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Sième SÉRIE—LETTRE PASTORALE No. 2.
oe. Md, LETTRE PASTORALE
MONSEIGNEUR L'EVEQUE D'OTTAWA
Sur les Journaux, etc.
RTL LL LL LE LR LR Le Le LL Le ge.
Par la Miséricorde de Dien et la G race du Saint Siége Apostolique, Evéque d'Ottawa, Assistant au Trône Pontifical, ete.
Au Clergé et aux Fidèles du diocese d'Ottawa, salut et bénédiction en Notre-Seigneur,
Nos Tris Cukns FRÈRES,
L'évéquea de nombreux devoirs ? remplir. Un des plus graves, sans contredit, est ce :
intact, dans le cœur de ses enfants spirituels, le dépót de la foi et de la morale chrétiennes, Pour bien accomplir cette obligation, lévéque, selon le conseil de l'Apótre, doit annoncer la parole, presser à temps et d eontre-temps, reprendre, supplier, réprimander en toute patience et en toute doctrine ; Predica verbum, insta opportune, importune, argue, obsecra, increpa in omni patientia et doctrina. (II, Tim, IV, 2.)
lui de garder
Dans les jours mauvais que nous traversons, ceux qui régissent l'Eglise de Dieu sentent que ee devoir s'impose à eux de la maniere la plus impérieuse. Le temps prédit par Saint Paul semble en effet étre arrivé que les hommes ne souffriront plus la saine doctrine, el qu'ayant une extreme demangeaison denti ndre ce qui les flatte, 7/s se chois/ront une foule de doct urs selon leurs désirs, ef ds fermeront l'ore ille à la vérité, el tls louvriront à des fables: Erit enim tempus quum sanam. doctrinam. non sustiuebunt, sed ad sua desideria coacervabunt sibi magistros, prurientes auribus ; et a veritate quidem auditum averlent, ad fabulas autem convertentur. (II Tim, IV, 3.)
C'est la tristesse dans l'âme que nous le disons, les gens de bien ne se sentent pas assez alarmés lorsqu'ils apprennent avec quelle perversité des hommes méchants cherchent à faire accepter, par la jeunesse surtout, des enseignements coatraires à la doctrine catholique ; avec quelle hypocrisie certains hommes s'efforcent de donner à ceux qui les écoutent, cette idée que, l'Eglise étant perséeutce partout, il est tout à fait inopportun non seulement de revendiquer ses droits, mais même d'enseigner trop clairement ces mêmes droits; avec quelle ardeur, des hommes qui disent parler au nom de la prudence catholique empe 'chent que les jeunes gens
sacheut que les lois humaines sou. mauvaises lorsqu'elles contredisent le droit naturel ou le divin, ou lorsqu'elles sont subversives du droit ecclésiastique ; avec quels soins on évite d'enseiener les lois naturelles et divines pour amener les catholiques à ne croire qu'à l'autorité des lois civiles. Notre cœur d'évéque est plongé dans la douleur en voyant que ces mémes hommes ne se contentent pas de parler mais qu'ils écrivent une foule de journaux et méme de livres qu'ils jettent en pâture à tous les Ages et à toutes les conditions de la vie. Aussi, Nous avons résolu d'élever la voix et de vous rappeler les
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moyens de conjurer les dangers que font courir à vos ames et ces journaux et ces livres.
La presse est une force immense dans nos sociétés modernes. Instruite de tout ce qui arrive a le divulguer, elle pénetre partout avec la rapidité de Péclair, dans lhumble village et dans la cité opulente, sous le toit du pauvre et dans la résidence du riche. Admirable Institution, quand le publiciste se propose, comme il le devrait toujours, d'éelairer toutes les classes sur leurs devoirs ef leurs droits réels et de les encourager
, prompte
ainsi à la pratique de la morale chrétienne ! Véritable apostolat béni de Dieu et de l'Eglise toutes les lois que l'éerivain défend ce qui est sacré et se fait Je protecteur de ce qui.est faible! Hélas! N. T. C; B. tous no com. prennent pas cette sublime mission du journaliste, Sil en est qui la remplissent avee un dévouement héroïque, il s'en rencontre d'autres qui poursuivent un but diamétralement opposé, et qui distillent de leur plume, la calomnie, l'impiété et l’immoralité. Ils méritent d'être comparés à des oiseaux de proie. Comme eux, parfois venant de loin, ils s'abattent sur nous pour nous enlever le respect traditionnel chez nous, la foi pour laquelle surent mourir nos aieux, et la moralité qui a fait notre gloire et notre sauvegarde.
