Molaires inférieures comprimées
Taille un peu supérieure à celle du Cheval
DORRQUe 25025 tee dl DIE H. compressidens.
B. La muraille externe des molaires supérieures se relève entre les arêtes longitudinales en formant des angles ou cuspides. x
Angle externe postérieur des molaires supérieures
comprimé et aigu .....:.... d'onde dote à 70 SONORE
Plus tard, en 1904, le même naturaliste!” créait toute une série de noms de genres pour des molaires isolées, présentant entre elles des
®) Lux», Meddelelse af det Udbytte de i 1844 undersôgte Knoglehuler have afgivet til Kunds- kaben om Brasiliens Dyreverden... (Vidensk.
Selsk. naturvid. og mathem. XI, 1846, pl. XLIX, fig. 1 et 3).
® Bunueisren (G.), Fossilen Pferde der Pampasformation (Los Caballos fôsiles de la Pampa Argentina), 1875,88 p., 8 pl. — In., ibid. Nachg (Suplemento), 1889, p. 3-13, pl. L. et HI.
Nous verrons plus loin que Hippidium nanum Burmeist. appartient au genre Onohippidium.
6) Aecurno (F.), Contribuciôn al conoci-
miento de los Mamiferos fésiles de la Repüblica argentina, 1889, p. 513-523. Les molaires décrites, dans le même mémoire, sous le nom d'Hipphaplus appartiennent au genre Hippidium ; ce sont des dents très usées ainsi que l’a reconnu Lydekker.
®% AmeGnino, Recherches de Morphologie phylogénétique sur les molaires supérieures des Ongulés (An. Mus. Nac. Buenos-Aires, sér. UE, t. II, 1904, p. 242, 259, 272, 273,274, 275, 276):
Stereohippus est fondé sur des dents peu usées d'A. neogæum ;
différences dues à l'usure ou à de simples variations mdividuelles | Stereohippus, Nesohippidon, Parahipparion). Plus récemment enfin, il proposait de réserver les noms d'H. principale et d'H. neogæum aux pièces décrites par Lund et de leur substituer, pour les fossiles de la Pampa décrits par Burmeister, les noms de Hippidium arcidens et H. Bonariense. C'est sous ce dernier nom que devrait être désigné le squelette complet d'Hippidium du Musée de Buenos-Aires.
Dans l’état actuel de nos connaissances ces subdivisions multiples paraissent sans fondement. À Tarija, on ne peut reconnaître que deux espèces d'Hippidium pour lesquelles, à l'exemple de Burmeister et de Lydekker!®”, nous conserverons les noms de A. principale et H. neogæum. Même ces deux espèces ne peuvent se distinguer que par leur taille, ainsi que le montrent les tableaux de l'Appendice relatifs aux dimensions des molaires ou des os des membres.
La plus grande est assez variable; certaines dents ou portions de mâchoires dénotent un Équidé de taille énorme, et dont le crâne devait être beaucoup plus volumineux que celui de tous les Chevaux actuels; d’autres, de taille moindre, égalent presque les dents de la deuxième espèce dont le crane, nous l'avons dit, était aussi volumineux que celui d'un Cheval percheron. I est possible que ces différences de taille soient purement individuelles ou sexuelles et que les deux espèces soient un jour réunies®. D'une manière générale, il semble pourtant
Nesohippidion est, au contraire, établi d’après une molaire d'H. angulatum très usée;
Parahipparion représente le stade où la colonnette est encore indépendante, la dent étant à peine entamée par l'usure; c’est probablement un Onohippidion à cause de l'allongement des tubercules internes;
Le nom d'H. scalare (loc. cit., 1904, p. 186) a été donné sans aucune explication par Ameghino à une molaire supérieure d'A. neogæum dont les tubercules internes sont très arrondis;
H. entrerianum Amegh. est un nom fondé sur l'examen d'une seule molaire provenant du Parana, d'une formation considérée comme plus ancienne que Tarija et que les limons des Pampas ;
H. Bolivianum Philippi (Zeitsch. d. d. Geol.
Gesellsch., 1893, p. 88) est bien probablement un Onohippidium, comme H. nanum auquel il ressemble.
