‹ Mandement d'entrée dans son diocèse [microforme] (volume 2)Chapitre 9 sur 44 · D. DANDURAND), PTRE., SECRÉTAIRE · texte numérisé non relu

D. DANDURAND), PTRE., SECRÉTAIRE

DE

MONSEIGNEUR DE BYTOWN

Prescrivant des prières à l'occasion du premier Concile de la Province Ecclésiastique de Québec.

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JOSEPH EUGÈNE GUIGUES

Par la Miséricorde de Dieu et la Grâce du Saint Siége Apostolique, Evéque de Bytown.

Nous vous annonçons, Nos Très-Chers Frères, que le premier concile de la province de Québec doit s'ouvrir dans cette ville le jour de la glorieuse Assomption de la Ste. Vierge:

Pendant plus de deux siècles, le siége de Québec fut le seul que l'on vit s'élever an nord de l'Amérique et les règles de discipline que les pontifos établissaient dans leur sollicitude étaient le seul

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flambeau qui dirigeait les catholiques disséminés dans ces vastes contrées. Mais voilà que depuis quelques années ces lietix prennent un aspect nouveau, le désert se Peuple, le canadien sort de ses anciennes limites foujours:chères à son cœur mais trop ressérées et/s’avanco pour-fixer.sa tente sur ces terres nouvelies! L’Irlandais y chetche un abri pour y reposer avec Sa famille et adorer en paix le Dieu qu'ont adoré ses pères. Chaque peuple de l'Europe vient y déposer son tribut. La famille catholique eu se multipliant à dû ressentir denouveaux besoins et pour les satisfaire. J Eglise s'est empressée de donner à tous des guides spirituels dans sa sollicitude maternelle. Elle a créé des évéchés, les a fortifiés en les unissant à cette église de Québec qui par son ancienneté rappelle bien de précieux souvenirs et par la vertu de ses ipontifes brille d'un éclat bien pur. En ce moment pour achever de cimenter son œuvre, elle appelle les premiers pasteurs de ces églises diverses et les réunit en concile,

Ce n’est point sans attendrissement, N. T. C. F., que l'œil du catholique en s'étendant sur le monde entier voit s'élever ces saintes assemblées. Elles sont our le catholique un glorieux témoignage, et de la

liberté de l'Eglise qui secoue ses chaines et du zèle de ses pontifes et des sentiment religieux des fidèles qui applaudissent avec amour à ces conquêtes de la foi catholique. Mais, N. T. GC. F., si les besoins de ces saintes réunions se fait sentir dans ces contrées depuis plusieurs siècles affermies dans la foi et toujours dirigées par des pontifes vigilants, comment ne l'éprouverions-nous pas davantage encore dans ces lieux qui étaient encore déserts il y a quelques années et dans des églises formées des peuples si divers. Nous n'avons pas, Nous pouvons le dire avec orgueil, à vous affermir dans la foi catholique, car vos âmes en sont nourries et pénétrées, mais

Nous avons à proposer à tous lzs mêmes règles de

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discipline, les mêmes moyens de salut, les mêmes pratiques de piété, afin qu’on reconnaisse partout la même famille et qu’en voyant le prêtre, le fidèle, lEglis: et son culte on puisse distinguer la province de Québec. Or pour que ces règles que Nous aurons à vous tracer soient vraiment animées de l’esprit du Seigneur et proportionnées à vos forces et à vos besoins, il faut Nous éclairer Nous-mêmes à la lumière que le Saint-Esprit répand dans ces saintes assemblées, recourir surtout à la prière. Aussi Nous venons vous demander avec instance votre concours. : C’est par là qu'il vous appartient de prendre part aux travaux que Nous entr:prenons pour le salut de vos âmes. IÎlest permis d'espérer que ce secours divin qui.rend fécondes les œuvres de zèle véritable et surtout celles des pasteurs de l'Eglise ne manquera pas à lassemblée canonique dont Nous parlons. Bien que l'effet des saintes promesses de Dieu ne soit pas absolument assuré à cette assemblée particulière d’évêques, on peut attendre qu'il lui accordera une communication spéciale de son Esprit, quand les pasteurs et leurs ouailles l’invoqueront également avec toute la confiance de leur cœur et avec toute la ferveur de la foi et de la piété. Alors se vérifiera la parole du divin Maître disant: quand deux ou trois sont assemblés en mon nom je suis au milieu d'eux, et on éprouvera à quelque degré la faveur promise à tout le corps de l'Eglise enseignante: Voilà que je suis avec vous jusqu’à la consommation des siècles.

À ces causes le saint nom de Dieu invoqué, Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Art. ler. Pour attirer le secours du ciel sur le concile provincia] de Québec, on chantera à l'issue de la messe paroissiale les litanies des saints avec le Sub Tuum les trois dimanches qui précèdent le concile.

