Patte et mem-

sont plus foncés que les adultes, brane interfémorale du - + V. pipistrellus montrant

souvent presque noirs. (P. ni LD en slaten

grans, Crespon; VW. nigricans, (grand. nat.).

Gené).

Un très étroit liseré blanchätre ou translucide visible surtout chez les mâles, borde la membrane interfémorale. Il ne faudrait pas confondre ce liseré avec la bande ou frange blanchâtre beaucoup plus étendue qui caractérise le V. AXuhli.

Incisives supérieures subégales ; la première longue et bifide, la seconde au moins égale à la pointe externe de

la première.

Longueur de l’avant-bras — 0%, 030 ; envergure 0”, 180 ; tête et corps = 0®,040; queue = 0”, 035.

Habite toute la France : plus rare dans le sud-est, mais partout ailleurs, c'est l'espèce la plus commune du genre. |

On la rencontre partout, même au voisinage des habitations, et dans les villes : elle s’installe dans les greniers, entre les poutres des remises et des écuries, derrière les

contrevents que l’on n’a pas coutume de fermer le soir, au sommet des cheminées où l’on ne fait pas de feu. Elle est très précoce au printemps : on la voit voler dès le commencement de mars, et quelquefois, pendant l'hiver, même en plein jour, lorsque le temps est couvert et au dégel. Son vol est rapide, léger et très irrégulier : elle chasse dans les allées des jardins, le long des rues, en rasant la toiture des maisons, et passant et repassant : souvent sous les portes-cochères, les hangars, etc. ; elle entre volontiers dans les chambres dont on a laissé la fenêtre ouverte, attirée surtout par la lumière.

Dans les campagnes elle habite aussiles trous d’arbres, et chasse le long des rivières en rasant l’eau pour y capturer les insectes. Dans les montagnes, elle s'élève jusqu'à 2,000 mètres.

On peut très bien l’élever en captivité : j'ai déjà parlé précédemment (dans les généralités sur les Chiroptères) des mœurs de ces animaux en cage, et de la manière dont « on les dresse à venir prendre les mouches qu'on leur présente au moyen d'une petite pince (p. 11).

Cette espèce est peu frileuse et hiverne le plus souvent dans les mêmes trous où elle passe la belle saison : je ne l'ai jamais rencontrée dans les cavernes ; on l'y trouve « cependant quelquefois, mais toujours en petit nombre . relativement aux espèces du genre Vespertilion. |

Le Vespérien Abrame (Vesperugo abramus, Temminck).

Synonymie. — Vesp. Nathust, Keys. et Blas. ; — pipestrelloides, Kuhl.

ad

* DES MAMMIFÈRES DE FRANCE al

’aractères. — Semblable à la Pipistrelle, mais un peu

plus grand ; oreilles moins échancrées sur leur bord

ad” à

- moitié du fémur; l’interfémorale en des-

externe qui est presque droit ; oreillon plus court, à bord interne plus nettement concave. — Le museau et les côtés de la face en avant des oreilles sont nus, les poils ne dépassant pas les yeux.

L’aile n’est poilue en dessus, que jusqu’au premier tiers de l’humérus et à la

Fig.18.— Oreille

sus est couverte de poils jusqu’à l'extré- gauche du V. . mité de la troisième vertèbre caudale : nr (gr.

en dessous, à part la racine de la queue, cette membrane ne présente que de très petits poils clairsemés.

L'incisive supérieure interne est longue et bifide, sa pointe externe étant placée un peu postérieurement; l'incisive externe dépasse à peine la pointe externe de la première.

Tous ces caractères servent à distinguer cette espèce de la précédente. |

Pelage d’un brun foncé, chaque poil étant terminé de roux : cette couleur est plus claire en dessous, ainsi que sur la tête, la face et le dos.

Longueur de l'avant-bras — 0",034; envergure — 0", 230 ; tête et corps — 0", 048 ; queue — 0", 035.

