SUIE
A: SOLIPÉDES OÙ ÉQUIDÉS. 87
7° La muraille externe ne présente jamais ni colonnette ni pli acces- soire comparables à ceux qu'on observe chez certains autres Équidés.
= L'émail est très rugueux, très chagriné et, sur les molaires inférieures aussi bien que sur les molaires supérieures, la couche de cément est très épaisse.
PARACONE-- L MÉTACONE PRET }-Hypostyle + G-Métaconule Lac HYPOCONE
PROTOCONE
MEÉTACONIDE ENTOCONIDT \ Mélastyli L
“dé +74
! Protostyhide :
PROTOCON!DE HYPOCONIDE
Fig. 41.
Couronnes d'une molaire supérieure et d'une molaire inférieure gauches d'un Equus caballus pléistocène de France. Grandeur naturelle.
Ces dessins ont été établis pour permettre de rapprocher facilement les notations d’A. Gaudry et d'Osborn.
Notation Gaudry : E,M,1, denticules externe, médian , interne du premier lobe ; é, m,i, denticules externe, médian, interne du second lobe.
Notation Osborn : en toutes lettres.
= Variations des molaires supérieures. — Ameghino a rapporté à une espèce distincte, qu'il a appelée H. angulatum!", certains individus de grande taille et dont les molaires supérieures présentent un repli de la muraille interne en avant du tubercule interne postérieur {1, hypocone). IL s'agit seulement d'une variation individuelle, car on l'observe chez des Hippidium de toutes tailles et l'on trouve des intermédiaires entre la forme très nette que nous représentons ici (fig. 42, A) et la forme normale sans repli d'émail. Cette tendance à l'isolement du tubercule
6) Mamiferos fésiles de la Repüblica argentina, pl. XXVIL, fig. à, 3.
Pa
postérieur est un caractère archaïque qui, par atavisme, reparaît chez certains individus.
Une autre variation, moins importante encore, bien qu'Ameghino lui ait attribué une valeur générique en créant à son sujet le nom de Nesohippidion, est due à la formation d'un îlot d'émail au deuxième lobe (fig. 42, A, B, C). En réalité, cet ilot d'émail dépend du degré d'usure : quand la dent est très peu usée, il n'est pas visible; quand elle est un peu usée, elle présente un large ilot; quand elle est très abrasée, cette particularité disparaît totalement. Il en résulte que Pilot s'observe tantôt sur les prémolaires seulement, et c'est le cas le plus fréquent, tantôt sur les prémolaires et une partie des molaires, tantôt enfin sur une partie des molaires.
La forme du denticule interne du premier lobe (1, protocone) varie également beaucoup (pl. X, fig. 1 et 4); son contour est d'autant plus arrondi que l'animal auquel a appartenu la molaire était plus âgé. On peut s'en assurer en sectionnant une même dent à plusieurs niveaux; lorsque les dents n'ont pas encore fonctionné, ce denticule forme même un flot isolé. C'est sur de telles variations qu'Ameghino avait fondé les genres Parahipparion et Stereohippus °.
D'une manière générale, l'émail des molaires supérieures d'Hippidiam est peu plissé. Les variations les plus intéressantes à noter sont relatives au petit phi de la muraille interne situé dans le golfe qui sépare le premier et le second lobe et qui correspond au pli dit «caballin » dans les molaires du genre Æquus, parce qu'il aide, parmi les animaux actuels et quaternaires, à distinguer les véritables Chevaux des Asiniens. Ce pli existe presque toujours chez les Hippidium. est quelquefois simple (lig. 42, B), surtout aux molaires peu usées, mais sa place est souvent occupée par une série de petits replis (pl. X, fig. 1 et 4 et fig. 42, C, D du texte). Les petits plissements de l'émail sont d'autant plus visibles que la dent a fonctionné plus longtemps, sauf pourtant quand l'usure, devenue extrême, amène une nouvelle simplification.
I y a d'autres variations que celles ayant trait aux plis de l'émail. Beaucoup de molaires supérieures d'Aippidium n'ont pas une surface de mas-
Recherches de Morphologie phylogénétique, ®) AmeGmixo (F.), Recherches de Morphologie Buenos-Aires, 1904, p. 137, fig. 166. phylogénétique, 1904, p. 275 et suiv.