® Lypexker (R.), Contribution to a knowledge of the foss. Vertebr. of Argent. ( An. Mus. de
la Plata. Paleont. argentina, t. 11, 1893, p. 74-77;
pl. XXVIII). — 1n., Guide to the specimens of the Horse family exhibited in the British Museum Nat. Hist., 1907, p. 6 et 7, fig. 3, 6 et 7.
@) M. Sefve signale, sans le figurer, un caractère différentiel qui serait plus important : la présence, sur le crâne d'/T. principale, d'une fossette au-dessus du trou infra-orbitaire; nous n'avons aucune pièce de Tarija permettant de constater ce fait (Serve, Die fossilen Pferde Süd Amerikas,
p- 33 et 68).
SOLIPÉDES OU ÉQUIDES. 105 | chez l'Hippidium principale, le rapport de la longueur totale des
prémolaires inférieures à la longueur de la série des arrière-molaires
soit supérieur à à l'unité; chez l'Hippidium neogæum ce rapport x st ins
À férieur ou à peu près égal à 1.
Puisqu'ils ont été utilisés par un grand nombre de naturalistes, depuis Burmeister, on peut continuer à employer les deux termes d'A. neogæum et d'Hippidium principale. Mais tant que plusieurs squelettes complets
de ces deux animaux n'auront pas été découverts, il est impossible de “ préciser leurs caractères distinctifs autrement que par la diférence de
taille.
Hippidium principale, distingué pour la première fois par Lund en 1846, a été nommé Æ. nets par Weddel et Æ. neogæus par Gervais en 1855. Plus tard, Owen attribua le nom d'Hippidion arcidens à certaines dents qui ne diffèrent du type décrit par Lund que parce qu'elles ont appartenu à un individu plus jeune‘.
0) Certains termes introduits dans la nomen- rieures des Ongulés, 1904, p. 272, fig. 372), clature paléontologique par Ameghino, d'après Stereohippus Parigensis (Id., p. 275, fig. 375). des dents isolées plus ou moins usées, s'appliquent, M. Sefve considère également comme synonymes d’après leur taille, à Hippidium principale plutôt les noms d’Hippidion scalaris Amegh. et de Plagio qu'à H. neogæum : Hipphaplus antiquus (Rech. de hippus Chapalmalensis Amegh. (Serve, loc. cit., Morphologie phylogénétique sur les molaires supé- p. 67).
MAMMIFÈRES DE TARIJA. sh
ONOHIPPIDIUM DEVILLET GERVAIS.
(Equus DEVILLEI GERVAIS.)
On trouve à Tarija, en moins grande abondance que ceux des espèces précédentes, les restes d’un Équidé de plus petite taille que l'Hippidium neogæum. Ses dents présentent les mêmes caractères généraux; ses membres sont également trapus par comparaison avec ceux des Chevaux actuels, mais le crâne est différent. Gervais a décrit en 1855 les molaires inférieures et l'astragale de cet animal sous le nom d'Equus Devillei. Beaucoup plus tard Burmeister l'a nommé Hippidium nanum®. La comparaison des échantillons de la collection de Créqui-Montfort avec les types figurés par Gervais, qui se trouvent au Muséum , et avec les figures données par Burmeister ne laissent aucun doute sur l'identité de ces Équidés. C'est donc le nom spécifique Devillei qui doit être conservé. Quant au nom de genre, un crâne presque complet de la collection de Créqui-Montfort montre qu'il s'agit non d'un véritable Hippidium mais d'un Onohippidium.
Ce genre est caractérisé, ainsi que l'a indiqué Moreno en 1891), par l'existence, en avant de l'orbite, d’une fosse vaste et profonde, formée par l'intermaxillaire, le lacrymal et le nasal.
La petite espèce d'Hippidiidé de Tarija doit donc recevoir le nom d’ Onohippidium Devillei Gerv.
® Gervais (P.), Recherches sur les Mammifères fossiles de l'Amérique méridionale, p. 35, pl. VIT, fig. 11 et 12.
