‹ Mandement de jubilé [microforme]Chapitre 2 sur 2 · PIUS PP, IX · texte numérisé non relu

PIUS PP, IX

Vous:venez, N. T. C, F., d'entendre une Lettre bien touchante. Brebis fidèles, vous reconnaissez sans doute votre Pasteur, au seul son de sa voix pastorale. Cognosdnt-me meæ. Enfants aflectionnés, vous reconnaissez votre Père à son accent paternel. Il vous a raconté ses joies, quand il apprend que ses enfants marchent dans les voies de la justice; ses douleurs, quand il sait que quelques uns s’égarent dans les chemins de l’erreur; ses craintes, quand il sent que la Barque de Pierre, dont il tient le gouvernuil, est violemment agitée des furieuses tempêtes que soulèvent les vents des mauvaises doctrines. Vous l’avez entendu faire appel aux prières de toute l’ Eglise, jour pouvoir, moyennant ce secours, dissiper les noirs complots que trament,

ans leurs affreux souterrains, les sociétés secrètes qui ont juré sa perte. Ah! c’est qu’il comprend intimement que la prière empêchera toujours les portes de l'enfer de prévaloir contre elle,

Sentant vivement le besoin que nous avons tous du Jubilé qui nous est annoncé par le Souverain Pontife, et désirant ardemment qu’il produise partout des fruits abondants de salut, Nous allons, N. T, C. F., recueillir ici les saintes inspirations dont sont imprégnées ses deux Lettres Apostoliques., De la fidélité à suivre ses paternelles directions dépend tout le succès du Jubilé. C’est une des grandes grâces que Dieu accorde de temps en temps à son Eglise, Aussi, y a-t-il nécessité de s’y préparer soigneusement. Car si un exercice journalier est manqué, quand il n'a pas été bien préparé, croyez, N.T.C.F.,que vous n'aurez rien à attendre du Jubilé, si l’on ne s’y prépare avec soin et longtemps d'avance. Parate viam Domini.

C’est dans cette intime convict:on que Nous avons cru devoir en différer le temps jusqu’à la fin de cette année, après avoir obtenu du Saint Siége

wil durât trois mois au lieu d’un seul, C’est aussi dans cette vue que

epuis long-temps Nous prions et faisons prier pour que ce Mandement renferme strictement toutes les dispositions des Lettres Apostoliques qui nous doivent diriger dans l’accomplissement des saints devoirs du Jubilé, Oh! N. T. C. F., que notre cœur est pressé du violent désir que vous ayez la vie, et que vous l'ayez avec plus d'abondunce que jamais dans ces jours de salut, Vous allez aussi prier pour que Dieu nous accorde à tous la grâce de bien faire tout ce qu’attenud de notre piété filiale notre Père commun.

A CES CAUSES, le saint Nom de Dicu invoqué, et de l'avis de NN. VV. Frères les Chanoines de notre Cathédrale, Nous avons réglé, ordonné, statué ; réglons, ordonnons, statuons ce qui suit:

1. Le Jubilé, pour tont notre Diocèse, commencera le trois Octobre prochain, dimanche de la solennité du Saint Rosaire, par le chant du Veni Creator, avant lu grand’messe ; et se terminera, le premier Janvier suivant, par le Te Deum que l’on chantera après la messe solennelle du jour. On en annoncera l'ouverture, la veille, par le son de toutes les cloches, pendant un quart d’heure avant l'Angelus du soir. On en fera autant le jour de la Circoncision au soir, pour la clôture.

2. On prendra, sur ces trois mois, une ou plusieurs semaines pour les exercices jubilaires de chaque Paroisse. On observera ce qui vient d’être dit, pour en faire l’ouverture et la elôture par rapport au son des cloches, qui s'unit si bien à la piété d2s cœurs ; et au chant d:s deux hymnes sacrées, dout l’une appelle si amoureusement l’Esprit-Saint sur les enfants de V’E-

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glise ; et l'autre porte si joyeusement au ciel l'expression naïve de leur reconnaissance.