SOLIPÉDES OU ÉQUIDÉS. 89
tication à peu près plane, ainsi qu'on l’'observe généralement chez les
Chevaux domestiques, mais présentent, par suite de l'usure, deux crêtes sailantes, perpendiculaires à la muraille externe, aux points correspondant au paracone et au métacone de la nomenclature américaine. Ces crêtes donnent à l'émail de la muraille externe un contour anguleux qu Ameghino avait considéré comme l'un des caractères de son Hippidium angulatum. En réalité, c'est une disposition qui varie avec les individus et avec l’âgel), Elle est surtout marquée sur les dents moyennement usées.
Fig. 42.
Couronnes de diverses molaires supérieures gauches d'Hippidium. Grandeur naturelle.
Les flèches indiquent le repli et l'flot d'émail dont il est question dans le texte.
Mais la fréquence de cette usure en forme de crêtes chez les Hippidium et, dans une certaine mesure, chez les Chevaux du même gisement est intéressante à constater, car c'est un caractère archaïque, très accentué chez l'Hipparion gracile de Pikermi, beaucoup moins marqué chez l'Equus Stenonis, rare et toujours peu accusé chez les E. caballus actuels. On en comprend l'origine en regardant de profil une dentition d’Anchitherium, où l'on voit ces cuspides de la muraille externe faire une très forte saillie.
La première prémolaire supérieure persistait pendant toute la vie. Elle est visible sur quelques mächoires de la collection de Créqui-Montfort; sur d'autres, elle n'est plus représentée que par son alvéole, mais cette alvéole est très profonde et la chute de la dent a eu lieu, certainement, post mortem. Cette première prémolaire était relativement volumineuse; sa couronne à plus de 1 centimètre de largeur. Sa position et sa
® Elle est probablement liée à la forme du condyle de la mâchoire inférieure (voir ci-dessus).
MAMMIFÈRES DE TARIJA. 12
taille variaient un peu suivant les individus, et ces variations avaient pour résultat une réduction plus ou moins considérable de la partie antérieure de la seconde prémolaire.
Les prémolaires suivantes et les arrière-molaires ne présentent, au point de vue qui nous occupe ici, rien de particulier en dehors des variations générales dues à l'usure et déjà signalées. La forme du contour de la couronne est assez constante pour une même molaire et l'on peut, par exemple, toujours distinguer l'avant-dernière prémolaire parce qu'elle est à peu près carrée tandis qu'aux dents suivantes le diamètre longitudinal est inférieur au diamètre transverse.
N'ayant examiné que deux exemplaires de la dernière molaire supérieure d'Hippidium de Tarija, nous ne pouvons donner.aucune indication sur la variabilité de cette dent. L'un de nos échantillons, très peu usé, montre un ilot fermé d'émail dans le lobe postérieur (pl. X, fig. 1). La couronne a une forme rectangulaire comme dans le groupe des Zèbres, et non triangulaire comme chez les Chevaux proprement dits ; la tangente au bord postérieur forme avec la muraille externe un angle à peu près droit 0),
Variations des molaires inférieures. — Les molaires inférieures d'Hippidium sont plus simples que celles d’Equus; nous avons déjà indiqué leurs principaux caractères. [ls sont bien accusés sur une mâchoire inférieure, rapportée par Weddel, représentée par Gervais à petite échelle en 18550) et qui peut être considérée comme ayant appartenu à un Hippidium nevgæum typique.
En raison même de la simplicité de ces dents, leurs variations sont peu importantes. Celles qui sont dues à l'usure ont pour effet : 1° d’atténuer les plissements d'émail (fig. 43); 2° de faire apparaître, à un certain stade d'ailleurs passager, un ilot soit dans le lobe antérieur, soit dans le lobe postérieur, soit dans les deux lobes (fig. 43, .C); 3° de pro-
duire parfois, comme aux molaires supérieures, deux crêtes transversales
® Bouze (M.), Observations sur quelques tangulaire, chez les Hippidium que chez les Dauws. Equidés fossiles ( Bull. Soc. Géol. de France, 3° sé- 4%) Gervais (P.), Recherches sur les Mammirie, t. XXVII, p. 535). On peut observer que la fères fossiles de l'Amérique méridionale, pl. 7, couronne a une forme plus carrée, moins rec- fig. 4,4a, 4 b.
