PIE IX
À la lecture d’une Lettre si émouvante, vos CŒUT£ d’enfants se seront, Nous n’en doutons pas, N.T. C. F. dilatés avec une douce suavité, pour s'ouvrir aux sentiments les plus tendres de la piété filiale. Car, qu’elle est affectueuse la reconnaissance que nous témoigne notre Père commun, pour le faible tribut d'amour que nous lui avons offe:t ! Qu'ils sont salutaires les avis paternels qu’il nous donne, pour que nous soyons fermes dans les bons principes, durant ces jours de séduction ! Qu'elle est cordiale la confiance qu’il nous témoigne, en Se recommandant si instamment à nos prières! Qu'’elles sont pressantes les invi-
tations qu’Il nous fait de prier aussi pour la conversion de nos frères, que l’esprit révolutionnaire a précipités dans un si profond abime ! Qu’eiles sont riches en grâces les bénédictions qu’Il fait tomber du Ciel sur nous tous ! Qu'il est précieux le gage, qu’il nous donne de Son aflection particulière ! Vos âmes naturellement sensibles auront sans doute été pénétrées de ces saisissantes émotions, que le cœur éprouve, mais qu'aucune parole ne peut exprimer. Cette touchante Lettre aura donc fait sur vos cœurs des impressions qui seront désormais ineffaçables. Ah ! puissent les souvenirs, que vous en conserverez, resserrer de plus en plus les liens sacrés qui vousattachent au St. Siége ! Car cet attachement inviolable vous préservera de la séduction, qui efface le sentiment catholique, et livre Pesprit à un vertige déplorable,
En entendant la lecture de cette belle Lettre, vons aurez sans doute remarqué, N. T. C. F., que N.S. P. le Pape nous dit qu’Il est réduit à une frés-grande détresse ; et vous en aurez été vivement frappés. Ce Père affligé avait déjà découvert son extrême misère au monde entier, en disant, dans son Allocution Consistoriale du 30 Septembre dernier, que c’est uniquement par l’aide et le secours des Evéques et des Fidèles, dont l’insigne piété'et lés largesses sont pour lui un soulagement précieux, qu'il peut sufire aux charges qui s’augmentent de jour en jour.
Cet appel, ou plutôt ce eri de misère, a élé entendu dans toute l'Eglise, et les nations catholiques en ont été profondément émues. Elles ont compris qu’elles avaient un devoir à remplir, et par une heureuse pensée, qui ne pouvait venir que du Ciel, elles ont adopté, comme moyen plus facile et plus efficace d’aller en aide au Père commun, Le Denier de St. Pierre, qui cepuis plusieurs siècles était tombé dans l’oubli,
On s’est rappelé que, dans les beaux temps de la foi, le Denier de St. Pierre faisait couler des fleuves de charité dans ie trésor pontifical ; et qu’alors le Pape figurait, comme il convenait à son haut rang, dans toutes les grandes œuvres, qui ont illustré les siècles passés. On s’est demandé, avec empressement, s’il ne serait pas possible de ressusciter ce Denier de St. Pierre, en dépit de limpiété, qui se moque de toutes ces saintes et vieilles choses, qui honorent la religion du Dieu vivant. Et à l'instant on s’est mis à l’œuvre, en foulant aux pieds les sarcasmies de ceux qui blasphèment ce qu’ils ne comprennent pas.
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Un saint enthousiasme, qui est évidemment un souffle divin, s'est emparé de tout ce qu'il y a de cœurs nobles, dans le monde ; et il y en a encore beaucoup, Le Denier de St. Pierre est donc devenu un mot magique, un signe de ralliement, une devise, que la Chaire, la Tribune et la
Presse ont fait retentir, jusqu'au bout du monde. A la triste nouvelle que les jours difficiles qui se prolongent pour le
‘St. Siége ne font qu'aggraver les charges qui pèsent sur
lui, le monde catholique a été profondément affligé. Il s’est ébranlé, dans toutes ses parties, et il est à l’œuvre, pour
orter secours à son Père et à son Pontife, en lui payant Ls Denier de St. Pierre. C’est ainsi que le malheur des temps fait revivre une antique institution que le malheur des temps avait fait abandonner. C’est ainsi que la divine Providence nous ramène, comme par la main, aux œuvres de foi, que nos pères nous avaient laissées en héritage.
Notre catholique Canada a déjà fait écho à cet admirable concert du monde entier, pour cette grande œuvre de charité. Il ne restera donc pas en arrière après de si beaux commencements. Oh ! oui, il ajoutera, à sa prière de tous les jours, son aumêne de toutes les années, en prenant part au Denier de St. Pierre, pour le soulagement du Père commun dans sa grande détresse. Mais il est juste qu’on ni fasse bien connaître cette œuvre nouvelle pour lui; et c’est ce que Nous allons faire, en répondant aux questions suivantes :
Qu'est-ce que le Denier de St Pierre?
Le Denier de St. Pierre est une certaine contribution volontaire, ou redevance pieuse, que tout bon.catholique aime à payer au Pape, pour honorer, dans son anguste personne, St. Pierre, le Prince des Apôtres et le Chef su: prême de la Religion chrétienne, qui vit dans ses successeurs, et l'aider dans les énormes dépenses qu'il lui faut faire pour le bien général de l'Eglise.
Cette définition toute simple vous fait parfaitement connaître, N. T. C. F., l'œuvre éminemment catholique à laquelle nous sommes tous invités à contribuer. Votre sentiment religieux vous suflira pour vous faire comprendre combien cette œuvre de oi est grande aux yeux de Dieu, et merveilleuse dans ses immenses résultats. Nous vous laissons donc à vos propres considérations, pour que vous puissiez apprécier par vous-mêmes l'excellence et le mérite du Denier de St. Pierre, considéré en lui-même, et par
rappport à Dieu, qui est grandement glorifié par cette sainte
action ; par rapport à l’Eglise, qui est merveilleusement
consolée par le soulagement donné à son Père ; par rapport au Pape, qui est puissamment assisté, dans sa très-grande détresse ; par rapport à l’univers catholique, qui sera singulièrement édifié et encouragé de notre coopération à cette œuvre générale : eten voici la raison, Dans beaucoup de Pays, notre Canada n’est encore connu que sur les vieilles
relations, qui le représentaient, il y a deux siècles, comme
une contrée sauvage où l’on se nourrissait de chaire hu- :
maine, et où l'on brûlait avec plaisir le monde à petit feu. On sera donc émerveillé de voir ce Canada figurer pour quelque chose sur la liste générale de tous les pays catholiques, allant au secours du Père de la grande famille chrétienne,
Laissant toutes ces choses et beaucoup d’autres à vos justes appréciations, Nous nous bornons, N.T. C. F., à vous parler du Denier de St. Pierre comme d’une chose qui doit vous intéresser vivement, et dans tout ce que vous avez de plus cher au monde, savoir, le maintien de votre foi, la gloire de votre Dieu, l’honneur de vote Religion, le bonheur de vos familles, la prospérité de votre patrie, Or, tous ces grands intérêts, vous ne sauriez en douter, se concentrent aujourd’hui dans la Papauté, que l’impiété du siècle ne cherche à renverser et à traîner dans la poussière que pour déshonorer le catholicisme et tous les vrais catholiques qui tiennent sincèrement à la vraie religion.
Ce que Nous voulons, N. T, C. F., vous faire voir, dans cette Instruction, c’est qu’en payant fidèlement votre bonne part du Denier de St. Pierre, vous ne faites qu’accomplir un devoir de piété, de justice et de reconnaissance qui veut que les enfants aient soin de leur père ; que les brebis donnent leur lait et leur laine pour nourrir et vêtir leur Pasteur; que les administrés paient à leur administrateur tous les frais d’une administration, qui est toute à leur avantage.
Ce dont Nous voudrions vous bien convaincre, N.'T!. C. F., c’est que, quand l'Eglise vous invite à faire quelque sacrifice pécuniaire, c’est toujours dans vos intérôts spirituels et même temporels, N’est-il pas en effet évident, par exemple, que l’argent qui vous est demandé pour bâtir une Eglise et nourrir un Pasteur, donne des grâces à vos âmes et de la vaieur à vos terres? N’est-il pas également certain que cet argent que l’on vous demande si souvent pour les hospices de charité, pour les bonnes œuvres, pour les pauvres enfin, rachète vos péchés et bénit vos terres,
votre commerce et toutes vos entreprises ?