Cette espèce remplace la Pipistrelle dans l'Orient et jusqu’au Japon, mais, pendant l'été, elle émigre en Europe, s'étendant vers le nord jusqu’en Suède, et vers l'Ouest, non seulement jusqu’au Rhin, jusqu'aux Alpes et au

- littoral de la Méditerranée, comme on le croyait autrefois,

mais encore jusqu'à l'océan Atlantique, comme je l’ai

42 FAUNE ÉLÉMENTAIRE * fait voir d’après un individu capturé par M. Lataste à Cadillac (Gironde), en septembre 1879, et qu’il a bien voulu me communiquer. Cet exemplaire fut pris accroché dans l'angle du plafond de la grande salle de la mairie de cette ville.

Il est donc probable que cette espèce se montre, plus ou moins accidentellement, dans tout le midi de la France. — M. Fatio l'a trouvée dans les Alpes, jusqu'à une grande hauteur, au Saint-Gothard par exemple. D'après lui, elle aurait le sommeil moins léger que la Pipistrelle. Elle vole le soir au dessus des broussailles à . la lisière des bois, et a du reste les mêmes mœurs que la précédente.

Le Vespérien de Hukhl (Vesperugo Kuhlu, Natterer).

Synonymie. — Vesp. vispistrellus, Bonap. ; — V. marginatus, Rüppel; — VW. ‘albo-limbatus, Kuster; — V. Alcythoë, Bonap.

Caractères. — Oreilles plus larges que celles des précédents, triangulaires, à peine concaves ou légèrement échancrées sur leur bord externe; oreillon. plus

large que celui du V. abramus, ayant Fig.19.— Oreille sa plus grande largeur un peu au-dessus gauche du PF. Qu milieu de son bord interne. — Cal- Kuhlii (grand. ù É nat.). néum très long ; bord postérieur de la membrane interfémorale et de l'aile gé-

néralement bordé plus ou moins de blanc, mais cette bor-

hi ]

dure ne figure pas un liseré bien défini ; membranes et oreilles foncées. — La disposition des poils sur l’aile est la même que chez la Pipistrelle, sauf qu'un tiers seulement de l’interfémorale est couvert en dessus. — Le pelage est noir, mais avec l'extrémité des poils brun clair en dessus, cendré en dessous, et devenant presque blanc sur le ventre. — La bordure blanche de l’aile est d'une étendue très variable.

L'incisive supérieure externe est beaucoup plus courte que l'interne ; celle-ci est longue, pointue et non bifide.

Longueur de l'avant-bras — 0%, 033 ; envergure — 0”, 210 ; tête et corps = 0”, 0#4 ; queue = 0", 035.

Cette espèce méridionale habite tout le sud de la France, où elle est aussi commune que la Pipistrelle dans le nord de notre pays : elle ne remplace pas la Pipistrelle d’une façon absolue, car celle-ci, bien que plus rare, se trouve même en Italie et aux environs de Marseille, malgré les affirmations contraires de plusieurs naturalistes. Le Vespérien de Kuhl remonte à l’est jusqu'aux Alpes, à l'ouest jusqu'aux environs de Bordeaux ; ce sont là, jusqu'à présent, les limites septentrionales de son habitat.

Il ne s'élève pas à une grande hauteur dans les montagnes : il vole, comme la Pipistrelle, dont il a les mœurs,

au voisinage des habitations dans les rues des villes et

des villages, et se montre dès les premières heures du crépuscule.

Genre Vespertilion

(Vespertilio, Keys. et Blas. ex Linné).

Caractères. — Museau long, conique, à proéminences glandulaires petites et n'augmentant pas la largeur de la face ; narines en croissant s’ouvrant sublatéralement à l'extrémité du museau; oreilles bien séparées, ovales, plus longues que larges, égalant ou même dépassant la longueur de la tête; le bord externe de l'oreille s'insérant devant la base de l’oreillon ou un peu en avant de cette base; oreillon long, généralement effilé et pointu à son extrémité. — Queue ordinairement moins longue que la tête et le corps ; lobe postcalcanéen très petit ou nul; face poilue. — Pieds minces et longs, membranes épaisses et presque nues ; ailes courtes et larges.

