‹ Mandement de Mgr. lévêque de Montréal concernant le dix-huitième anniversaire séculaire du martyre de St. Pierre et de St. Paul, apô tres [microforme]Chapitre 2 sur 4 · ESS · texte numérisé non relu

ESS

Arrôtons-nous d'abord à contempler St. Pierre, et parcot rons rapidement ce que nous apprennent de lui les livres saints, Il a tout quitté pour suivre l’adorable Maître, qui l’appelait à sa suite, en fui prédisant qu'il en ferait un pêcheur d'hommes.—Il a été Le premier et le plus ardent 4 reconnaître le Seigneur Jésus pour le Fils du Dieu vivant.—Il à eu l'honneur de recevoir un nom nouveau, qui seul attesterait qu'il est le fondement inébranlable de l'Eglise, contre laquelle les portes de l'enfer ne prévaudront jamais.—-Il à été établi le Pasteur universel des brebis, le Chef et le Prince des Apôtres, et le Seigneur lui a même donné les clefs du royaume des cieux, avec J'étonnant pouvoir de Fouvrir et de le fermer, c'est-à-dire de pardonner et de retenir les péchés.— Il à noblement réparé la faiblesse qui lui fit renier trois fois son Maître, par l'ardeur de son amour et par les larmes de péuitence qui coulèrent, le reste de sa vie, en si grande abondance, qu'elles formèrent deux sillons sur ses joues vénérables.—Après sa conversion, il a reçu, pour lui et ses successeurs, jusqu'à la fin des sièctes, le don de l'infaillibilité, avec la noble mission d'affermir ses frères dans la foi—-Il est devenu le Vicaire de Jésus-Christ et un autre lui-même, qui paie le même tribut, et marche comme lui sur les eaux.—Il est le premier qui, après avoir été rempli du St. Esprit, a élevé la voix pour reprocher aux Juifs leur déicide.-—Il à parcouru la Judéè, en faisant entendre partout, avec un succès étonnant, la bonne nouvelle de l'Evangile, en opérant de grands prodiges ; et son ombre seule guérissait les malades. —Il a été flagellé et mis en prison pour le nom de Jésus; mais animé d'un courage tout Ayostolique, il a répondu à ceux qui lui faisaient des menaces pour l'empêcher de prècher ce nom adorable, qu'il fallait obéir à Dieu plutôt qu'aux hormes.—Après avoir rempli l'Orient du bruit de la prédication évangélique, il est venu en Occident, et il ’a pas craint d'arborer la croix sur le Capitole, en établissant son siége à Rome d'une manière permanente.—Là, pendant vingt-cinq ans, il a prèché Jésus crucifié, pour combattre le paganisme avec tous ses vices et ses erreurs exécrables.—I] a légué à l'Eglise deux admirables Epitres remplies de la céleste doctrine qu’il avait apprise à l'école du divin Maïître.—Il à con signé, dans la dernière de ces Epitres, la promesse solennelle qu'il a faite à tous les enfants de la foi que, lorsqu'il aurait quitté cette vie, il aurait soin d'eux, pour que jamais ils n’oubhliassent les divines vérités qu'il avait enseignées aux hommes.

Fixons maintenant nos regards, pendant quelques moments, sur le divin Paul qui, terrassé sur le chemin de Damas, ne demanda plus qu'à faire la volonté du Seigneur ; qui fut si