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Aujourd’hui, Nous élevons la voix pour recommander à votre charité une nouvelle œuvre ; une œuvre plus grande que toutes les autres œuvres, dont Nous avons pu vous parler jusqu'ici; une œuvre mystérieuse que n08 pères, dans l'instinct de leur foi, ont appelée le Denier de St. Pierre, parce que retirés, avec l’hameçon évangelique de ce Pécheur d'hommes, d’un océan d’erieurs et de vices, ils lui ont payé de grand cœur le double tribut qu’ils lui devaient, pour avoir été ainsi appelés par lui à l’admirable lumière de la foi. Car r’était en bénissant ce grand Apôtre qu’ils venaient déposer à ses pieds une partie de leurs biens temporels, par reconnaissance, pour les inestimables richesses spirituelles dont ils se voyaient comblés par son ministère et celui de ses successeurs. C’était par ces oblations volontaires, sous forme tributaire, qu’ils rendaient foi et hommage au Souverain Pontife, en se reconnaissant 868 féodaux spirituels, parce que Dieu le leur avait donné pour Prince et Seigneur Suzerain en religion (super plebem meaum Principem te constitui), et en soumettant à sa divine puissance tous les royaurnes du monde (T'ibi tradidit Deus omnia regna mundi). C’est donc dans la houche du miraculeux poisson, que pécha St. Pierre dans la mer de Galilée, qu'il faut aller chercher l’origine de ce denier sacré.
Maintenant, N. T. C. F., Nous croyons devoir vous protester, dans la sincérité de notre âme, qu’en établissant, dans le Diocèse, cette œuvre de foi, quiest si mystérieuse dans son origine, si surnaturelle dans son principe, si vénérable par son antiquité et si merveilleuse par ses fruits, notre intention est de vous fournir un moyen facile de vous montrer les enfants dévoués du Père de vos âmes, les fidèles agneaux du Pasteur qui a soin de Nous qui sommes vos Pasteurs particuliers, sous la houlette de ce Pasteur des Pasteurs.
Nous devons encore vous dire, N.T. C. F., qu’en faisant du Denier de St. Pierre, une Œuvre Diocésaine, pour le soulagement du Père commun, dans son extrême détresse, Nous croyons rendre à ce Diocèse, pour lequel, malgré notre indignité et insuffisance, Nous fûmes consacré Evêque, il y a tout-à-l’heure vingt-cinq ans, le plus grand service que Nous ayons pu rendre jusqu'ici, ou que Nous puissions jamais lui rendre, sil plaisait à Dieu de Nous
donner encore de longues années, pour réparer la stérilité
des années passées.
Car, Nous en avons l’intime conviction, ce Denier sacré,
en transmettant, d’année en année, nos oblations dans la
LA
Ville Sainte, nous reviendra avec des bénédictions cent fois plus abondantes. Il sera semblable à notre fleuve St. Laurent qui ne se jette à la mer, après avoir arrosé nos riches et belles campagnes, que pour s'y changer en nuages bienfaisants, et revenir, porté sur les ailes des vents, arroser notre immense contrée et fertiliser nos magnifiques champs, en y répandant la rosée du ciel et là graisse de la terre. Croyez-le, N. T. C. F., si notre Denier, la première fois qu’il a été payé, a été reçu comme une manne descendue du ciel, parce que ce jour-là Notre Père n’avait plus rien, il devra revenir chargé de bénédictions et se répai.dre sur nos villes et nos campagnes, d’une manière encore plus providentielle que la manne ancienne, qui nourrissait tous les jours les Juifs dans les déserts de l’Arabie,
Comme vous venez de le voir, N. $. P. le Pape reconnaît en quelque sorte, dans le Denier de St. Pierre, un miracle que fait chaque jour la Divine Providence, pour venir à son secours. Et en effet, n’est-ce pas un miracle de résurrection spirituelle que l'apparition subite du Denier de St. Pierre, qui, après trois siècles, renverse la pierre avec laquelle l’hérésie et l’impiété avaient fermé son tombeau, en sort jeune, fort, vigoureux ex plein d’une vie nouvelle, jette lépouvante parmi les soldats de la révolution qui gardaient son tombeau, confond les docteurs du siècle qui, le croyant bien mort, plaisantaient de son retour au sein de sa grande familie, l'univers catholique, aw’il remplit de joie et d’espérance, déconcerte enfin les vains projets des Princes de la terre, qui en réduisant la Papauté à la mendicité, pour lavilir et l’anéantir, s’ils le ponvaient, croyaient être sûrs de leur proie. Jugez par là, N. T. C.F., si Dieu peut laisser sans récompense ceux qui prennent part, avec un zèle vraiment chrétien, à une si grande et si belle œuvre.
Le Denier de St. Pierre peut-il étre un fardeau pour l'Eglise ?
Nous répondons, sans hésiter, à cette question, que si .
le Denier de St. Pierre peut être un fardeau pour PEglise Catholique, ce ne peut être qu’un fardeau doux et léger, comme celui de Notre Seigneur; et par conséquent il doi: être bien facile à porter.
C’est un fardeau doux, parce qu’il s’agit pour des enfants bien nés de porter secours à un Père qu’ils aiment, et dont ils sont tendrement aimés, et pour des brebis fidèles de nourrir un bon Pasteur, qui les fait paître si heureusement dans les gras pâturages de l'Eglise, Car l'amour, quand
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ilest v l'éprou C’es et volo vile n° comm bon pl pect h témoi elle-m C'’e bonne l'âme soula tifica quelq pend:
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il est véritable, ne sent point la peine du sacrifice; ou s’il l'éprouve, ce n’est que pour se montrer plus héroïque.
C’est un fardeau doux, parce qu’il est partaitement libre et volontaire, Et en eflet, nulle loi ecclésiastique ou civile n’en fait un devoir de conscience. Donne qui veut et comme il veut. Chacun est laissé à sa volonté et à son bon plaisir. Personne n’est contraint de donner par respect humain. Car c’est un don secret dont Dieu seul est témoin, pour le mieux récompenser. La mein gauche elle-même ne saura pas ce que donne la droite.
C’est un fardeau doux, à cause du témoignage de Île bonne conscience, qui ne cesse de répéter au fond de l'âme, qu’en payant sa part du Denier ‘'e St. Pierre, on soulage une grande misère, cachée sous le manteau Pontifical, et abritée sous la Tiare de la Papauté; que l’on fait quelque chose, non plus pour un pauvre ordinaire qui, Cependant, nous représente toujours Jésus-Christ, mais pour
Jésus-Christ lui-même dans la vénérable personne de son Vicaire; que, par cet acte de bienfaisance, on a enfin Vheureuse cccasion d’imiter en quelque chose nos pères qui, après avoir si généreusement combattu sous le glorieux étendard de Charlesmagne, pour élever le Siége de Pierre au-dessus de toute puissance de la terre, afin qu’il füt, aux yeux de tous les peuples, une image plus parfaite
du Dieu, qui ne dépend de personne, payaient encore si fidèlement leur Denier à celui pour qui ils avaient versé leur sang, comme viennent de faire encore les jeunes héros de Castelfidardo.
C’est un fardeau doux, à raison des mérites surabondants qu’il y a à le porter avec joie; ce qui est une disposition essentielle : hilarem enim datorem diligit Deus.
Ah! N.T.C.F., si toute bonne action porte avec soi Sa récompense, par le bonheur intérieur qu’elle fait éprouver, et qui est cent fois plus grand que tout autre bonheur que peut procurer le monde, que penser de l’ineffable consolation du bon chrétien qui, en payant le Denier de St. Pierre, peut se dire intérieurement: ce que je donne au Pape, c’est à loule l'Eglise que je le donne ; c'esi pour joutes les œuvres catholiques, que fait le Pape, que je le donne ; ce que je donne ainsi au Pape, à l'Eglise, à toutes les œuvres catholiques du monde entier, c’est dans l’espérance que j'aurai ma bonne part des mérites incomparables qui y sont attachés.
Nous allons done, N. T. C. F., répondre avec ardeur à heureux appel, qui nous est fait, en acceptant de bon
cœur le fardeau qui nous est présenté, si toutefois c'en est un, Oh!ilyatant de mérites et de consolations à le porter, ce fardeau si doux, à le payer ce Denier de St. Pierre, qu’il n’y aura personne parmi nous assez peu clairvoyant sur ses vrais intérêts, pour hésiter un instant. D'autant plus que le fardeau dont il s’agit de se charger est aussi léger qu’il est doux à porter.
