RAPPORTS
HUMÉ-| RA- | MÉTA!| FÉ- MÉTA- Li TIBIA .
RUS. | DIUS. [CARPE.| MUR. TARSE. | Humérus. | Humérus.| Fémur, | Fémur. | Métatarse.
Radius. |Métacarpe. | Tibia. | Métatarse. | Métacarpe. 307 | 290 | 200 | 372 | 325 | 220 | 1.05 1.58 | 1.14 1.69 | 1.10 240 | 270 | 210 | 315 | 300 | 230 | 0.888 |. 1.14 1:05 | 1.36 | 1.09 327 | 370 | 260 | 413 | 395 | 303 | 0.883 1.25 1.0% 1.36 1.16 340 | 370 | 260 | 460 | 400 | 300 | 0.918 | 1.30 1.15 1.53 1.15
ARTIODACTYLE.
DICOTYLES cr. MAJOR LUN».
Les Pécaris!®? sont aujourd'hui très répandus dans l'Amérique centrale et méridionale; ils constituent l’un des éléments caractéristiques de la faune de ces contrées; mais la Paléontologie montre qu'ils sont, comme les Chevaux, des immigrés venus de l'Amérique du Nord.
Avec leurs molaires presque carrées et très simples, ils paraissent, au premier abord, des survivants peu modifiés des Suidés oligocènes, tels que Palæochærus. Ce n'est là qu'un de leurs aspects et si, dans leur dentition, ils ont conservé des caractères ancestraux, ils n'en sont pas moins des Mammifères très évolués, plus évolués même, sous certains rapports, que nos Sangliers. Leurs pattes postérieures n'ont, en effet, que trois doigts au lieu de quatre; les doigts médians de leurs pattes antérieures sont en partie soudés vers le haut; leur estomac est extrêmement compliqué, divisé en poches comme celui des Ruminants, et leur dentition même est réduite, ne comprenant que ; incisives, ; canines, ; prémolaires, ? molaires, au lieu de ; I, ;C,? P,5 M, comme chez les Mammifères primitifs. Ces dents ne sont pas en série continue; il y a une longue barre en arrière des canines. ;
Une espèce de Pécari, au moins, vivait à Tarija. Nous en avons un crâne et une mâchoire inférieure, probablement du même individu. Malheureusement le crâne est écrasé et les molaires sont très usées. La forme générale du profil, la direction des canines supérieures, la forme
Les Pécaris sont généralement désignés par le nom de Dicotyles que leur a donné Cuvier en 1817. Certains zoologistes, appliquant strictement les règles de nomenclature, ont fait remar-
quer que le nom de Tayassu (latinisé plus tard
en Tayassus) leur avait été antérieurement attribué par Fischer (1814). D'autres auteurs les nom-
ment T'agassu et en ont fait le type de la famille des Tagassuidés. Nous laissons au lecteur le soin d'apprécier ces changements de dénomination et nous conservons ici, pour plus de clarté, le nom de Dicotyles communément employé jusqu'à ces dernières années.
des incisives, la formule dentaire ÿ+3+, la longue barre ne laissent aucun doute sur la parenté de ce fossile avec les Pécaris actuels, mais il est de beaucoup plus forte taille, presque double d'un Pécari vivant, et comparable par sa grandeur à un assez gros Sanglier actuel.
Les molaires sont trop usées pour permettre d'aflirmer que cet animal n'a pas appartenu au genre Platygonus, qui vivait dans l'Amérique du Nord au Pleistocène et dont les dents étaient plus tapiroïdes que celles des véritables Pécaris. On reconnaît toutelois qu'elles sont moins carrées, plus allongées dans le sens antéro-postérieur® que celles du Dicotyles torquatus actuel. Les prémolaires inférieures sont longues, peu larges; autant qu'on peut le voir sur ces molaires très usées, l'émail était peu plissé.
Dans l’état de conservation où se trouve ce fossile, on ne peut lui donner un nouveau nom. Nous avons dit qu'il diffère par sa plus grande taille des espèces actuelles; il faut aussi le comparer aux espèces fossiles d'assez grandes dimensions trouvées dans les cavernes du Brésil, et nommées par Lund en 1841 : Dicotyles stenocephalus et D. major). La première de ces espèces, dont Ameghino, Reinhardt et Winge! ont donné de bonnes figures, était plus petite que celle de Tarija et ses molaires étaient plus carrées. La,seconde espèce, décrite par Lund, est encore mal connue; mais, en raison de sa grande taille, nous croyons pouvoir en rapprocher le Pécari fossile de Tarija et inscrire celui-ci sous le nom de Dicotyles cf. major Lund.
® La région occipitale étant brisée, on ne peut mesurer la longueur totale du crâne. La distance de l’apophyse post-orbitaire da frontal au bord postérieur de la seconde incisive supé-
comme chez certains Dicotylidés très évolués de l'Amérique du Nord (Mylohyus).
