‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme] (volume 2)Chapitre 30 sur 122 · PAR LA GRACE DE DIEU · texte numérisé non relu

PAR LA GRACE DE DIEU

Aux Patriarches, Primats, Archevéques et Evéques de tout l'Univers catholique en gráce et en communion avec le Siège Apostolique.

A nos véncrables frères les Patriarches, Primats, Archevéques et Evèques de tout l'Univers catholique en grâce et en communion avec le Siège A postolique.

LEON XIII PAPE

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction apostolique.

Après que, par la jalousie du démon, le genre humain s'est misérablement séparé de Dieu auquel il était redevable de son existence et des dons surnaturels, il s'est partagé en deux camps ennemis, lesquels ne cessent pas de combattre, l'un pour la vérité et pour la vertu, l'autre pour tout ce qui est contraire à la vertu ev à la vérité.— Le premier est le royaume de Dieu sur la terre, à savoir la véritable Eglise de Jésus-Christ, dont les membres s'ils veulent lui appartenir du fond du cœur et de manière à opérer leur salut, doivent nécessairement

servir Dieu et son Fils unique de toute leur âme, de toute leur volonté. Le second est le royaume de Satan. Sous son empire et en sa puissance se trouvent tous ceux qui, suivant les funestes exemples de leur chef et de nos premiers parents, refusent d'obéir à la loi divine et multiplient leurs efforts, ici pour se passer de Dieu, là pour agir directement contre Dieu.

Ces deux royaumes, Saint Augustin les a vus et décrits avec une grande perspicacité sous la forme de deux cités opposées l’une a l'aûtre, soit par lés lois qui les régissent, soit par l'idéal qu'elles poursuivent; etavec un ingénieux laconisme, il à mis en relief dans les paroles suivantes le principe constitutif de chacune d'elles: Dena amours ont donné naissance à deux cités ; la cilé terrestre. procède de l'amour de soi porté Jusqu'au mépris de: Dieu : la cité céleste procède de l'amour de Dien porlé jusqu'au mépris de soi (1).— Dans toute la suite des siècles qui nous ont précédés, ces deux cités n’ont pas cesst de lutter l’une contre l'autre, en employant toutes sortes de tactiques et les armes les plus diverses, quoique non tonjours avec la même ardeur ni avec la méme impétuosité.

A notre époque, les fauteurs du mal paraissent s'être coalisés dans un immense effort, sous l'impulsion et avec l'aide d'une société répandue en un grand nombre de lieux et fortement organisée, la société des Franes-macons. Ceux-ci, en effet, ne prennent plus la peine de dissimuler leurs intentions et ils rivalisent d'audace entre eux .contre l'auguste majesté de Dieu. C'est publiquement, à ciel ouvert, qu'ils entreprennent de ruiner la sainte Eglise afin d'arriver, si faire se pouvait, à dépouiller complètement les nations chrétiennes des bienfaits dont elles sont redevables à Jésus-Christ Sauveur.

(1) De Civit, Dei Lib. xiv, c. 27.

Gémissant à la vue de ces maux et sous l'impulsion de la charité, Nous Nous sentons souvent portés à crier vers Dieu: Seigneur, voici que vos ennemis Jont an grand fracas, Ceux qui vous haïssent ont levé la tele. Ils ont ourdi rontre votre peuple des complots pleins de malice et ils ont résolu de perdre vos saints. Oui, ont-ils dit, venez et chassons-les du sein des nat ons (1).

Cependant, en un si pressant danger, en présence d'une attaque si cruelle et si opiniatre livrée au christianisme, c’est Notre devoir de signaler le péril, de dénoncer les adversaires, d'opposer toute la résistance possible à leurs projets et à leurs industries. d'abord pour empêcher la perte éternelle des âmes dont le salut Nous a été confié : puis afin que le royaume de Jésus-Christ, que Nous sommes chargés de défendre, non seulement demeure debout et dans toute son intégrité, mais fasse par toute la terre de nouveaux progrès, de nouvelles conquêtes.