Oui, N. T. C. F., c’est vraiment un fardeau léger à porter que le Denier de St. Pierre; et cependant, quel bien incalculable il peut et doit produire, dans le monde entier, si chaque catholique fait son devoir. Quelques calculs fort simples vont rendre la chose palpable.
On estime à deux cent millions la population catholique
‘ du monde entier. Tous sont vivement intéressés à ce que le Chef suprême de l’Eglise ne succombe pas, sous les coups redoublés que lui portent les ennemis acharnés de Dieu et de l'Eglise, en travaillant, comme ils font, à le dépouiller de son domaine temporel. En attendant que se termine cette terrible lutte, tous doivent désirer qu’il continue à gouverner l’Église ; car sans cela, que devient le monde entier? Mais il nous notifie publiquement et officiellement qu’il ne peut plus supporter seul les charges du St. Siége ; et que le seul secours qu’il ait à espérer, dans sa trèsgrande détresse, ne peut lui venir que des enfants de l'Eglise. Maintenant, nous tous enfants de l'Eglise, à qui s'adressent des paroles si sérieuses, et qui tombent de si haut, pouvons-nous seulement mettre en question si le Denier de St. Pierre est, ou n’est pas un fardeau léger ? Dans une telle extrêmité, quand même ce devrait être un fardeau très-pesant, il n’y aurait pas à balancer un instant. Car enfin, lorsqu'un père est dans un urgent besoin, que ne doivent pas faire des enfants, pour lui venir en aide, Mais rassurons-nous : nous pouvons très-facilement porter un secours efficace au Souverain Pontife ; car pour nous, comme pour tous les autres catholiques du monde, le Denier de St. Pierre est vraiment un fardeau léger.
Supposons maintenant que chacun de ces deux cent millions de catholiques donne, chaque année, au Souverain Pontife, seulement vingt sous. C’était, selon quelques-uns, la valeur de cette monnaie miraculeuse, valant quatre drachmes, que trouva St, Pierre, dans la bouche de son poisson, Dans ce cas, le Denier de St. Pierre fournira au St. Père, pour l’aider à supporter toutes les charses du St. Siége, deux cent millions de francs: cent millions, si l’on réduit la contribution de chacun à dix sous
par an paie, tile de total « vingt-C Denier chiffre Dan pour k ches F ce qui atteini auvr alle Pot taits < ses re heure aucu!
St. P Ce sans Eglis Colle tre q quii dont à qu me, peu œuv part tena croi de € une
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holique e que le :S Coups le Dieu lépouiltermine tinue à monde lement Siége ; sa trèsants de glise, à vent de n si le léger ?
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porter Ir nous, onde, le x cent Souven quelvalant bouche Pierre utes les ; cent iX SOUS
ar an; et cinquante millions de francs, si chacun ne paie, l’un portant l’autre, que cinq sous. Il n’est pas inutile de vous faire observer en passant, que la dépense total du Gouvernement Pontifical est d’environ quatrevingt-dix millions de franes. Or, il est visible que le Denier de St. Pierre pourrait facilement atteindre ce chiffre.
Dans ce calcul, l’on suppose que les parents paieront pour leurs plus petits enfants ; et qu’il y aura assez de ri-
ches pour suppléer, par leurs abondantes contributions, à ce qui pourrait manquer de la part des plus pauvres, PO atteindre ce chiffre total de recettes. Car n’oublions pas la
auvreté des pays de mission, ce qu'était, par exemple, celle du nôtre, il y a deux cents ans.
Pour ce qui regarde le Diocèse de Montréal, tous calculs laits d’après ce que Nous connaissons de sa population, de ses ressources et des autres circonstances plus ou moins heureuses dans lesquelles il peut se trouver, il pourait, sans aucune gêne, se mettre à contribution, pour le Denier de St. Pierre, pour au moins deux cent mille francs.
Cette somme pourrait en effet se prélever facilement, et sans presque s’en apercevoir, en faisant dans les différentes Eglises de la ville et des campagnes, ainsi que dans les Colléges, Couvents et autres Etablissements religieux, quatre quêtes par année. Quel est le pauvre, par exemple, qui ne pourrait pas mettre de côté deux sous par mois, pour donner ses vingt-quatre sous par année ? Quel est l’enfant à quion ne pourrait pas faire économiser cette petite somme, sur ses menus plaisirs ? Quelle est la personne tant soit peu à l’aise, qui ne puisse ménager, pour cette excellente œuvre, une couple de francs, par mois, pour que £a quote-
part de contribution annuelle soit de quatre piasires ? Maintenant, que de riches, dans la ville et les campagnes, se croiraient en quelque sorte insultés, si, pour une aussi grande œuvre, on ne leur demandait pas pour le Père commun une rente annuelle, beaucoup plus élevée ?
Que les fabriques, banques, compagnies, conférences de gt. Vincent, associations, efc., fassent aussi une allocation annuelle sur leur revenu net, et cela du consentement de tous les intéressés, afin de grossir le montant de ce Denier sacré. N’est-il pas évident qu’on obtiendrait, par tous ces moyens, un très-grand résultat ?
Faisons un autre calcul, pour comprendre encore mieux combien il nous serait facile, avec les moyens que la Divine
Providence a mis à notre disposition, de faire paraître le
Diocèse de Montréal, dans la liste générale de tous les Diocèses du monde, avec un chiffre de souscription respeclable, et de lui faire occuper .une place d'honneur, dans une liste si honorable, Car il faut se souvenir que rien n’est oublié dans la Vilie-Eternelle. Le bronze et le marbre sont là en abondance, pour éterniser la mémoire du Denier de St. Pierre, et pour transmettre à la postérité la plus reculée ce que chaque partie du monde catholique aura pu faire, pour le Siége Apostolique, et pour l’immortel Pie IX, dans ces jours de très-grande détresse.
Eh bien ! cet autre calcul, le voici ; eteomme vous allez le voir, il est facile à faire. Il consiste tout bonnement à s’imposer quelque sacrifice pour l’amour de Dieu et de son Eglise, afin de pouvoir donner à St. Picrre un Denier plus considérable. A cette fin, tout en s’accordant ce qui peut être nécessaire, même aux bienséances de son état, on s’habille un peu moins richement, on se nourrit moins délicatement, on se prive de faire un voyage de plaisir, on renonce à une dépense inutile, on fait un travail plus fort ou plus long, pour que le bénéfice augmente le Denier sacré, qui doit être déposé aux pieds du Souverain Pontife. L’on s’interdit ces dépenses folles et souvent ruineuses, ce luxe excessif dans l'ajustement, ces parties de plaisirs, ces repas somptueux, ces longues et fréquentes courses de chevaux, cette extrême prodigalité dans les auberges, les maisons de jeu et de crime, et mille autres choses sembla. bles. Beaucoup de familles, hélas ! se sont ruinées par de semblables dépenses en plaisirs et en amusements frivoles ! Vous n’en verrez pas une seule, soyez-en bien persuadés, N.T. C. F., dérangée le moins du monde, à cause du De- : nier de St. Pierre.
Il faut donc encore une fois en conclure qu’il y va, dans l'établissement du Denier de St. Pierre, de vos plus chers intérêts ; puisqu'il doit s’en suivre pour vous une si grande consolation dans l’intérieur de vos âmes, un si grand honneur aux yeux du St. Siége et de toute l’Église Catholique, et un si grand mérite devant Dieu ; et cela pour un léger sacrifice, pour un verre d’eau froide donné de bon cœur, à notre magnanime Pontife, attaché comme son Maître à la Croix, afin d’étancher sa soif, c’est-à-dire le zèle brûlant qui le dévore pour le salut des âmes et la prospérité de la Sainte Eglise. Sitio.
À quoi est appliqué le Denier de St. Pierre ? a réponse à cette question est toute simple, et se réduit à vous faire voir, N.T. C. F., que le produit du Denier de
St. Pier les autre qui vie Cette re et de v:
comme de tout le Gou:
nes Cor ainsi, C que le.
du Sou entier.
vers, | sacré, Le | terre, ( teur d quelqt voir q de tou unive tholic le tra ignor:
des s C’e dérer unive
; les Diorespectalans une en n’est rbre sont enier de lus recuaura pu | Pie IX,
ous allez ement à :t de son ier plus qui peut état, on oins déisir, on lus fort nier sa- Pontife.
uses, ce sirs, ces de cheres, les semblas par de rivoles !
suadés, du De-
a, dans s chers grande id honolique, n léger cœur, à re à la brûlant é de la
réduit nier de
St. Pierre est à l'avantage du monde entier, aussi bien que
les autres revenus sacrés, provenant des Etats Pontificaux,
qui viennent d’être envahis d’une manière si sacrilége.