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SOLIPÉDES OÙ ÉQUIDÉS. O1
saillantes sur la surface triturante de la dent, crêtes qui, en raison de l'épaisseur considérable du cément, paraissent toujours beaucoup plus développées que chez n'importe quel Cheval actuel.
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OU
Fig. 43.
Trois molaires inférieures gauches d'Hippidium principale. À, 4° prémolaire; B, 2° arrière-molaire; C, 1°* arrière-molaire. — Grandeur naturelle,
I n'y a jamais de première prémolaire inférieure; la partie antérieure de la seconde prémolaire est, par suite, beaucoup moins variable à la mâchoire inférieure qu'à la mâchoire supérieure. Les variations du plis-
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VU
Fig. 44
TD
Quatre exemplaires de quatrième prémolaire gauche d'Hippidium à divers degrés d'usure.
Grandeur naturelle,
sement d'émail des prémolaires suivantes et des premières molaires sont très faibles; on se rend compte de leur importance par les figures 44 qui représentent divers spécimens de quatrième prémolaire à différents de-
grés d'usure
® Les prémolaires sont toujours assez notablement différentes des molaires, à tel point qu’Ameghino a figuré, sur une même planche (Mamiferos fésiles de la Repüblica argentina, pl. XXVIT), une troisième prémolaire sous le nom d'A. principale (fig. 4) et une deuxième molaire de la même espèce sous le nom de Æ. compressi-
dens (fig. 7 ). Cette différence marquée entre la forme des prémolaires et des molaires est un caractère archaïque; elle est bien visible sur les mâchoires inférieures d'Hipparion, tandis que la transition entre les deux sortes de dents est beaucoup plus insensible chez le Cheval domestique.
Les variations individuelles les plus notables dans la forme de la dernière molaire portent sur l'allongement du talon, dont l'émail présente un repli presque toujours bifide, rarement simple.
Dentition de lait. — Nous n'avons pu distinguer à coup sûr, parmi nos mâchoires inférieures d'Hippidium, des dentitions de lait; il est probable que la collection du Muséum n'en renferme pas. Le fait certain, c'est qu'aucune dent ne montre la petite colonnette supplémentaire interne caractéristique des dents de lait chez les Hipparion. Burmeister a décrit
Fig. 45.
Molaires supérieures de lait : A, de Zèbre (d'après Rütimeyer); B. d'Equus Stenonis (d'après Forsyth Major).
Grandeur naturelle.
un crâne de jeune recueilli à Tarijal), mais la figure qu'il a donnée de la dentition est peu précise; il semble que les denticules [et 1 (protocone et hypocone) des molaires supérieures aient une tendance à être 1c1 plus individualisés, plus faiblement unis au reste de la dent que chez les adultes. Burmeister fait remarquer que ces dents de lait sont un peu plus longues et plus étroites que les dents de remplacement, et que l'arête externe antérieure (parastyle) est plus large et plus émoussée. Les mêmes faits s'observent sur les dentitions de lait d'Æquus Ste-
1 Die fossilen Pferde der Pampasformation , plaire d'une façon précise en donnant leur des- Nachtrag, 1889, pl. XI, fig. 3 et 4, p. 7. cription et leurs mesures (Die fossilen Pferde M. Serve a figuré les molaires du même exem- Südamerikas, 1912, p. 70, pl. 1, fig. 5).
SOLIPÉÈDES OU ÉQUIDES. 93
noms!, sauf qu'ici les denticules internes, malgré leur tendance à l'indi- vidualisation, restent anguleux et ne sont jamais arrondis comme chez Hippidium (fig. 45, B).
Mais si la dentition de lait dE. caballus ne présente pas les caractères de celle d'Hippidium®, il est intéressant de comparer les dents de lait des Équidés actuels aux molaires définitives des Solipèdes de l'Amérique du Sud. La mâchoire de jeune Zèbre (fig. 45, À) est à ce point de vue très démonstrative , car elle rappelle beaucoup, par la forme arrondie du protocone des premières molaires de lait, la dentition définitive d'Hippidium.