Léon XIII voulait parler de ces journaux le 99 lévrier 1879, quand il disait: « La presse quotidienne est une des causes principales du déluge de maux qui nous inonde et du misér est réduite la société.”
Ecoutez ces graves paroles de notre sage et savant Pape, N. T. C. F., et soyez bien prudents sur le choix des journaux que vous recevez sous votre toit. Quelque soit l'éclat dont ils brillent, s'ils
able état auquel
préchent l'erreur, ils ne sauraient être beaux, car le beau, c'est la splendeur du vrai, et ils ne contiennent qu'erreur et mensonge ; s'ils n'exaltent la vertu, ils ne sauraient être bons, car quand ils se couvrent de voiles parfois éclatants, ce n'est souvent que pour dissimuler les vices qu'ils préconisent, et le vice, vous le savez, c'est plus que le danger, c'est le mal méme. Pour nous catholiques, comme d'ailleurs pour tout homme de bon sens, il n'y a de science véritable que celle qui s'humilie devant la croix : il n'y a de bonheur vrai que celui que produit la vertu et il n'y a de plaisir réel que dans la paix d'une bonne conscience,
Toutes les fois done qu'une feuille préchant la révolte contre Vautorité tant ecclésiastique que civile, ou se faisant l’éche d'une littérature malsaine ou même immorale, tombera entre vos mains, Nous vous en conjurons, ne la lisez pas, ne la laissez point lire dans vos familles. Si vous l'introduisiez chez vous, elle aurait bientôt marqué son passage par des ruines irréparables; elle aurait vite affaibli les principes de foi et de morale que vous avez inculqués à vos enfants,
Une grave question doit maintenant se présenter à votre esprit, N. T. C. F., c'est celle-ci: nos journaux du Canada sont-ils restés chrétiens dans leurs tendances et pouvons-nous nous y abonner ou les lire indistinctement ?
Avant de répondre, il convient d’établir une distinction entre les journaux catholiques et ceux qui ne le sont pas.
Quant à ces derniers, les catholiques ne devraient pas oublier que tout journal et toute revue, traitant ex professo de questions religieuses, ne saurait leur être permis. En voici une raison entre plusieurs,
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Dans ces publications, soit en faveur de l'impicté la plus éhontée, soit en faveur de l'erreur religieuse. la vérité chrétienne est défigurée, souvent travestie et trop fréquemment livrée sans justice aux moqueries des lecteurs, Comment un chrétien pourrait-il lire, nous ne disons pas sans danger mais sans honte, de semblables productions ? Outre ces publications sans conscience, il en est d'autres, elles aussi condamnables, ce sont les journaux qui, de temps à autre, décochent leurs traits empolsonnés contre l'Eglise, ou ses dogmes ou ses cérémonies, contre les choses saintes ou les personnes ecclésiastiques, Aujourd'hui, ce sera une colonne, demain un faitdivers, un autre jour, quelques lignes dans un article de fond ou une correspondance. D’ordinaire. vous les reconnaitrez à l'empressement avec lequel ils accepteront ou reproduiront une dépéche seandaleuse ou un fait plus ou moins avéré qui tourne au désavantage du catholicisme, I] est évident que de pareils journaux sont hors de place dans une maison catholique et qu'ils ne sauraient y étre tolérés qu'avec une imprudence supréme.
Est-ce à dire que nous voudrions voir fermer la porte à tout journal non-catholique ? Non, N. T. €. F., ‘ar il en est dont les rédacteurs sont de véritables gentilshomues, qui poursuivent avec courage le but politique, industriel ou civilisateur qu'ils se proposent, et qui ne voudraient, pour rien au monde, s'abaisser à propager la calomnie ou le mensonge contre le catholicisme et les catholiques. Ces journaux et leurs rédacteurs sont de tous points respectables et nous ne voudrions en rien nous opposer à leurs consciencieux efforts pour le bienétre du pays.