Cette réponse brillera à vos yeux du plus vif éclat de clarté
et de vérité, lorsque Nous vous aurons montré le Pape
comme l’homme de tout le monde, Rome comme la ville de tout le monde, les Etats Pontificaux comme les Etats, le Gouvernement de tout le monde, les Institutions Romaines comme les Institutions de tout le monde. S’ilen est ainsi, comme il n’y a pas à en douter, il demeure évident que le Denier de St. Pierre, qui se dépose aux pieds sacrés du Souverain Pontife, contribue au bien général du monde entier. Ainsi, ne l’oublions nas, c’est pour le bien de l’univers, pour le nôtre par cor équent, que se paie ce Denier sacré, puisque nous faisons partie de ce vaste univers.
Le Pape, comme Dieu dont il est le Représentant sur la terre, est pour lous, et l’homme de tout le monde, le Serviteur des Serviteurs de Jésus-Christ. Oui, vraiment, sous quelque rapport que nous le considérions, il est facile de voir qu'il est l'homme de tous les pays, de tous les siècles, de tous les rangs, de toutes les conditions, enfin l’homre universel, dont tous les actes sont frappés au coin de la Catholicité, dont l'existence, la vie, les facultés, les talents, le travail sont à l’univers. [L est le débiteur de tous, des ignorants comme des savants, des petits Comme des grands, des sujets comme des rois.
C’est sous toutes ces impressions que Nous allons considérer le Souverain Pontife, dans ses fonctions de Pasteur umversel, pour voir comment il donne le mouvement et la vie à cet immense Corps de l'Eglise, répandue par toute la terre, et par quels merveilleux moyens il communique son esprit de grâce dans tous et chacun des membres de ce Corps mystique de Jésus-Christ.
Placé sur la Chaîre Apostolique, comme 256e successeur de St. Pierre, il gouverne, nourrit et défend, sous la houlette du Bon Pasteur, les deux cent millions de Catholi-
ues, qui forment aujourd’hui le vrai troupeau de Jésus- Christ. Il est à la vérité Evêque particulier de Rome. Mais pour que les détails de l'administration de cette Eglise, Mère de toutes les autres Eglises, ne l’empêchent pas d'exercer sa sollicitude universelle, il se décharge du soin des âmes qui appartiennent à cette Eglise, sur un Cardi-
nal qu’il établit pour cela son Vicaire.
Vicaire de la charité de Jésus Dhrist, qui est mort pour le salut de tous, il travaille sans -elâche à attirer dans le
sein de l'Eglise, les sept ou huit cent millions d’hommes,
qui se perdent dans le Judaïsme, le schisme, l’hérésie,
linfidélité et le paganisme.
Moyse de la nouvelle alliance, il se fait assister, dans le gouvernement du peuple chrétien, par soixante-et-dix Cardinaux qui sont, pour l'Eglise, ce qu’étaient pour la Synagogue, les soixante-dix Anciens, choisis parmi les plus sages des enfants d'Israël, pour aider le Législateur Hébreux à gouverner le peuple de Dieu, avec l’assistance du Seigneur dont l'Esprit Saint répartissait les dons entre tous ces Juges, mais résidait en plénitude dans le Chef suprême.
Pasteur des Pasteurs, il partage sa sollicitude univer-
selle avec environ mille Evèques, qu’il choisit et institue canoniqueient, à qui il accorde tous les pouvoirs nécessaires, qu’il surveille et affermit dans les devoirs de la redoutable charge pastorale, avec qui il correspond activement pour le salut des âmes, à qui il fait rendre compte de temps en temps de leur administration ; qu’il oblige de se rendre à certaines époques, auprès de lui, pour qu’ils lui fassent mieux connaître où en est la Religion, dans les lieux confiés à leurs soins; qu’il éclaire dans la pratique des devoirs de la morale chrétienne, pour que leurs peuples suivent toujours la saine doctrine, dont il dissipe les doutes et soulève le courage, pour surmonter les obstacles sans nombre, qui s'opposent au bien des âmes, avec lesquels enfin il se comporte comme St. Pierre, avec les autres Apôtres, pour les fortifier dans Paccomplissement de tous leurs devoirs. Tu aliquando conversus, confirma fratres tuos. Luc, 22, 32.
Père de la grande famille chrétienne, il partage ses soins multipliés, pour ses innombrables enfants, avec dix-sept Congrégations instituées pour expédier cette multitude d’affaires religieuses qui affluent à Rome, de toutes les parties du monde ; lesquelles Congrégations se composent de Cardinaux, Prélats, Docteurs, Consulteurs, enfin de tout ce qu’il y a le plus éminent en piété, science, sagesse et prudence,
C’est avec l’assistance de ces laborieuses Congrégations, qu’il travaille à conserver la foi et la morale ; qu’il examine et condamne les mauvais livres ; qu’il conserve les traditions Divines et Apostoliques ; qu’il maintient la discipline Ecclésiastique et Monastique : qu’il donne au culte de Dieu toute la splendeur qu’il doit avoir ; qu’il entretient la sainte liturgie ; qu’il fait observer toutes les religieuses cérémonies ; qu’il canonise les Saints pour multiplier dans
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Je Cieliles protecteurs de la terre ; qu’il fait chercher dans les Catacombes les Restes précieux des Martyrs, pour leur faire rendre de grands honneurs en tous lieux ; qu’il acco:de des Indulgences, Dispenses, Indults sans nombre, pour satisfaire aux besoins de tous les fidèles ; qu’il termine tous les différends qui pourraient troubler la paix des Eglises, Oh! qu’elles sont belles et admirables ces Saintes Congrégations Romaines ! Qu’elles sont précieuses au monde chrétien ! Quelles sont utiles et nécessaires à toute l'Eglise.
Souverain d'un petit Etat temporel, il en déploie toutes les 12ssources matérielles, à avantage de la Religion pour laquelle la Divine Providence l’a tout exprès formé tel qu’il est. Car il n’oublie pas que la Papauté n’est sur le Trône que pour faire régner Dieu et son Christ en touslieux. Il ne faut que jeter un regard sur les Institutions de cette Principauté, pour demeurer convaineu qu’elle n’est ainsi constituée que pour le plus grand bien du monde entier.
Et en eflet pour une population d'une couple de millions d’habitants, il y a trois Universités florissantes, auxquelles on accourt des différentes parties du monde, pour #y initier aux hautes études qui forment des hommes distingués pour la Société, aussi bien que pour la Religion.
On voit aussi clairement que la ville de Rome, dont la population n’est que de 194,587 âmes, n’est si richement dotée d’Institutions de toutes espèces que parce qu’elle est la Capitale du monde entier, et le Siége du Souverain Pasteur de toute l'Eglise. Outre les Eminents Cardinaux qui y résident en grand nombre, on y compte 40 Evêques, 1385 Prêtres Séculiers, 55 Congrégations d'hommes, donnant 2474 Religieux et 72 Couvents, dans lesquels on compte 2032 Religieuses.
Ces diverses Institutions sont consacrées à différents genres de ministère, pour le salut des âmes, le soin des pauvres, et l'exercice de la prière et de la contemplation. Mais pourquoi, dans cette ville, tant d’Institutions Ecclésiastiques et Religieuses ? C’est pour l'avantage, encore une fois, de toutes les nations et de tous les pays.
Car ce sont ces saintes familles religieuses qui portent la bonne nouvelle de l'Evangile dans toutes les parties du monde, qui donnent des Martyrs à l'Eglise, des Orateurs éloquents à la Chaire et au Barreau, de pieux Confesseurs à la direction des âmes, des Docteurs distingués aux Fcultés de Théologie et de Médecine, d’habiles Jurisconsultes au Droit Civil et Canonique, des Savants à la Républi-
que des Lettres ; et cela dans toutes sortes de langues et pour toutes sortes d'Arts nécessaires ou utiles.
Ce sont ces Institutions Ecclésiastiques et Religieuses si multipliées par leur nombre, et si variées par leur manière de vie, qui dirigent les établissements de tous genres
qui sont en si grand nombre et qui desservent les trois à .
quatre cents Eglises, qui sont consacrées au Culte Divin,
dans la Ville Sainte, pour en faire la Jérusalem de la terre..
