‹ Mandement de Monseigneur l'évêque de Montréal sur le denier de St. Pierre [microforme]Chapitre 4 sur 10 · CONSIDÉRATIONS · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS

Ainsi, N. T. C. F., ce n’est pas seulement chez les Pasteurs que se trouve le zèle pour le Denier de St. Pierre.

Car ce sont, comme vous venez de le voir, de simples particuliers, de pieux laïques, des familles honorables, des colléges et des couvents, des journaux à bons principes, des paroisses pauvres et riches, de grandes et de petites villes, des pays lointains, le monde enfin, qui viennent au secours du Père commun.

Oui, c'est l’univers entier qui vient en aide au St. Père, pour qu’il puisse supporter les charges de son Gouvernement, sans rien céder de ses droits sacrés, et pour que les calculs des révolutionnaires, qui avaient espéré que le St. Siége allait s’abîmer dans une banqueroute, soient déjoués. C’est ainsi que l’amour généreux des bons enfants de l’Eglise a triomphé de la haine de ses ennemis, C’est ainsi, qu’en rétablissant le Denier de St. Pierre, les bons catholiques ont mis l’immortel Pie IX en état de faire face à tous les engagements du St. Siége. Par cet acte souverainement significatif, dans cette terrible rencontre, ils ont prouvé que la dignité, la charité, l’honneur, la justice, le droit et la tradition étaient pour eux.

Ces beaux exemples vous animeront tous, N. T. C. F., à continuer l’œuvre du Denier de St. Pierre, que vous avez si généreusement entreprise, et qui vous a déjà mérité les éloges et les bénédictions du St. Père. Notre faible voix ne peut rien ajouter aux paroles si bonnes qu’il vous a adressées pour vous témoigner sa reconnaissance. Aussi, Nous bornons-nous à vous dire que c’était pour Nous un beau Jour que celui où Nous transmettions à Rome, pour être déposés aux pieds du Trône Apostolique, les cent vingt-quatre mille cinq cent trois francs, qui ont été le mon. tant de votre quote-part au Denier de St, Pierre pour l’année qui vient de s’écouler.

Quoique votre zèle pour toutes espèces de bonnes œuvres Nous soit bien connu, Nous n’avions pas cependant espérer, Nous vous l’avouons, N. T. C. F!, dans la simplicité de notre âme, un montant aussi élevé, à cause de la misère des temps. Mais que ne peut pas la piété filiale, quand elle va au secours du Père de nos âmes, réduit à une très-grande détresse, par la malice de quelques-uns de ses enfants dénaturés ?

Au reste, c’est là un de ces élans de charité, qui vous sont ordinaires, et qui ont déjà élevé, comme par enchantement, ces Institutions bienveillantes, qui vous doivent la vie, la nourriture et l’habit, D’ailleurs, vous avez parfaitement compris que, dans la circonstance actuelle, ce n’était pas une aumône ordinaire que vous faisiez à Jésus-

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Christ, en assistant le Chef Suprême de l'Eglise. Aussi, ne faut-il pas s'étonner de la sainte et noble émulation qui s’est manifestée entre Ja ville et les campagne; entre les Pasteurs et les Brebis, entre les Colléges et les Couvents, enfin, entre les personnes de tout rang, de tout état et de toute condition ?

j1 s’agit maintenant, N.T. C. F., de poursuivre, AVEC une ardeur toute nouvelle, et en union avec le monde catholique tout entier, une Si grande et gi belle œuvre. KE de puissantes raisons nous avons dene pas rester en a rière, pendant que tant d’autres déploient un si généreux dévouement, dans l’accomplissement d'un devoir si doux

à remplir, le devoir de la piété filiale !

Notre pays est en paix, et nous jouissons de l’abondance des biens du Seigneur. Notre Diocèse est populeux et doté

de riches et belles Eglises. Notre ville principale est grande ;

e d'aucune de ces Institutions qui ont

coutume d'assurer le bonheur et la prospérité. Nos campagnes sont fertiles et peuplées par d’heureux et honnêtes habitants. Notre sainte Religion est respectée par n0ë Autorités civiles el politiques ; et elle occupe la place qu’elle doit avoir, pour exercer une salutaire influence, dans notre chère patrie. A la vérité, nous éprouvons quelque gène; dans n08 affaires; et nos campagnes ont été désoiées par la grêle, Vintempérie des saisons et autres fléaux de la colère de Dieu. Mais nous confessons humblement que ce sont nos péchés qui nous ont attiré ces Ca- Jamités ; et nous nouê résignons de tout CŒUT à la volonté de notre Père, qui est aux cieux, en disant avec les frères de Joseph: C?esl avec justice que nous souffrons toutes ces choses: Merito h@c patimur. Notre Pontife est cet innocent Joseph, que nO$ frères coupables ont; par jalousie, vendu à la révolution, plus redoutable sans doute que la tribu d’Ismaël. Hélas! quelques-uns parmi nous n'au” raient-ils pas, Par leurs discours, leurs écrits, leurs désirs de succès pour cette sacrilége révolution, trempé dans cet affreux complot ? Ne seraitce pas, en punition de cette coupable connivence et de tous nos autres péchés, que nous serions aujourd’hui sous le poids de tant de souffrances ?

Quoiqu'il en goit, ne sommes-NOUS pas malgré tout plus en état que bien d’autres d’aller en aide à notre Père ? avons-nous pas en mains tous les moyens de lui porter un secours efficace ? Ne pouvons-nous pas déposer, chaque année, à ses pieds sacrés un Denier consi-

dérable, sans nous déranger en tien, et sans nuire À nos autres affaires? Ne devons-nous pas au contraire espérer que ce Denier nous reviendra, de la Ville Sainte, chargé des bénédictions de notre Père? Ces bénédictions ne <eraient-elles pas, par le fait, et dans les vues de Dieu, le moyen le plus sûr de sortir de cet état de misère? La Di. vine Providence waurait-elle pas réglé, dans ses décrets adorables, que nous serions les auxiliaires du St. Siége, dané ces jours d’épreuves, qui préparent à l'Eglise une pêche miraculeuse, comme nos Patrons, St. Jacques et St. Jean, le furent du Bienheureux Pierre, quand, sur la parole de son Bon Maitre, il prit tant de poissons, qu’il ne put seul tirer son filet de l’eau, Erant socii Petri ?

Si tel est le cas, nous priverons-nous de cet avantage, et renoncerons-nous à cet insigne honneur, sous de futiles prétextes ? Pendant que notre auguste Chef souffre, pour nous et porte, pour l’amour de l’Eglise, le poids de Ja chaleur et du jour, aurons-nous le triste courage de l’abandonner à la malice de ses ennemis, pour nous endormir dans une honteuse indifférence ? I] n’en sera pas ainsi, N. T! C. F., Nous en avons la ferme confiance. Aussi, est-ce avec un ferme espoir de suecès que Nous allons procéder à l'établissement du Denier de St. Pierre dans ce Diocèse.

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