®) Luxp, Blik paa Brasiliens Dyreverden.., 1841.— Résumé en francais de ce mémoire
rieure est de © m. 245.
® En général, dans le genre Platygonus, la barre est longue, un peu plus longue que la série des prémolaires d'après Marruew (Bull. Am. Mus. Nat. Hist., vol. XXIT, 1904, p- 268). Ici la barre est sensiblement plus courte que les prémolaires.
® Longueur de là 2° molaire supérieure — 20 millimètres; largeur — 14 millimètres.
Elles n'ont pas pris l'aspect des molaires
dans les Ann. des Sc. nat., 2° série, 1841.
( AmeGnino (F.), Mam. Fôs. Rep. Argent.
pl. XX, fig. 14. — Rerxmanor, De I de brasilianske Knoglehuler fundne Navlesvin Arter. (Vidensk, Meddel. Naturhist. Foren. Kjob. Copenhague, 1879-1880, p. 205, pl. VII). — Wine (I), E Museo Lundii, Tredie Bind, Fôrste Halvbind, 1906, p. 34, pl VE
ton "à
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Résumé de l’histoire des Pécaris. — Notre fossile n'est peut-être pas :
d’ailleurs l'ancêtre direct des Pécaris actuels. Sa taille plus considérable doit plutôt le faire considérer comme appartenant à une branche latérale du même tronc, et chez laquelle les molaires sont un peu plus allongées dans le sens antéro-postérieur; mais les différences des caractères den- | taires sont faibles et l'on peut dire aussi bien que les Pécaris actuels sont E é des animaux en voie de disparition, de dégénérescence, par suite du changement des conditions climatériques depuis l'époque où vivait la D. faune de Tarija avec ses grands Édentés et ses Mastodontes (!). … Quoi qu'il en soit, les travaux de Le Conte, de Leidy, de Cope, de Marsh, de M. Steblin, de M. Matthew ont montré que les Pécaris parais- 4 sent avoir eu pour ancêtres des Suidés primitifs qui habitaient l'Europe à l'époque oligocène ( Chæromorus, Doliochærus).
Tandis que certains descendants de ces animaux restaient en Europe et donnaient peu à peu naissance aux Sangliers, d'autres passaient dans l'Amérique du Nord où ils constituaient la souche des Pécaris. Celle-ci est d'abord représentée par les Perchærus de lOligocène inférieur de la formation de Chadron {White River inférieur), qui ont une dentition com- | plète : 15, C3, Pm ;, M ;, des prémolaires sensiblement différentes des 1 molaires et un museau très court”). Un peu plus tard, à la fin de lOl- D gacène et au début du Miocène, vivaient les Desmathyus, qui n'ont plus que ; let ? Pm, et dont les prémolaires et les canines sont séparées par une barre assez longue.
Prosthennops, du Miocène supérieur du Dakota, avait de petites incisives, 3 prémolaires supérieures qui tendent à prendre la forme des molaires, une barre assez considérable, et un plus long museau. Les Dicotylidés du Pliocène et du Pleistocène des États-Unis (Platygonus et Mylo- 1 hyus) avaient des prémolaires plus semblables encore aux molaires et une à barre plus développée. Ces derniers genres, si intéressants au point de vue de l'histoire générale des Suidés, ne sont pas les ancêtres directs des
1 Les Pécaris actuels vivent encore en grandes dents en série absolument continue, mais, sui. bandes dans les parties boisées et humides de vant Mansu (Amer. Journ. of Sc., t. XVII, 1894, l'Amérique du Sud; on ne les rencontre pas, p. 271), un genre Thinohyus, très voisin de Perd'après Brehm, au-dessus de 1,000 mètres d'al- chœrus, sinon identique, n'a pas de barre entre titude. les canines et les prémolaires,
(® Il n'est pas certain que Perchærus avait les
Pécaris sud-américains, mais des formes appartenant à une branche latérale du même tronc et qui se sont éteintes au Quaternaire sans laisser de descendants).
Ces types ont d'ailleurs coexisté aux États-Unis même avec de vrais Dicotyles, descendants moins modifiés des Perchærus et des Desmathyus de l'Oligocène et ancêtres directs probables des formes actuelles. On en a décrit une demi-douzaine d'espèces; l’une d'elles, largement répandue aux États-Unis, et appelée parfois D. tetragonus, a été considérée par plusieurs paléontologistes américains comme représentant le D. torquatus actuel ou plutôt la forme ancestrale de cet animal. Les Pécaris n’ont d’ailleurs abandonné l'Amérique du Nord que fort tard, après la dernière période glaciaire. Leurs ossements ont été trouvés mêlés à ceux du Renne dans une caverne du Wisconsin ©).