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Parlons maintenant de nos journaux catholiques
ou tont au moins rédigés par des catholiques. Sont-
Ils tous restés à l'abri de toute censure ? Soit erreur
soit ignorance, ne contiennent-ils jamais des idées
lausses ou. dangereuses ?. Nont-ils méme toujours assez serupuleux à l'article de la morale? Nous ne voudrions pas étre. trop sévère, mais Nous devons vous signaler des abus graves et trop communs, Ne voyez dans cet avertissement qu'un grand désir de notre part de vous mettre sur vos gardes et vous prémunir contre les errenrs du jour, D'abord, certains journaux, d'inileurs bons et respectables, ne font pas une place convenable aux questions catholiques. Tout dévouts à la politique. ils semblent ne prendre et ne vouloir faire prendre aucun intérêt aux choses de l'Église. Pour eux et pour leurs lecteurs, on dirait que le Pape, prisonnier au Vatican, est un étranger: et que les intéréts religieux n'ont aucune importance, Catholiques, notre cœur bat avec les catholiques du monde et nous devons aimer à connaitre tout ce qui les concerne, Le silence est parlois une laute; le manque de discrétion en est une autre non moindre. Nous le prétexte de donner, comme des journaux impies ou simplement. non-eatholiques, ]e plus de nouvelles possibles, il arrive souvent, et trop souvent, que les Journalistes. reproduisent des dépêches à sensation des plus pernicieuses, où bien encore présentent tout ce qui concerne les peuples on les personnes catholiques sous un jour faux ou très-lonche. D'autres, emportés par un le inquiet, s'avancent sans ou méme contre l'ordre formel des chefs que Dieu leur a donnés pour guides, jusqu'aux avantpostes des questions les plus délicates et les plus brülantes, Prenons-y garde, à leur contact, on perdrait facilement l'obéissanee et le respect dis aux dignitaires ecclésiastiques, ou du moins, on sentirait diminuer en soi ces sentiments salutaires et obligatoires.
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soumission et l'obéissance aux eveques, Pourquoi ne ferions-nous pas notre profit de eet avis paternel ? Pourquoi surtout, les publicistes n'essaieraienteil pas d'v conformer toujours leur conduite et leurs écrits ? C'est à Pierre et aux apótres, et, en leurs personnes, c'est au Pape et aux évêques que Notre Seigneur a confié le soin de ré eir l'Eglise de Dieu. A eux de donner l'enseignement, à eux de régler la discipline, à eux enfin d'interpréter avec autorité les décisions de l'Eglise, Les journalistes devraient à jamais se le rappeler et y conformer leur manière d'agir. Alors, ils seraient plus prudents et ils ne vexposeraient pas à compromettre les intérêts sacrés de la religion dans des querelles de parti où de rivalité, et la politique elle-méme s'en trouverait toujours plus libre et plus assurée. Quils lisent et méditent l'Eneyelique de Léon XIII aux évêques de la nation espagnole, Ils y trouveront la regle pleine de sagesse qui les guidera dans l'attaque. de l'erreur et la défense des bons principes, Cette Encyclique devrait être publiée dons tous les jour: naux du pays,
Depuis quelque temps aussi, il s'est introduit dans nos journaux ov, du moins, dans certains d'entre eux, une pratique contre laquelle Nous aimons à protester, Embarrassés pour trouver des feuilletons émouvants et qui leur amènent des abonnés, il les empruntent, en grande partie, aux romans les plus à la mode, Nous Nous garderons bien de dire les meilleurs. Ils ne semblent pas se douter que cette littérature, méme épurée, renferme en ellemême et porte avec elle un germe de mollesse et de volupté de& plus délétères. Ces situations aussi contraires à la nature qu'à la morale engendrent une soif de jouissances qui mène le plus souvent
aux plus mauvais livres et partant, au crime et au malheur, Que dire aussi de cette complaisan:
avec laquelle on relate les moindres détails d'une histoire scandaleuse, ou encore du ton léver que l'on prend en rapportant les faits les plus opposés à la morale chrétienne 2 Evidemment Nous ne pouvous pas ne pas condamner cette conduite,
Nous condamnons aussi les feuilles qui prennent à tâche de vilipender les personnes « clésiastiques et autres dignes de respect et d'égards, les institutions religieuses et les œuvres les plus eatholiques. Lâches et ingrats, ces écrivains voudraient, il seinble, effaeer d'un trait de plume tout ce que la charité, le zèle et l'héroisme a produit de plus pur et de plus admirable. Aussi, non contents de s'en prendre aux vivants, ils attaquent méme les morts, et l'histoire en leurs mains n'est plus qu'une série de faits scandaleux ou bizarres dont la vue est loin d'être faite pour améliorer les générations présentes. Avec quelle critique et quelle bonne foi procèdentils dans l'énumération. complaisante qu'ils font de ces évenements privés, ce n'est point. notre but de examiner ici, mais certes, l'effet qu'ils obtiennent est entier sent délétère et mérite toute notre réprobation, A ces écrivains et à ceux qui les lisent, Nous rappellerons ces régles de la conversation chrétienne tracée par le grand Apótre: Que la Jornication, et quelque impurelé que ce soit, ou l'avarice. ne soit pas méme nommée parmi vous, comme il convient à des saints ; ni discours déshonnétes, ni folles paroles. ni bouffonneries, ce qui ne convient point: Fornicatio autem, et omnis immunditia, aat avaritia, nee nominetur in vobis, sicut. decet sanctos ; aut turpitudo aut stultiloquium, aut scurrilitas, quæ ad rem non pertinet (Ephes. V, 3, 4.)
