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Providence, Nous avons de raisonnables motifs de le croire. Car, par le concours providentiel de l’anniversaire de ia naissance de ces Pères illustres, il semble que Dieu veuille renouveler le souvenir de leurs mérites éminents et en même temps faire comprendre que les ordres religieux dont ils furent les fondateurs, n’auraient jamais dû subir de si indignes vioiences, dans les pays surtout dont ils ont agrandi le patrimoine de civilisation et de gloire par leur travail, par leur génie et par leur zèle infatigable.—Nous avons pleine confiance que ces solennités ne restercnt pas sans fruit pour le peuple chrétien qui, non sans raison, s’est habitré à voir dans l.: religieux des amis ; aussi, de même qu’il a io-
noré avec une grande piété et un cœur reconnaissant je
nom de Saint Benoit, ainsi maintenant s’apprôte-t-il à
célébrer à l’envi la mémoire de Saint François par des
fêtes pompeuses et de nombreuses et significatives
démonstrations. Cette émulation de piété ainsi que
cette rivalité d’hommages ne sont pas circonscrites au
pays qui à vu naître ce Saint, ni aux contrées qu'il a glorifiées de sa présence ; elles s'étendent à toutes les
terres, partout où la renommée de François s’est répandue, partout où flenrissent ses institutions.
Ces pieux et ardents sentiments, personne, certes, ne les approuve plus que Nous, surtout parce que dès notre jeunesse Nous avons été habitué à admirer Saint François et à l’entourer d’une vénération spéciale ; et aous nous glorifions d’avoir été admis à faire partie de là faille trausciscaine. Plus d’une fois, avec une joie des plus vives, Nous avons fait la pieuse ascension des sommets sacrés de l’Alvernia. Là, partout où Nous portions 108 pas, l’image de ce Héros g'offrait à Notre esprit, et ce5te solitude Nous tenait l'âme absorbée dans là méditation attentive de ses glorienx souvenirs.—Maie quelque louable que soit ce zèle, cependant, ii n’est pas out. Il faut bien se persuader que les honneurs pré-
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parés à Saint Francois lui seront d'autant plus agré..les qu’ils apporteront plus de fruit à ceux qui les lui rendent. Et ces fruits seront solides et durables, si ceux qui admirent, les vertus de cet homme éminent s’atta- Chent à lui ressembler et s’efforcent de devenir meilleurs en l’imitant. Si, avec le secours de Dieu, ils travaillent avec zèle dans ce but, ils y trouveront pour les maux d’aujourd’hui un remède opportun des plus efficaces — C’est pourauoi, Vénérables Frères, Nous Nous adressons à vous dans ces lettres, non seulement pour donner À Saint François un témoignage public de notre piété, mais auesi pour enflarnmer votre charité afin que vous travailliez de concert avec Nous à appliquer ce remède au salut des hommes.
Jésus-Christ, le Libérateur du genre humain, est la source intarissable et éternelle de tous les biens qui nous arrivent de l’infinie bonté de Dieu, de sorte que Celui qui a sauvé le monde une fois, continuera de le sauver pendant la durée des siècles. Car il n’y a pas sous k ciel d'autre nom donné aux hommes grâce auquel nous puissions élre sauvés. (1)
Si donc il arrive quelquefois que, par la corruption de la nature ou par la faute des hommes, le genre hu main tombe dans la décadence et qu’il ait besoin, pour sortir de cet état, d’un secours extraordinaire, il est tout à fait nécessaire qu’il recoure à Jésus-Christ, avec la persuasion qu'il trouvera en lui le meilleur et le plus assuré des refuges. Sa vertu divine est si grande et si puissante qu’elle suffit à guérir tous les maux et :à écarter tous les périls. Et la guérison sera infaillible, pourvu que l'humanité revienne à la profession de la sagesse chrétienne et aux préceptes évangéliques. Quand donc la société se trouve anx prises avec les maux dont nous
(1) Act, IV, 12.
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parlons, aussitôt qu’a sonné l’heure d'y porter secours, prévue dans les conseils divins, Dieu suscite immédiatement un homne sur la icrre, non pas un homme d’une trempe Commune, mais un homme éminent et extraordinaire auquel il donne pour mission de restaurer l’ordre public. Or ce besoin se fait sentir À la fin du douzième et au commencement du treizième siècle, et cette grande œuvre de restauration, ce fut Saint François qui l’accomplit. :
Cette époque, avec son cortège de vertuset de vices,
est suffisamment connue. La foi catholique s’épanouissait avec vigueur, profondément enracinée dans les âmes ; c'était un beau spectacle de voir partir pour la Palestine des foules animées d’une ardente piété, résolues a vaincre ou à mourir. D'autre part une licence extrême avait envahi les mœurs et il ÿ avaitun besein urgent de réveiller dans les âmes l'esprit de J ésus-Christ.—Or, la base des vertus chrétiennes est l'esprit de dévouement et desacrifice symbolisé dans la croix que doit porter sur ses épaules quiconque veut marcher sur les traces de Jésus-Christ. Et c'est le propre de cet esprit de sacrifice d'apporter aver lui le détachement des biens de ce monde, l'empire généreux sur soi-même, ia patience calme ct résignée dans l’adversité. Enfin, la maitresse et la reine de toute les vertus, est la charité envers Dieu et envers le prochain; sa puissance est si forte qu’elle amortit les difficultés inséparables de l’accomplissement du devoir, et si grandes que soient les afflicrions de la vie elle sait les rendre non-seulement supportables, mais pleines de douceur.
De ces vertus, au douzième siècle, la disette était grande, alors que beaucoup, attachés éperdûment aux choses humaines, ambitionnaient follement les honneurs et les “ichesses, ou consumaient leur vie daus le luxe et le dérèglement, Un petit nombr s’imposait à la multitude