Dans leurs vigilantes sollicitudes pour le salut du peuple chrétien, Nos Prédécesseurs eurent bien vite reconnu cet ennemi capital au moment où, quittant les ténèbres d'une conspiration occulte, il s'élancait à l'assaut en plein jour. Sachant ce quil était, ce qu'il voulait, et lisant pour ainsi dire dans l'avenir, ils donnérent aux princes et aux peuples le signal d'alarme et les mirent en garde contre les embüches et les artifices préparés pour les surprendre,

Le péril fut dénoneé pour la premier fois par Clément XII (9) en 1738, et la constitution promulguée parce Pape.fut renouvelée et confirmée par Benoit XIV (3). Pie VII (4) marcha sur les traces de ces deux Pontiffes; et Léon XII. renfermant

(1) Ps uxxxu, 2-4.

(2) Const. /n eminenti, du 24 avril 1738, (3) Const Providas, du 18 mai 1751.

(4) Const, Heclesíam a Jesu Christo, du 13 septembre 1821.

dans sa Constitution apostolique Quo graviora (1) tous les actes et décrets des précédents Papes sur cette matiere, les ratifia et les confirma pour toujours, Pie VIII (2), Grégoire XVI (3), et, à diveses reprises, Pie IX (4jont parlé dans le méme sens.

Le but fondamental et l'esprit de la secte maçonnique avaient été mis en pleine lumière par la manifestation patente de ses agissements, la connaissance de ses principes, l'exposition de ses règles, de ses rites et de leurs commentaires, auxquels plus d'une fois s'étaient ajoutés les témoignages de ses propres adeptes. En présence de ces faits, il était tout simple que ce Niège Apostoliqne dénongat publiquement la secte des franc-macons comme uae association criminelle, non moins pernicieuse aux intéréts du christianisme qu'à ceux de la société civile. Il édieta done contre elle les peines les plus graves dont l'Eglise a contume de frapper les coupables, et interdit de s'y aflilier.

Irrités de cette mesure. et espérant qu'ils pourraient, soit par le dédain, soit par la calomnie, échapper à ces condamnations ou en atténuer la force, les membres de la secte accusérent les Papes qui les avaient portées, tantot d'avoir rendu des sentences iniques, tantót d'avoir excédé la mesure dans les peines infligées. C'est ainsi qu'ils s'efforcerent d'éluder l'autorité on de diminuer la valeur des constitutions promulguées par Clément XII, Jenoit XIV, Pie VII et Pie IX.

Toutefois, dans les rangs mémes de la secte, il ne manqua pas d’associés pour avouer, méme malgré eux, que, étant données la doctrine et la discipline eatholiques, les Pontifes Romains n'avaient

(1) Const du 13 mars 1825,

(2) Encycl. 7^«a lii, du 21 mai 1829,

(3) Encycl. Miriri du 15 août 1832.

(4) Alloc. Multiplices inter, du 25 septembre 1865, Encycl. Qué pluribus, du 9 novembre 1846; etc,

rien fait que de très légitime, A cet aveu, il faut joindre l'assentiment explicite d'un certain nombre de princes ou de chefs d'Etat qui eureat à cour, soit de dénoncer la société des francs-maçons au Siège Apostolique, soit de la frapper eux-mêmes comme dangereuse, en portant des lois contre elle. ainsi que cela s'est pratiqué en Hollande, en Autriche, en Suisse, en Espagne, en Baviére, en Savoie et dans d'autres parties de l'Italie.

