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ÉCRAN TAMISEUR ET GRADUATEUR DE LA LUMIÈRE

§ IV. — ÉCRAN TAMISEUR ET GRADUATEUR DE LA LUMIÈRE POUR L'EXAMEN OPHTALMOSCOPIQUE DES MALADES ATTEINTS DE PHOTOPHOBIE.

Il y a déjà plusieurs années j'ai présenté à la réunion des Sociétés Savantes de la Sorbonne un modèle, ou plutôt une ébauche d'un petit appareil destiné, pendant l'examen ophtalmoscopique, à servir en même temps d'écran pour empêcher les rayons lumineux directs de la lampe d'arriver sur l'œil et le visage de l'observé, et d'écran tamiseur pour diminuer ou modifier à volonté l'intensité ou la couleur du faisceau lumineux projeté dans l'œil du sujet par le miroir de l'ophtalmoscope. J'attendais, pour faire connaître mon appareil, d'avoir terminé une étude, commencée depuis longtemps, sur les propriétés des faisceaux lumineux de diverses couleurs projetés dans l'œil malade ou sain, tant au point de vue de la coloration de l'image ophtalmoscopique de la rétine et du nerf optique ou de l'examen des lésions de ces organes, que de la facilité avec laquelle ces faisceaux de diverses couleurs ou intensité permettent de pratiquer aisément l'examen ophtalmoscopique ou l'éclairage oblique lorsqu'il existe chez les malades une photophobie plus ou moins prononcée.

D'autres travaux m'ayant empêché de donner à cette étude tous les développements que j'aurais désiré lui donner, je me bornerai aujourd'hui à décrire mon appareil et à indiquer les applications les plus utiles que je lui ai reconnues après plusieurs années d'usage.

L'appareil, auquel, à défaut d'autre nom plus explicite, j'ai donné celui d'écran graduateur de la lumière, et qui a été construit par la maison Roulot, de Paris, se compose d'une pince C, s'adaptant par simple pression au collet d'un bec de gaz ou d'une lampe quelconque. La branche droite de la pince est percée, vers son extrémité, d'un trou vertical dans lequel s'engage à frottement doux une tige recourbée à angle droit et articulée en «' à une barre hori-

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zonlale recourbée suivant la convexité de l'écran B, en tôle vernie qu'elle est destinée à soutenir. L'articulation située au point a' permet à la barrette de tournoi- d'un certain nombre de degrés de façon à ce que l'écran soit toujours parallèle à la surface du verre de la lampe lorsqu'on fait pivoter la tige recourbée dans le trou de la pince de manière à cacher plus ou moins la lumière du côté du malade. L'écran de tôle peut être plus ou moins large et cacher une notable étendue de la circonférence du foyer lumineux.

Une disposition absolument analogue à celle que je viens de décrire, sauf que la barrette est droite au lieu d'être courbe, existe à la branche gauche de la pince. De ce côté la barrette est destinée à supporter, au moyen de pinces dont elle est munie, la plaque de verre A, à travers laquelle on désire faire passer le faisceau lumineux qui doit être projeté dans lsœil par le miroir de l'ophtalmoscope ou par la loupe. Si pendant l'examen on ne veut pas se servir de l'écran de verre, il suffit de le faire pivoter avec le doigt vers la manette C, et aussitôt la lumière est découverte. Si, au contraire, on désire changer l'écran de verre pour un autre, la chose est aussi facile que rapide, ces plaques de verre étant simplement engagées dans les deux petites pinces fixées à la barrette. L'appareil tout entier s'enlève instantanément ou s'adapte avec la même rapidité à n'importe quelle lampe à gaz, à huile ou à pétrole.

Pour l'examen, dans les cas de photophobie, je me sers de plaques de verre fumé plus bu moins foncé. Une étude intéressante à faire, ce serait de se servir de différents verres colorés et de noter l'influence, dans les conditions que j'ai indiquées tout à l'heure, des faisceaux monochromatiques sur la cornée ou sur le fond de l'œil. Grâce à cet appareil, il sera facile à chacun d'étudier cette question qui est à l'étude depuis longtemps. Pour ma part, je puis déclarer que bien souvent chez des malades atteints de photophobie, surtout chez les enfants, j'ai pu, avec la lumière tamisée, faire facilement des examens plus ou moins prolongés, sans aucune fatigue pour le malade, sans danger pour l'œil et sans instillations d'atropine.

L'appareil, une fois démonté, occupe un très faible volume et peut être facilement transporté dans la poche ou dans sa boîte pour faire l'examen de l'œil à domicile ou au lit du malade.

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