‹ Mammifères fossiles de TarijaChapitre 45 sur 61 · PC PP · texte numérisé non relu

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CANIS PROPLATENSIS AMEGy.

L'autre Canidé était de la taille du Renard. Il est voisin du Canis azaræ, qui vit actuellement dans l'Amérique du Sud. Sa carnassière et ses tuberculeuses (pl. XXV, fig. 1 à 3) ressemblent beaucoup à celles de

ce dernier animal, mais les prémolaires sont beaucoup plus fortes, plus volumineuses.

0 AmeGnino (F.), Mam. f6s. del valle de Tarija, 1902, p. 232, pl. !, fig. 2 et 3. MAMMIFÈRES DE TARHA. 30

La collection de Créqui-Montfort contient quelques portions de mâchoires; il faudrait des matériaux plus complets pour savoir si ce Chien, auquel Ameghino a donné le nom de Canis proplatensis, est l'ancêtre direct de quelque espèce actuelle et s'il est identique à lun des Canidés du Pampéen ou des cavernes du Brésil.

MUSTÉLIDÉS.

CONEPATUS cr. SUFFOCANS IL.

Nous n'avons qu'une seule mâchoire inférieure de Mustélidé; elle indique la présence à Tarija d'une Mouffette extrêmement voisine du C. suffocans actuel, qui habite le Brésil méridional, La Plata, le Paraguay, le Grand Chaco. Cette mâchoire dénote un animal ayant eu exactement la taille du C. suffocens actuel ® dont Lund, puis Winge( ont signalé la présence parmi les espèces fossiles des cavernes du Brésil. Burmeister et Ameghino ont indiqué une série d'espèces du même genre (C. primœvus, C. mercedensis, GC. cordubensis), dans les limons pampéens.

Des ossements de Mephitis se trouvent dans les cavernes de Pensylvanie avec les autres Mammifères alliés à ceux du Pampéen (Tapir, Mylodon j Arctotherium), avec tout un ensemble d'animaux que M. Osborn considère comme constituant une « faune de forêt » !".

FÉLIDÉS. FELIS PLATENSIS AMEGy.

Ameghino a indiqué sous ce nom, parmi les Mammifères fossiles de Tarija, un grand Chat de taille intermédiaire entre le Puma et le Jaguar,

0 AmeGniNo, Mam. fôs. del valle de Tarija, |

1902, p. 282, pl IE, fig. 7, et Rev. Argent. de Hist. Nat., p- 439, fig. 99:

® Nous n'avons pu le comparer qu'avec un seul crâne actuel; la première tuberculeuse du fossile est un peu plus longue, un peu moins

large, la dernière tuberculeuse un peu plus développée.

( Wixce, Museo Lundi, 1895, page 41, pl VII.

( Osponn, The Age of Mammals, p. 469.

® Amecryno (F.), Mam. (6s. del valle de Ta-

paraissant bien être un ancêtre direct du Puma, et dont les ossements se rencontrent aussi dans les limons de la Pampa de Buenos-Aires.

La collection de Créqui-Montfort contient seulement une portion de crâne de cette espèce portant encore une carnassière exactement de

même taille et de même forme que la carnassière supérieure figurée par Ameghino. | |

SMILODON NEOGÆUS Lunp, var. ENSENADENSIS AMEG.

Ameghino a décrit sous le nom de Machatrodus ensenadensis") le Félidé à grandes canines de Tarija. En réalité, ce Machairodus est de la même espèce que celui du limon des Pampas dont un squelette est monté au Musée de Buenos-Aires°®, et que celui des cavernes du Brésil. La dentition des spécimens que nous avons pu étudier ne permet pas de les séparer; on peut seulement considérer celui de Tarija comme une race, en raison de sa taille plus petite et de la forme moins robuste de son crâne.

La collection de Créqui-Montfort comprend : 1° une tête en assez bon état de conservation, dont la dentition est complète et peu usée, mais dont la partie postorbitaire était écrasée et a dù être restaurée ainsi que l'avant de la mandibule (pl. XXVI, fig. 1); 2° quelques fragments de mâchoire inférieure; 3° un radius, un fémur (pl. XXVI, fig. 4 et 5), deux métacarpiens, quelques os du carpe et du tarse et quelques phalanges.