Il importe souverainement de faire remarquer combien les événemenis donnérent raison à la sagesse de Nos Prédécesseurs. Leurs prévoyantes et paternelles sollicitudes n'eurent pas partout ni toujours le succés désirable: ce qu'il faut attribuer soit à la dissimulation et à l'astuce des hommes engagés dans cette secte pernicieuse, soit à l'imprudente légèreté de ceux qui auraient cependant en l'intérêt le plus direct à la surveiller attentivement. Il en est résulté que, dans l'espace d'un siècle et demi, la secte des francs-macons a fait d'ineroyables progres. Employant à la fois l'audace et la ruse elle a envahi tous les rangs de la hiérarchie sociale et commencé à prendre au sein des Etats modernes une puissance qui équivaut presque à la souveraineté, De cette rapide et formidable extension sont précisément résultés pour l'Eglise, pour l'autorité des princes, pour le salut publie, les maux que Nos Prédécesseurs avaient depuis longtemps prévus. On en est venu à ce point quil y a lieu de concevoir pour l'avenir les craintes les plus sérieuses, non certes en ce qui concerne l'Eglise dont les solides fondements ne sauraient étre ébranlés par les efforts des hommes, mais par rapport à la sécurité des Etats au sein desquels sont devenues trop puissantes ou cette secte de la francmaçonnerie ou d'autres associations similaires qui se font ses coopératrices et ses satellites. :

Pour tous ces motifs, à peine avions-Nous mis la main au gouvernail de l'Eglise que Nous avons clairement seuti la nécessité de résister à un si grand mal et de dresser centre lui, autant qu'il serait possible, Notre autorité apostolique. Aussi, profitant de toutes les occasions favorables, Nous avons traité les principales thèses doctrinales sur lesquelles les opinions perverses de la secte maconnique semblent avoir exercé la plus grande influence. C'est ainsi que dans notre Encyclique Quod apostolici muneris, Nous Nous sommes eflorcés de combattre les inonstrueux systèmes des socialistes et des communistes. Notre autre Encyclique Arcanum Nous a permis de mettre en lumiére et de défendre la notion véritable et authentique de la société domestique dont le mariage est l'origine et la source. Dansl'eneyclique Diuturnum, Nous avons lait connaitre, d'aprés les principes de la sagesse chrétienne, l'essence du pouvoir politique et montré ses admirables harmonies avec l'ordre

naturel, aussi bien qu'avec le salnt des peuples et des princes.

Aujourd'hui, à l'exemple de Nos Prédécesseurs, Nous avons résolu de fixer

à présent

Ay à damane

mt DUT enr €21111 GG UCILCUWICE

ms-Nous mis la te Nous avons ésister à un si ü, autant qu'il tolique. Aussi, vorables, Nous doctrinales sur a secte maçons grande influicyclique Quod nes efforcés de es socialistes et clique Arcanum et de défendre

de la société l’origine et la n, Nous avons de la sagesse | politique et

avec l'ordre des peuples et

Prédécesseurs, ctement Notre sur l’ensemble itiments et ses une plus éclaial, et d'arréter ineste fléau.

in nombre de ines des autres ne, se resseml'analogie du fait, elles sont est pour toutes où elles procèique à présent

^ er à demeurer

SE ETES à

cachées; quoiqu'elles tiennent des réunions en plein jour et sous les yeux de tous; quoiqu'elles publient leurs journaux, toutefois, si l'on va au fond des choses, on voit bien qu'elles appartiennent à la famille des sociétés clandestines et qu'elles en gardent les allures, Il y a, en effet, chez elles des espèces de mystères que leur constitution interdit avee le plus grand soin de divulguer non-seulement aux personnes du dehors, mais méme à bon nombre de leurs adeptes. À cette catégorie appartiennent les conseils intimes et suprémes, les noms des chefs principaux, certaines réunions plus occultes et intérieures ; de même encore les décisions prises, avec les moyens et les agents d'exceution. A cette loi du secret concourent merveillensement la division faite entre les associés des droits, des offices et des charges, la distinction hiérarchique savamment organisée des ordres et des degrés, et la diseipline sévère à laquelle tous sont soumis. La plupart du temps, ceux qui sollicitent l'initiation doivent promettre, bien plus, ils doivent faire le serment solennel de ne pas jamais révéler à personne, à aucun moment, d'aucune manière, les noms des associés, les notes caractéristiques et les doctrines de la société. C'est ainsi que, sous des apparences mensongères et en faisant de la dissimulation une règle constante de conduite, comme autrefois les manich ens, les franc-macons n'épargnent aucun effort pou: se cacher et n'avoir d'autres témoins que leurs complices.