Formule dentaire : 1, =; CG: Pm. 20e 38 dents.

Les Vespertilions sont d’une organisation beaucoup plus délicate que les Vespériens ; plus frileux que ces derniers, ils s'étendent beaucoup moins vers le nord, et, dès l’approche de l'hiver, cherchent un abri dans des souterrains où la température reste sensiblement constante en toute saison : ils s’y engourdissent pour ne reprendre leur activité qu’à une époque beaucoup plus avancée du printemps. — Dans les caves creusées pour l'exploitation du tufau dans la vallée de la Loire, caves qui forment dans certaines localités de véritables catacombes, notamment entre Angers et Tours, et qui sont surtout nombreuses près de Saumur, j'ai trouvé pendant

l'hiver et jusqu'au mois de mars, toutes les espèces du genre (excepté V. dasycneme espèce septentrionale et V. Capaccinü espèce méridionale). — Pendant l'été, les Vespertilions quittent les cavernes pour aller s'établir dans les trous d'arbres au bord des rivières, sous le toit des moulins à eau, dans les clochers, ou d’autres abris analogues. Ils sortent tard dans la soirée, et chassent dans les allées des bois et des jardins ou bien au-dessus des cours d’eau : certaines espèces y tournoient par petites bandes, à la manière des maftinets, en rasant la surface à la poursuite des insectes, et sans jamais s’écarter beaucoup du moulin qui leur sert de retraite pendant le jour. — Leur vol est lent, assez régulier -et d’une élévation variable, suivant les espèces. — Pendant le sommeil, les oreilles peuvent se fermer à demi, en se pliant vers le milieu, de la même manière que nous avons décrite chez l'Oreillard. — Il n’y a qu'un seul petit à chaque portée, très rarement deux.

Ce genre a été subdivisé en deux sous-genres : Leuconoë et Vespertilio proprement dit, suivant les proportions du pied et la longueur du calcanéum. D’après M. Dobson, ces particularités d'organisation coïncideraient avec des mœurs un peu différentes, les espèces qui habitent les cavernes de préférence, comme celles du s.-g. Zeuconoé, ayant le pied plus grand et mieux dégagé de la membrane alaire, tandis que celles qui habitent les boïs (les espèces du s.-g. Vespertilio), ayant le pied petit et engagé jus-

qu'aux doigts dans cette membrane.— Je dois dire que

ces différences de mœurs ne m'ont pas paru bien tranchées,

au moins chezles espèces de France que j'ai eu l’occasion d'observer.

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Le

Tableau des espèces du genre Vespertilion (Vespertilio)

A. Pieds très grands; calcanéum très long, s'étendant jusqu'aux 3,4 de la distance entre le talon et la queue; membrane interfémorale formant un angle aigu, les deux dernières vertèbres caudales libres. . . . . .

a. L’aile s'insère au talon : deux espèces.

a. Oreillon obtus à sa pointe qui est recourbée en dedans, son bord interne légèrement concave; avantbras — 0,046. VESPERTILION DES MARAIS (V. dasycneme}, b. Oreillon très aigu à sa partie supérieure quiest recourbée en dehors, son bord interne étant convexe; avant-bras — 0,040, . . . . VESPERTILION DE CAPACCINI (V. Capaccinii).

. S.-G. LEUCONOE.

b. L'aile s’insère aux métatarsiens, oreillon droit, médiocrement pointu; avantbras — 0,037, VESPERTILION DE DAUBENTON (V. Daubentonii).

