‹ Mandement [microforme]Chapitre 2 sur 2 · PRET · texte numérisé non relu

PRET

uillité d'âme du Saint Pontife, au sein de à chaque instant, ironné d’ennemis

Aussi quelle est l’admirable tranq la tempète qui gronde autour de Ini, et menace de l'emporter Abandonné des hommes, Jaissé à sa propre faiblesse, env 6 sa perte; mais 8e confiant en Celui qui à dit: “Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise : et les portes de l'Enfer ne prévaudront point contre elle”: (Math. 16. 18.)—il est calme et plein d'assurance. Il sait que le désir des impies doit périr; que Dieu ne permet leur triomphe que pour un temps ; qu'il faut que les flots de leur fureur se brisent c& expirent au pied du rocher sur lequel il est assis: et dans cette confiance, il poursuit sans erainte sa divine mission dans le monde : il confirme ses frères dans la foi ; il rend témoignage à In vérité devant les peuples et les rois de la terre; il proteste avec force contre les erreurs, les impiétés, et les iniquités sans nombre d’un siècle sans foi ; il rappelle avec autorité aux rois et aux nations égarées les lois éternelles de la justice et de la mo ale qu'ils ont oubliées : il attend en paix le jour de Dieu, qu’il entrevoit dans l'avenir: ce jour que tous les saints appellent, e tous nos vœux: ce jour des justices et des

nombreux et puissants, qui ont conjur

et que nous appellons avec eux d miséricordes du Seigneur, qui ne peut longtemps tarder; jonr où la cité de Dieu, la sainte Eglise triomphera encore une fois de ses ennemis, et verra 80n chef glorieux rétabli dans la plénitude de tous ses droits de Souverain temporel, et dans la jouissance entière des domeines de l’Eglise.

NT. C.F., les espérances du Souverain Pontife, et telles Mais, en attendant ce jour de délivrance et de à remplir envers le Saint Père : il faut que tout aussi bien que de nos prières.

Telles sont, doivent Ôtre aussi les nôtres.

paix, nous avons un grand devoir nous continuions de Passister de nos aumôûnes,

Nul sur la terre n’est si grand ; nul n’est si élevé; et par conséquent nul n’est chargé d'autant d'obligations; nul na autant de sacrifices à faire que le Souverain Pontife.

Il est le Pasteur suprème de l'Eglise, le Père de tous les chrétiens: à lui le goin du salut du monde entier. La charité qui surabonde dans son cœur de Pasteur et de Père doit se répandre, comme un fleuve bienfaisant, sur tous ceux qui implorent son assistance... À lui le soin de tant de basiliques et de monuments de premier ordre, dont il est le gardien ; à lui l'entretien de tant de congrégations et d'employés de tous les grades, nécessaires pour l'examen et l'expédition des affaires de toute la catholicité ; à lui d'entretenir des rapports officiels, dans l’intérèt de la religion, avec tous les souverains du monde; à lui d'envoyer des missionnaires dans toutes les contrées infidèles....

Or pour supporter tant de charges qui pèsent sur Ini; pour suflire à toutes ces obligations, et à tant d’autres que nous ne saurions égumérep ici, quelles sont les ressources du Saint Père?,...

Aujourd’hui, N.T, C. F., et tant qu'il sera en l’état où ses ennemis l'ont réduit, il n'en a pas d’autres que celles qu'il attend, et qu'il a droit d'attendre de la piété de ses enfants.

Delà il suit qu'il y a, pour tous les fidèles, une obligation, et une obligation indispensable de venir à son secours, et de l’assister, chacun selon ses moyens ; obligation que Dieu lui-même leur a imposée, en permettant qu’il fût dépouillé

de tout ce qu’il possédait, et en l’'abandonnant aux soins de leur charité. 1 Fr

Car Dieu lui-même fait une obligation à tous les fidèles de soutenir leurs Pasteurs ; à tous les enfans de prendre soin de leur père, et de le secourir dans , , ses besoins.

