‹ Mammifères fossiles de TarijaChapitre 20 sur 61 · HISTOIRE GÉNÉRALE DES HIPPIDIIDÉS · texte numérisé non relu

HISTOIRE GÉNÉRALE DES HIPPIDIIDÉS

| Les Hippidiidés ont-ils habité l'Amérique du Nord? — On a cru pen- dant longtemps que les Solipèdes de la famille des Hippidiidés, si nom- * breux dans l'Amérique du Sud au Pliocène et au Quaternaire et dont on a trouvé les restes depuis le 15° jusqu'au 40° parallèle, à des altitudes - variant de quelques dizaines de mètres à 4,000 mètres, avaient également vécu dans l'Amérique du Nord. Cope y avait en effet signalé au moins trois espèces d'Hippidium : H. spectans dans l'Oregon), H. profectumdans le Kansas ® et 1. interpolatum dans le Texas(Ÿ. M. Gidley, en repre-

to Tierra del Fuego (Svensk. Exped. Magellansländ, Bd. Il, 1899);

Mencenar, Sur le Neomylodon Listai (Com.

Mus. Nac: Buenos Aires, t. 1, p. 155, 1899):

NonpexskJô1D (E.), lakttagelser och fynd i groltor vid Ultima Esperanza 1 Sydvestra Patagonien ( Kungl. Svenska Vetenskaps-Akad. Handlingar, Bd. XXXH, n° 3, 1900).

) L'ouverture de la grotte de la Cueva Eberhardt est si vaste que le limon pampéen a pu y pénétrer. Le Neomylodon peut être plus ancien qu'on ne le croyait au moment de la découverte; sa conservation exceptionnelle tiendrait à la sécheresse de la grotte. On a trouvé également, dans l'Amérique du Nord, des portions de squelettes de grands Édentés dont certains organes ont résisté à la putréfaction : Mencen, The finding of the remains of the fossil Sloth at Big-Bone Cave Ten- Am. Phil. Soc., vol. 36, Philadelphia, 1897).

® American Naturalist, vol. XIV ; p. Mis 1880,

®) Proc. Am. Phil. Soc., t. XXVI, P. 447, 1889.— Ann. Rep. Gool, Survey of Texas, 189%, Fe mp fig. 5, 6.

Ann. Rep. Geol. Survey of Texas, 169% pl. XI, fig. 3,4.

nesse (Proc.

Al

nant l'examen de ces espèces, fondées seulement sur quelques dents isolées dont le protocone est arrondi et l'émail peu plissé, a montré que toutes appartiennent à des genres d'Equidés nord-américains et qu'aucune ne peut être considérée comme un véritable Hippidium; le premier et le dernier seraient des Plohippus et le second un Protohippus!?.

Origine des Hippidiüdés. — Mais si les travaux récents n'ont pas confirmé les vues de Cope, il n'en reste pas moins acquis que certains Équidés de l'Amérique du Nord avaient des analogies assez étroites avec les Hippidium pour qu'un paléontologiste très exercé ait pu les considérer comme appartenant à ce dernier genre. Comme leurs débris ont été recueillis dans des assises attribuées au Miocène supérieur), il est très possible que les Hippidium sud-américains aient eu comme ancêtre une des espèces de Pliohippus de l'Amérique du Nord ou une forme voisine. On sait que le genre Plohippus est caractérisé par des dents à fût assez long, modérément courbé, dont le protocone (denticule interne du premier lobe, [) est uni au reste de la dent. Son crâne présente une « fosse lacrymale» plus ou moins profonde. Les doigts latéraux, quoique réduits, sont encore pourvus de sabots; ils ne touchaient plus le sol et n'avaient plus d'importance fonctionnelle.

Le genre Pliohippus représenterait la souche, d'une part des véritables Equus, d'autre part des Hippidudés. L'espèce la plus voisine de ce dernier groupe paraît être Phohippus pernix Marsh!, au museau plus court que celui des Chevaux quaternaires et actuels, aux molaires basses et très courbées, au crâne présentant une fosse préorbitaire très nette). Ce Pliohippus pernix aurait eu lui-même pour ancêtre un Protohippus voisin de Protohippus perditus Leidy!°, aux molaires également courbées

&) Giozey, Bull. Am, Mus. Nat. Hist., vol.

