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Fig. 99. — Phoque marbré (Phoca fœtida), 1/20 de gr. nat.
et il n'est pas rare dans les /ords de la Norwège où il a | les mêmes mœurs que le phoque commun. C’est, avec la précédente, une des espèces que les s{eamers, armés par les ports de l'Ecosse et de la Norwège, vont chasser dans les mers arctiques pour se procurer leur peau dont on fait d'excellentes fourrures, en arrachant les longs poils raides et ne laissant subsister que le duvet ou
bourre, qui est très moelleux. On en achète beaucoup aux pêcheurs groënlandais.
Genre Erignathe |
Erignathus, Gill.
Ce genre diffère peu du précédent. Le doigt médian de Ja main est le plus long, et ladentition est plus faible que chez les phoques proprement dits.
Le Phoque barbu
Erignatus barbatu:, Fabricius.
Synonymie. — Phoca barbata, Fabricius : — Callocephalus barbatus, F. Cuv.; — Phoca leporina, Lepechin (le M jeune) ; Ph. Lepechini, Lesson.
Caractères. —Museau large, chanfrein convexe, membres courts. — Dessus gris, plus foncé le long du dos, généralement sans taches : dessous blanchâtre. — Le jeune est couvert d'une toison laineuse blanche, ou grise qui, d'après Lepechin, ressemble à celle du Zepus variabilis, ou de la souris. — Les couleurs sont très variables. |
Longueur totale — 2%,90 à 3",10 : la femelle est plus petite que le mâle.
Se montre très-accidentellement dans la Manche. Un jeune, pris sur les côtes du département de la Somme, a vécu quelque temps à la ménagerie du Muséum de Paris“ (c'est le C'allocephalus leporinus de Fr. Cuv.) Il était d’un gris jaunâtre présentantsurle dos uneligne de petitestaches noirâtres quin’était visible que lorsquel’animal était mouil-
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DES MAMMIFÈRES DE FRANCE 247 lé. On put l’apprivoiser : lorsqu'il était en colère ilsoufflait comme les chats et faisait entendre un pétit aboiement ; il ne cherchait pas à mordre mais à égratigner avec ses
Fig. 100. — Phoque barbu (adulte) (Erignathus barbatus), 1/30 de gr. nat.
ongles et, comme tous les phoques, ne mangeait qu’au fond de l’eau. On lui donnait des poissons de mer ; il fut impossible de l'habituer à manger du poisson d’eau douce.
Genre Pelage
Pelagius, F, Cuv., Monaehus, Fleming.
Caractères. — Quatre incisives seulement à la mächoire supérieure ; molairesépaisses, fortes, obliquement plantées dans la gencive, unilobées. Museau long et
déprimé. Moustaches petites, lisses à poils effilés vers l'extrémité. Piedsantérieurs courts ; doigts graduellement
plus courts du plus externe au plus interne ; ongles plats, tronqués. Pieds postérieurs poilus entreles doigts, à ongles très petits. Pelage ras, presque dépourvu de bourre.
Formule dentaire : I, 55; OC. =; M = =#<— 32 dents. |
Les molaires sont généralement unilobées, à couronne simplement conique, par l’oblitération des tubercules antérieurs et postérieurs qui restent rudimentaires.
Fig. 101. — Phoque barbu (jeune), ou Phoque lièvre), 1/10 de gr. nat.
Les phoques de ce genre habitent les régions chaudes du globe et ne se trouvent pas dans les mers arctiques : une espèce habite la mer des Antilles, une autre la Méditerranée. Toutes deux ont le poil ras des Mammifères qui vivent sous les tropiques.
Le Phoque moine
(Pelagius monachus, Hermann.)
Synonymie. — Phoca monachus, Herm.; — Phoca bicolor, Shaw ; — Phoca albiventer, Boddaert.
Caractères.— Pelage ras, court et très serré, d’un noir uniforme, en dessus, blanc ou gris jaunâtre en dessous.