Vous comprenez done, N. T. C, F, que c’est un devoir, et un grand devoir pour nous de secourir le Saint Père, en ce moment de tribulation, et de continuer de l’assister, tant qu’il sera dans le besoin, devoir sacré, qui nous oblige, comme chrétiens, comme enfants de Dieu, et comme enfants de l'Eglise. Comme chrétiens, disciples de Jésns-Christ, dont nous devons reconnaître et vénérer le Vicaire ct le représentant, dans le successeur de Pierre ; comme enfants de Dieu, membres de sa grande famille, dont nous devons honorer le père commun, dans le premier pasteur de nos âmes ; enfin comme enfants de l'Eglise, dont l'honneur nous doit être cher et que nous devons défendre, dans son chef suprême, qui est aussi le nôtre; devoir aussi, dont l’accomplissement sera pour chacun de nous une source de consolations, de bonheur et de bénédiction. Quelle consolation, quel bonheur pour un fils bien né de pouvoir soulager et consoler son père; pour un chrétien de pouvoir donner À Jésus des marques de son amour, ct de faire quelque chose pour sa gloire: pour un catholique, un enfant de l'Eglise, de s'associer à ses combats, et de contribuer par là à son triomphe et à sa gloire !

Mais qui ne voit, qu’en allant au secours du Souverain Pontife, c'estun père que nous aidons et que nous consolons; que c’est à Jésns-Christ que nous donnons, puisqu'il tient comme fait à lui-même tont ce que l’on fait pour son Vicaire;

que c’est l'Eglise enfin que nous soutenons et dont nous assurons la victoire ?

Assister le S. Père tant qu’il aura besoin de notre aide, ce n’est seulement un devoir

done pas sacré pour nous: c’est de plus une œuvre sainte, dans laquelle nous trouverons consolation et bonheur.

C’est encore une œuvre de bénédiction, pour le tems et pour léternité, Quelles bénédictions pour le tems et pour l'éternité sont promises à l'enfant qui honore son Pôre!..Toutes ces bénédictions, et de plus abondantes encore, seront pour nous, si nous assistons le Saint Pontife, puisqu’en lassistant, nous honorerons celui qui est notre père dans un sens beaucoup plus relevé que ne le sont ceux dont nous avons reçu le jour,

Quelles bénédictions, et quelles récompenses sont promises à celui qui donne assistance, ne fût-ce même qu'un verre d'eau, au moindre des disciples de Jésus!,, Toutes ces bénédictions et toutes ces récompenses, multipliées au centuple, seront pour nous, si nous secourons le Souverain Pontife: car en lui nous assisterons, non pas seulement le dernier des serviteurs de Jésus, muis le premier de ses dis-

ciples, le Prince de ses apôtres.

Cette assistance accordée au Chef de l'Eglise, assistance que ses besoins reclament et dont Dieu lui-même nous fait un devoir, c’est done une œuvre riche en consolations pour nous, une œuvre de bénédictions.

C’est ainsi que, dans sa sagesse infinie, Dieu fait servir les angoisses et les souffrances du $. Pontife au bien de son Eglise; et que, par un effet de son ineffable bonté, la pauvreté temporelle du Père commun des fidèles, devient une source abondante de richesses spirituelles pour ses enfants.

Le secours offert par la piété des fidèles au $. Père, dans les moments de crise, où il se trouve en avoir besoin, c’est la pieuse contribution à laquelle on a donné, dans les temps anciens, le modeste nom de Denier de S. Pierre ; sans doute parce que ee fut en l’honneur de ce grand Apôtre qu’on voulut d'abord la faire; parce que l'on comprit que c’est véritablement honorer $. Picrre, que d’honorer son successeur ; et que c'est aussi vraiment donner à $. Pierre, que de donner à celui qui tient sa place, et en qui il continue de vivre,

Le Denier de Saint L’ierre est une œuvre d’une grande antiquité dans le ‘monde chrétien ; elle fut chère aux fidèles, dans les siècles de foi ; elle produisit parmi eux des fruits les plus abondants de salut ; et elle fut toujours d’un puissant secours pour le Souverain Pontife et pour toute l'Eglise, dans les temps de persécution comme ceux où nous vivons.