Art. 2e. Dans les paroisses ou missions où il serait possible de faire la procession conformément aux

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sages prescriptions de Saint Charles Borromée, Nous autorisons et engageons les pasteurs à la faire les trois dimanches ci-dessus inentionnés avant ou après la messe paroissiale. |

Art. 36. Les fidèles qui pourront s’unir au jeûne des Pètes du concilé la’ veille de lAssomption aceompliront une œuvre agréable aux yeux de Dieu et capable d'attirer ses grâces sur cétte sainte assemblée.

Art. 4e. A partir du quinze Août, jour de l’ouverture du concile provincial, tous les prètres dans Notre divcèse diront chaque jour à la messe, la collecte, la secrète, la postéommunion de Spirilu sanclo jusqu'à la fin du concile. |

Séra Notre présent mandemetit lu dans Notre église cathédrale et les autres églises de Notre diocèse 1e premier dimahche après sa réception.

Donné à Bytown sous Notre seing et le sceau de Nos armes ét le contre-seing de Notre Secrétaire ce vingt-un Juin mil huit cent cinquante-un.

+ Jos. EUGÈNE Ev. de BYTOWN,

Par Mandement,

D. DANDURAND, PR RE, Secrétaire.

JOSEPH EUGÈNE GUIQUES.

Par la Miséricorde de Dieu et la Gräce du Saint Siége Apostolique, 1er Evéque de Bytown, etc. etc., etc.

À tous les Fidèles de Notre Diocèse, —Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur.

Les jours de grâce sont arrivés pour nous: tressaillez d’allégresse, Nos Très-Chers Frères. Le Souverain Pontife vient d'accorder au monde catholique la première, la plus importante, la plus sûre de toutes les grâces : la grâce du Jubilé, Préparez vos cœurs pour la recevoir. |

L'Eglise, vous le savez, N. T. C. F. tient entre ses mains un trésor inépuisable formé des mérites du Divin Sauveur et de ses saints, et dont elle fait l'application aux fidèles par les indulgences. L’ignorance ou l'hérésie ont pû seules blasphémer contre cette vérité, aussi consolante pour le cœur que sage et raisonable dans son principe. Quoi de plus juste en effet qu’une doctrine qui nous rappelle que la surabondance des mérites de Jésus ne sont point

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perdus pour nous ; Une seule goutte de son sang. une larme de ses yeux aurait payé le salut du monde, et ila payé en flots de son sang la rançon du genre humain. Or cet excès de richesses surnaturelles, ce surcroit splendide de sa passion, Jésus-Christ l’a confié à son Eglise pour les besoins des fidèles. Ce que nous disons des satisfactions du Verbe incarné, nous pouvons le dire des satisfactions des suints ; ces supplices endurés par plusieurs millions de martyrs; ces actes héroiques de vierges pures, de saints vieillards, de solitaires inconnus, de fidèles de toute condition restent comme un précieux héritage à celle qui fut leur mère. .

Mais ce n’est point pour elle que l'Eglise aime à les conserver, c'est surtout pour en enrichir ses enfants. Aussi ce n’est pas sans un juste sentiment de bonheur

ue l'œil du catholique, remontant aux premiers siècles de l'ère chrétienne, voit l'Eglise, toujours fidèle à cette mission de charité, de pardon et d’oubli, ouvrir ses trésors comme son cœur à ses enfants.

Que nous disent en effet les actes des apôtres? ils nous disent qu’un chrétien de Corinthe s'étant rendu coupable d’un inceste, qui avait mis toute l'Eglise en deuil, St Paul le frappa d'anathème : mais que bientôt le coupable se repentant, pria, demanda miséricorde, et que l’apôtre touché de son regret écrivit aux fidèles : j'use d’indulgence à cause de vous et comme représentant J ésus-Christ: Que voitil encore ? il voit que lorsque peu d'années après l'Eglise frappait les hommes coupables de quelque grand crime, de peines canoniques elle usait de sévérité; mais qu'elle restait mère. Il y avait des confesseurs dans les prisons, dans les mines, près des gibets qui pouvaient tourner vers ces victimes qui étaient leurs frères des regards de charité et demander leur grâce par un écrit appelé le libelle des martyrs, et des Evêques pour honorer leur constance abrégeaient la durée de la pénitence des cou-

pables, . Entre les enfants de l'Eglise tous les biens étaient communs et les mérites des martyrs étaient légitimement appliqués aux pénitens pour lesquels ils daignèrent s'intéresser.

Mais parmi ces grâces de l'Eglise, la plus grande, la plus solennelle, la plus parlaite était celle du Jubilé : aussi semblait-elle redouter d'en user. Ce ne fut d’abord que tous les cents ans que cette laveur fut accordée, puis tous les cinquante et enfin elle l’a communiqué quatre fois dans chaque siècle et quelques fois même dans des circonstances extraordinaires.