® Bunureisrer, Die fossilen Pferde der Pampasformation-Nachtrag, p. 10, pleXI, fig. 6. — Ame- &u10, Contribuciôn la Conocimiento de los Mami-
feros fsiles de la Repüblica Argentina, 1889, p. 10.
® Moreno, Notas sobre la Paleontologia Argentina. VII. Onohippidium Munizi. Breve Noticia sobre los restos fôsiles de un género nuevo de la familia de los Equidos conservados en el Museo de la Plata { Revista Mus. de la Plata , 1891, p. 65-71).
Crâne. — La meilleure tête que nous ayons (pl. XIII, fig. 1) est à peu près complète, sauf dans la région occipitale et celle des nasaux; malheureusement, elle est écrasée. Sa longueur est celle d’une tête d'Hémione. Elle présente, sauf dans la région préorbitaire, la même forme générale, étroite, que la ke d'Hippidium ?; les nasaux, visibles en | prisé sur une autre pièce © }, étaient aussi très grêles et unis en arrière seulement au reste du crâne, de sorte qu' une longue scissure latérale les séparait des maxillaires ).
L'orbite est également elliptique. La fosse préorbitaire, ici très visible, longue de o m. 08, large de o m. 085, et très profonde, a été assimilée à la dépression située en avant de l'orbite chez beaucoup de Cervidés et notamment chez le Cerf d'Europe, dépression dans laquelle est placée une glande qu'on à cru pendant longtemps être la glande lacrymale. En réalité, ce prétendu «larmier» du Cerf ne communique pas avec l'orbite et contient un repli cutané glanduleux dont la secrétion est assez onctueuse et qui s'ouvre à l'extérieur par une fente, parfois assez longue chez certains Cerfs( et située sur les côtés du chanfrein. Cette glande spéciale n'est d’ailleurs pas un organe lacrymal, car les Cerfs ont une véritable glande lacrymale placée près de l'œil et leur crâne présente deux conduits dont l'un au moins traverse l'os lacrymal, comme c'est le cas normal chez les Mammifères. Il faudrait donc admettre que les Équidés fossiles, dont le crâne porte une dépression préorbitaire
La tête de Tarija que nous avons examinée
est trop déformée pour qu'on puisse déterminer exactement le rapport de la partie encéphalique à Ja partie faciale. D'après M. Sefve, la partie cérébrale serait plus longue chez Onohippidium que chez Hippidium.
® La tête d'une autre espèce d'Onohippidium (O0. Munizi Moreno, O. compressidens Amegh.) est bien connue par un magnifique spécimen du Pampéen qui se trouve au Musée de la Plata et qui a été figuré par Morexo, par Lypekken (An. Mas. de la Plata. Pal. argentina, t. M, pl. XXIX) et récemment par M. Serve (loc. cit., p. 84-86 et 89).
) Cette scissure était plus longue même que chez l'Hippidium neogæum , car la verticale passant
par son bord postérieur tombe en arrière de la dernière molaire. Nous avons dit précédemment (p. 81) les hypothèses qui ont été émises sur la raison d'être de cette faible union des nasaux aux maxillaires.
® Lypekker (R.), The deer of all Lands. D'après cet auteur, l'organe glanduleux en question est plus ou moins développé suivant les sexes. D'autres savants, au contraire, admettent qu'il est également volumineux chez les mâles et les femelles. Chez le Cerf d'Europe, d'après les quelques crânes que nous avons examinés, la fosse préorbitaire existe dans les deux sexes, mais elle est moins longue et moins profonde chez la Biche que chez le Cert.