Os des membres. — Les os des membres d'Hippidium sont assez nombreux dans la collection de Créqui-Montfort. Ces pièces n'ayant pas été recueillies en connexion, ni associées avec des crânes, c’est seulement par leur taille qu'on peut les répartir entre les espèces. Les tableaux de mesures montreront comment il est possible de distinguer les os des deux espèces dont nous établirons plus loin l'existence à Tarija : H. neogæum, H. principale, et ceux de divers autres Équidés. Nous insisterons sur les caractères distinctifs des os des membres d'Hippidium et d'Equus. Ces caractères sont peu accentués et, au premier abord, les mêmes os dans les deux genres se ressemblent beaucoup; mais les différences que nous allons signaler nous ont paru constantes.
D'une manière générale, les os des membres d'Hippidium sont plus massifs que ceux du Cheval.
L'humérus d'Hippidium (pl. XV, fig. 1, 1“, 1! et fig. 46 du texte) diffère de celui d'Equus (fig. 46 du texte) parce que : 1° la saillie externe de la crête deltoïde, ou tubérosité externe, t. e., est plus courte, plus oblique et placée plus bas chez l'Hippidium; 2° Fimpression musculaire interne, ou tubérosité interne £. 1., est beaucoup plus allongée et placée plus haut chez le Cheval; ce caractère est très net; 3° l'épitrochlée, é. tr., est plus longue, légèrement plus oblique par rapport à l'axe
| ® Forsrra Mason, Beit. zur Gesch. der fos- caballus dans Rürimeyer, Weitere Beiträge zur silen Pferde insbesondere Italiens, 1877, pl. 1, Beurtheilung der Pferde der Quaternär-Epoche fig. 3 et 5. (Mém. Soc. Pal, Suisse, t. 1, 1875, pl. [, fig. 6).
® Voir les figures des dentitions de lait d'E. ® Rürimeven, loc. cit., pl. 1, fig. 2.
de l'articulation huméro-radiale chez l'Hippidium; 4° la crête de la trochlée est un peu plus près du bord externe chez l’Hippidium que chez le Cheval; 5° à l'extrémité supérieure, la grosse tubérosité, gr. t:, est plus
Fig. 46.
Humérus d'Hippidium (à gauche) et d'Equus caballus (à droite), vus par leurs faces antérieure ,: supérieure et latérale externe. — 1/4 de la grandeur vraie.
cr., crête du sillon bicipital; gr. t., grosse tubérosité ; 1. e., tubérosité externe; © ti, tubérosité interne; €. tr., épitrochlée.
robuste chez le Cheval; 6° la crête, cr. , qui divise en deux le sillon bici-
pital, est beaucoup plus émoussée chez D at elle est plus saillante chez le Cheval!)
® L'humérus d'Equus andium paraît, d'après moins différent de l'humérus d'Hippidium que la description et les figures données par Branco, celui de l'E, caballus, sauf pour ce qui concerne
| SOLIPÉDES OÙ ÉQUIDÉS. 95 Le radius d'Hippidtum (pl. XV, fig. 2 et 3) est plus courbe, plus court,
plus large et moins épais que celui du Cheval. Son articulation proximale (pl. XV, fig. 3°) est un peu plus longue, dans le sens transversal, plus étroite dans le sens antéro-postérieur; il en est de même de l'articulation distale (pl. XV, fig. 2°, 3°). A l'articulation proximale, la facette correspondant au condyle interne de l'humérus est relativement moins déve-
loppée dans l'Hippidium que dans le Cheval.
Certains auteurs, notamment Branco, à propos d'E. andium, ont attaché une certaine importance à l'existence d'une protubérance plus ou moins marquée sur le bord interne du radius, à quelques centimètres au-dessous de la tête supérieure de los {pl. XV, fig. 3, pr.) Elle est en général saïllante chez l'Hippidium et placée plus bas que chez Æ. caballus, mais ce caractère est assez variable suivant les individus; tandis que certains Hippidium en sont dépourvus, il est bien visible sur la plupart des Chevaux fossiles de Tarija.
Le cubitus (pl. XV, fig. >) est étroitement accolé au radius, comme dans le genre Equus, mais il est un peu plus développé. Sa partie supérieure est bien distincte du radius sur une longueur de plus de o m. 20 et, après une interruption de o m. 025 seulement, on peut de nouveau distinguer sa partie inférieure. [est possible que, dans des cas très favorables, sur des os parfaitement conservés, on puisse observer une continuité parfaite. Quoi qu'il en soit, Hippidium est, à ‘cet égard, un peu plus primitif qu'£quus : la séparation du radius et du cubitus est plus nette; la soudure des deux os est moins parfaite, leur suture est plus
visible!