Car, pour en avoir quelque idée, il faut avoir suivi les exercices religieux de cette Cité de Dieu, avoir entendu ses chants harmonieux du jour et de la nuit, avoir vu ses illuminations spiendides, ses grandes et pompeuses cérémonies, pour comprendre l’immense travail de la Religion qui se fait à Rome, au nom de tout le peuple chrétien. Là on comprend qu’il y a au monde une ville qui n’est pas comme les autres villes du monde, qui prie et qui loue Dieu jour et nuit, pour les autres villes du monde ; qui a pour cela ses habitudes, ses mœurs, ses coutumes propres, qui ne sauraient se rencontrer dans les autres villes du monde. Car il n’y a que la ville du Pontife-Roi qui puisse offrir tous les jours ce grand spectacle religieux et apparaître comme un grand temple où Dieu est continuellen..ent loué et béni dans ses infinies perfections.
Ces Eglises plus ou moins magnifiques, que l'œil de l'étranger, avide de tout voir, aperçoit sur tous les points de cette majestueuse Cité, disent bien haut que Rome est la ville de tout le monde, la Capitale de tous les pays, le centre de toutes les nations. Car il y a des Eglises spéciales pour chaque peuple catholique ; et des Prêtres de toutes nations pour les desservir. Aussi, est-on compris et peut-on remplir s:s devoirs religieux, dans telle ou telle Eglise dédiée à telle spécialité, quelle que soit la langue que l’on parle et quel que éloigné que soit le pays d’où l’on arrive.
Vous êtes encore frappés de ce caractère de catholicité, qui est comme infiltré dans toutes les institutions de Rome, quand vous apercevez dans les grandes Basiliques les confessionnaux des Pénitenciers du Pape, qui sont l’un pour les Français, l’autre pour les Autrichiens et ainsi des autres nations connues. A des heures fixes, et pendant que se célèbrent les Offices Divins dans une partie de ces Eglises, les Confesseurs désignés pour exercer le ministère de la miséricorde, en faveur de tous les peuples du monde, sont là qui attendent pour réconcilier à Dieu ceux dont la prière de l’Eglise aura touché le cœur. Et de fait, sur les qua-
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rante à cinquante mille étrangers qui passent une partie de l’année à Rome, combien qui retrouvent l'innocence dans ces fontaines sacrées où ils vont se purifier !
Ce qui fait encore comprendre que Rome est la ville catholique, ouvrant ses portes à tous les peuples de l’Orient et de l'Occident, du Septentrion et du Midi, c’est le grand nombre de maisons d'éducation, pour ÿ enseigner les sciences en toutes sortes de langues, afin qu’au sortir de ces Séminaires et Colléges, les élèves, que la grâce aura appelés au saint ministère, puissent, à l'exemple des Apôtres, se disperser dans tous les pays du monde, pour y raconter les merveilles de Dieu et la gloire de sa sainte Eglise, en toutes sortes de langues. Nous assistämes, en 1847, à un exercice publie du Collége Urbain ou de la Propagande ; et ce fut pour nous une merveille &’entendre parler cinquantedeux langues, qui étaient toutes comprises et parlées par un des Eminents Cardinaux, qui présidaient à cette intéressante réunion. On compte done à Rome seize Séminaires et Colléges, fréquentés par 1657 élèves, sans compter un bon nombre d’académies de philosophie, de théologie, et de liturgie.
Il n’y a pas même jusqu'aux institutions d'éducation primaire qui ne se ressentent de l'esprit de catholicité qui règne à Rome. Car elles sont en nombre pour répondre à tous les besoins des enfants étrangers aussi bien que des enfants romains. On y compte 80 institutions primaires de différents genres pour les garçons seulement. Les pensionnats et orphelinats tenus par les Communautés ont à eux seuls 2613 filles à instruire. Il y a en outre beaucoup d'écoles primaires, trois ou quatre par rue, des hospices et
énitenciers où les enfants reçoivent leur éducation, trois
salles d'asile, fréquentées par environ 450 petits enfants de 3 à 8 ans, des écoles gratuites et douze écoles du soir, fréquentées par 360 jeunes ouvriers, des ouvroirs où les jeunes filles sont formées aux travaux de ménage et à tout ce qui peut les préparer à devenir de bonnes mères de famille, Ces différentes Institutions ont des Cardinaux pour protecteurs, ce qui montre la grande importance qu’on y attache.
Les Institutions de charité sont également marquées au coin de la catholicité ; et elles sont en si grand nombre qu’elles embrassent toutes les misères de la vie. Aucun pauvre en effet ne souffre à Rome ; car il sait où aller manger quand il a faim, et où aller coucher s’il n’a point d’asile. La seule maison de la Trinité des pélerins, insti-
tuée pour loger et nourrir au besoin 2000 étrangers à la fois, suffirait pour prouver que Rome est la ville de tout le monde.
Ces détails dans lesquels Nous sommes entré Nous ont paru nécessaires. Car enfin si Rome est la ville de tout le monde, elle doit être aussi à nous ; et par conséquent il nous faut prendre connaissance d’un bien qui nous appartient et dunt nous retirons chaque jour un véritable profit. D'ailleurs, comme il ne manque pas de gens, dans le monde, qui osent dire que Rome, gouvernée par le Pape, est pauvre en Institutions, Nous avons cru vous faire plaisir, en entrant dans tous ces détails, afin que vous sachiez que répondre à ceux qui en parlant si mal du Gouvernement paternel du Pontife-Roi, ne sont que les répétiteurs aveugles de gens mal intentionnés.
Nous sommes donc tous intéressés à conserver ce bien précieux, qui appartient aux nations catholiques. Or, c’est ce que nous faisons en payant le Denier de St. Pierre. Car nous aidons le Pape à conserver les antiques monuments de Rome payenne et à en élever de nouveaux dans Rome chrétienne. Eten cela même nous contribuons au bien général de la Société Catholique, puisque nous encourageons les talents des hommes de génie qui vont s'inspirer dans la ville où brillent tous les chef-d’œuvres d’architecture, de peinture et de tous les beaux-arts.
Oh! qu’elle est belle la Ville du Pontife-Roi, la Ville Sainte, la Ville Eternelle, la Ville Catholique, la Ville des martyrs, la Ville des souvenirs, la Ville des antiques et beaux monursents, la Ville des chants sacrés et des beauxarts, la Ville où coulent tant de magnifiques fontaines dont . les eaux vives et intarrissables jaillissent jusqu'aux extrémités du monde. Car elles ne sont, et elles ne peuvent être qu’une bien faible figure des fleuves de grâces qui sortent de ce paradis terrestre, pour arroser toute la terre !
Quelles sont pour nous tous les raisons de payer le Denier de St. Pierre?
Tout ce que Nous venons de vous dire, N. T. C. F., du Denier de St. Pierre, serait plus que suffisant, ce nous semble, pour en faire comprendre l’excellence, la nécessité et les avantages, qui sont des raisons convainquantes pour tout esprit droit et sincère. Mais Nous devons aussi parler à vos cœurs ; car c’est là surtout où se trouvent toutes les affections tendres et fortes, qui font faire de grandes et belles choses. Pour cela, Nous faisons, sans préambule aucun,
appel à V vous disot C’est u nous. H la violenc l'injustice etdelaf vives SyI de notre charité.
fection f de notre si vif éc sance M mis que Hélas sible, sont ra sincère écrits, | ment re perséct pauté \ jourd’h condui son d’:
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C. F., du nous semicessité et ntes pour issi parler toutes les ‘s et belles le aucun,
appel à votre piété filiale, en faveur d’un Père, et Nous
vous disons :
C’est un Père malheureux, mais innocent, qui recourt à
nous. Hélas! il est dans un pressant besoin, parce que la violence l’a dépouillé, que ’impiété le dog que l'injustice le poursuit et qu'il est Victime de l’ingratitude et de la perfidie. Donnons-lui donc, N. T, C. F., les plus vives sympathies de notre cœur, les plus ferventes prières de notre piété, et 'es plus abondantes aumônes de notre charité. Embrassons, avec tout l’attendrissement de l’affection filiale, et arrosons de nos larmes les pieds sacrés de notre Saint Pontife Pie IX, dont les vertus brillent d’un si vif éclat, au milieu de tant d'épreuves, et dont la puissance morale fait trembler tous ceux qui ne sont ses ENnemis que parce qu’ils sont les ennemis de Dieu.