B. Pieds moyens; calcanéum long, mais ne dépassant pas la moitié de la distance entre le talon et la queue; membrane interfémorale formant un angle obtus; queue complètement enveloppée par la membrane qu’elle dépasse seulement de son extrème pointe; aile insérée à la base des orteils, rarement aux métatarsiens., S.-G. VESPERTILIO proprement dit.

c. Oreillon effilé par en haut, à pointe aigue, recourbée en dehors, oreilles environ de la longueur de ha tête : érois espèces :

c. Oreille presque aussi longue que la tête, échancrée à angle droit; d'un roux clair en dessous; avantbras — 0m,040. VESPERTILION ÉCHANCRÉ (V. emarginatus). d. Oreille plus longue que la tête, peu ou point échancrée : deux espèces :

dd. Bord libre de la membrane interfémorale frangé ‘de poils raides ; queue aussi longue que la tête et le corps; avantbras — 0m,037 . . . . . VESPERTILION DE NATTERER (V. Nattereri).

ee. Bord libre de la membrane interfémorale sans poils ; queue plus courte que la tête et le corps; avant-bras — 0,040. VESPERTILION DE BECHSTEIN (V. Bechsteinii).

d. Oreillon droit, à pointe subaiguë ou obtuse : deux espèces :

e. Taille très grande; oreille beaucoup plus longue que la tête, à peine échancrée sur son bord externe ; blanchâtre en dessous ; avantbras — 0m,060 . . . VESPERTILION MURIN (V. murinus). f. Taille très petite; oreille de la longueur de la tête, fortement échancrée sur son bord externe; avantbras — 0m,032. . . . . . . VESPERTILION À MOUSTACHES (V, mystacinus).

Sous-genre Leuconoë, Peters, d’après Boié

(Capaccinius, Bonap.),

Le Vespertilion des marais

(Vespertilio dasycneme, Boïé).

Synonyme. — Vespertilio limnophilus, Temminck.

Fig. 20.— Orcille gauche Fig. 21.— Pied et membrane du V. dasycneme (gr. alaire du V. dasycneme (gr. nat.) nat.)

Caractères. — Oreilles un peu plus courtes que la tête ; oreillon à extrémité arrondie en forme de couteau de table, concave en dedans, convexe -en dehors. Ongle du pouce très grand. Aile s’insérant au bas du tibia, le

. pied étant nettement dégagé et libre. Le calcanéum ! s'étend au delà du milieu de la membrane interfémo-

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rale. — Pelage en dessus foncé à la base, d’un brun clair à l'extrémité ; dessous blanc.

Longueur de-l'avant-bras — 0", 046; envergure — 0,280; tête et corps = 0°,060; queue — 0”, 050.

Habite le nord de la France, où 1l est rare.

Cette espèce, par son faciès et la forme obtuse de son oreillon, se rapproche plus que les suivantes du genre. Vesperugo. Elle a été d’abord observée en Hollande, mais. on la trouve depuis l'Angleterre jusqu’en Italie. Elle vole tard, et ne s’écarte guère des marais et des cours d’eau, qu’elle rase en poursuivant les insectes jusqu'au milieu des roseaux. Jusqu'ici elle n’a guère été observée en France ; elle paraît préférer les pays plats et souvent inondés par les eaux.

Le Vespertilion de Capaceini

(Vespertilio Capaccinii, Bonaparte).

Synonymie.— V.megapodius et macrodactylus, Temm. ; — V. Blasu, Kolenati ef Major; V. Majori, Ninni ; — V. pellucens, Crespon.

Caractères. — Oreilles presqu’aussi longues que la tête, oreillon long, à pointe très aiguë et recourbée en dehors en forme de yatagan, large à la base, très effiléà l'extrémité. Aile s'insérant au tibia un peu au-dessus du talon ; calcanéum s'étendant jusqu'aux trois quarts de la membrane interfémorale. — L’aile est poilue en dessus : jusqu’à une ligne allant du coude à l'extrémité des doigts, lorsque la patte est étendue ; l'interfémorale, jusqu’à une ligne qui joint les deux talons ; en dessous, l’aile est cou-

verte de poils jusqu’à une ligne joignant le coude au genou, et l’interfémorale jusqu’entre les talons ; le poil passe aussi par dessus le tibia et occupe l'angle de la membrane de l’aile compris entre le bord postérieur de cette membrane et le tibia. — Le pelage, noir à la base, est d’un brun clair en dessus, blanc en dessous.