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fidèle à la grâce qu’il n’a pas craint d'assurer qu’elle n'avait pas été inutile en lui; qui a été un vase d'élection pour porter le St, Nom de Jésus devant les rois et tous les peuples de la terre; qui a été un admirable prédicateur de la vérité dans le monde entier ; qui a instruif une multitude de nations à qui il a fait entendre sa puissante parole ; qui a été ravi jusqu'au troisième ciel, où il a entendu des secrets ineffables ; qui a mérité les honneurs de l’Apostolat, avec le douzième trône dans le Collége Apostolique ; qui a été si puissamment fortifié par Dieu lui-même qu'il a pu confondre la perfidie des Juifs ; qui n’a vécu que pour Jésus-Christ, en qui ila mis toute sa confiance ; qui, pour son amour, a été fouetté trois fois, lapidé une fois; qui à fait naufrage trois fois, et est demeuré au fond de la mer une nuit et un jour ; qui a vaillamment combattu les combats du Seigneur ; qui a consommé sa Course au miieu des travaux et des persécutions ; qui a conservé le dépôt sacré de la foi par son héroïque courage et ses touchantes prédications ; qui, comprenant que c'était pour lui un gain de mourir, a été animé d'un ardent désir de quitter cette terre d’exil pour être avec Jésus-Christ ; qui a laissé les fidèles au milieu des soupirs et des gémissements, lorsqu'il leur a fait ses derniers adieux.

Tant de travaux, de souffrances, de vertus ont mérité d’ôtre couronnés par une mort précieuse aux yeux de Dieu et glorieuse devant les hommes, Car après une longue carrière Apostolique nos deux saints Apôtres ont été jetés dans une affreuse prison de Rome, la prison Mamertine où ils passèrent neuf mois privés de tout, mais pleins de joie de pouvoir soutfrir pour le Nom de Jésus, et travaillant au salut de leurs gardes qu'ils eurent la consolation de convertir presque tous.

Enfin arrive pour nos deux saints Apôtres le jour tant désiré, le jour après lequel ils avaient tant soupiré, le jour où ils voulaient être immolés à la gloire de leur bon Maitre. Ils s’embrassè: ent tendrement avant de se séparer pour aller au lieu du supplice; mais ce fut pour se réunir bientôt et s’embrasser de nouveau en entrant dans le ciel. St. Pierre est crucifié la tête en bas, et St. Paul a la tête tranchée. Son sang, blanc comme la neige, jaillit sur les habits de son bourreau dont l’âme féroce s’adoucit à l'instant à la vue d’un si grand prodige qui lui ouvre les yeux et le convertit à la foi.

Tels sont, N. T. C. F. les précieux souvenirs que doit rap- , peler à l'univers entier le grand et saint anniversaire qui va se célébrer à Rome le 29 de ce mois. A la vérité, ils sont ineffaçables dans la Sainte Eglise, car tout les rappelle à ses enfants, les fêtes, les temples, les chants sacrés, les cérémonies, les discours des orateurs chrétiens qui tous à l'envie ont donné de justes éloges à nos saints Apôtres, sacrifiant leur

vie pour l'honneur de la Religion. Qu'il nous suffise donc d'entendre quelques-unes des éloquentes paroles de St, Jean Chrysostôme : “ Quelles actions de grâces, dit ce Pvre, pou- “ vons-nous vous rendre, à bienheureux Apôtres, qui avez “ tant travaillé pour nous ? Je me souviens de vous, Ô Pierre, ‘et je demeure saisi d'étonnement, Je me souviens de vous, ‘ à Paul, et dans le ravissement de mon âme je succombe “ par l'abondance de mes larmes. En pensant à vos souflran- ‘ces, je ne sais que dire ni comment m'exprimer, Que de “ prisons vous avez sanctifiées ? Que de chaines vous avez ‘ décorées ? Que de tourments vous avez endurés ? Que de ‘ blasphèmes vous avez supportés ? Comment vous avez ré- ‘ joui les Eglises par votre prédication ? Vos langues sont “ des instruments bénits, vos membres ont été arrosés de “ votre sang. Vous avez imité Jésus-Christ en toutes choses. “ Votre voix a retenti par toute la terre, et vos paroles se sont “ fait entendre jusqu'aux extrémités de la terre.

“ Réjouissez-vous, Pierre, parce qu'il vous a été donné de ‘ jouir du bois de la Croix du Christ... Bienheureux les “ clous qui ont percé vos membres si saints ! Vous avez re- ‘ mis avec confiance votre âme enire les mains du Seigneur, ‘vous qui l'avez servi assidûment ainsi que sa sainte Église, “et qui, le plus fidèle des Apôtres, avez aimé le Seigneur ‘avec tant d’ardeur.