La carnassière supérieure est tout à fait semblable sur cette tête de Tarija et sur celles des Smilodon de la Pampa et du Brésil. La molaire antérieure P° est un peu plus courte chez le Smilodon de Buenos-Aires

rija, 1902, p. 237, pL Il, fig. 8, 9; pl. HI,

ces deux animaux et c'est le nom de S. neogæus

fig. 10, 11,12. — In., Mam. f6s. de la Rep. Argent., 1889, p. 330.

® Mam. fs. del valle de Tarija, p. 239, pl. IV, fig. 18.

®) AMeGmiNo a cru devoir attribuer à cet animal le nom de S. bonaerensis, pour le distinguer de celui des cavernes du Brésil décrit par Lund sous le nom de S. neogœæus. Il ne paraît y avoir en réalité aucun caractère distinctif important entre

qui doit prévaloir.

Un moulage d'un squelette du musée de La Plata se trouve dans la galerie de Paléontologie du Muséum, qui renferme aussi la très belle tête rapportée des cavernes du Brésil par Claussen, ligurée par De BLarnviie dans l'Ostéographie (G. Felis, pl XX), et décrite plus tard pur P. Gervais sous le nom de Smilodon necator (C. R.

Ac. Sc, 1878).

mais, pour une pareille dent qui est un organe en voie de réduction, une différence d'un ou deux dixièmes n'a aucune importance.

Les dentitions inférieures paraissent au premier abord dissemblables, car la mandibule de la tête de Tarija n’a que deux molaires (P, et M,) [pl. XXVI, fig. 3, 3°], tandis que la mandibule de la belle tête des cavernes du Brésil en présente trois (P,, P, et M,). Ce n'est là encore qu'une différence sans importance, due à l’âge ou au sexe, ou simplement à la persistance, chez certains individus, d'un caractère ancestral qui a disparu chez d'autres, car une autre mandibule de Tarija de la même collection, avec des carnassières identiques, porte en avant un alvéole bien développé correspondant à une prémolaire antérieure), D'autre part, il ne semble y avoir, d'après Winge ®), aucune différence spécifique entre les Smilodon du Rio de La Plata et celui des cavernes du Brésil, bien que le crâne du squelette du Musée de Buenos-Aires ne présente pas de petite prémolaire inférieure, tandis que la mandibule du crâne du Brésil, qui se trouve au Muséum, porte au contraire une prémolaire bien développée.

Les carnassières sont tout à fait semblables sur les trois crânes de Tarija, de La Plata et du Brésil.

Les canines supérieures sont crénelées en avant et en arrière, Mais, en avant, les crénelures ne commencent qu'à quelque distance du collet, de sorte que la section de la canine, près de la base, est arrondie en avant, tandis qu'à quelques centimètres plus bas elle est tranchante en avant et en arrière. C'est identiquement la forme générale des canines du Smilodon neogæus du Brésil, des Pampas et de l'ÉquateurP. Mais les canines du crâne de Tarija sont moins développées, si l'on en juge par leur section à la base, que celles des autres crânes. Le Smilodon

( La mandibule de Tarija, figurée par Ameghino sous le nom de Machærodus ensenadensis, a un alvéole pour P, (loc. cit., pl. IV, fig. 18). On sait qu'Ameghino attachait une grande importance à ce caractère et nommait Machærodus [les animaux présentant cette prémolaire, les Smilodon en étant dépourvus.

® Winxce, E Museo Lundi. Andet Bind. Andet Halvbind, 1895, p- 108.

® Branco, loc. cit., p. 137, pl. XIX. Branco dit par erreur, dans toute cette partie de son ouvrage, que le crâne de Smilodon du Muséum de Paris figuré par de Blainville (Ostépgr., pl. XX) provient de Tarija. Il n’ÿ a aucun doute : cette pièce, acquise par l’Académie des Sciences au prix de 4,000 francs et donnée par elle au Muséum, avait été rapportée par Claussen et recueillie dans les cavernes du Brésil.

ARR. cs. 1 à

de Tarija était donc moins fortement armé que ses congénères; peut-être

le crâne que nous avons a-t-il appartenu à un jeune ou à une femelle.

TARIJA. PUNIN. LA PLATA. BRÉSIL.

antéro-postérieur de la Diamètre. séction à la base...... 0"038 0°"043 0°045 0°049 ADS VÉT SE ee dan nue «1e Oo 016 0 020 o 022 o 025

Les incisives présentent la même particularité; elles sont un peu moins volumineuses que celles des autres individus de S. neogæus que nous avons examinés.

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