L'œuvre du Denier de Saint Pierre est déjà établie dans la plupart des diocèses de l’Europe, et dans un bon nombre de ceux de notre Amérique. Partout elle a été acceptée avec joie par les catholiques : partout elle a pu recueillir des aumônes abondantes pour le Vicaire de J ésus-Christ : et déjà elle

a pu mériter In bénédiction du Saint Père, qui à daigné l'enrichir de précicuses indulgences,

Or, N. T, ©. F., la connaissance que nous avons de votre foi et de votre religion sincères, les preuves non Gquivoques que vous avez donnécs, en toutes occasions, de votre attachement pour le Saint Siége et de votre amour pour le Saint Père, ne nous permettent pas de douter que vous ne sonhaitiez, vous aussi, de voir cette belle œuvre établie dans le diocèse, et que vous ne soyez prèts à vous y associer, afin d’avoir part aux priviléges que le Saint Père vient d'y attacher, et À cette abondante rosée de bénédictions, que l’offrande de votre denier an successsur de Saint Pierre ne peut manquer dr faire descendre sttr vous,

Afin donc de répondre à ce vœu de votre piété ; dans votre intérét spirituel, ainsi que pour le bien de l'Eglise et du Saint Siége, nous avons résolu d'établir l’œuvre du Denier de Saint Pierre, dans ce diocèse : et c’est ce que nous voulons faire aujourd'hui,

Et qui pourra nous en blâmer ? Qui osera murmurer contre cette œuvre trois fois bénie, ou s'y opposer? Sera-ce le catholique sincère 2 Non: il est inviolablement attaché au Saint Siége, et il sait que le Denier de Saint Pierre est destiné à le soutenir. Sera-ce le chrétien qui aime sa religion? Non: le Denier de Saint Pierre est pour aider à la défendre. Sera-ce le vrai enfant de l'Eglise, qui a à cœur les intérêts de sa mère? Non: l’œuvre du Denier de Saint Pierre n’est établie que pour la protéger contre les attaques de ses ennemis,

Qui done parmi nous s'élèvera contre létablissement du Denier de Saint Pierre? Qui se montrera indifférent pour cette œuvre de bénédiction 2 Qui la condamnera, qui refusera d'y prendre part ?.,., Peut-être le chrétien attiédi, sans estime pour sa foi, sans affection à sa religion ; le catholique nom, qui à cessé dé d'aimer Jésus-Christ, cessé d'aimer l'Eglise, cessé d'aimer son âme,.... Ceux-là ne voudront point du Denier de Saint Pierre... Sans renoncer à l'espoir de les gagner un jour à la bonne œuvre, nous ne compterons donc pas sur eux... Mais grâces à Dieu, ils ne sont pas en grand nombre parmi nous.

Pour vous, N. T. CO, F., vous avez d’autres sentiments : vous aimez l'Eglise votre mère : vous vous estimerez done heureux de vous associer à l’œuvre du Denier de Saint Pierre, et de pouvoir ainsi contribuer, pour votre part, à son triomphe, en fournissant par vos offrandes à son chef vénéré le moyen de se soutenir.

Dans ces jours mauvais, ectte parole du Fils de Dieu se vérifie, et trouvi son application, jusque dans le sein de l'Eglise: * Celui qui n'est pas pour moi est contre moi.” (Matth, 12, 80.) Se montrer indifférent pour la cause du $, Père, c'est l’abandonner: no pas combattre pour lui, c’est le trahir et combattre contre lui: refuser de lui porter Secours, c'est donner la main à ses ennemis.