L'olécrâne est plus large, plus robuste chez l'Hippidium que chez un Cheval de même taille; la partie du cubitus correspondant à l'insertion du muscle triceps est beaucoup plus développée dans le premier genre qui présente, en outre, sur la partie supérieure de l'olécrane, une gout-
la forme de l'extrémité distale qui est semblable les Chevaux. Il en jest de même chez Equus Stedans les deux représentants du genre Equus. nonis où pourtant, d'une façon générale, suivant
1) Mais il y a des variations individuelles assez Forsyth Major, la suture est plus apparente que sensibles, aussi bien chez les Hippidium que chez chez Equus caballus.
tière profonde; cette gouttière est au contraire extrêmement réduite chez le Cheval et chez le Dauw (fig. 47 du texte).
HIPPIDIUM EQuUS Fig. 47.
Têtes supérieures du cubitus et du radius d’'Hippidium et d'Equus, vus par leur face postérieure.
1/4 de la grandeur naturelle.
Au total, tout l'avant-bras de l'Hippidium, plus trapu que celui du Cheval, donnait probablement insertion à des muscles plus puissants.
Métacarpiens").— On trouve à Tariïja des canons d'Hippididés de longueurs très diverses : o m. 160,0 m.175,0 m.185,0 m. 200,0 m.210, o m. 21,0 m. 225 et o m. 228. Cette série étant presque continue, il est difficile de distinguer les espèces : les canons de o m. 185 à o m.215 peuvent être attribués à Hippidium neogæum, ceux de o m. 225 et o m. 228 à Hippidium principale, tandis que les plus petits auraient appartenu au genre Onohippidium que nous décrirons plus loin.
Comme pour les dents, nous ne séparerons pas, dans ce qui va suivre, À. neogœæum et H. principale. Les tableaux de mensurations (n® 11-13) montrent que les proportions des métacarpiens sont les mêmes, et portent à conclure que les découvertes ultérieures auront pour ellet de réunir, ce que nous n'osons faire encore, ces deux espèces en une seule.
® La collection de Créqui-Montfort ne renferme aucun os du carpe; M. Sefve a étudié récemment avec détails cette partie du squelette.
SOLIPÉDES ou ÉQUIDÉS. 97
LE troisième métacarpien d'Hippidium (pl. XVIE, fig. 1,2), comparé à celui du Cheval, est très court, très large; c'est principalement cette à brièveté des canons qui donne au squelette d'Hippidium son aspect trapu.
CE
ok Re HIPPARION HIPPID!UM E9. ANDIUM EQ. CABALLUS Fig. 48.
F acettes articulaires des métacarpiens médians gauches d'Hipparion, d'Hippidium, d'Equus andium et d'Equus caballus. — 1/4 de la grandeur vraie. u, u’, facettes pour l'unciforme; 1r., facette pour le trapézoïde,
L'extrémité proximale est plus large que chez le Cheval. L'angle formé par les facettes articulaires des métacarpiens latéraux est plus grand ici que chez le Cheval et beaucoup plus obtus chez ce dernier que chez l'Hipparion. Le canon de l'Hippidium est élargi et les métacarpiens latéraux sont, par le fait de cet élargissement, repoussés vers l'arrière. Les facettes u et w', Fe DÉGTEt à l'unciforme, sont bien développées (fig. 48); la facette postérieure u', qui est extrêmement réduite chez l'Hipparion et moyennement étendue chez le Cheval, est ici plus grande. La facette tr. pour le trapézoïde est bien développée, autant que chez le Cheval et, par ce caractère encore, l'Hippidium parait très évolué!”
A l'extrémité distale, la quille médiane, caractère de solipédisation, est moins accentuée que chez le Cheval. La base du canon d'Hippidium se distingue surtout de celle du Cheval par la plus forte saillie des protubérances situées au-dessus de la poulie articulaire, à droite et à gauche (fig. 49). On ne peut attacher une grande importance aux dépressions paires situées sur la face antérieure ou sur la face postérieure au-dessus de cette poulie articulaire, car elles paraissent très variables selon les individus. |
nes métacarpiens latéraux sont très longs, très forts et leur extrémité distale est si volumineuse qu'ils ont dû porter des phalanges plus ou
FUME Voir Fonsxrm Mason, Beit. zur Gesch. der lossilen Pferde insbesond. Italiens, 1877.
