‹ Mémoires et observations d'ophthalmologie pratique [electronic resource]Chapitre 71 sur 106 · MÉMOIRES D'0PHTA.LM0L0GIE TRATIQUE · texte numérisé non relu

MÉMOIRES D'0PHTA.LM0L0GIE TRATIQUE

par des tractus blanchâtres membraneux adhérant à tout le pourtour de cet orifice. 11 ne s'agit ici, très probablement, que d'une membrane exsudative, mais l'illusion est tellement complète qu'il me serait impossible d'affirmer que j'ai plutôt affaire à une membrane pathologique qu'à la trame de l'iris qui se serait de nouveau étalé après être resté longtemps retroussé en arrière.

En somme, dans un cas où l'énucléation paraissait tout indiquée, j'ai pu, en éloignant le cristallin du corps ciliaire contre lequel il appuyait, arrêter une cyclite commençante et conserver, sans danger, un organe qui, tel qu'il est, est encore bien préférable à un œil artificiel.

En juin 1888, j'ai revu le malade de nouveau; son œil était dans le même état que trois ans auparavant, et tout me fait croire qu'il persistera encore longtemps ainsi.

A la page 240 de cet ouvrage, j'ai rapporté l'observation d'un malade chez lequel j'ai extrait avec succès une cataracte luxée dans l'humeur vitrée et qui avait donné lieu à des accidents glaucomateux ; en 1888, M. le Dr Galezowski, au Congrès de la Société Française d'ophtalmologie, a présenté un travail sur le traitement de la cataracte luxée et mentionné deux cas heureux de sa pratique. Dans toutes ces observations, la lentille était mobile et venait toucher seulement par instants le corps ciliaire ; néanmoins cela suffisait pour produire soit des attaques glaucomateuses soit des symptômes irritatifs tels qu'on avait à redouter non seulement la perte de l'œil où se trouvait le cristallin luxé, mais encore l'ophtalmie sympathique du côté sain. Dans le cas que je viens de rapporter, comme dans beaucoup d'autres qui amenaient autrefois la perte de la vue lorsqu'on opérait la cataracte par déplacement dans le corps vitré, le cristallin était adhérent au corps ciliaire et, dès que cette irritation mécanique a cessé, par suite du déplacement et de l'extraction de la lentille, tous les symptômes irritatifs ont disparu et l'œil a pu être conservé.

Malgré la tendance actuelle à faire l'énucléation préventive, je crois bon de ne pas trop se laisser entraîner par l'exemple et de faire, lorsqu'on le peut, de la chirurgie conservatrice, en ne sacrifiant un œil que lorsqu'on est absolument sûr qu'il est un danger pour son congénère.

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