(Onokippidium et Hipparion), ont eu un organe glanduleux analogue, dont on ne trouve plus trace chez les Chevaux” sud
Mais d’autres hypothèses ont été émises. Les auteurs anciens ont cru que chez T'Hipparion la fosse préorbitaire communiquait vraiment avec l'orbite et qu'elle était, par suite, plus certainement destinée à loger une glande lacrymale que la dépression analogue du Cerf. Albert Gaudry la décrivait en ces termes : « C'est une cavité qui, au lieu d’être placée auprès de l'orbite comme chez les Ruminants pourvus d'un larmier, en est séparée par le lacrymal; elle est creusée dans le maxillaire et un peu dans le nasal; un canal qui passe sous le lacrymal la fait communiquer avec l'orbite». En réalité, cette communication n'existe pas; on peut s'assurer, sur les belles pièces de la galerie de Paléontologie du Muséum, que les Hipparions de Maragha et même ceux de Pikermi n’en montrent pas trace. Les descriptions du crâne d'Onohippidium données par Moreno et par Lydekker n'indiquent aucune communication de ce genre et les pièces de la collection de Créqui-Montfort n'en présentent pas davantage. Il ne saurait donc être question, ni chez l'Hipparion ni chez l'Onohippidium, pas plus d'ailleurs que chez les Cerfs, d'une fosse lacrymale au sens propre du mot.
On peut se demander enfin si cette fosse n'a pas servi à l'insertion d'une masse musculaire. C'est l'opinion soutenue par M. Studer®), à propos d’un Hipparion de Samos (H. proboscideum) chez lequel cette dépression atteint une grande dimension; ces muscles auraient servi, d'après M. Studer, à mouvoir une sorte de trompe. Cette manière de voir est peu vraisemblable, l'Hipparion a des nasaux si voisins de ceux du Cheval qu'il n'avait probablement pas un nez beaucoup plus mobile que celui-ci et, chez le Cheval, il n'y a aucune trace d'insertion musculaire, même rudimentaire, dans cette région antéorbitaire. On s'expliquerait mal, d'ailleurs, comment des Équidés ayant des nasaux tout différents (Hipparion et Onohippidium) ont, l'un et l'autre, une fosse préorbitaire; tandis que, parmi ceux qui ont les nasaux semblables (Hipparion et ÆEquus, d'une part, Onolippidium et Hippidium d'autre part), les uns ont ‘une fosse et d’autres en sont dépourvus. |
®° Animaux fossiles et Géologie de l'Attique, p. 22227 © Verhandl. Deutsch. Gesellsch., 1916-1911.
SOLIPÈDES OÙ ÉQUIDES. 109
- Enfin, comme la fosse d'Onokippidium Munizi est divisée en deux parties par une crête, M. R. I. Pocock avait tenté de concilier les deux opinions précédentes en admettant que l'une de ces parties seulement, celle qui est la plus voisine de l'orbite, a servi à loger un organe glandulaire, la partie antérieure servant à l'insertion d’un muscle ®. Nos portions de crâne d'Onohippidium Devillei de Tarija ne sont pas assez bien conservées pour constater l'existence d'une semblable crête, mais, d'après les figures d'Onohippidium Munizi déjà publiées ®, il semble que la division de la fosse en deux parties s’expliquerait fort bien en admettant que la masse glandulaire contenue dans cette fosse était composée de deux lobes.
Si l'on remarque que cette fosse existe bien nettement chez des Équidés de divers continents, chez le Merychippus du Miocène de l'Amérique 4 du Nord, chez l'Hipparion du Miocène supérieur de l'Eurasie, chez l'Onohippidium de Amérique du Sud et surtout chez les formes les plus anciennes, on peut admettre qu'il s'agit d'un caractère ancestral ayant disparu chez les Chevaux actuels, bien qu'on en retrouve quelquefois des traces très faibles chez le Dauw Ÿ, ou chez le Cheval domestique", ou chez les Chevaux fossiles ©).
H est donc probable que dans cette dépression était logé un organe
4 glandulaire ou sensoriel. Si ce n'est pas une glande analogue à celle des 2 Cerfs, c'est un organe dont nous devons trouver la trace rudimentaire * chez les Solipèdes actuels. Or on sait qu'il existe chez les Chevaux une ‘4 sorte de cul-de-sac, s'ouvrant dans la narine près de l'orifice de celle-ci,
dirigé vers le haut, assez long et assez large pour qu'on puisse y intro-
deux cranes de Dauws du Muséum, l'un mâle (catal. À 2307), l'autre femelle.
