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Mandement de Mgr. lévêque de Montréal concernant le dix-huitième anniversaire séculaire du martyre de St. Pierre et de St. Paul, apô tres [microforme]

Dix-huitieme Anniversaire Seculaire du Martyre de St. Pierre et de St. Paul, Apotres.

iGNACE BOURGET

Par la Grace de Dieu et du Siége Apostolique, Evêque de Montréal, Assistant au Trone Pontifical,

Au Clergé Séculier et Régulier, aux Communautés Religieuses, et à tous les Fidèles de Notre Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur Jésus-Christ.

Notre Saint Père le Pape, N.T. CF. s'occupe nuit et jour des besoins spirituels de son immense troupeau, dispersé dans toutes les parties du monde. Placé par la divine Providence sur les collines de la Ville Eternelle, il voit de loin les ennemis de l'Eglise qui s’agitent et frémissent, en formant de vains complots pour la renverser. Assis majestueusement sur la Chaire de St. Pierre, il aperçoit toutes les monstrueuses erreurs du siècle qui, comme des serpents venimeux, se glissent dans toutes les sociétés humaines pour les corrompre. Ses yeux sont toujours fixés sur les maux qui affligent le peuple chrétien, et son cœur paternel ne cesse de les déplorer et d’en gémir. Pendant que ses mains vénérables ne se lassent pas de tenir le gouvernail de la barque qu'il est chargé de conduire au port, au milieu des plus furieuses tempêtes, et à travers les flots courroucés de la mer orageuse de ce monde, sa grande âme forme sans cesse des projets qui révèlent aux enfants de l'Eglise sa suprême sagesse, sa haute

. prudence, sa tendre piété et toutes les éminentes qualités de son cœur.

Ainsi il a projeté, N. T. C. F. de célébrer cette année, dans la Ville sainte, de grandes fêtes, et il y a invité tous les Evèques du monde et avec eux tous les fidèles confiés à leurs soins. L'objet de ces fêtes est de faire, avec une grande pompe, le vingt-neuf de ce mois de Juin, le dix-huitième anniversaire séculaire de la glorieuse mort des Apôtres St. Pierre et St. Paul, et de rendre les honnenrs de la Canonisation et

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-) de la Béatification à un très grand nombre de Serviteurs de Dieu, le sept et le quatorze Juillet suivant,en leur accordant les honneurs de l'autel, pour qu'ils deviennent de nouveaux protecteurs des malheureux enfants d'Adam, qui gémisseni dans cette vallée de larmes.

Yest pour nous tous, N.T.C. F. cornme pour le monde tout entier, un évènement heureux et providentiel que cette grande solennité qui doit ranimer notre foi et exciter notre piété, en nous montrant plus clairement que jamais que notre sainte Religion n’a rien perdu de ses antiques splendeurs ; que son Pontife conserve, aux yeux des peuples chrétiens, son prestige religieux, que sa personne esttoujours sacrée, sa parole toujours écoutée, ses moindres désirs toujours vénérés ; que tous les Evèques de la Cathoficité sont plus que jamais dévoués à la cause de cet immortel Pontife et au Siége Apostolique ; que tous les fidèles du monde entier l’honorent et le vénerent comme le Père commun; que le tombeau des Saints Apôtres est, comme de tout temps, l'objet d'un culte public ; que la vraie foi se perpétue et continue à produire des œuvres admirables; qu'il y a encore sur la terre des âmes célestes par la pureté et l'innocence de leur vie; que Dieu enfin a encore un grand nombre de bons serviteurs dans le sein de son Eglise.

Cette grande fête, tout en ranimant notre courage dans la pratique de nos devoirs religieux, doit d’ailleurs être pou? tous pleine de grâces et de bénédictions. La raison en est facile à trouver, c’est que plus nous honorons les saints, et plus nous avons part à l'abondance des dons célestes que leur a accordés le Seigneur dans son infinie bonté.

