TRAITEMENT DU GLA.U0OME PAR LESERINE ET LA COCAÏNE
L'état do l'œil me paraissant assez satisfaisant, puisqu'il n'existait plus aucun signe de glaucome, je conseillai de supprimer les collyres afin de pouvoir guérir la conjonctivite. Je prescrivis en même temps des lotions d'eau blanche et des cataplasmes de poudre de racine de guimauve sur l'œil pendant la nuit.
Le lendemain matin, je fus appelé en toute hâte par M. B.., qui, depuis la veille au soir, avait ressenti une petite attaque glaucomateuse. L'œil droit était redevenu dur, douloureux, rouge et la vue s'était troublée. Après instillation de deux gouttes d'ésérine, la douleur s'était calmée et n'était plus revenue. Je fis continuer l'emploi du myotique en y joignant la cocaïne, les lotions et les cataplasmes de guimauve.
Le -16 octobre. — Amélioration sensible mais persistance de la rougeur de l'œil. De plus on voit au centre de la cornée une petite tache blanche paraissant se rattacher à un trouble de nutrition de cette membrane. À ce niveau, cependant, on ne note aucune diminution appréciable de la sensibilité physiologique. La tension de l'œil est normale. Deux gouttes d'ésérine et une goutte de cocaïne dans la journée.
Le 17 octobre, — Amélioration notable. La vision est bien meilleure, car le malade peut facilement lire les caractères ordinaires; la tache de la cornée a disparu. Deux gouttes d'ésérine et traitement de la conjonctivite.
Les jours suivants l'amélioration s'accentue de plus en plus. L'ésérine est bientôt employée seule, ou alternée avec la pilocarpine car, au dire du malade, la cocaïne donne un résultat moins bon. Quelques jours après, la guérison était complète et la vision était redevenue excellente. Depuis cette époque, il n'y a pas eu de nouvelle attaque de glaucome.