®. Lypekken a figuré (Guide to the speci-
0), Nature, London, octobre 1911. | ® Lypekken (R.), Pal. Argentina, Il, 1893, figure (pl. XXIX) et décrit longuement (p. 79)
cette fosse lacrymale; il ne met pas en doute, bien qu'elle atteigne là, dit-il, une dimension .plus grande que chez aucun animal vivant ou fossile. qu'elle ait contenu une glande analogue à celle des Cerfs et de certaines Antilopes.
11e . ® Nous avons examiné, pour rechercher des F ‘traces de cette dépression préorbitaire, un grand nombre de crânes à l'École vétérinaire d'Alfort et dans les riches collections d'anatomie comparée du Muséum;.-nous en avons trouvé. deux exemples seulement, d'ailleurs peu accentués, sur
mens Of the Horse family exhibited in the British Museum, 1907, fig. 17-18) deux crânes qui présentent une fosse préorbitaire, l'un d'étalon anglais, l'autre de jument arabe; mais cette trace de fosse est située plus bas que chez Hipparion, chez Onohippidium et chez les Dauws.
(® Chez Equus Sivalensis des Monts Siwaliks, suivant Lydekker; mais, d’après le moulage d'un crâne de cette espèce qui se trouve au Muséum, la dépression. préorbitaire est bien faible,
duire l'index, et désigné en anatomie vétérinaire sous le nom de « fausse narine » (. Ce cul-de-sac représente peut-être un organe en voie de disparition, le reste d'un canal qui aurait été plus long, plus profond chez les ancêtres du Cheval et qui se serait étendu jusqu'à la fosse préorbitaire où aurait été logée la partie principale de cet organe aujourd'hui
disparu Gb,
Dentition. — /ncisives et canines. — Les incisives supérieures et inférieures (pl. XIV, fig. 1, 2) sont en parfait état sur l'un des crânes de la collection de Créqui-Montfort; il semble qu'elles forment un arc moins circulaire que chez les Chevaux.
Les canines sont brisées, mais elles ne paraissent pas avoir été volumi-
neuses; elles sont assez rapprochées des incisives.
Molatres supérieures. — Les molaires supérieures d'Onohippidium Devillei (pl. X, fig. 2 et 3) diffèrent peu de celles d'Hippidium neogæum, lorsqu'elles sont arrivées à un degré moyen d'usure. Leur émail est peu plissé, leur muraille externe est un peu anguleuse au milieu de chaque lobe, le protocone (1) est un peu plus arrondi peut-être que chez 1. neogœum. Toutes ces différences sont faibles. Si l'on n'avait que les dents supérieures, on classerait les deux espèces dans le même genre et on les distinguerait seulement par leur taille; la longueur totale de la série dentaire supérieure est ici de o m. 150 environ, tandis qu’elle dépasse o m. 170 chez H. neogœæum.
La première prémolaire supérieure devait être constante chez nee les individus et persister pendant toute la vie. Elle est brisée sur nos échantillons, mais la cassure montre qu'elle était assez volumineuse. Le rap-
0 Crauveau et ArLoING, Traité d'Anatomie comparée des animaux domestiques, 1857, p. 407. — ELLexsenGer et Baum, Handbuch der vergleichenden Anatomie der Hausthiere, 10° Auflage, 1908, p. 474, 475.
® Cette interprétation, qui nous avait été suggérée par une visite à l'École d'Alfort, a été soutenue récemment, suivant M. Sefve, par un anatomiste danois, M. Brinkmanx (Bidrag til
Kundskaben om Drüvtyggernes Hudkirtelorganer, Copenhague, 1911, 229 p., 12 pl.). M. Sefve, qui a donné une description détaillée de la fosse préorbitaire d'Onohippidium compressidens Amegh. (O. Munizi Moreno), crâne complet du Musée de la Plata, pense que l'organe placé dans cette fosse était plutôt une glande comme celle des Cerfs.
après avoir examiné le
SOLIPEDES OU ÉQUIDÉS. 111
port de la longueur des prémolaires à la longueur des molaires, à peu près le même dans les deux genres, est compris entre 1,2 et 1,3.