Narines parallèles. Les ongles très courts et les doigts plus complètement engagés dans la peau que chez les autres phoques. —Il y a quatre mamelles.
Longueur totale : 2", 30 à 3”, 30.
Habite la Méditerranée et les mers qui en dépendent, la mer Noire, l'Archipel, l’Adriatique, et se trouve en
Eig. 102. — Phoque moine (Pelagius monachus), 1/30 de gr. nat.
dehors du détroit de Gibraltar jusqu'à Madère et aux Canaries. Il a été souvent pris sur les côtes de nos départements méditerranéens, notamment dans le golfe de Lyon, aux îles d'Hyères, dansla rade de Banyuls près Port-Vendres (Pyrénées-Orientales), et doit aussi se montrer sur les côtes de la Corse.
C'est à cette espèce, selon toute apparence, que se rapporte ce que les anciens ont dit du troupeau du dieu Protée, car c'est la seule espèce qui fréquente les iles de l’Archipel grec. On sait très peu de chose de ses mœurs en liberté: ceux que l’on voit souvent dans les foires ont été pris généralement dans l'Adriatique où ils vivent sur les îles d’Osero et de Lyssa situées le long de la côte de Dalmatie. En été, ils se reposent sur des rochers presque inaccessibles et se retirent en hiver dans des cavernes dont l'entrée est sous l’eau.
On ne sait rien de l’époque de la reproduction.
La voix est courte et ressemble à celle d'un chien enroué : on peut la traduire par les deux syllabes : va, va. Ceux que l’on a vu en captivité faisaient preuve d’intelligence et d’attachement à leur maître : on les nourrit indifféramment de poisson d’eau douce ou de poisson de mer, mais l’animal ne le mange jamais que dans l'eau, le vidant et l’écaillant grossièrement, et le secouant pour le nettoyer avant de l’avaler. On en a lâché plusieurs fois dans des rivières et ils revenaient toujours docilement à la voix de leur maitre.
Genre Stemmatope
Cystophora, Nillson.
(Stemmatopus, F. Cuvier.)
Caractères. — Quatre incisives supérieures, deux seu- . lement à la mâchoire inférieure; molaires unilobées, sans aucune trace de tubercules accessoires, lisses avec une racine simple, dilatée en forme de massue. Ongles |
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forts et bien développés. Un sac dilatable en forme de bonnet, sur le front du mâle, allant du nez à l’occiput.
Formule dentaire : I. 5; QG. &; M = = <= 30 dents.
Une seule espèce dont la patrie est l'Océan Arctique.
Le Phoque à capuchon
(Cystophora cristata, Erxleben)
Synonymie.—Phoca cristata, Erxleben ; — Stemmatopus
cristatus, F. Cuvier; — Phoca mitrata, G. Cuvier; — Phoca Isidorei, Lesson.
Caractères. — Pelage d'un noir bleuâtre plus clair sur
les flancs et le ventre, varié de petites taches serrées et irrégulières blanchâtres : tête et membres d’un noir presque uniforme. - Quelquefoisla teinte gris clair étant prédominante, ce sont des taches brunes ou noirâtres qui larelèvent sur le dos. — Le jeune, à sa naissance, est couvert d’une toison blanchâtre qui est bientôt remplacée par le pelage rude des adultes ; la première année, il est d'un brun plus ou moins gris etargenté, uniforme et sans tache, plus clair sur les flancs et blanc sur le ventre.
Longueur totale du mâle — 2,925 à 2,40; de la femelle == 2%, 10. |
Un jeune appartenant à cette espèce a été pris en 1843 à l’île d'Oléron sur les côtes du département de la Charente-Inférieure, et rapporté à ce genre, d’après ses dents par P. Gervais. Il était dans son pelage de la première année et ne présentait pas trace du sac frontal qui caractérise le mâle adulte : sa longueur totale était de 1",115