Hélas ! les Souverains, livrés à un vertige incompréhensible, l’ont abandonné ; mais tous les vrais Catholiques se sont ralliés autour de son trône pour le défendre par leur sincère attachement, leur puissante parole, leurs savants écrits, leurs dons et leurs offrandes. Oh! qu’il est solidement raflermi, le Trône Pontifical, depuis surtout que la persécution à redoublé l'attachement Catholique à la Pa-
auté ! Qu'elle est puissante la main sacrée qui tient aujourd’hui le gouvernail de la Barque de Pierre, pour la conduire à travers tant de flots couroucés ! On a donc raison d’appliquer à ce Sage Pontife ces belles paroles du Saint Roi David: Que voire main soit affermie, el que voire droite soit exaltée : que la justice el le jugement soient le fondement de votre Siége Apostolique. « Justitia et judicium præparatio sedis tuæ.” Ps. 88, 15.
C’est un Père généreux et magnanime, qui demande notre secours, afin qu’il puisse défendre, avec une entière indépendance, le Patrimoine de St. Pierre, l'héritage sacré de l'Eglise et le bien des Pauvres. Il ne craint Pas, pour remplir une si noble tâche, d'entrer en lutte avec les plus redoutables Puissances de la terre et les ennemis les plus acharnés de Dieu et de son Christ. Illeur parle à tous avec une vigueur vraiment Apostolique ; et avec le terrible glaive de l'excommunication, il coupe et retranche du tronc sacré de l'Eglise, les branches sèches qui né pour vaient qu'être nuisibles et dangereuses à la Société. résiste, avec une force visiblement divine, au courant impétueux de Ja révolution, qui entraîne dans l’abime les nations en délire, pendant que les autres Souverains, l'arme
aux bras, laissent tranquillement ces acharnés révolution-
naires saper leurs Trônes jusque dans leurs fondements, Hélas ! n’est-il pas à craindre qu’en punition de leur criminelle connivence avec ces implacables ennemis de tous les Gouvernements légitimes, leurs Trônes ne soient renversés, que leurs Sceptres ne soient mis en pièces et que leurs Principautés ne s’écroulent quelque jour avec fracas ! Quant à la Papauté, comme c’est la Divine Providence qui l’a faite ce qu’elle est, elle résistera à tous les vents et à tous les orages. Cest là l'espérance qui repose dans nos cœurs et qui adoucit l’amertume de ces jours d’affliction.
Cest'un Père plein de douceur et d'amabilité qui nous tend la main. Il compte sur nous, et il s’attend que nous ferons notre devoir. Sa sollicitude paternelle sur cette portion chérie de son troupeau, les bienfaits sans nombre que nous tenons de sa bonté sont des raisons auxquelles les bons cœurs ne résistent pas. Prenons-y garde, l’état florissant de la Religion dans notre heureux pays, est pour nous le premier de tous les biens. Or, après Dieu, c’est au Siége Apostolique que nous en sommes redevables.
Nous aimerons le Pape, et nous lui serons tous, N. T, C. F., dévoués du fond du cœur, comme de vrais enfants de l'Eglise, Car, hélas ! il faut bien l'avouer ici, ceux qui n'aiment pas le Pape n'aiment pas Dieu. Nous l’aimerons donc, parce qu’il nous représente Dieu sur la terre ; etqu’il est pour nous le dispensateur de ses grâces. Nous l’aimerons du même amour dont nous aimons Jésus-Christ. Car on ne peut aimer l’un sans aimer l’autre ; et plus nous serons dévoués au Pape, plus nous le serons à Jésus-Christ.
L’Apôtre St, Jean nous rapporte ces touchantes paroles de Notre Seigneur à ses Disciples : “ Mon Père lui-même ‘vous aime, parce que vous m'avez aimé ! Ipse enim “ Paler amat vos, quia vos me ainastis. Joan. 16, 2.” Quel plus puissant motif pourrions-nous avoir d’aimer le Pape qui aime tant Jésus-Christ et son Eglise, et qui pour cela est tant aimé de Dieu le Père ?
Soyons donc, encore une fois, dévoués au Pape d
e cœur et d’âme ; car c’est vraiment de la dévotion qu’il oir pour le Souverain Pontife ; et ce dévouement (uit étre porté
à l’héroïsme. Aimons le Pape, et soyons-lui dévoués en tout temps, mais surtout quand il gémit sous le poids des plus grandes souffrances. Aimons le Pape, non pas seulement en paroles, mais surtout en œuvres. Plus ses besoins s’aggraent, en se prolongeant, et plus notre charité doit se montrer ardente et persévérante pour l’assister dans
sa très g comme n Dans | impies q louent ce nement, rent les avec tar règne à front sa et le Gr Faisc de dou se plait V'Eglist nos tro
dilate temp c'est bles voir ceux être, Mai préc a to sen g’al fair fait son à
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pe lu:
idements, eur crimile tous les it renverque leurs >: fracas !
rovidence s vents et dans nos liction.
qui nous que nous cette pormbre que elles les l’état flo- | est pour EU, c’est bles, s,N. T.
s enfants ceux qui aimerons ; etqu’il 8 l’aimerist. Car nous se- 1s-Christ,
s paroles ui-même se enim 2,7 Quel le Pape jour cela
de cœur 'oir
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voués en oids des pas seus ses be- > charité ter dans
sa très grande détresse. Que nos biens soient au Pape,
comme nos CŒUTS | Dans notre tendre amour pour le Pape, prions pour les uent pour l'outrager, qui approuvent et h dépouillent, qui méprisent son Gouver- T'emporelle, censu-
nt son Administration {éjas ! ils n’attaquent
impies qui se li louent ceux qui nement, calomnie
rent les Tribunaux de sa Justice. Héla
avec tant d’acharnement la Couronne du Roi-Pontife, qui règne à Rome, que parce que l’homme dont elle ceint le front sacré, est consacré au service de la Divine Majesté,
et le Grand Pontife de sa Religion sur la terre. Faisons donc entendre de continuels soupirs d’amour et
de douleur à la vue de ce Pontife si clément, que l'impiété se plait à crucifier ! Ah ! que les lugubres échos de toute l'Eglise, qui est Ja nouvelle Sion, aillent répéter au loin nos trop justes gémissements | Le Denier de Sl. Pierre peut-il nuire aux bonnes Œuvres ? Un cri général se fait entendre partout, N° T.C.F, et ce cri, c’est celui de la misère. Nous sommes dans des temps bien mauvais : le nombre des pauvres est très-grand : et il y a fort peu de ressources pour les soulager Voilà ce qui se dit partout ; et Ce qui de fait est très-vrai.
En faut-il conclure que nous pouvons abandonner les auvres à leur malheureux sort, parce qu’ils sont dans de plus grands besoins ? Tel n’a jamais été le langage de la tu a toujours su $e
charité. Loin de là, cette divine ver rtion de la misère des
dilater, et se multiplier, en prop
temps. Son secret, pour arriver à cet heureux résultat,
c'est un généreux dévouement, qui porte les cœurs sensies sacrifices pour pou-
bles et compatissants à s'imposer d lus de misères. Carilest bien connu que
voir soulager plu
ceux qui ne se refusent rien, quelques riches qu’ils puissent
être, n’ont rien ou presque rien à donner aux indigents.
Mais il n’en est pas ainsi de ceux qui comprennent bien le récepte de la charité. Car dans Jeurs caleuls, le pauvre a toujours sa bonne part. Ils s’habillent plus simplement, se nourissent plus frugalement, vivent avec plus de sobriété, s’abstiennent de certains plaisirs même permis, afin de faire des heureux en donnant à manger à ceux qui ont faim, en habillant ceux qui sont nus, en soignant Ceux qui
sont malades.
Telle doit être, N. T. C. F., notre conduite, dans ces
temps de grande Misère. Mettons de côté ce que nous déensons au jeu, et ce que nous sacrifions à la vanité, au
luxe et aux plaisirs. Ne portons point à Pauberge le fruit
AE
de nos sueurs et de nos labeurs. Alors, nous serons.riches ct très riches pour la charité. Car, n’en doutons pas, le chiffre de nos folles dépenses, même dans les mauvaises années, est beaucor; plus élevé qu’on ne pense, ; et ce sont précisément ces, folles dépenses qui nous attirent ces mauvaises années. Cessons, donc de les faire, ces folles dépenses, et nous verrons revenir à nous les années d’abondance. Met:ons, à cette fn, les pauvres dans nos intérêts ; car ce sont les meilleurs avocats, que nous puissions avoir auprès de Dieu, pour obtenir miséricorde.