Comme chez l'Hippidium , le cément est très épais, le fût des molaires est aussi courbe. Les variations dues à l'usure sont semblables. Quand les molaires sont peu usées, le protocone (denticule interne du premier lobe, 1) est séparé du reste de la dent, ce qui, d'une manière passagère, rappelle la forme ordinaire des dents d'Hipparion, mais ce denticule, à ce stade, n'a jamais ici la même forme que chez l'Hipparion, il est allongé dans le sens antéro-postérieur et terminé en pointe! (pl. X, fig. 3). Le denticule postérieur (1— hypocone) présente le même allongement; quand l'usure est peu marquée, il est séparé du reste du lobe postérieur par une fossette assez profonde; l'usure fait peu à peu disparaître cette fossette, en produisant un îlot d'émail (pl. X, fig. 2). Sur les dents plus usées, cet îlot cesse bientôt d’être visible, en même temps que les denticules internes prennent un contour de plus en plus arrondi et sont de plus en plus unis au reste de la dent.
Molaires inférieures. — Les molaires inférieures (pl. XIT, fig. 3) different de celles d'Hippidium parce qu'elles sont plus allongées dans le sens antéro-postérieur, moins larges, et parce que les croissants formés par la muraille externe (protoconide et hypoconide, E et e) sont moins convexes; les denticules internes {métaconide, entoconide et métast ylide , 1,1et 1’) forment des boucles au contour moins arrondi. Ces molaires ressemblent un peu plus aux molaires inférieures d'Equus que celles des Hippidium.
L'usure fait disparaître les plis des golfes d'émail compris entre ces denticules principaux et réduit peu à peu ces golfes; elle tend aussi à atténuer, plus que chez l'Hippidium, la partie postérieure de la boucle médiane (métastylide, 1’). La comparaison des figures 1, 2, 3 de la planche XI fera saisir ces différences dues à l'usure.
Nous n'avons pu examiner la dentition de lait.
() C'était l'un des caractères sur lesquels Ame- l'usure de la dent s'accentue. M. Selve a admis Gæixo fondait le genre Parahipparion ; 4 disparait pourtant le genre Parahipparion (loc. cit., P: 99)4 aussi rapidement ici que chez l'Hippidium quand il lui rapporte l'espèce que nous détrivons ici.
Os des membres. — Onokippidium Devillei était un Équidé de petite taille. La plupart des os de ses membres sont inconnus, mais on peut lui attribuer les plus petits des métacarpiens et des métatarsiens d'Hippidiidés trouvés à Tarija, et, d'après Ja longueur de ces ossements, par comparaison avec ceux d'H. neogæum dont on connait le squelette complet, on peut estimer que la hauteur au garrot d'Onohippidium Deville n’excédait pas celle d’un poney des Shetlands, qui est d'environ un mètre.
Les métacarpiens et les métatarsiens, trouvés à Tarija par Weddel et figurés par Gervais), appartiennent certainement à cette espèce. De la taille des plus petits canons de la collection de Créqui-Montfort, ils sont remarquables par leur largeur, leur forme trapue et leur brièveté (pl. XVIL, fig. 4 et BE
Le troisième métacarpien a une longueur d'environ o m. 160 ©), une largeur de o m. 033 environ. Son extrémité proximale est très large, si on la compare à celle d'un Cheval actuel, et les facettes pour le trapézoïde sont très développées; la partie correspondant au grand os est presque plane et on n’observe pas ici la facette pour l'unciforme que M. Sefve a récemment signalée et figurée chez un Equidé sud-américain trouvé dans une grotte du Pérou par M. Nordenskjüld, facette qui caractériserait, suivant M. Sefve ), un genre ou un sous-genre nouveau ( Hyperhippidium ).
Les métacarpiens latéraux sont volumineux, assez longs, élargis un peu au-dessus de leur extrémité distale. Le quatrième métacarpien est ici sensiblement plus long que chez Hippidium neogeum.