Leur grand intérét étamt de ne pus paraitre ce qu'ils sont, ils jouent le Personnage d'amis des lettres ou de philosophes, réusis enser:ble pour cultiver les sciences. Ils ne pari que de leur zèle pour les progés de la civilisation, de leur amour pour le pauvre peuple. A les en croire, leur but unique est d'améliorer le sort dela multitude

et d'étendre à un plus grand nombre d'hommes les avantages de la société civile. Mais à supposer que ces intentions fussent sincères, elles seraient loin d'épuiser tous leurs desseins, En elfet, ceux qui sont affiliés doivent promettre d'obéir aveuglement et sans discussion aux injonctions des chefs; de se tenir toujours prêts, sur la moindre notification, sur le plus léger signe, à exécuter les ordres donnés, se vouant d'avance en cas contraire aux traitements les plus rigoureux, à la mort elle-même. De fait il n'est pas rare que la peine du dernier supplice soit infligée à ceux d’entre eux qui sont convaincus, soit d'avoir livré la discipline secrète de la société, soit d'avoir résisté aux ordres des chefs; et cela se pratique avec une telle audace, une telle dextérité que, la plupart du temps, lexécuteur de, ces sentences de mort échappe à I: justice établie pour veiller sur les crimes et pour en tirer vengeance, Or, vivre dans la dissimulation et vouloir être enveloppé de ténèbres; enchainer à soi par les liens les plus serrés, et sans leur avoir préalablement fait connaitre à quoi ils s'engagent, des hommes réduits ainsi à l'état d'esclaves ; employer à toutes sortes d'attentats ces instruments passifs d'une volonté étrangère; armer pour le meurtre des mains à l'aile desquelles on s'assure l'impunité du crime: ce sont la de monstrueuses pratiques condamnées par la nature elle-même. La raison et la vérité sullisent done à prouver que la société dont Nous parlons est en opposition formelle avee la justice et la morale naturelles.

D'autres preuves, d'une. grande clarté, s'ajoutent aux précédentes et font encore mieux voir combien, par sa constitution essentielle, cette association repugne à l'honnéteté, Si grandes, en effet, que puissent étre parmi les hommes l'astucieuse habileté de la dissimulation et l'habitude du mensonge, il est impossible qu'une cause, quelle qu'elle soit, ne se

e d'hommes is à supposer lies seraient | ellet, ceux obéir aveumnetions des ‘Ja moindre

à exécuter "^ en eas ceoliix, à la mort e Ja peine du ntre eux qui la. discipline 6 aux ordres telle audace, t du temps, échappe à la imes et pour dissimulation

enchamer à ns leur avoir s sengagent, 'sclaves ; eminstruments mer pour le s on s'assure monstrueuses le-meme, La rouver que la ition formelle

té, s'ajoutent voir combien, ssoclation réftet, que puisse habileté de nsonee, il est lle soit, ne se

trahisse pas par les effets dont elle est la cause ; wn bon abre ne peut pas porter. de mauvais fruits, et «n manvais wen peut pas porter de bons (1).

Or, les fruits produits par la secte maçonnique sont pernicienx et des plus amers, Voici en effet ce qui résulte de ee que Nous avons précédemment indiqué, et cette conclusion Nous livre le dernier mot de ses desseins Il. s'agit pour les franc-maçons—et tous leurs efforts tendent à ce but—il s'agit de détruire de fond en comble toute la discipline reliejeuse el «sociale qui est née des institutions chrétiennes, et de lui en substituer une nouvelle, laconnée à leurs idées et dont les principes fondamentaux et les lois sont empruntés au Naturalisme.

