‹ Mandement d'entrée dans son diocèse [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 44 · L.,0 770 PETER · texte numérisé non relu

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dernière révolution, qui semblait devoir compromettre l'existence de la religion, lui a donné des franchises et un lustre nouveau. Mais c'est surtout de Rome que Nous voudrions pouvoir vous entretenir longuement, parceque cette cité est chère à tout cœur catholique, et que son seul nom suffit pour rappeler à notre esprit les souvenirs les plus tou-

chants de la religion. Ailleurs on trouve quelques .

monuments dignes des arts qui les ont produits, ici, grâce aux soins intelligens des Souveraims Pontifes, tout ce que peut enfanter le génie de l’homme s'y trouve réuni. Dans d’autres contrées, on rencontre des sanctuaires, des objets qui respirent la piété ou qui raniment la foi ; mais on les trouve épars dans plusieurs royaumes, tandis qu’ils se trouvent concentrés dans la ville éternelle. Plusieurs lieux s'énorgueillissent à juste titre des chefs-d'œuvre d’architecture : mais quel monument peut être comparé à l’église de St. Pierre ! ce prodige de richesse et de grandeur, qui est une merveille, dans une ville péuplée de merveilles, élevée pour couvrir la tombe d'un pauvre pêcheur de Galilée. Vous Nous étiez présent dans tous ces lieux, N. T. C. F. Nous vous y portions en esprit avec la tendresse d’une mère. Nous priions au tombeau des SS. Apôtres, pour que votre foi demeure inébranlable. Dans les catacombes Nous demandions que vous eussiez la force de mé- ‘priser ce monde que les martyrs ont foulé à leurs pieds. Dans les églises diverses où chaque jour Nous allions offrir le Saint Sacrifice, Nous implorions le secours des Saints dont les corps y reposent, afin

‘que du haut du ciel ils vous assistent. A Ste. Ma- :

rie Majeure, la reine des églises dédiées à la Ste.

Vierge, et dont le lambris est couvert du premier or.

importé du continent américain, Nous priions Marie de faire tomber sur vous ses bénédictions, comme Nous les avions vu descendre sur la place St. Pierre lorsque le Souverain Pontife étendit ses mains sur

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vingt mille personnes, et bénissait en même temps les fidèles répandus sur toute la terre.

Nous vous avons placés aussi aux pieds du Pape avec une joie inexprimable, Lorsqu'il Nous a été donné de voir ce Pontite que les épreuves ont rendu à Nos yeux encore plus vénérable, d'approcher cette intelligence si élevée, Nous avons pu connaitre ce noble cœur si plein de charité, et Nous Nous sommes demandé comment il avait pu devenir l’objet des outrages de la part de ses enfans ; mais c'était des fils dénaturés que le génie du mal avait pervertis. Excités par les sociétés secrètes et voyant teur nombre augmenté par l’arrivée d'hommes professant leurs principes qui, de plusieurs parties de l’Europe, s'étaient abattus sur Rome comme sur une proie, on les a vus arracher le pouvoir temporel des mains du Souverain Pontife qui ne sait que bénir et pardonner. Leur œuvre a été d'épuiser le trésor des domaines de l'Eglise, de jeter au public un papier sans valeur pour couvrir leurs spoliations, de vendre des tableaux de prix et des médailles antiques, de donner l’ordre odieux de résister aux armées françaises, au moment même où toute espérance était perdue pour eux, voulant par là attirer le fer destructeur sur ces monuments que les troupes françaises épargnaient plus que leur san.

Tels sont les exploits de ces hommes que l'oubli et un profond mépris couvrent aujourd'hui. Nous

“les avions entendu exalter: mais lorsque Nous Nous

sommes trouvé sur les lieux où ils sont exercé leur

‘puissance tyrannique, Nous avons été saisi d’hor-

reur. Leur passage au pouvoir n’a amené que des rules, et si leur domination avait duré uelques mois de plus, letr règne ent retracé le tableau que les nations barbares laissaient après le sac d’une ville. Détournons Nos pensées, N. T. C. F., de ces hommes pervers pour les reporter sur celui qui a été leur

victime, sur l’immortel Pie IX. Ah! si du moins nous pouvions nourir dans nos cœurs l'assurance

que ces jours où le mal a prévalu sont passés! mais - te hélas ! nous vivons à une époque fertile en orages, î ct et l'avenir est loin de nous rassurer. Nous savons | que Dieu frappe souvent le pasteur pour épargner \ le troupeau et sa main s'appesantit d'autant plus que 1 la victime est plus capable d’apaiser sa colère. Or, rarement on a vu une âme plus pur et un cœfr plus généreux que celui du grand Pontife qui gouverne aujourd’hui l'Eglise : ses ennemis les plus acharnés ont seruté en vain sa vie, ils n’y ont trouvé aucune tache. :

Que devons-nous donc faire, Nos Très Chers Frères ?—c'est de ranimer notre foi que tant des À prodiges rendent encore plus éclatante; de demander au Seigneur, comme le Prophète Daniel, que les jours d’épreuve soient abrégés, et qu'il daigne fortifier le cœur du Saint Pontife dans les tribulations qu'il pourra éprouver. Ayons souvent son souvenir présent dans notre esprit, il Nous a promis de ne jamais vous oublier en Nous donnant un gage précieux de sa tendresse. C’est à vous comme à Nousmême qu'il le livrait, vous qu'il connaissait par Notre 4 bouche, vousdontillouait la générosité qui vousa fait W e entreprendre et exécuter tant d'œuvres utiles àla » religion, vous enfin qu’il bénissait avec Nous et qu'il Nous a recommandé de bénir en son nom, à Notre retour en Canada.

Pour remercier Dieu des grâces qui Nous ont été accordées durant Notre voyage, Nous ordonnons qu'un Te Deum soit chanté dans Notre Eglise Cathédrale, et dans toutes les églises et chapelles de Notre diocèse.

Le présent Mandement sera lu dans toutes les Paroisses et Missions, à la Messe de Paroisse, le dimanche après sa réception.

:Donné à l'Evêché de Bytown, sous Notre seing, le sceau de Nos armes et contre-seing de Notre Secré-

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taire, le vingt-trois novembre, de l'añnée mil huit cent cinquante,

t Jos. EUGÈNE, Ëv. de BYTOWN.

Par Monseigneur,

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