MAMMIPÈRES DE TARIA. 13
moins rudimentaires. Ces doigts latéraux, d’ailleurs toujours soudés
au doigt médian, sont beaucoup plus grêles que ceux de l'Hipparion où 1 du Protohippus. Hippidium est un peu moins évolué que le Cheval; il est É surtout évolué dans une direction différente.Les facettes d’articulation
des métacarpiens latéraux avec le carpe sont très larges.
HIPPIDIUM E. CABALLUS Fig. 49.
Extrémité distale d'un 3° métacarpien d’Hippidium et d'Equus caballus.
1/2 de la grandeur vraie.
Le métacarpien externe (4°) présente parfois chez Hippidium, comme l'a indiqué Burmeister!), une facette latérale (fig. 50, 5m.) correspon-
Fig. 50.
Métacarpe droit d'Hippidium vu par sa face postérieure, — 1/2 de la grandeur vraie. 5 m., facette articulaire pour un 5° métacarpien.
dant à l'articulation d'un 5° métacarpien rudimentaire. C'est un carac- F tère très intéressant, qui existe chez l'Hipparion® et qui réapparaît
® Burmeisrer, Die fossilen Pferde der Pam- animal. Mammifères tertiaires, p.135, fig. 177. pasformation, 1875, p. 37. — Hexsez, Abhand. Akad. Berlin, 1862, pl. I, ®1 Gaupry (Albert), Enchainements du monde fig. 9.
Te Ve
: SOLIPEDES OÙ ÉQUIDES. 99
quels chez le Cheval actuell; il ne semble eur pas être | absolument constant chez l'Hippidium.
Fémur. — On peut attribuer à Hippidium neogæum un fémur de 360 millimètres de longueur, et à H. principale un fémur de 420 mil- “limètres.
D'une manière générale, le fémur d'Hippidium Son (pl: XVI, hi 1) n'est ni plus grêle ni plus trapu que celui du Cheval en
HIPPIDIUM EQuus
Fig. 51.
Fémurs droits d'Hippidium et d'Equus vus par leur face antérieure. 1/4 de la grandeur vraie.
g-t., grand trochanter; p. t., petit trochanter; 3 4, 3° trochanter.
n° 14 de l'appendice). Lu différences consistent surtout dans les dimensions absolues, notablement plus grandes, et dans les caractères des trochanters (fig. 51 du texte). Le grand trochanter, g. t., est plus large, plus volumineux et pourtant sensiblement moins élevé que chez le Cheval; le petit trochanter, p. t., est ici situé presque à la même hauteur que le 3° trochanter, 3 £., tandis que chez le Cheval il est placé sensiblement plus haut.
M semble que la gouttière patellaire soit plus large et moins creuse chez Hippidium principale et les lèvres de la trochlée moins inégales, la
> © Gaupnr (Albert), Ibid, p. 139, fig. 183.
lèvre externe étant relativement plus large; par contre, le condyle interne est relativement beaucoup plus développé chez Hippidium que chez nos Chevaux, mais il ne s’agit peut-être que de cas individuels, car, sur des fémurs attribuables à Hip. neogæeum, ces différences sont très atténuées et parfois nulles.
Le tibia (pl. XVI, fig. 2) diffère peu de celui du Cheval. Le tableau de mensurations (n° 15) montre qu'il est plus épais au milieu; cela tient à ce que la crête antérieure descend ici plus bas. Le même tableau montre qu'Æquus andium se rapproche plus d'Hippidium que le Cheval domestique actuel.
La facette supérieure d'articulation du péroné est incomplète sur les tibias de la collection de Créqui-Montfort; elle paraît n'avoir pas été beaucoup plus développée que chez les Chevaux actuels. Par contre, il y a souvent, à la tête inférieure du tibia, une trace d'extrémité distale de péroné; elle se présente comme une sorte de lamelle étroitement accolée au côté externe du tibia.
Nous n'avons pu examiner que fort peu d'os du tarse. Nous dirons seulement que l'ensemble formé par le calcanéum et l'astragale (pl. XVI, fig. 3) est ici plus massif que chez le Cheval et que le calcanéum est court?