S’il en esi ainsi des pauvies ordinaires, que couvrent des haillons déchirés, qui nous laissent néanmoins apercevoir J. C., que penser de l'Auguste Pauvre, qu’il s’agit de secourir par le Denier de St. Pierre? Cette main, qu’il nous tend, tient les clefs du Ciel, pour louvrir, et en faire descendre cette rosée abondante, qui produit la graisse de la terre. Sa prière, qui s’élève jour et nuit vers le trône de la div.ne miséricorde, en faveur de ses plus grands ennemis, dont il ne cesse de demander la conversion, pourrait-elle être inutile à des enfants affectionnés, qui offrent à leur Père, par d’abondantes aumônes, des tributs d’honneur, d'amour et de reconnaissance ? v
D'ailleurs, dans le partage des biens, consacrés à la. charité, la raison s’unit à la foi, pour nous apprendre qu’il faut secourir de préférence ceux qui sont dans les pius grands besoins, et ceux aussi avec qui l’on peut se trouver plus intimement uni par les liens du sang, de la religion, de la piété et de la reconnaissance ; ceux surtout qui sont dans des emplois plus importants, et de qui peut dépendre le salut de la société, ou le bien publie.
Or, telle est aujourd’hui incontestablement la Papauté, que l’anarchie a réduite à une si grande misère. Car, il est évident qu’en secourant N. S. P. le Pape, on porte secours à toutes les institutions qu’il soutient, et dont nous venons de vous dire quelque chose ; et qui plus est, on porte secours à toute l'Eglise Catholique, qui souffre dans son Chef, comme le corps dans sa tête.
D'ailleurs, il n’y a nullement à craindre que le Denier de St. Pierre nuise aux œuvres particulières qui se font dans nos villes et dans nos campagnes. Eten eflet, ce Denier est une somme si modique que l’on ne s’en apercevra pas dans la distribution des aumônes courantes.
Concluons que le Denier de St. Pierre, loin de nuire à nos œuvres particulières, ne peut que les favoriser, en attirant sur elles, par les mains vénérables de notre Pontife,
d’abond:
prier tou lui paie
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perpétu une des douloui St. Sié:
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fice, q bien-a Cor
Le nous ; tre pa vous surto!
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de | glet Pol T'o:
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ons.riches ns pas, le mauvaises 1se, ; et ce tirent ces
ces folles es d’abon- S intérêts ; ions avoir.
uvrent des apercevoir git de sequ’il nous faire desisse de la rône de la s ennemis, urrait-elle nt à leur d'honneur, 8 à la cha- > qu’il faut ius grands uver plus 31On, de la sont dans ‘pendre le
Papauté, 6, Can il n porte sedont nous St, on pore dans son
le Denier qui se font 1 effet, ce s’en aperantes,
de nuire à er, en aftie Pontife,
d’abondantes bénédictions. (Car ce bon Père prie et fait tout spécialement pour tous ceux de ses enfants qui Jui paient, de bon cœur; ce tribut d’amour et de reconnaissance. Car une Mess® se dit tous les jours, et 8e dira à perpétuité, dans la Chapelle du Séminaire Pie (qui est une des fondations du St. Père), pour ceux qui, dans les douloureuses vicissitudes du temps actuel, défendent le St. Siége, par la prière, par les écrits, par les armes et Par les aumônes. C’est le Pape lui-même, qui a fondé cette
messe quotidienne, pour tous ceux qui lui viennent en aide. Espérons, N. è
TT. C. F., que nous mériterons, par notre zèle à défendre une si belle et si sainte œuvre, de participer abondamment au
x fruits précieux de cet adorable sacrifice, que fait offrir pour nous, dans
ga ville éternelle, notre bien-aimé. Père et Pontife. (1)
Comment se paie, dans Eglise, le Denier de St. Pierre? Le Denier de St. Pierre est une. œuvre nouvelle pour
nous ; et pour cette raison, cette œuvre court risque de n’ètre pas bien comprise. Or, le moyen le plus sûr, comme vous le savez, N. T. C. F., pour Je bien faire connaitre, et surtout pour montrer qu’elle peut se faire, c’est l'exemple. Nous allons donc vous dire ce que le monde entier fait, pour soulager la misère du St. Père, en 8e soumettant au Denier de St. Pierre.
A peine la triste nouvelle de linvasion sacrilége des Etats Pontificaux s'était-elle répandue, que le Souverain Pontife reçut de toutes les parties du monde catholique, des consolations dans ses amertumes, et des Secours dans sa détresse, de nombreuses adresses, accompagnées d’offrandes, lui furent envoyées de l’Océanie, des deux Amériques, de l’Asie, de l'Afrique, de l'Espagne, du Portugal, de lAngleterre, de l'Irlande, de la France, de la Belgique, de la Pologne, de PAllemagne, et même des Etats Sardes, de la J'oscane, et des Provinces de l'Eglise usurpées par la révolution.
« Ce zèle des deux hémisphères à venir en aide au Vi- & gaire de Jésus-Christ, & produit, depuis le 12 novembre « 1859, jusqu’au 9 janvier (dernier) la somme totale de ee — rieurs du Séminaire Pie, pour conserver je souvenir d’une penist délicate, ont fait £TAVEr, sur un marbre et placer dans wivante, quia été composée par le père Angelini, de Anno christiano MDCCCLXI-PIUS IX—Pontifex
Maximus Sacerdotium constituit—Et Seminario Pio et lege attribuit—UL in dies singulos— Pro üs hostia cœlesti pertitelur— Qui Romuro Pontifice— Huc demporum acerbitute—Ingenio, armis, pecunid; precipus—Suppelias tulerunt.
prier
(1) Les Supé aée aussi noble et a lu Chapelle J'inseription 8 ja Compagnie de Jésus.
trois millions huit cent neuf mille sept cent quarante-sept “ écus romains (l’écu romain vaut à peu près la piastre “ d’Espagne). Il faut y joindre la valeur considérable des ‘6 objets d’art, des bijoux, et autres articles précieux, pour “ se faire une idée de ce que les catholiques ont déposé au “ pied du trône de Sa Sainteté, pendant que les actes de ‘ l’usurpaiion sacrilége des Etats de l’Eglise s’accomplis- “ sent, avec l’intention arrêtée de réduire les successeurs “ de Pierre, à la plus dure position.” Telle est l’information qui nous vient de Rome même, et qui a été donnée par un journal justement estimé (Correspondance de Rome).
Comme les besoins du St. Père s’aggravaient, à mesure que sa position fâcheuse se proiongeait, on jugea qu’il fallait régulariser les moyens à prendre, pour que ces fleuves de charité continuassent à couler de toutes parts. À cette fin, on institua une Archiconfrérie dont le but est de demander au Père des miséricordes de fortifier les liens de la charité qui doit unirtous les pasteurs et tous les fidèles, pour la défense de l'Eglise, et aussi de recueillir, dans toutes les parties du monde catholique, des contributions volontaires, pour soulager le Pape, dans satrès-grande détresse. Par une pensée très-heureuse, on choisit, pour le siége de la nouvelle Association, l'Eglise de St. Pierre aux liens, ainsi appelée, parce qu’on y conserve, avec un soin religieux, les chaines dont fut liée le St. Apôtre, à Jérusalem età Rome. Le St. Père a ressenti une vive satisfaction de cette constitution, qui s’est déjà répandue dans les plus lointaines contrées ; et il l’a enrichie d’indulgences.
Ce fut le 6 août de l’année dernière que l’on fit, pour la première fois, dans cette antique Basilique, la fête de la nouvelle Association ; et l’on continuera à la célébrer de même à pareil jour. La bénédiction du St. Père et les prières des associés ont déjà attiré sur cette belle œuvre des grâces singulières accompagnées de fruits merveilleux. L’Archiconfrérie est devenue si populaire que déjà, car elle compte à peine une année d’existence, elle a recueilli quarante-deux mille quatre cent-cinquante écus romains pour le Denier de St. Pierre. De si beaux commencements font espérer que ce grain de senevé sera bientôt un grand arbre.