Longueur de l’avant-bras — 0",040; envergure — 07, 240 ; tête et corps = 0", 050 ; queue = 0”, 038.

Habite le sud de la France, et plus particulièrement la région méditerranéenne ; signalé en Provence (Marseille) et dans le Roussillon (Perpignan).

Cette espèce qui paraît remplacer la précédente dans le sud de l’Europe, lui ressemble par la forme de son pied, mais en diffère beaucoup par celle de son oreillon. Elle parait avoir les mêmes mœurs, c’est-à-dire qu'elle chasse au bord des eaux, et se retire souvent dans les cavernes pour dormir ou pour passer l'hiver.

Le Vespertilion de Daubenton

(Vespertilio Daubentonii, Leisler).

Synonymie. — V. lanatus, Crespon. — V. C'apacint, Siépi. — V. megapodius, Ninni.

Caractères. — Oreilles moins longues que la tête; oreillon ayant environ la moitié de la longueur de l'oreille, . droit à son extrémité qui est médiocrement pointue, son . bord interne droit, le bord externe convexe et plus large - vers son milieu, Aile s’insérant aux métatarsiens ; : le cal- - canéum s'étend jusqu'aux 3/4 de la membrane interfémorale. Face couverte de poils épars en avant des yeux : | de longs poils raides cachent les glandes labiales qui sont

petites. La membrane interfémorale est couverte de poils en dessus jusqu'à une ligne joignant le milieu des tibias : le reste de cette membrane et la partie inférieure des

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7 AT ‘RS Fig. 22. Patte postérieure de Fig. 23. Oreille gauche V. Daubentonii (gr. nat.). de V. Daubentonii (gr. nat.).

jambes sont nues. — Le pelage, noir à la base, est d'un roux brun en dessus, blanc en dessous.

Longueur de l'avant-bras = 0",037; envergure — 0%, 230 ; tête et corps — 0,048; queue = 0", 044. Habite toute la France où elle n’est pas rare. Cette espèce, la plus commune du sous-genre, est aussi la plus répandue dans notre pays, et celle dontles mœurs ont été le mieux étudiées. Elle est délicate et frileuse et ne s'élève guère dans les montagnes au dessus de 1,300 mètres. Elle ne se montre que quand l'obscurité est assez profonde et jamais s’il fait du vent ou de la pluie. Son vol est bas, léger et accidenté : elle chasse les insectes aquatiques, notamment les phryganes en rasant la surface des cours d’eau à la manière de l’hirondelle, et quelquefois par petites troupes de dix à douze individus. Pendant le jour elle dort dans des trous d’arbres ou des creux de rochers. A l'automne, elle se retire de bonne heure dans des cavernes souterraines où on la trouve souvent par bandes plus ou moins nombreuses : c’est dans ces condi- .

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tions que j'ai capturé l’espèce, pendant l'hiver, dans Îles carrières à tuffeau du bassin de la Loire : elle y est souvent mêlée au V. mystacinus qui a, du reste, les mêmes mœurs.

Sous-genre Vespertilio proprement dit

Le Vespertilion échaneré

(Vespertilio emarginatus, E. Geoffroy).

Synonymie. — Vespertilo ciliatus, Blasius ; — Souvent confondu avec V. Nattereri, V. Daubentont et V. mystacinus, par divers auteurs; VW. rufescens, de Crespon (d’après M. Gerbe).