Rappelons-nous ces sages avertissements, N. T. C. F,, inspirés par l'Esprit-SNaint : ils sont propres à assurer non seulement notre bonheur ici-bas, mais
crime et au "om plaisan t létails d'une n léger que us Opposes a ous ne poulite,
jui prennent elésiastiques ls, les insticatholiques.
ent, il semt ce que la de plus pur ents de s'en e les morts, qu'une série vue est loin ns présentes, à procèdentils font de otre but de ; obtiennent te notre réui les lisent, conversation re: Que la , ou Pavarice, ie tl convient olles paroles, : Fornicatio raritia, nee ; aut turpiquie ad rem
ents, N. T.
t propres à ci-bas, mais
eussi ef surtout notre félicité éternelle, Comment un catholique sincere pourrait-il prendre plaisir à éerire ou a lire ce que sa conscience réprouve ? Comment pourrait-il savourer sans honte des blusphemes contre Jésas-Christ et son Eglise ?
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Ce que Nous venons de dire des journaux sapplique également à une foule de livres publiés de nos jours, La foi y est bafouée au nom d'une luusse science, et la morale y est insultGe sans reserve aucune, Sous prétexte de peindre la nature, ils se livrent à tous les rêves de leur imagination, et souvent aussi ils font une anatomie des passions non moins que séduisante, Oh! peres et mères de famille, soyez vigilants ; ne laissez aucun de ces livres entrer dans votre maison, ils y apporteraient le déshonneur et la ruine. Permettez-Nous de vous le rappeler, N. T. C. F., aucun livre ne devrait être lu dans votre maison sans que vous l'eussiez exaiiiné vous-mémes ou fait examiner par un homme sage et chrétien, sinon par un prêtre, Ce manque de prudence a déjà fait beaucoup de victimes,
En terminant, N. T. C. F., Nous tenons à le répéter, ees observations ne visent point nos bons journaux dont personne plus que Nous n'apprécie le dévouement de leurs rédacteurs. Ceux-ci, eu travaillant au bien du pays, travaillent pour Dieu et pour l'Eglise. Encouragez-les, aidez-les, Nous ajouterons méme, pavez fidélement vos abonnements. Mais soyez sur vos gardes et ne laissez: pas s’introduire prés de vous ceux qui viennent sous la peau de brebis et qui ne sont au fond que des Ions rugissants préts à vous dévorer. Prenez garde plus particulièrement à ne jamais vous abonner à ces
journaux et à ces feuilletons qui ont été condamnés
nommément par l'autorité ecclésiastique ; prenez
garde à ne jamais les lire.
Sera la présente lettre pastorale lue et publice, en une ou plusieurs fois, avec des explications convenables, au prône des églises ou chapelles paroissiales où se fait l'oflice publie, le premier dimanche apres sa réception et les suivants.
Donné à Ottawa, sous notre seing, le sceau du diocese et le contre-seing de Notre Secrétaire, le deuxième jour de février mil huit cent quatre vingt trois, en la féte de la Purification de la B. V. Marie.
+ J. THOMAS, Ev. r'OTTAWA,
SC fe
Par Mandement,
J. SLOAN, Ptre,
Secrétaire.
| publiée, en tions conveelles paroisr dimanche
le sceau du ecrétaire, le quatre vingt 3, V. Marie.
D'OTTAWA, lent,
.N, Ptre,
Secrétaire,
3éme SÉRIE—LETTRE PASTORALE No. 3.
ode NÉ.