Dieu nous garde N. T. C. F.; de ce malheur, —d'une telle licheté ;—d’uné pareille impiété. Non: c'est un devoir sacré pour nous de secourir le Vicaire de Jésus-Christ dans l’état de détresse où nous le voyons : aneuin de nous ne doil s'en dispenser : c’est aussi un honneur, un mérite, tn bonheur, une grâce : aucun ne doit en être exclu. ‘Tous sont done appelés à s'associer à l'œuvre si éminemment catholique du Denier de S. Pierre ; tous en ont le droit; tous aussi doivent s'en faire un devoir et un honneur ; le père et le fils : la mèreet la fille ; l'époux et l'épouse ; l'enfant encore ant berceau, aussi bien que le vicillurd au terme de sa carrière ; le pauvre aussi bien que le riche. Our tous sont également enfants de Dieu et de l'Église ; tous doivent amour à cette Eglise sainte, qui est leur mère commune ; tous doivent respect et” assistance au Chef Suprème de cette Eglise, qui est leur commun Père devant Dieu.

Le Denier de Saint Pierre, c’est une pieuse offrande au Suecesseur de Saint Pierre, au chef suprème des chrétiens. Le riche sans doute doit la proportionner à ses moyens et à la dignité de celui à qui elle est faite; mais cette offrande peut n’ètre aussi que d’un denier, dont elle a emprunté le nom: ct ee denier, le plus pauvre peut le donner ; et l’enfant mème par la main de son père où de sa mère, Eh! pourquoi le petit et le pauvre se raient-ils exclus des bénédictions célestes attachées à l’offrande de ce denier?.... Un denier ! un sol, par année, quel est le père, quelle est la mère si pauvre quine pourra le donner pour Jui-mème et pour chacun de ses enfants !

Ge denier de Saint Pierre, nous le donnerons done tous, N: T. C. F., et nous le donnerons avec joie, et de lion cœur, comme on doit donner à Dieu. Cut m'est véritablement à Dieu que nous le donnerons, et c’est Jésus-Christ lui-même qui daignéra l'accepter par la main de son Vicaire, où nous le déposerons avec amour, et qui nous en tiendra compte au jour de ses récompensés ; @t nous continuerons de le donner, chaque année, autant de temps que se prolongeront les besoins de notre vénéré Chef et Père Spirituel.

Mais, afin que l'on puisse continuer de le donner ainsi exactement, il est nécessaire de déterminer ie temps et la manière de le recueillir.

ES

A ces causes, le Saint Nom de Dieu invoqué, de l'avis de notre conseil, nous avons réglé, statué et ordonné ; règlons, statuons et ordonnons co qui suit :

1°, L'œuvre du Denier de Saint Pierre est établie dans l’Archidiocèse de Québec ;

2°, Pour Le recueillir, on fera, tous les aus, dans les paroisses de la ville, une quête générale dans le mois d'octobre ; et, dans toutes les paroisses de cam- Pagne, dessertes et missions, deux quêtes, la première dans l’église ou chapelle du lieu, le jour de la fête de Saint Pierre, pendant {a grand’messe, et la seconde à domicile, en môme temps que celle de l'Enfant-J ésus.

5°, Les personnes chargées de faire lu quête dans la ville en remettront le produit directement à l’Archevèché. MM. les Curés de ‘ampagne, desservants et Missionnuires auront soin de transmettre pareillement à l’Archevéché le montant des quêtes faites dans leurs Paroisses où missions,

Sera le présent mandement In et publié au prône de toutes les églises où se fait l'office publie, et en chapitre dans toutes Jes communautés religieuses, le premier dimanche où jour de fète, après sa réception.

Donné à l'Archevèché de Québee, sous notre seing, le sceau de l’Archidiocèse et le contre-seing de notre Secrétaire, le dix-neuf Mars, fête de $. Joseph, premier patron de ce pays, l'an mil huit cent soixante-deux,

F C. F, EVEQUE DE TLOA,

Administrateur.

Par Monseigneur, Evmoxn LanGevin. Ptre., Secrétaire.

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