Caractères. — Oreille presque aussi longue que la tête, ayant le tiers supérieur de son bord externe profondément échancré à angle droit; oreillon long, étroit et pointu, atteignant presque l’échancrure à son bord externe, et dirigé en dehors. o L'aile s'insère à la base des doigts ; 7 < l'extrême pointe de la queue est libre. fi. 24. — Oreille — Le poil s'étend sur l'aile en dessus gauche du V. k : RE se Echancré (gr. jusqu’à une ligne joignant le milieu de nat.). l’humérus au genou: en dessous, le long des lignes transverses de la membrane, jusqu’à une ligne allant du coude au genou; sur la membrane interfémorale, en dessus, jusqu'à une ligne joignant les deux tibias, sur les jambes jusqu’au talon et même sur les doigts qui

. présentent quelques poils épars : en dessous seulement sur la racine de la queue. La face est couverte de poils courts et serrés, et le bord de la lèvre supérieure est

frangé de moustaches raides. — Le pelage, brun foncé à la base, est en dessus d’un brun clair, roux à l’extrémité; en dessous d’un roux plus clair; les oreilles et les membranes sont d’un brun rougeûtre.

Longueur de l’avant-bras = 0",040; envergure — 0,230 ; tête et corps — 0,045 ; queue — 0”,042.

Assez généralement répandu par toute la France, mais plus rare partout que l’espèce suivante, avec laquelle on le confond facilement, mais dont il se distingue toujours par l'absence de poils raides au bord de la membrane tnterfémorale.

Ce vespertilion habite le bord des rivières et des marais, sur la surface desquels il aime à se jouer en chassant les insectes; en été, il habite les greniers et les moulins ; en hiver, les cavernes et les souterrains. —Je l'ai pris, pour la première fois, en Maine-et-Loire, au printemps de l’année 1882, dans les caves à tuffeau (terrain turonien) de Matheflon près Seiches.

Le Vespertilion de Natterer

(Vespertilio Nattereri, Kuhl).

Caractères. — Oreilles aussi longues que la tête, ovales, très légèrement échancrées sur leur bord externe ; oreillon très long, étroit, pointu et falciforme, incliné en dehors, convexe en dedans, concave en dehors, atteignant les trois. quarts de la hauteur de l'oreille. — L'’aile s’insère à la base des doigts; calcaneum long; l'extrémité de la queue est libre. Membrane interfémorale frangée de courts poils raides. Pelage long et épais, brun foncé à la base, d’un brun-roux clair en dessus, blanc en dessous.

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Longueur de l’avant-bras — 0°,037; envergure = 0%,245 ; tête et corps — 0",040; queue — 0,040.

Cette espèce, moins rare en France que la précédente,

n’est pas cependant commune : elle est assez générale-

ment répandue dans toutes les parties de notre pays.

Elle est facile à distinguer de la précédente aux pouls |

Fig. 25.— Patte du V. de Natterer Fig. 26.— Oreille gauche (grandeur naturelle). du V. de Natterer. (gr. nat.).

raides qui frangent sa membrane interfémorale; par contre, elle n’a pas les moustaches ni l’échancrure de l'oreille qui distinguent le VW. emarginatus, et son oreillon est beaucoup plus long surtout comparativement à la longueur de l’oreille.

Le Vespertilion de Natterer sort tard dans la soirée ; il vole lentement, à une hauteur moyenne, le long des allées d'arbres, ou tournoie sur la lisière des bois et dans les jardins. En été, il habite les troncs d'arbres, les clochers des églises où on l’a trouvé, dans quelques localités, en troupes de plusieurs centaines. Il passe l'hiver dans des cavernes et des souterrains. C’est là que je l’ai capturé, toujours en petit nombre et plus ou moins isolé, ou bien en société d’autres espèces. Son caractère semble

assez doux, car en captivité il est moins hargneux'que la plupart de ses congénères.

Le Vespertilion de Bechstein (Vespertilio Bechsteinii, Leisler).

Caractères. — Oreilles étroites, plus longues que la

tête ; oreillon long, pointu, falciforme, recourbé en dehors dans sa moitié supérieure, — Aile s’insérant à la base

Fig. 27. — Tête du V, Bechs- Fig. 28. — Oreille gauche du teinii de profil (gr. nat.). V. Bechsteinii (gr. nat.).

des doigts; la dernière vertèbre caudale rudimentaire libre. — Pelage brun foncé à la base, roux clair en dessus, blanc en dessous.