Ce bel exemple, que nous donne le monde entier, serait sans-doute suffisant pour nous remplir de zèle pour une œuvre si excellente. Nous allons toutefois entrer ici dans quelques détails, afin que chaque ville, chaque paroisse, chaque institution, chaque famille et chaque particulier
puisse mieux :
Zèle sailles pressal Jet; d’u au nor même Zèle éprou priver buer :
St. Pi elle | «6 d'u ‘tre:
sel
ite-sept piastre ble des X, pour José au ctes de omplisesseurs formadonnée Rome).
mesure d'il falfleuves A cette de deis de la fidèles, ins touons voétresse.
iége de x liens, in reliusalem tion de es plus
pour la e de la brer de et les œuvre nerveilae déjà, e a re- CUS Tr0- )mmenntôt un
, serait ur une ci dans aroisse, ticulier
puisse voir, COM
me dans un miroir, Ce qu’il y aurait de
mieux à faire.
Zèle d'une ville riche.—L’an dernier, l’Evêque de Ver-
sailles exposait à son peuple, dans ga Cathédrale, lesbesoins ressants du St. Père. Après avoir traité ce touchant su-
jet, d’un ton entraînant, il descend de chaire et tend la main,
au nom du St. Père, à son peuple attendri, en faisant lui-
même la quête; et i] recueille onze mille francs. Zèle d'une ville pauvre.—La ville de Noria, qui avait éprouvé de grandes calamités, ne voulut pas toutefois se du bonheur qu’ont les autres villes de pouvoir contrist. Pierre. En déposant aux pieds du St. Père les deux cent-trente écus, qu’elle avait collectés, Î œur : “ C’est l’offrande auvre et afligée d’ailleurs par d’au- Votre Sainteté peut
« geule lui donner du prix, en daigna « un témoignage de reconnaissance, « fidélité, et comme une compensat « aux égarements d’un petit nombre d’insensès. sont beaux et touchants Ces sentiments des citoyens de Noria!
Zèle d'une paroisse pauvre.—Tout Je monde connaît les désastres de la pauvre Pologne. Cependant on ÿ recueille, comme dans tout autre pays catholique, le Denier de St. Pierre.
Un Curé ayant un Jour prêché ce Denier sacré, ses Pa” roissiens, n’écoutant que leur zèle, se réunissent après la messe à la porte de PÉglise; et de auite on fait, pour le St. Père, la collecte, qui se monte à vingt florins. Un de la paroisse est nommé pour porter à Rome cette modique somme. Il part et entreprend à pied ce long voyage. En traversant le royaume du Piémont, il est arrêté, fouillé, dépouillé du Denier d en prison. Après quinze jours de réclusion, et il continue sa roule. Arrivé à Rome, il est présenté au Pape, et quand il se voit aux pieds de celui pour Pamour duquel il avait entrepris Un si pénible voÿ236 il lui dit avec une bonhomie qui caractérise admirablement la candeur de son àme et ja noblesse de ses sentiments :
« St, Père, on m'a dépouillé de vingt florins que vous
« envoient les habitants de mon village, où vous êtes vénéré & et chéri autant qu'en nul autre pays du monde. Recevez & l'hommage de nos CŒUTÉ, puisque, pour le moment, nous
“ mavons pas autre chose à vous offrir”?
7 Ce bon paysan nous peint, sans s’en apercevoir, le dévouement héroïque et le sentiment religieux de ses compa-
triotes, en tenant ce naïf langage au Chef Suprême de l’E-
glise. Dire ce qu’éprouva l’âme sensible de Pie IX dans
ce moment de paternelles émotions, c’est chose impossible, La pensée que le sentiment de ce qu’il y a de plus beau, de plus sublime et de plus noble, se trouve plus souvent qu’on ne pense là où on ne le Soupçonnerait pas, a pour nous quelque chose de saisissant.
Zèle des maisons d'éducation.-Le 11 se après les symwphonies qui semblaient naire (Séminaire de Rome), les'exe tribution des prix, un é
ptembre dernier, terminer, à l’Appolli:
rcices publics et la dis:
lève du Séminaire Romain a pris place devant le trône de Son Eminence le Cardinal Patrizi, Vicaire du St. Père, et a prononcé les paroles suivantes : ‘ Pour nous, Prince Eminentissime, comme pour les guer- “ riers qui reviennent vainqueurs d’une bataille longtemps ‘ soutenue et vivement disputée, ce jour est un jour de tri- ‘ omphe; sur nos poitrines brille le signe de la victoire ; “ mais ce même jour, qui nous laissera désormais un Joy- ‘eux souvenir, deviendra encore plus glorieux pour nous, “ si, de ce signe de victoire, nous faisons l’objet d’un géné- ‘“reux sacrifice, Veuillez donc, Prince Eminentissime, ‘“ accepter nos médailles ; et, après les avoir déposées d’a- “ bord sur la tombe du Prince des Apôtres, premier Vicaire “ de Jésus-Christ sur la terre, à qui nous voulons les offrir, ‘: daignez les porter aux pieds de celui qui est aujourd'hui ‘ assis sur son Siége, Elles seront pour le Denier de St. ‘ Pierre ; car les étudiants de ce lycée du Séminaire Pon- “tifical Romain, doté de si grands bienfaits par le Sou- “ verain Pontife régnant, veulent suivre Pexemple de tant “ de milliers de leurs frères-répandus dans l'univers catho- “ lique et dont le cœur palpite d’amour et de dévouement “ pour Pie IX, Pontife et Roi, Leur ambition, c’est qu’on ‘ répète aujourd’hui, comme au temps de St. Paul: La foi * des Romains est digne d’étre louée du monde entier.” Et en disant ces mots, le jeune orateur dépose sa médaille entre les mains du Cardinal, et tous ses compagnons viennent ensuite en faire autant, C’était un mercredi, et le samedi suivant le Cardinal Vicaire avait la joie de déposer sur la table du St. Père les médailles offertes de si bon cœur à St. Pierre, Î faut, N. T. C. F., beanc nes de l’un et de l’autre et si vif attacheme
oup espérer des jeunes person sexe} qui témoignent un si tendre nt au Père de la famille chrétienne, et
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ui en donnent la preuve, en sacrifiant des prix, qui leur
sont si chers, pour les avoir si justement gagnés par leur travail et leur application. Vos chers enfants ont déjà eu l’heureuse pensée d’en faire autant; et leurs prix ont été aussi offerts à St. Pierre. [is seront done bénis de la même bénédiction que les enfants de la Ville Eternelle ; et vous en recueillerez sans-doute les fruits précieux par la consolation qu’ils vous donneront.
Zèle de la Presse catholique.—En faisant connaître au monde étonné l'extrême détresse à laquelle se tronve réduit le Père commun, elle n’a pas peu contribué à lui procurer d’abondants secours. Nous en avons un exemple frap-
ant dans l'Armonia que noûs citons de préférence, parce que ce J ournal se publie à Turin, sous les yeux mêmes du Gouvernement qui a si injustement dépouillé le St. Siége de la plus grande partie de son domaine temporel.
« Sa Sainteté, écrit-on de Rome, a reçu ces jours der- « niers, quatre caisses pleines d’objets de valeur, et quel- « ques-uns même précieux, ainsi que la somme de huit « mille écus, envoyés par la direction du Journal Catholi-
«“ que l’Armonia de Turin, qui les a recueillis avec tant « de zèle et une si infatigable activité, pour le Denier de « St, Pierre. Au milieu des amertumes qui remplissent « Je cœur du St. Père, à la vue de tant d’actes qui, en vio- & Jant la justice... tendent à faire disparaître tout ordre « social de la Péninsule, c’est une grande consolatiou pour «ça douleur de voir..…s surtout que les Provinces du
« gt, Siége, sacrilégement détachées de son Gouvernement
« paternel, donnent elles-mêmes des preuves de leur fidé-
« lité à ce devoir de sujétion que Piniquité voudrait faire
& croire aboli pour toujours.”
Zèle des familles, ete.—Le zèle du Denier de St. Pierre s’est propagé dans les bonnes familles et chez de simples particuliers, et ÿ à opéré d’étonnants prodiges par les généreux sacrifices qui y ont été faits pour amour du Père de l'Eglise. Les uns ont sacrifié leurs biens, d’autres leurs enfants, et enfin d’autres leur vie, comme ont fait les héros de Castelfidardo. Si le zèle vrai et sincère a pu inspirer à nos frères tant d'héroïsme, pourrions-nous demeurer froids
et insensibles pour une si noble cause ?