Tout ce que Nous venons ou ee que Nous Nous proposons de dire doit étre entendu de la secte maconnique envisagée dans son ensemble et en tant qu'elle embrasse d'autres sociétés qui sont pour elle des sœurs et des alliées. Nous ne prétendons pas appliquer toutes ces réflexions à chacun de leurs membres pris individuellement. Parmi eux, en effet, il s'en peut trouver, et méme en bon nombre, qui, bien que non exempts de faute pour s'être affilióées à de semblables sociétés, ne trempent cependant pas dans leurs actes eriminels et ignorent le but final que ces sociétés s'efforcent d'atteindre. De méme encore, ‘il se peut faire que quelques-uns des groupes n'approuvent pas les conclusions extrémes auxquelles la logique devrait les contraindre d'adhérer, puisqu'elles découlent nécessairement des principes communs à toute l'association. Mais le mal porte avec lui une turpitude qui d'elle-même repousse et effraie. En outre, des circonstances particulières de temps ou de lieux peuvent persuader à certaines fractions de demeurer en deca de ce qu'elles souhaiteraient de faire, ou de ce que fout

(1j Matth. vri, 18.

d'autres associations. Il] n'en faut pas conclure pour cela que ces groupes soient étrangers an pacte fondamental de la maçonnerie Ce pacte demande à être apprécié moins par les actes accomplis et par leurs résultats que par l'esprit qui l'anime et par ses principes generaux,

Or, le premier principe des naturalistes, c'est qu'en touies choses la nature ou Ja. raison humaine doit étre maitresse et souveraine, (Cela posé, s'il ‘agit des devoirs envers Dieu, ou bieu is en font peu de cas, ou ils en altèrent l'essence par des opinions vagues et des sentiments erronés. lis nient que Dieu soit l'auteur d'aucune revelation Pour eux, en dehors de ce que peut comprendre la raison humaine, il n'y a ni dogme religieux, ni vérité, ni maitre en la parole de qui, au nom de son mandat officiel d'enseignemeht, on doit avoir foi Or, comme la mission tout à fait propre et spéciale de l'Eglise catholique consiste à recevoir dans leur plénitude et à garder dans une pureté incorruptible les doctrines révélées de Dieu, aussi bien que l'autorité établie pour les enseigner, avec los autres secours donnés du cie] en vue de sauver les homines, c'est contre elle que les adversaires dé ploient le plus d'acharnement et dirigent leurs plu violentes attaques.

Maintenant, dans les choses qui touchent à la religion, qu'on voie à l’œuvre la secte des francma«ons, la principalement où son action peut s'exer: avec une liberté plus licencieuse, et que l'on dise s elle ne sembie pas s'être donné pour mandat de mettre à exécution les décrets des naturalistes.

Ainsi, dût-il lui en coûter un long et opiniâtre labeur, elle se propose de réduire à rien au sein de la société civile le magistére et l'autorité de l'Eglise, d'où cette conséquence que les frane-macons s'appliquent à vulgariser et pour laquelle ils ne cessent pas de combattre, à savoir qu'il faut absolu-

pas conclure gers au pacte acte demande 'oniplis et par anime et par

walistes, c'est ison humaine ‘ela posé, s'il eu is en font ence par des

erronés. Ils je. revelation 'omprendre la

religieux, ni wu nom de son loit avoir foi ore et spéciale voir dans leur ‘incorruptible bien que l'au- 'ec les autres le sauver les dversaires dé rent leurs plus

touchent à la cte des francion peut s'exse, et que l'on * pour mandat naturalistes.

