SOUS-FAMILLE DES ANTILOPES
Genre Chamois Capella, Keyserling et Blasius.
(Rupicapra, De Blainville; — Antilope, Pallas.) Caractères. — Formes générales des cerfs, mais avec de véritables cornes non caduques et non ramifiées,
pourvues d'un axe osseux, lisses, petites et recourbées en hamecon, présentes dans les deux sexes, insérées im médiatement au-dessus des yeux.
Ce genre avec son unique espèce, est le seul représentant européen du groupe des Antilopes qui renferme des formes très variées en Afrique et en Asie. |
Le Chamois des rochers
Capella rupicapra, Keyserling et Blasius,
Synonymie. — Capra rupicapra, l..; — Antilope rupi= capra, Pallas; — ARupicapra alpina et À. pyrenaica, Bonaparte ; — Chamois dans les Alpes; /sard dans les Pyrénées. |
Caractères. — Pelage long, grossier, gris cendré au printemps, fauve clair en été et brun en hiver : la tête ets le cou plusclairs, la face blanchâtre avec une bande brune allant de la bouche à la base des cornes en embrassant l'œil ; queue assez courte et noire en dessus; les fesses et l'intérieur de l'oreille blancs. Cornes noires, lisses, marquées de stries à la base ; pas de larmiers.
Longueur totale — 1",070 ; hauteur au garrot = 0”,720 ; queue — 0°,090.
Le chamois ne se trouve en France que sur les points les plus élevés de la chaîne des Alpes et de celle des: Pyrénées. Les différences sur lesquelles le prince Bonaparte a fondé ses Æupicapra alpina et À.pyrenaica sont insignifiantes et méritent à peine le nom de variété. Celle: des Pyrénées a des formes un peu plus grêles que celle. des Alpes.
Les chamois habitentles hautes régions desmontagnes jusqu’à la limite des neiges éternelles : en hiver, ils descendent dans les vallées, ou se tiennent dans la zone des forêts. Chaque jour ils descendent en passant sur le flanc des montagnes, se reposent vers le milieu du jour, et remontent vers le soir : la nuitils cherchent un abri sous
Fig. 114. — Chamois (Capella rupicapra), adulte et jeune, 1/20 de.gr. nat.
les saillies des rochers, dans les cavernes. Par le clair de lune, ils paissent comme en plein jour.
Sauf le temps du rut, les mâles vivent solitaires. A ce moment ils se réunissent en troupes plus ou moins nombreuses. Mais les bandes de dix à quinze individus deviennent de jour en jour plus rares.
Le chamois est remarquable par l’aisance et la rapi- | dité de ses mouvements au milieu des passages les plus. escarpés. Il grimpe beaucoup mieux que la chèvre, et ses bonds, qui lui permettent de franchir jusqu’à sept mètres . en longueur et quatre mètres de haut en toute sécurité, lui donnent le moyen de se tirer des plus mauvais pas : au milieu des rochers, sa démarche semble plutôt celle d’un oiseau que celle d’un quadrupède, et surtout d’un quadrupède à sabots. | |
Les chamois, même quand ils se reposent, ont leur sens sans cesse en éveil pour se garantir de tout danger. Chaque petite troupe est sous la conduite d'un guide ets ne s'arrête jamais sans être gardée par des sentinelles.» « Lorsque le guide flaire un danger, il siffle comme la marmotte, frappe le sol d’un de ses pieds de devant et; prend la fuite : tous les autres le suivent en bondissant. Ce sifflement, qui est plutôt un soupir, est un son perçant, rauque et prolongé, qui s'entend au loin. » (7schudi.)
Le chamois se nourrit de plantes alpines les plus délicates, des roses des Alpes, des jeunes pousses de pins et de sapins : en hiver, il se rabat sur l'herbe qui perce la neige, sur les mousses et les lichens. |
Le rut commence en automne. Les mâles solitaires se joignent alors aux troupeaux formés des femelles et des jeunes. On peut voir alors les mâles se livrer de furieux combats, et le vaincu est souvent précipité du haut des rochers ou mortellement blessé d’un coup de corne. Les jeunes luttent ensemble en se jouant à l'exemple des vieux. Le mâle vainqueur s'’isole avec sa femelle, et les couples ne rejoignent le troupeau qu'’äu milieu de l'hiver.
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La femelle met bas, en avril-mai, un ou rarement deux petits. Quelques heures après, le jeune suit sa mère, et en peu de temps il devient presqu’aussi agile qu’elle, Celleci le conduit en bélant : à trois mois, les cornes se montrent, et mâles et femelles sont adultes à trois ans.