Longueur de l’avant-bras — 0",040 ; envergure — 0®,255 ; tête et corps — 0*,050; queue = 0,038.

Cette espèce est dispersée par toute la France, à l’ouest et au nord des Alpes, mais elle est rare dans toutes les localités où on la trouve. J'en ai pris trois ou quatre exemplaires, pendant l'hiver, dans les caves à tuffeau du terrain turonien, près de Villevêque (Maine-et-Loire).

oreilles larges, ovales, aussi longues que

à la base, d’un roux clair ou d’un brun

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Le Vespertilion de Bechstein est, après l’'Oreillard, l'espèce de France qui a les plus longues oreilles. Il ressemble beaucoup au Vespertilion Murin, mais est beaucoup plus petit, avec des oreilles relativement plus allongées, un oreillon beaucoup plus recourbé en dehors, et la membrane de l'aile s'étendant beaucoup plus sur les doigts.

Il habite les arbres creux, sur la lisière des bois, et dans l’intérieur des forêts : on ne l’a jamais trouvé dans les clochers ni dans les greniers des maisons habitées. Pendant l'hiver, il se retire, comme les autres espèces, dans les souterrains et les cavernes, et c’est là qu'il est

le plus facile de se le procurer.

Le Vespertilion Murin

(Vespertilio murinus, Schreber).

Synonymie. — V.myotis, Bechstein. — V. submurinus,

. Brehm. — V. latipennis, Crespon (le -jeune, d’après M. Siépi).

Caractères. — Taille très grande;

la tête; oreillon long, droit et pointu, non recourbé en dehors. Aïles s’insérant aux métatarsiens près de la base des doigts; la dernière vertèbre caudale Mg.90. = Oreille

rudimentaire seule libre. Pelage foncé gauche du Ÿ. Murinus (gr.

natur.).

enfumé en dessus; d’un blanc sale en dessous.

Longueur de l'avant-bras — 0",060; envergure —

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56 FAUNE ÉLÉMENTAIRE | 4 0,355; tête et corps — 0,073; queue — 0,052.

Habite toute la France, où il est assez commun, particulièrement dans certaines localités où on le trouve en” troupes plus ou moins nombreuses. Plus abondant dans 1 le Sud que dans le Nord. |

Le Vespertilion Murin est le type du genre et la plus grande espèce de notre pays. Il se plaît dans les clochers, les tours et les vieux édifices, d’où il sort à une heure tardive de la nuit, pour se mettre en chasse d’un vol. rapide et régulier qui l’écarte peu de sa demeure. Il parcourt les rues, les allées, les chemins bordés de haies, à une hauteur de cinq à huit mètres. Il se montre quelquefois même avant le coucher du soleil, isolé ou par petites. bandes et exécute, à de grandes hauteurs, autour de son clocher, des voltes immenses à la façon des oiseaux de. proie. Il fait souvent le même manège, la nuit au clair de Ja lune. On ne le trouve pas dans les forêts.

Pendant l'hiver, il se retire dans les souterrains, les « caves, les grottes, les cavernes et les puits, où on le. trouve souvent en compagnies de plusieurs centaines. C'est ainsi que Crespon l’a trouvé à Aigues-Mortes, dans . la tour de Constance. Il s'élève dans les Alpes jusqu’à 1,600 mètres. L

Le Murin est d'humeur farouche et querelleuse ; il attaque non seulement les espèces plus petites et plus. faibles que lui, mais encore les individus de sa propre espèce, en se servant de ses dents robustes et de l’ongle aigu dont son pouce est armé; ces luttes se terminent souvent d’une façon sanglante. Son cri, dont j'ai déjà parlé, est fort et strident, et rappelle le grincement d'une lime ou d’une scie. Il se nourrit d'insectes et de papillons

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