DES DANGERS POUR LES MŒURS
" Puisqu'une expérience qu'on ne saurait trop déplorer nous fait voir par combien de [func-tes appas l'ennemi des Ames peut attirer dans ses filats les enfants de l'Eglise, surtout les jeunes gens de
l'un et de l'autre sexe, ce Concile a jugé convenable de poser certaines regles destinées à sauvegarder les bonnes mœurs là où elles sont restées intactes, et à réparer plus surement le mal là où déja il existe,
l. Que les prédicateurs s'élèvent avec force, là ou 1] en sera besoin, contre les dances lascives appelées vulgairement valses, polkas, dances vives, ear, la plupart du temps dans notre pays et surtout dans nos campagnes, un pareil avertissement suflira pour étoufler le mal à sa naissance ou empêcher de erandir les désordres contraires à la chasteté et à la modestie, Il est en eflet certain que ces dances sont trés-dangereuses et l'on ne saurait nier qu'elles ne donnent occasion à beaucoup de péchés d'impureté, Des lors, tous les pasteurs et les confesseurs doivent apporter le plus grand soin à éloigner les lideles de plaisirs aussi contraires par eux-meines à la modestie et aussi dangereux.
2. Un danger non moindre ou pour mieux dire un danger plus grand encore pour les bonnes mœurs a sa source dans ces conversations amoureuses auxquelles se laissent aller, soit de jour soit de nuit, loin des yeux de leur père et mere, des jeunes gens de sexe diflérent, et aussi dans les promenades qu'ils se permettent sans étre accompagnés de leurs parents. I] est du devoir des prédicateurs de parler avec force contre de pareils déreglemements qui sont par eux-mémes des occasions prochaines de péchés et de les signaler comme un fléau véritablement diabolique qui cause la ruine de la chasteté, de la modestie et de la crainte du péché, mais surtout que les confesseurs au saint tribunal de la Pénitence prennent tous les moyens possibles pour détruire et pour faire disparaitre du milieu des enfants du Christ un mal si terrible,
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Que les parents aussi sachent bien qu'ils pèchent S'ils négligent de prendre tous les moyens possibles pour empécher leurs enfants de se permettre de semblables conversations ow promenades, ou pour en éloigner d'eux les occasions.
3. Comprenant en outre la tres-grande utilité des ordonnances et des recommandations du cinquieme Concile Provincial relatives à la vertu de tempérance que labstinence de toute boisson enivrante développe et fortifie, nous renouvelons les mêmes regles et les mémes encouragements, et nous exhortons les pasteurs des àmes à se montrer animés d'un zèle ardent contre le vice de lintempérance et les. péchés d'ivrognerie. Car, les jours où nous vivons sont mauvais, ces viees se propagent en beaucoup d'endroits, et plaise à Dieu quil se trouve beaucoup de pasteurs qui se levent pour combattre ces monstres de l'intempérance et de l'ivrogenerie et pour enseigner aux peuples que le royaume de Dieu n'est point pour les débauchés et les ivrognes, mais qu'il a été promis à ceux-là seulement qui vivent en ee monde dans la pratique de la sobriété, la justice et la piété, Telles sont les recommandations des Peres du Concile, et ils esperent que, par la grâce de Dieu, on trouvera à l'avenir, dans l'occasion, autant d'apótres zélés contre l'intemperance et l'ivrognerie qu'il y aura dans les paroisses et les missions de prétres qui travaillent dans la vigne du Seigneur.
4. Dans la crainte de favoriser le mal en voulant faire le bien, nous défendons qu'on prenne en laveur d'œuvres pieuses, certains moyens d’oû peuvent naitre facilement des occasions de péchés, tels que des concerts, des excursions, des bazars, etc, ete, à moins d'avoir obtenu à cet égard la permission de l'Evéque diocésain et d'avoir recu ses salutaires avis.”
Nous comptons sur l'humble Soumission de totts N. T. C. F,, pour] accomplissement fidele des décrets de ce concile, Nous appelons les bénédictions du ciel sur les Ames de bonne volonté auxquelles Nous souhaitons la paix, la vraie palx en Jésus-Christ, Notre-Neieneur.
A ces causes, le saint nom de Dieu invoqué, Nous reelous et ordonnons ee qui suit :
Les décrets du sixieme concile provincial de {Québec sont par le présent Mandement promuleués dans le diocèse d'Ottawa et de ce jour y deviennent obligatoires.
Sera le présent mandement lu ot publié, en une où plusieurs fois, avec des explications convenables. au prône des églises ou chapelles paroissiales où se lait Loffiee publie, et en chapitre dans les communautes religieuses, Je premier dimanche apres sa réception et les suivants,
Donné à Ottawa sous Notre seing, le sceau du diocese et le contre seine de Notre Secrétaire, le vingt huitième jour d'octobre mil huit cent quatrevingt deux, huitième anniversaire de Notre consócration épiscopale,
TJ. THOMAS, Ev. D'Orrawa.
Par Mandement.
J, SLOAN, Ptre.
Secrélaire,
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