Métatarsiens. — M est, comme pour les canons antérieurs, très difflicile de distinguer, d'après les canons postérieurs, les différentes espèces d'Hippidium où même d'Onohippidium qui vivaient à Tarija. La longueur de ces troisièmes métatarsiens varie, sur douze échantillons, d'une façon presque continue entre o m. 188 et o m. 241. Il nous paraît raisonnable d'attribuer à Onohippidium ceux dont la longueur est inférieure à o m. 200, à A. neogœæum ceux compris entre o m. 205 et o m. 230, à H. principale ceux dont la longueur dépasse o m. 230, mais on voit, une fois de plus, combien la distinction d'A. neogæum et d'H. principale parait peu fondée.
+ ® Braxco a figuré (loe. cit, pl. X, fig. 2) un ® o m.188, 0 m. 198,0 m. 205, O m.224, tibia d'Equus andium auquel est accolée une base o m. 230, Oo m. 233, o m. 236, o m. 238, de péroné extrêmement nette. o m. 241.
® Voir Serve, loc. cit., p. 59 et 76.
LL Le 3° métatarsien d'Hippidium (pl. XVIL, fig. 5) est en général non seulement plus court et plus massif que celui d’Æ. caballus mais encore un peu plus courbe. L’extrémité proximale diffère de celle du canon du 1 Cheval : 1° par son contour plus régulièrement circulaire; 2° par la largeur plus grande de l'échancrure destinée à loger le 2° métatarsien; 3° par la forme plus plane de la facette antérieure du 3° cunéiforme et l'étendue
… plus considérable de la facette postérieure; 4° par la surface plus consi- dérable de la facette du cuboïde {fig. 52 du texte).
HIPPIDIUM EQUUS Fig. 52.
Facettes articulaires de deux métatarsiens droits d'Hippidium el d'un métatarsien droit d'Equus. 1/2 de la grandeur vraie.
cub., facette pour le cuboïde ; 2 c., facette pour le »° cunéiforme; 3 c., facettes pour le 3° cunéiforme.
Mais ces caractères des facettes sont bien variables. Nous figurons ici Abd exemples de ces variations. Dans l'un (fig. 52, n° 1), les facettes pour le cuboïde et pour le 2° cunéiforme sont toutes petites; dans l'autre (fig. 52, n° 2), ces facettes sont à peu près également développées. On remarque, en outre, sur le même échantillon, une facette assez accentuée pour le 2° métatarsien, facette qui, en général, n'est pas visible quand on regarde le canon d'un Équidé die: cette position.
Les métatarsiens latéraux (2° et 4°), volumineux, ne sont généralement pas soudés au 3° métatarsien, sur lequel leur place est marquée par deux sillons larges et rugueux. Quand ïls adhèrent encore au canon, on voit que leur extrémité proximale est large, plus robuste que chez les Chevaux actuels. Is sont aussi disposés plus latéralement (fig. 53). [ls ne paraissent pas avoir porté de phalanges et leur longueur n'est pas, proportionnellement à celle du canon, plus considérable que chez les Chevaux. Nous n'avons pu observer qu'un très petit nombre de canons pourvus de leurs doigts latéraux mais, sur quelques-uns d'entre eux, on remarque que le 2° métatarsien, au lieu de se terminer vers le bas
en forme de stylet comme chez le Cheval, se termine par une partie élargie (fig. 53); laïmême disposition s observe sur le squelette d'A. neogæum de Buenos-Aires; si elle n’est pas caractéristique des Hippididés, elle est du moins très fréquente, de sorte que ces animaux sont, par leurs métatarsiens latéraux, un peu plus primitifs que les Chevaux.
HIPPIDIUM
Métatarses droits d'Hippidium et d'Equus vus par leur face interne pour montrer.le développement relatif du 2° métatarsien.
1/2 de la grandeur vraie.
I n'y a jamais trace d'un 5° métatarsien, comparable au rudiment de cinquième doigt qu'on observe parfois au membre antérieur.
Les phalanges sont larges, courtes, massives; les insertions des tendons sont plus marquées que chez le Cheval. Le sabot est large, arrondi en avant. Les figures comparatives (pl. XVII, fig. 9 à 11), représentant des phalanges d’Hippidium, d'Onohippidium et d’ Fquus, sont plus démons-
tratives que toute description.
Distinction des espèces d'Hippidium. — Comme on vient de le voir, par les descriptions précédentes, on a distingué un certain nombre d'espèces dans le genre Hippidium, en se basant soit sur la taille, soit sur la
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