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Fig. 718. — Lièvre changeant (Lepus variabilis), pelage d'hiver, 1/4 grand. nat. | se tient généralement entre 1,800 et 2,500 mètres d’altitude. — En été, le lièvre changeant se gite entre les pierres dans une excavation ou sous un pin rampant. Il se nourrit de trèfle, de matricaire, d’achillées, de saules nains et d’écorces de daphné. — En hiver, il se laisse souvent ensevelir sous la neige, attendant des jours
entiers qu'elle soit assez dure pour le porter, il se retire. alors dans les forêts où il ronge lesécorces.
La hase met bas à chaque portée, la première en avrilmal, la seconde en juillet-août, quelquefois une troisième fois plus tard, de deux à cinq petits qui ne sont guère plus gros qu’une souris ; le second jour, ils suivent déjà leur mère en sautillant et ne tardent pas à manger des herbes tendres. La gestation est de trente jours, et l’allaitement de vingt jours à peine. On rencontre des jeunes déjà gros de mai en octobre (7schudi).
La chair de ce lièvre est moins bonne que celle de l'espèce commune, mais on la mange partout où il se trouve, et on le chasse avec non moins d’ardeur.
Sous-Genre Lapin.
Oryclolagus (Lilljebord), Cuniculus, Gray (rec Wagler).
-Le Lièvre lapin
(Lepus cuniculus, L.)
Caractères. — Oreilles plus courtes que la tête et n'ayant pas la pointe noire, mais seulement gris blanc ; pelage gris fauve mélangé de brun, queue blauche, d'un brun noirâtre dessus ; le ventre blanc.
Longueur de la tête et du corps — 0", 380; queue — 0", 063 ; pied de derrière 0, 090. |
Cette espèce est commune dans le sud de la France, et n’y a pas été importée, car on la trouve à l'état fossile dans les terrains quaternaires. Elle s’estnaturalisée peuà peu jusque dans le nord de notre pays.
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Le lapin de garennes habite les terrains secs et arides et se plait surtout dans les pays de landes et les dunes où le sol léger et friable lui donne toute facilité pour creuser son terrier. Il y vit en famille, se nourrit d'herbes et de plantes herbacées, de racines, de fruits et de légumes : il ne sort que le soir pour aller paitre en société de ses semblables, sans jamais s'éloigner beaucoup. Il est sans
Fig. 79. — Lièvre lapin (Lepus cuniculus), 1/4 gr. nat.
cesse aux aguets, et au moindre danger frappe la terre de ses talons, ce qui est un signal, pour toute la bande de se réfugier dans ses garennes. Sa course est rapide, mais irrégulière par suite de nombreux crochets qu'il fait à. droite et à gauche. Sa fécondité est très grande. La femelle porte 30 jours et les portées sont plus nombreuses
que chez la hase : il y en a d'ordinaire septpar an, cha- 4°" cun de quatre, à huit et même douze petits qui sont en état de se reproduire dès l’âge de six mois. |
La chair du lapin est blanche et excellente quand il est jeune. celle des vieux est dure et peu estimée. Son poil sert à la confection des chapeaux de feutre. |
Variétés domestiques ou Lapin de clapier
Lepus cuniculus domesticus.
Le lapin domestique descend très vraisemblablemeut, et quoi quon en ai dit, du lapin de garennes. Il a les mêmes mœurs, et les différences qu'il presente dans ses formes, ses couleurs et ses dimensions sont le résultat d'une longue domesticité. Plusieurs des races récemment importées en France proviennent d'ailleurs d'autresespèces, surtout asiatiques et notamment du nord de l'Inde (Lepus nigripes, Bartlett).
Les variétés plus anciennement connues sont.
Le riche(L. domesticus argenteus, L.), gris argenté ou ardoisé.
Le lapin d a (L. domesticus angorensis L.) à poils longs, soyeux, frisés, et de couleur variable.
On sait que l'élevage des lapins constitue une importante branche d'industrie dans certaines campagnes : on utilise non seulement leur chair, mais encore leur peau et leurs poils et leur grande fécondité, la facilité que l’on trouve à les nourrir, avec toute espèce de débris de fruits et de légumes, est une source de profit notable pour les personnes qui s’en occupent.
Léporides. — On désigne sous ce nom les hybrides
DES MAMMIFÈRES DE' FRANCE 191 entre le lièvre et le lapin, obtenus en domesticité. Ce n’est que depuis une vingtaine d'années que l’on aréussi à obtenir ce métissage dont la possibilité avait été niée par les anciens naturalistes, à la suite d'essais infructueux. — Leur tailleestintermédiaire entre celle du lièvre et celle du lapin : le pelage est gris mêlé de roux, le poil ayant cette couleur à la base : l'oreille est longue et le corps gros et épais. La chair, est, paraît-il, très délicate.— Ces métis se reproduisent entre eux; mais, au bout d’un certain nombre de générations, les caractères de la nouvelle race s'altèrent et les descendants ne se distinguent plusdel’une ou l’autre des deux espèces dontils sont primitivement sortis par le croisement.