“ Réjouissez-vous, Ô bienheureux Paul, à qui on a coupé ‘ la tête avec le glaive et dont les vertus ne sauraient tre “exprimées par aucunes paroles. Quel glaive a frappé votre ‘* gorge sacrée ? Cet instrument du Seigneur est un suiet “ d’admiration pour le ciel et un objet de vénération pour la terre. Quel lieu a reçu votre sangjaillissant, blanc comme : du lait, sur la tunique de celui qui vous frappa, et chan- ‘ geant merveilleusement l'âme de ce barbare, le convertit ‘ avec ses compagnons ? Que ce glaive de Paul soit ma cou- ‘ ronne, et: que les clous de Pierre deviennent des perles “ précieuses qui s’attachent à mon diadème ! ”

Il est facile de conclure, N.T. C. F. de tout ce que Nous venons de dire que les bienheureux Apôtres Pierre et Paul ont de tout temps été singulièrement honorés dans l'Eglise, et que tout ce qui avait servi à leur martyre y a toujours été en grande vénération. L’anniversaire séculaire de cétte mort glorieuse, qui va se célébrer cette année, sera une preuve convaincante que cette dévotion a traversé les siècles et s’est pr'opagée jusqu’à nous.

Car déjà tout s'ébranle dans le monde entier pour concourir à cette grande solennité. Le Chef suprême de l'Eglise, que le ciel inspire et dirige dans tous ses actes, a jugé qu’en rendant des honneurs extraordinaires aux fondateurs de la Reli-

L] { donc sion chrétienne, au jour saint et heureux dans lequel, il y a Jean dix-huit cents ans, ils remportèrent un si éclatant triomphe sur pou- l'enfer, ilobtiendrait, par leur puissante intercession. des gr avez ces plus abondantes pour toute l'Eglise. ierre, Plein de cette espérance il a faitentendre. par toute la terre, vous, le son de la trompette Apostolique pour inviter tous les Evèques . ombe du monde entier à se réunir en aussi gran nombre que posffran- sible autour de lui pour qu'avec l'aide du Seigneur et le secours ne de de son auguste Mère ils puissent, Le véngl-neuf Juin, faire ensemavez ble la féte des bienheureux Apôtres Pierre et Paul avee une Joie 1e de d'autant plus grande que ce Sera un anniversaire centenaire de 3 r'é- ce jour où Rome fut emnourprée du glorieux sang de ces Princes sont de l'Eglise, et remplir ainsi le consolant devoir qui leur est ims de posé de visiter Les sépuleres sacrés des Pères et des Maitres de la L)868. véricé, Pierre et Paul, qui éclairent les dns des lidèles et qu'il est sont eonvenable et agréable de vénérer surtout au beau Jour de leur l'éle qui se célèbre düns le monde entier avec toute la dévotion 1é de qu'elle mérite, mais qui doit se faire à Rome avec une joie sin- 7 x les gulière afin que lù où la mort des premiers Apôtres a été glorifiée 7 r'e- là aussi éclate La principale joie au jour de leur martyre, ieur, Ce sage Pontife a d'autant plus compté sur le secours du lise, Tout-Puissant pour convoquer tous les Evèques de la Cathoneur licité à cette fête, qu'elle ne saurait se célébrer que dans des jours de paix et de sérénité, Et cependant c'était au milieu ' Dupé des plus grands bruits de guerre que ce Prince pacifique faiôtre sait entendre sa voix pleine de charmes et de suavité. Ses rotre veux Clairvoyants perçaient sans doute à travers l’épais brouiluiet lard qui enveloppait le monde entier et qui était d'autant plus ar la menaçant que tout faisait craindre une guerre générale, Il a nme donc beaucoup espéré dans le Seigneur, son Dieu, et son eshan- pérance n'a pas 6t6 confondue puisqu'aujourd'hui tor*ertit nouvelles sont heureusement à la paix.