Le troisième mélatarsien figuré par Gervais a o m. 188 de longueur (pl. XVII, fig. 7); il est également très massif et très court, par comparaison avec le canon d'Equus. Il présente, comme le métacarpien, audessus de la poulie articulaire de la phalange, deux saillies comparables à celles des Hippidtum et beaucoup plus fortes que chez les Chevaux. Les facettes de l'extrémité proximale, destinées à l'articulation du tarse, ne
0 Gervais (P.), Recherches sur les Mamnufères ®) Serve (lvar), Hyperhyppidium eine neue fossiles de l'Amérique méridionale, 1855, pl. VI, süd-amerikanische Pferdegattung (Kungl. Svenska fig. 8 et.10. Vetenskapsakad. Handlingar, Bd. 46, n° 2, 5 pl.,
® Voir le tableau n° 13 de l'appendice. 1910
SOLIPÉDES OU ÉQUIDÉS, 113
: différent pas sensiblement de celles d’un Cheval. La facette pour le cuboïde est moins étendue ici qu'elle ne l'est généralement chez Hippi- dium,neogœæum où H. principale. Certains métatarsiens ont une petite facette pour le deuxième cunéiforme. Les facettes articulaires latérales | pour le deuxième métatarsien sont très nettes et, au-dessus de celle de ces facettes située le plus en arrière, il ÿ a une petite facette ronde pour la partie postérieure du cuboïde. C'est peut-être là une particularité individuelle, mais comme nous ne l'avons jamais observée chez les divers Équidés actuels ou fossiles que nous avons examinés, elle nous paraît intéressante à signaler. Elle est en relations avec un élargissement du cuboïde qui est lui-même lié au fort développement du doigt latéral. Les métatarsiens latéraux sont relativement plus courts que les métacarpiens latéraux; ils se terminent comme ceux d'Hippidium par une partie élargie en spatule.
-: Comparaison avec les autres espèces d'Onohippidium. — On a décrit quatre espèces d'Onohippidium, toutes découvertes dans l'Amérique du Sud, dans des terrains assez récents. La plus ancienne paraît être O. Devillei de Tarija. O. bolivianum, décrit par Philippi", et dont on ne connaît qu'une portion de mâchoire inférieure trouvée à Ulloma, sur les hauts plateaux de la Bolivie, avec des restes de Mastodon andium, semble n'être une race à mandibule épaisse de la même espèce. Le type du genre, nommé Onohippidium compressidens où Onohippidium Munia®), du Pampéen de la province de Buenos-Aires, est de taille sensiblement plus élevée”; ses molaires supérieures ont des denticules in- . ternes (I et i) moins arrondis, plus allongés. On peut admettre, en raison de la différence de grandeur, qui est d'environ 1/4, que cette espèce est un peu plus récente qu'O. Devillei; mais il est possible qu'il ne s'agisse là que de deux races, l'une petite, trapue, habitant la montagne, l'autre plus grande, dont les molaires seraient conformées pour triturer des
®) Parcwpr, Zeitsch. d. deutsch. geol. Gesellsch., 6-7) qui a la priorité sur celui de O. Munizi 1895, p. 88. Monexo (Rev. Mus. de la Plata, t. , 1891, . (2) C'est le nom de O. compressidens Ameghino p. 65). (Contrib. Conoc. de los Mamif. fés. de la Repü- ® Lypexken, Ann, Museo de la Plata. 11, Pal. … blica Argentina, 1889, p. 517, pl. XXVI, fig. 5- Argentina, 1891, p. 77, pl. XXIX.
MAMMIFÈRES DE TARIJA. 19
herbes un peu moins dures et qui aurait habité les plaines bordant l’Atlantique.
Deux autres espèces d'Onohippidium paraissent avoir vécu à une époque plus récente encore : ce sont O. peruanum Nordensk.( et O. Saldiasi Roth).