XXIIT, 1907, p. 892.

® Ginzey, Revision of the Miocene and Pliocene Equidae of North America (Bull. Am. Mus.

Nat. Hist., vol. XXIIT, art. 35, 1907).

® Ginzex, loc. cit., 1907.

®) Ces doigts latéraux auraient même tout à fait disparu chez certaines espèces de Pliohippus, d'après Marsh. M. Gidley, qui a examiné les types étudiés par Marsh, pense que les doigts latéraux existaient mais qu'ils étaient réduits à l'état de stylets.

®) Pliohippus mirabilis Leïidy et Pliohippus supremus Leidy appartiennent au même groupe.

(®) Lerpy, Extinct Mammals of Dakota and Nebraska, 1869, pl. XVIT, fig 2. — In., Contribution Extinct Vertebrate Fauna Western Territories {U. S. Geol. Surv., vol. V, 1873, pl. XX, fig. 16). Leidy avait été frappé, dès cette époque, de l'analogie des dents qu'il décrivait avec les

SOLIPÉÈDES OÙ ÉQUIDES. 117 et couvertes d’un cément épais, avec un émail peu plissé, un protocone (I) d’abord allongé et séparé du reste de la dent quand celle-ci est peu usée, mais bientôt réuni et devenant de plus en plus arrondi quand l'usure s'accentue, c'est-à-dire ressemblant beaucoup aux molaires des Hippi-

diidés".

Le crâne de Protohippus présente une trace de fosse préorbitaire®; ses pattes sont à un stade d'évolution un peu moins avancé que celles de ; Pliohippus, car non seulement ses doigts latéraux (2° et 4°) sont pourvus de phalanges, quoiqu'ils ne touchent déjà plus le sol, mais encore on observe au carpe des osselets correspondant à des rudiments d’un premier et d'un cinquième doigts.

11 faut remarquer, d’ailleurs, que ni Pliohippus ni Protohippus n'ont les os nasaux aussi grêles, aussi séparés des maxillaires que les Hippidiidés. Cette disposition très particulière s'est produite après que les genres Hippidium et Onohippidium s'étaient détachés de la souche nordaméricaine; elle est tout à fait spéciale à ces Solipèdes sud-américains et a pu être acquise au cours de la migration du Nord au Sud accomplie par leurs ancêtres au Pliocène. Non seulement Protohippus ne présente pas cette disposition, mais ses narines sont même, d'après MM. Matthew et Scott, plus fermées latéralement que celle des Chevaux.

Les paléontologistes américains sont à peu près d'accord pour considérer comme ancêtre de ce Protohippus le genre Merychippus®. Le type le plus connu est M. sejunctus du Miocène de Loup Fork; par ses pattes et par ses dents, il diffère peu de Protohippus.

figures d'Hippidium données par Gervais et par n. Lund. D'autre part, Moreno a signalé, en dé- # crivant l'Onohippidium Munizi, en 1891, l'analogie de ses dents avec celles de Protohippus perditus représentées par Leidy.

0) Marrnewet Giocey, Bull. A meric, Mus. Nat. Hist., vol. XXII, 1906, p. 138, fig. 4.

® Marraew et Giocer, ibid., p. 137, lig. 5.

En 1904, M. Gidley admettait ( Bull. Am. Mus., t. XX, p. 193) que Pliohippus n'était pas généri quement distinct de Protohippus ; les dents sont

très semblables, c'est le degré d'évolution des pattes qui les distingue.

®) IL est dificile de préciser l'évolution des Chevaux dans l'Amérique du Nord. Protohippus coexistait au Miocène supérieur avec Merychippus et avec Parahippus, qui est plus primitif encore, mais qui a persisté jusqu'au Pliocène. Les Equidés étaient nombreux, Les types archaïques et les types progressifs étaient contemporains; les premiers habitaient les régions boisées ou couvertes de taillis, les seconds les régions de prairies.

On peut donc esquisser de la façon suivante l’évolution des Chevaux sud-américains :

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