cou- Mais ce sublime appel de tout l'Episcopat catholiqr rles grande fête de St. Pierre et de St. Paul a été entene toutes les parties de ce vaste univers, puisqu'aux der l ous nouvelles que Nous avons de Rome, quatre cents Eve à >aul s'étaient faits annoncer et étaient attendus dans la Ville Saunlise, te. Beaucoup d'autres sans doute de l'Italie et des pays voisins, s été qui n'avaient pas les mômes raisons d'informer le Saint-Père f nort de leur bonne volonté à répondre à son invitation, assisteront | Con- à cette grande solennité. Quant au nombre de prêtres et de pr'o- laïques que la dévotion va conduire à Rome dans cette heureuse circonstance pour relever l'éclat et la majesté de cette *ou- | fête, il est plus facile de se le figurer que &’en rendre compte. : que Notre Saint-Père le Pape a eu une autre raison d'appeler ren- ainsi auprès de Sa Personne sacrée tous les Evêques du mon-

teli- de qui pourraient, sans inconvénient, se rendre à Rome ; ça été

d'ajouter toute la solennité possible à la Canonisation et à la Béatification d'un grand nombre de Mariyrs, Confessours et Vierges dont les noms doivent être inscrits dans le Catalogue des Saints pour qu'ils puissent recevoir los honneurs de l'autel et devenir lea protecteurs du peuple chrétien,

Car, comme Nous l'avons déjà fait observer, N, T. CF. Notre Père commun est tout occupé de nos plus chers intérôts et il nous porte à tous l'amour le plus tendre, le plus sincôre et le plus fort qu'un bon pére puisse porter à ses enfants, Aussi, fait-ii annoncer aux Evèques, en les invitant à cette fête religieuse qu'il Lui seratrès agréable de voir ses Frères s'unir à lui pour adresser ensemble leurs prières aux Saints du ciel qui déjà jouissent du bonheur éternel. afin que tous ces bienhe Ureur, en étant touchés, obtiennent de Dieu. dans l'extrème danger dans lequel se trouvent les affaires politiques et surtout les affaires religieuses, la victoire sur l'ennemi de tout bien et la tranquillité continuelle pour l'Eglise mititante

Comme vous le voyez, N.T. C, F. tout se prépare pour une de ces grandes solennités qui font époque dans le monde chré. tien, C'est le Souverain Pontife lui-même qui se met à la tôte de cette belle, de cette Magnifique dén.nstration religieuse, Ce sont les Evôques de la Catholicité toute entière qui se rendent avec joie à l'invitation de leur Pare et de leur Chef pour donner,par leur présence et leurs prières, une plus grande importance à ce grand mouvement, Ce sont des prêtres dévoués et de dévots laïques qui vont, par miüliers, rémplir les chemins et les rues qui conduisent à la Jérusalem de la terre, pour s'y retremper dans les sentiments de la foi et de la piété, en assistant à ce majestueux spectacle, C'est pour glorifier nos Pères dans la foi, les bienheureux Apôtres Pierre et Paul que toute l'Eglise catholique va faire entendre sos cris de joie et de jubilation. C'est pour assister et contribuer aux honneurs que le Souverain-Pontife doit décerner à de nouveaux Saints que se font ces immenses préparatifs ? C'est pour attirer sur le monde entier les bénédictions du ciel qu'il se fera dans la Ville-Sainte, dans ce jour à Jamais mémorable, tant de prières et de supplications, qu'il se chantera tant de cantiques harmonieux et tani d'hymnes sacrées, qu'il s'accomplira tant de rites pompeux et qu'il se fera tant de cérémonies religieuses,

Ne vous semble:t-il pas, N. T. C. F,, que dans cet Anniversaire séculaire la brillante lumière de l'éternité qui éclaira de ses feux célestes le Jour qui couronna les princes des Apôtires et ouvrit à ces pécheurs repentants un libre passage pour les cieux, sera plus resplendissanie ? Decora lux æterni- Latis, auream diem irrigavit ignibus, Apostolorum quæ coronat Principes, Reisque in astra liberam pandit via,

Letàla soeurs et lalogne l'autel

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