Or cette année, les Bienheureux Apôtres Pierre et Paul vont être l’objet d’un culte plus solennel que jamais, au jour consacré par l'Eglise à honorer leur mort si précieuse devant Dieu et si glorieuse aux yeux des hommes. Car les circonstances les plus heureuses concourent pour en faire une des plus belles fêtes qui pui ?nt se célébrer ici-bas.

C’est d'abord un anni. rsaire séculaire et des plus mémorables pour le monde entier, puisque il y a dix-huit cents ans que les deux premiers Pères du peuple chrétien versèrent leur sang pour cimenter la foi qu'ils avaient prêchée, pour confesser la diviaité du Fils de Dieu fait homme, qui les a appelés à l'Apostolat, pour engager ce grand combat de la vérité contre l'erreur, de l'Eglise contre l'enfer, qu'ontsoutenu après eux les quinze millions de martyrs qui ont généreusenient donné leur vie pour la même cause, pour détruire ‘le paganisme avec ses vices abomirables, pour renverser les idoles qu’adorait Rome payenne, afin d’arborer la Croix au haut du Capitole, et faire de cette ville, adonnée à tous les vicés et à

toutes les erreurs, une ville sainte, une ville de foi, et le centre de la divine Religion qui devait étendre son empire par toute la terre,

Ge ne fut pas, dit St. Maxime, sans un admirable dessein de la divine Providence que ces glorieux Princes de la Religion endurèrent la mort le même jour, dans le même lieu, £L sous le même tyran, le cruel Néron. Ils souffrirent le néme jour, afin de se présenter ensemble à Jésus-Christ pour recevoir en même temps, de la main de ce la couronne de l'Apostolat et du martyre. Ils souffrirent dans le même lieu, afin que Rome eût dans ces deux Princes des \pôtres deux brillants flambeaux pour éclairer l'univers. Eufiu, ils souffrirent sous le même persécuteur pour que, victimes de sa cruauté, ils eussent une même palme de triomphe et l’auréole de la même gloire. Car s'étant si tendrement aimés, dans les combats de la vie, ils ne devaient pas être séparés dans une mort si glorieuse, comme nous l’enseigne lEglise par ces paroles : Gloriosi Principes terræ, quomodo in vila sua dilexerunt se, ila et in morte non sunt separali.

Il convenait d’ailleurs que Rome, étant la Maîtresse de toutes les nations, ajoute St. Maxime, et la capitale du monde entier, devint, après avoir été le siége de toutes les superstitions, je siége de toutes 1° vertus; et que pour cette raison, les Princes de l'Eglise endurassent la mort dans une ville où habitaient les princes de Ja gentilité. Enfin, ce qui achève de relever la gloire de ces Apôtres, c’est que, dans les vues de l’adorable Providence, ils étaient destinés à illustrer l’'Occident par leur sang, après que l'Orient l’eût été par la passion et la mort de leur divin Maitre.

L’anniversaire séculaire qui va se célébrer, à Rome, le vingt-neuf de ce mois, doit donc être pour Rome et pour le monde entier un évènement à jamais mémorable dans les Annales de la Sainte Eglise, une de ces grandes solennités qui sera probablement unique dans tous les siècles à venir, comme il ne s'en est jamais trouvé de semblable dans les siècles passés; une de ces époques célèbres qui créent une ère nouvelle dans le monde; un de ces jours heureux qui rappellent les plus intéressants souvenirs; une de ces religieuses démonstrations dont les résultats sont incalculables.

Il s’agit ensuite, dans ce glorieux anniversaire, de rendre aux Bienheureux Apôtres Pierre et Paul des honneurs bien mérités, par les dons célestes dont ils ont été comblés et par les éminents services qr'ils ont rendus au monde entier en

l'éclairant de la lumière de l'Evangile, par eux et par leurs

juste Juge,

disciples. Il suffit pour s'en convaincre de jeter un coupd'œil sur les principaux traits de la vie admirable de ces deux Pères de la famille chrétienne.

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