3, Pour que tout le Diocèse soit en de continuelles pféparations à cette grande fête jubiluire, on dounera tous les dimanches et fêtes d'obligation, aussitôt après la grand'messe, la bénédiction du St. Sacrement, en se conformant à In feuille ci-jointe, Ceci s’observera depuis le dimanche ou fète que se lira le présent Mandement, jusqu'au Jour de l’An inclusivement. Le Te Deum, en ce dernier jour, terminera ces longues prières. Nous les ferons ainsi, pour mieux entrer dans les pieuses intentions de N. 8. P. le Pape, qui nous recommande si instamment d'implorer sur toute l'Eglise le secours de la B, Vierge, des saints Anges, des apôtres St, Pierre et St, Paul, de tous les saints et surtout des saints patrons pa nos églises. A ce sujet, Nous vous devons, N. 'T. C. F., une observation.

Notre intention principale, en faisant le Jubilé, sera d'obtenir de Dieu que le privilége de l'Immaculée Conception de Marie soit bientôt solennellement proclamé par toute la terre, comme dogme de foi catholique,

ur la gloire de cette divine Vierge et le salut des nations. Car, dans notre iumble opinion, la définition de cette consolante vérité, comme article de foi, sera pour notre siècle, enveloppé de tant de noirs brouillards, comme l’arc-en-ciel du soir qui annonce un beau jour. L'auguste Marie est notro Judith. Disons-lui donc avec transport, dans ce saint temps où chacun va remporter une éclatante victoire sur sa passion dominante, sous l'étendard de celle qui est terrible comme une armée rangée en bataille: Vous êtes la gloire de Jérusalem, vous êtes la joie d'Israël, vous êtes l'honneur de votre peuple, parce que vous avez combattu vaillumment, et que votre cœur s'est montré fort et généreux: cest que vous avez aimé la chasteté... Pour cela, vous serez bénie éternellement. (Judith, 15. 11.) Quel bonheur pour notre Diocèse, s’il contribuait de quelque chose à l’honneur que la sainte Eglise doit tôt ou tard décerner à la glorieuse Mère de Dieu, en ceignant son front majestueux d'une nouvelle suréole, le dogme de son Immaculée Conception. Les justes soupirent et les nations cathcliques sont dans l'attente de ce grand et heureux événement qui doit renouveler la face du monde.

Car qui doute qu’au ciel les bontés de la puissante Mère de Dieu ne soient en proportion des honneurs qu'on lui rend sur la terre Et quel honneur ne sera-ce pas pour elle, si la vérité de son Immaculée Conception, après avoir traversé dix-huit siècles sans avoir pour ainsi dire d'autre appui que le sens intime du monde catholique, sans être en quelque sorte déposée ailleurs que dans les cœurs des pieux enfants de l'Eglise, se fait jour à travers les doctrines impures de notre siècle, et se fait proclamer aux bruyants applaudissements de tous les peuples de la catholicité. Ilyaici, pour la sainte Eglise, un besoin à satisfaire. Ce n’est assurement pas de condammer des erreurs damnables qui n'existent pas; mais bien de se rendre aux vœux de ses enfants qui veulent croire de foi que Marie, leur Mère, a eté conçue sans la tache du péché originel. Et voilà, N.l. C.F., le triomphe qu’il faut faire remporter, à tout prix, à la bonne et tendre Mère de ce Diocèse qui, en effet, est couvert de monuments qui attestent hautement qu'il lui appartient, et qu’il est l’objet de la prédilection de son très-saint et immaculé Cœur. Croyez qu’il y a encore pour nous, dans ce Cœur plein de grâces, de nouvelles bénédictions, si nous nous montrons de zélés propagateurs du glorieux privilége

dont elle est si jalouse. Quel en sera le fruit! Oh! ce sera la pureté des mœurs qui dissipera toute immoralité. Et, ne l’oubliez pas, N. T. C. F., la nrincipale grâce, ie plus précieux fruit de ce Jubilé, c’est de bannir le détestble vice de l’impureté, pour faire régner, sur ses débris, l’angélique vertu de pureté.