Les restes de la première ont été trouvés dans une grotte du Pérou, sur les Hauts-Plateaux, près de Tirapata. Elle est de petite taille, comme l'espèce de Tarija, dont elle diffère surtout par la forme de ses métacarpiens qui s'articulent d'une façon différente avec le carpe et présentent notamment une facette assez large pour l'unciforme®. L'âge de cet O. peruanum est encore mal établi. M. Nordenskjôld, qui l'a découvert, estime qu'il vivait vraisemblablement encore au commencement de l'époque postglaciaire. $
Onohippidium Saldiasi est peut-être plus récent encore. I a été trouvé dans la grotte nommée « Cueva Eberhardt», en Patagonie (Ultima Esperanza) avec des restes variés d'un grand Édenté {Neomylodon où Grypothertum) : ossements pourvus de leurs tendons, peau, poils et même excréments assez frais, dont la découverte a révélé aux géologues et aux paléontologistes la survivance, jusqu'à une époque peu éloignée, de grands herbivores généralement considérés jusqu'alors comme des animaux d'âge pliocène ou quaternaire ancien. Les dents et les os des membres de FOnohippidium Saldiasi montrent que cet animal appartenait au même groupe que O. Devillei ; qu'il était également de petite taille et qu'il avait des membres très massifs. On ne peut guère le considérer comme un descendant d'O. compressidens. Son âge ne peut être précisé,
© Nonpexsk361,p (Erland), Ein neuer Fundort für Saügetierfossilien in Peru (Arkiv für Zoologi , Bd. IV, n° 11, Stockholm, 1908).
® Rorn (Santiago), Nuevos restos de Mamiferos de la Caverna Eberhardt (Rev. Museo de la Plata, t XI, p- 37, pl. Il et IT, La Plata, 1902).
LôxxBerG, Proc. Zool. Soc. London, 1900, p. 379. — Hauraaz, Rorn et Lenmanx-Nirscne, Rev. Mus. de la Plata, 1899, p- 430.
® M. Sefve avait, après la note préliminaire de M. E. Nordenskjôld, considéré cette particularité des métacarpiens comme assez importante pour
caractériser un nouveau genre qu'il nommait Hyperhippidium ( Hyperhippidium eine neue Pferdegattung, Kungl. Svenska Vetenskapsakad. Handlingar, Bd. 46, n° 2, 1910). Deux ans plus tard, il ne donne plus à ce groupe que l'importance d'un sous-genre (Die fossilen Pferde Südamerikas, Kungl. Svenska Vetenskapsakad .
Bd. 48, n° 6, 1912).
() Cette découverte de Grypotherium a donné
Handlingar,
lieu , il y a une quinzaine d'années, à de nombreuses publications; nous en citerons quelques unes, par ordre alphabétique :
| 3 temporain de l'Homme.
Aueçnixo (FL), Première notice sur le Neck mylodon Listai, un représentant vivant des an- ciens Gravigrades, La Plata, 8°, 8 pages, 1898; In., El Mamifero misterioso de la Patagonia. Un rente actual de los Megaterios de la antigua Pampa. La Plata, 8°, 15 pages, 1899; Gauory (A.), Sur le Neomylodon (C. R. Ac.
des Se., t. CXXIX, p. 491, 1899); … Havruaz (R.), Rorn (S.) et Lenmanx-Nirscne (R.), The mysterious Mammal of Patagonia, Grypotherium domesticum (Rev. Mus. de la Plata, t. IX, p. 409-474, 5 planches, 1899); . Havrnas (R.), Quelques rectifications relatives au Grypotherium de la caverne Eberhardt (Com. Mus. Nac. Buénos Aires, t. 1, p. 241, 1899); Jacos (C.), Examen microscépico de la pieza cutänea del Mamifero misterioso de la Patagonia pe Mus. de la Plata, t. X, p. 61, 1900); Lenmaxx-Nrrscue (R.), Zur Vorgeschichte der Entdeckang von Grypotherium (Naturw.
Wochenschrift, Bd. XV, 1900); . În., La pretentida existencia actual del Grypotherium (Rev. Mus. de la Plata, t. X, p. 271, 1901); LünxsenG, On some Remains of Neomylodon * Listai brought home by the Swedish Expedition
SOLIPEDES OÙ ÉQUIDÉS. 115 car il a été trouvé, d'une part, dans les couches inférieures de la Cueva
; Eberhardt, d'autre part dans la « formation pampéenne », suivant Roth", mais ‘il est certainement peu ancien et il a été vraisemblablement con-