Comment pourrions-nous rappeler le saint empres:sement avec lequel nos pères dans la foi profitaient de cette faveur sans nous sentir enflammés du désir d’imiter leur ardeur. À peine la trompette sacrée s'était-elle fait entendre du haut du Vatican, les paroles sacrées du père commun des fidèles répétées de loin en loin par les Archevêques et les Evêques arrivaient-elles jusqu'aux extrémit(s du monde qu'on voyait les peuples se convier les uns les autres à se rendre à Rome pour participer aux biens ineffables qui allaient découler sur les fidèles. De nombreux pèlerins quittaient leur patrie, leur famille, leurs amis, bravaient toutes les peines du voyage, les rigueurs de la saison; heureux de former en compagnie de leurs frères cette pieuse députäition que le monde catholique envoyait tous les vingtcinq ans au vicaire de Jésus-Christ, pour protester de sa foi, recueillir ses bénédictions et les reporter dans tous les pays habités. Là les peuples les plus divers se confondaient au pied des mêmes autels, versaient des larmes de joie et de repentir, visitaient ces antiques et vénérables basiliques dont le nom seul fait vibrer tous les cœurs cathoiiques et y puisaient cette. force, ce courage qui les élevaient au-dessus de tous les dangers et adoucissaient tous les sacrifices.

Ah! nous sommes bien loin, N. T. C. F,., d’un

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pareil dévouement, aussi l'Eglise ayant égard à notre faiblesse tout en nous offrant la même faveur applanit la voie pour les obtenir. Ayons du moins la force d'accepter avec reconnaissance le léger travail de pénitence qu’elle réclame. Frappons nos poitrines, détestons nos péchés, demandons avec larmes la grâce du Seigneur sans laquelle nous ne pouvons pas espérer de gagner l'indulgence du Jubilé. Prions avec ferveur : la prière est bonne, disait l’ange à Tobie, quand elle est accompagnée . du jeûne. Dieu en effet n’essaie point de résistance contre un cœur contrit et mortifié ; bien volontiers il se laisse vaincre par les supplications de l’homme pénitent, N'oubliez pas non plus les membres souffrants de Jésus-Christ. L'aumône, sœur de la prière, fille de la pénitence, a de merveilleux secrets pour toucher le cœur da Dieu et l'ouvrir àla miséricorde. Rachetez vos péchés par vos aumônes, que la compassion que vous avez pour les pauvres serve à expier vos injustices. Tel fut l'appareil que Île Prophète voulu jadis appliquer aux blessures du roi de Babylone : telle est aussi l'obligation imposée par le Souverain Pontife. Malheur à celui dont le cœur etles mains se ferment aux souffrances de ses frères! Malheur au chrétien qui passe auprès du pauvre sans être attendri à la vue de sa misère, sans éprouver le besoin de le soulager ! Malheur à celui qui n’a pas compris ces paroles si vraies de l'Ecriture Sainte : il est plus avantageux de donner que de recevoir.

Nous prierons pour Notre Saint-Père le Pape Pie IX pour que Dieu lui donne la force et la sagesse indispensable pour conduire au port la barque de Pierre parmi-tant d'orages et de tempêtes qui l’agitent. Nous demanderons qu’il rende tous les esprits et tous les cœurs dociles à sa vgix, qu'il bénisse ses entre- . prises, affermisse sa puissance et qu'aux attaques de l'orgueil et de l'ingratitude, il puisse sans crainte d’ébranler son autorité, répondre par le pardon et l'oubli.

Nous prierons pour que cesse la persécution, qui dans plusieurs pays ravage l'Eglise de Jésus-Christ ; pour que les peuples fidèles ne soient plus poussés violemment hors de la bergerie, pour que la liberté de la foi pénêtre et se fasse. jour et que les convictions religieuses soient respectées partout. ;

ous pricrons pour qu’au milieu de ces agitations qui ébranlent le monde, la religion reste toujours ferme, inébranlable et poursuive sa course de bienfaisance, tendant à tous les cœurs malades, à toutes les intelligences égarées une main secourable, et que, mère tendre, elle accueille au rivage tous ses enfants quelqu'aient été leurs erteurs, leurs passions et leurs égarements.

Prions surtout pour ce diocèse, afin que la tempérance s’y soutienne, que les associations religieuses se fortifient, que les écoles soient tenues par des maitres religieux qui apprennent à aimer et à servir Dieu autant qu'à avancer dans les connaissances humaines ; que tous les cœurs catholiques: restent attachés fortement à leur foi, tout en maintenant la paix et l'union nécessaire au milieu des populations divisées de croyances et que Dieu anéantisse ces excitations, ces troubles, ces divisions que la religion, la société réprouvent avec une égale indignation.

Prions enfin pour nous-mêmes au milieu des dangers qui nous environnent, recourons à Jésus comme les apôtres, disons-lui avec eux dans l'angoisse qui nous presse : maître, sauvez-nous, nous périssons ; il se lèvera à notre secours et dociles à sa voix les flots s’apaiseront et le calme se fera.

Les conditions requises pour gagnor l’indulgence du Jubilé sont :

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