M. Knight a donné une restauration de Platygonus d’après un squelette complet remonté à l'American Museum de New-York (Ossonx, Age
2) Platygonus est particulièrement bien connu. On en a découvert, dans le Pleistocène du Kansas, neuf squelettes qui gisaient serrés les uns
contre les autres, orientés tous dans la même direction, comme si la petite troupe avait été surprise par une tempête, un tourbillon intense de poussière, ou une tourmente de neige ( Wizis-
of Mammals, p. 462).
® Hay (0. P.), The recognition of pleistocen Faunas (Smiths. Miscell. Collections, vol. 59, n° 20, 1912).
TON, Kansas Univ. Quart., vol. NI, 1894 p. 23).
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Les Ruminants, qui vivent actuellement dans l'Amérique du Sud à l'état sauvage, appartiennent les uns au groupe des Cerfs et les autres au groupe des Lamas. L'homme y entretient en outre, à l'état domestique, des Lamas, des Bœufs, des Moutons et des Chèvres.
Les études entreprises depuis une vingtaine d'années sur les Mammifères qui ont peuplé ce continent avant le Pliocéne ont eu pour résultat frappant de montrer qu'aucun de ces Herbivores ne descend d’un animal sud-américain de l'Oligocène ou du Miocène. La riche faune du Santa- Cruzien ne contient aucun Ruminant, ni aucun animal en train de devenir Ruminant; c'est un des faits sur lesquels Albert Gaudry a beaucoup insisté dans ses derniers travaux !.
Ameghino ”, partisan si ardent de l'origine sud-américaine de presque tous les ordres de Mammifères, n'a même jamais tenté d'étendre cette hypothèse aux Ruminants. Il s'est borné à signaler, en les figurant, des métacarpiens de très petite taille, non soudés, rappelant ceux des Tragulidés (Microtragulus argentinus), recueillis au Monte Hermoso dans des assises qu'il attribuait au Miocène tout à fait supérieur et qu'il faut classer dans le Pliocène.
Cerfs, Lamas, Bœufs, Moutons ou Chèvres sont donc, les uns, des immigrés venus de l'Amérique du Nord, comme les Mastodontes, les Tapirs, les Chevaux, les Pécaris, que nous vénons d'étudier, les autres, des animaux importés par les conquérants à une époque historique. Ce dernier cas est certainement celui des Moutons et des Chèvres et probablement aussi des Bœufs ”.
® Annales de Paléont., t. 1, p.101. — Bull. aient vécu dans l'Amérique du Sud au Quater- Soc. Géol. de France, 4° sér., t. HI, p. 475, etc. naire, quand se déposait le limon des Pampas. ®) Amecmio, Les formations sédimentaires… . Une mâchoire inférieure décrite par H. Genvais de Patagonie, 1906, p. 344. et AmeGwino (Les Mammif. foss. de l'Amérique
®} IL est possible cependant que des Bovidés du Sud, 1880, p. 130), figurée par Amecmino
A l'époque où se déposaient les limons sableux de Tarija, la Bolivie était habitée déjà par des Lamas fort nombreux; la collection de Créqui- Montfort renferme beaucoup d'ossements de ces animaux que nous allons étudier avec détails:
Nous dirons auparavant quelques mots des Cervidés. Notre collection, si riche qu'elle soit, n'en contient aucun reste, mais Ameghino a signalé quelques dents recueillies à T'arija en 1886-1887 par Enrique de Carles
CERVIDÉS.
Des espèces de Gerfs, assez nombreuses, vivent dans l'Amérique du Sud, à peu près à toutes les altitudes et sous toutes les latitudes. Les uns, d’une taille voisine de celle du Chevreuil, aux boistoujours simples, sans andouillers, restent, pendant toute leur vie, à l'état de daguets. Ce sont les Coassus, où Mazama, qui montent dans la Cordillère jusqu'à 5,000 mètres d'altitude.
D'autres, qui habitent les Andes du Chili, ne sont guère plus grands qu'un lièvre et n'ont que des bois courts, rapprochés, sans aucune ramification; leurs os du tarse sont en partie soudés probablement par adaptation à la vie en montagne; ils constituent un genre qui ne comprend qu'une espèce: Pudua humilis.
Les autres Cervidés sud-américains ont des bois plus compliqués et quelques formes des Pampas arrivent à posséder des appendices frontaux presque aussi ramifiés que ceux du Cerf d'Europe. Is sont compris dans le genre Cariacus, qui peut être divisé en trois sous-genres dela manière suivante:
(Mamiferos fôsiles de la Republ. Argent., 1886, Bœuf, d'aspect semi-fossile, des dépôts récents
p. 615, pl 38) sous le nom de [Plata de Tarija.
therium, parait bien provenir d'un Bœuf. Elle ®) AmeGnino, Notas sobre algunos Mamiferos a été recueillie par Seguin et se trouve encore fésiles nuevos o poco conocidos del valle de Tarija dans les ‘collections du Muséum. La collection (Anales del Museo nac. de Buenos-Aires, VI,
de Créqui-Montfort contient un radius de p. 250).
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