2 et opiniâtre jen au sein de rité de l'Eglise, franc-maçons aquelle ils ne il faut absolu-

ment séparer l'Eglise et l'Etat. De ce fait, ils mettent hors des lois et ils excluent de l'adminitration de la chose publique la trés salutaire influence de la religion catholique, et ils aboutissent logiquement à la prétention de constituer l'Etat tout. entier en dehors des institutions et des préceptes de l'E-

elise, M il ne leur suffit pas d'exeh le toute participation au @ vernement des ala analnes l'Eglise, ce guide sage et si sur, il ‘ut encore qu'ils la :raitent en ennemie et usent de | lence

contre elle. De là, l'impunité avec laquelle, par la parole, par la plume, par l'enseignement, il est permis de s'attaquer aux fondements méme de la religion catholique. Ni les droits de | Eglise, ni les prérogatives dont la Providence l'avait dotée : rien n'échappe à leurs attaques. On réduit presque à rien sa liberté d'action, et cela par des lois qui, en

apparence, ne semblent pas tro) yyossives, mais qui, en réalité, sont express t faites pour enchainer cette liberté, Au noi les lois excep-

tionnelles faites contre le clergé, \ous signalerons particulièrement celles qui auraient pour résultat de diminuer notablement le nombre des ministres du sanctuaire, et de réduire toujours davantage leur: moyens indispensables d'action et d'existence. Les restes des biens ecclésiastiques, soumis à mille servitudes, sont placés sous la dépendance et le bon plaisir d'administrateurs civils. Les communautés religieuses sont supprimées ou dispersées. A l'égard du Siège Apostolique et du Pontife Romain l'inimitié de ces sectaires à redoublé d'intensité. Aprés que, sous de faux prétextes, ils ont dépouillé le Pape de sa souveraineté temporelle, nécessaire guarentie de sa liberté et de ses droits, ils l'ont réduit à une situation tout à la fois inique et intolérable, jusqu'à ce qu'enfin, en ces derniers temps, les fauteurs de ces sectes en soient arrivés au point qui était depuis longtemps le but de leurs secrets

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART

(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)

II Lo um ou = iy

u itd!

IS Va uus

desseins, A savoir, de proclamer que le moment est vrimer la puissance sacrée des Pontifes

venu de sup} Romains et de détruire entierement cette Papauté

qui est d'institution divine. Pour mettre hors de

doute l'existence. d'un tel plan, et à défaut d'autres

preuves, il suffirait d'invoquer le témoignage

d'hommes qui ont appartenu à la secte, et dont la

plupart, soit dans le passé, soit à une époqne plus

récente, ont attestés comme véritable la volonté ou

sont les frane-macons de poursuivre le catholicisme

dune inimitié exclusive et implacable, avee leur ferme résolution de ne s‘arréter qu'après avoir ruiné de fond en comble toutes les institutions religieuses établies par les Papes.

Que si tous les membres de la secte ne sont pas obligés d'abjurer explicitement le catholicisme, cette exception loin de nuire au plan général de la franc-maçonnerie, sert plutôt ses intévéts, Elle lui permet d'abord de tromper plus facilement les personnes simples et sans défiance, et elle rend accessible à un plus grand nombre l'admission dans dans la séete. De plus, en ouvrant leurs rangs a des adeptes qui viennent à eux des religions les plus diverses, ils deviennent plus capables d'aecrediter la grande erreur du temps présent, laquelle consiste à réléguer au rang des choses indifferentes le souci de la religion eta mettre sur le pied de l'égalité toutes les formes religieuses, Or, à lui seul, ce principe suffit à ruiner toutes les religions, et particulièrement la religion catholique, car, étant la seule véritable, elle ne peut, sans subir la dernière des injures et des injustices, tolérer que les autres religions lui soient égales.

Les naturalistes vont encore plus loi. Audacieusement engagés dans la voie de l'erreur sur les plus importantes questions, ils sont entrainés et comme précipités par la iogique jusqu'aux conse-

quences les plus extrémes de leurs principes, soit

jnent est s Pontiles

Papauté hors de

d'autres molenaee i£ dont la qne plus olonté ou holicisme avec leur rés avoir istitutions

» sont pas holicisme, yal de la

Ele lui ement les elle rend ssion dans rs ranges a ligions les es d'accrét, laquelle différentes le pied de Or, à lui s religions, , car, étant la dernière les autres

Audacieuur sur les ntrainés et aux conséncipes, soit

à cause de la faiblesse de la nature humaine, soit par le juste chatiment dont Dieu [frappe leur orgueil.