Mais c’est à vous surtout, vierges chrétiennes, à redoubler de ferveur aux approches du saint temps du Jubilé, pour hâter cette décision tant désirée que votre Reine a été conçue sans aucune tache de péché. Elle a, cette Vierge des vierges, relevé la gloire de votre sexe, en aborant au sein de l'Eglise le céleste étendara de la virginité. Elle le fait flotter au ciel, en conduisant au Roi des Rois le brillant chœur des vierges : Adduventur Regi Virgines post eam. Le zèle pour la gloire de votre Mère vous fait donc un devoir de mener une vie encore plus pure et de faire des sacrifices encore plus grands. C’est pour vous en faciliter les moyens que Nous vous permettons de faire, dans vos oratoires si dévots les exercices que Nous prescrivons ici pour les églises publiques. Nous vous chargeons en même temps de vous faire victimes pour Îe salut des pécheurs. Colombes sacrées, faites entendre au cœur de Marie vos soupirs et gémissements. Des milliers d’âmes périssent chaque jour sur la mer orageuse du monde; vous ne sauriez être insensibles à un si grand malheur.

Pardonnez-nous, N. T. C. F., cette longue digression ; car elle nous est inspirée par une des suggestions du St. Père; et d’ailleurs elle ne saurait être étrangère à notre sujet. À toutes ces prières préparatoires, chacun ajoutera le changement de vie, qui est le but essentiel du Jubilé. On s’abstiendra des jeux du cirque et autres qui sont si dangereux et si contraires à la piété.

&, On fera, pendant le Jubilé, des instructions salutaires pour porter le peuple à faire de dignes fruits de pénitence et à réparer tous les torts{et dommages faits au prochain. Car point de pardon, quand il n’y a pas de réparation. on remitiitur peccatum, nisi restituatur ablatum. (St. Augustin.) Nous permeitons de donner chaque jour ie salut et bénédiction du St, Sacrement, et de faire, si le temps le permet, quelques processions, en faisant les stations en commun.

5. Pour gagner l’Indulgence du Jubilé on doit: premièrement, se confesser avec douleur, recevoir l’absolution sacramentelle, et communier avec piété ; secondement, visiter trois églises désignées comme lieux de stations, ou une des trois, trois fois, et y prier à l'intention du Souverain Pontife ; troisièmement, jeûner une fois ; quatrièmement, donner une aumôûne aux pauvres ; cinquièmement, faire une ofirande à la Propagation de la Foi. Toutes ces œuvres doivent se faire dans le cours d'Octobre, Novembre et Décembre, désignés plus haut comme mois de Jubilé. 11 convient toutefois qu’elles se fassent dans le temps choisi pour la célébration du Jubilé dans sa Paroisse. L’Indulgence est applicable aux défunts.

6. Nous désignons, comme lieux de stations dans Notre Ville Episcopale, notre Cathédrale, l'Eglise de Notre-Dame et celle de St. Patrice. Ailleurs, on visitera trois fois l'église de sa Paroisse ou de sa Mission.

7. Nous communiquons aux confesseurs tous les pouvoirs et priviléges, exprimés dans la secom.… Lettre Encyclique de N. $. P. le Pape, pour le

temps du Jubilé. Ils en recevront une copie ci-jointe.

Stna le présent Mandement lu au prône de Notre Eglise Cathédrale, à celui ‘de toutes les Eglises paroissiales;et en chapitre, dans toutes les communautés, le jour de-la fête des SS. Apôtres Pierre et Paul, ou le premier dimanche après sa réception, dans le cas où il ne serait pas reçu assez à temps pour être lu en ce jour de fête,

Donx£ à Montréal, le vingt-huit Mai, mil huit cent cinquante-deux, sous . notre seing et sceau et le contre-seing de notre Secrétaire.

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