[| suit de là qu'ils ne gardent méme plus dans leur intégrite et dans leur certitude les vérités accessibles à la seule lumiere de la raison naturelle, tel'es que sont assuróment l'existence de Dieu, la spiritualité et l'iinmeortilite de lame. Emportée dans une nouvelle carrière d'erreurs, la secte des franessmacons n'a ‘pas échappé à ces écueils Bien qu'en effet, prise dans son ensemble, Ja secte fasse profession de croire à l'existence de Dieu, le témoienage de ses propres membres établit que cette croyance n'est pas pour chacun d'eux individuellement l'objet d'un assentiment ferme et d'une in¢branlable certitude.

IIS ne dissimulent pas que la question de Dieu est parmi eux une cause de grands dissentiments. ll est méme avéré, quil y a peu de temps, une sérieuse controverse s'est engagée entre eux à ce sujet. Hn fait, la secte laisse aux initiés liberté entière de se prononcer en tel ou tel sens, soit pour allirmer l'existence de Dieu, soit pour la nier; et ceux qui nient résolument ce dogme sont aussi facilement reçus à linitiation que ceux qui, d'une certaine facon, l'almettent encore, mais en le dépravant, comme les panth^istes, dont l'erreur consiste précisément, tout en retenant de FEtre divin on ne sait quelles absurdes apparences, à faire disparaitre ce quil y a d'essentiel dans la vérité de son exisrence,

Or, quand ce fondement nécessaire est détruit, ou seulement ébranlé, il va de soi que les autres principes de l'ordre naturel chancellent dans Ja raison humaine et qu'elle ne sache” plus à quoi s'en tenir ni sur Ja création du monde par un acte libre et souverain du Créateur, ni sur le gouvernement de la Providence, ni sur la survivance de lame et

la réalité d'une vie future et immortelle succédant à la vie présente. L'effondrement des vérités qui sont la base de l'ordre naturel et qui importent si fort à la conduite rationnelle et pratique de la vie, aura un contre-coup sur les murs privées et publiques. Passons sous silence ces vertus surnaturelles qu'à moins d'un don spécial de Dieu, personne ne peut ni pratiquer, ni acquérfr; vertus dont il est impossible de trouver aucune trace chez ceux qui font profession d’ignorer dédaigneusement la rédemption du genre humain, la grâce, les sacrements, le bonheur futur à conquérir dans le ciel : Nous parlons simplement des devoirs qui résultent des principes de l'honnêteté naturelle.

Un Dieu quiacréé le monde et le gouverne par sa Providence ; une loi éternelle dont les prescriptions ordonnent de respecter l'ordre de la nature et défendent de le troubler ; une fin dernière placée pour l'àme dans une région supérieure aux choses humaines, et au delà de cette hôtellerie terrestre : voilà les sources, voilà les principes de toute justice et honnêteté. Faites-les disparaitre (c'es: la prétention des naturalistes et des francs-macons). et il sera impossible de savoir en quoi consiste la science du juste et de linjuste et sur quoi elle s'appuie. Quand à la morale, la seule chose qui ait trouvé gráce devant les membres de la secte maçonnique et dans laquelle ils veulent que la jeunesse soit instruite avec soin, c'est celle qu'ils appellent “ morale civique— morale indépendante—morale libre”, en d'autres termes orale qui ne fait aucune place aux idées religieuse:

Or, combien une telle morale est insuflis ute ; jusqu'à quel poing elle manque de solidité et fléchit sous le souffle des passions, on le peut voir assez par les tristes résultats qu'elle a déjà donnés. Là, en effet, où, après avoir pris la place de la morale chrétienne, elle a commencé à régner avec plus de

accédant ités qui ortent $1 le la vie, es et pusurnaturpersonne ont il est ceux qui ment la les sacres le ciel :

résultent

erne par prescripnature et re placée ix choses terrestre :

de toute itre (c’esi 's-macons).

i consiste sur quoi ule chose res de la Is veulent c'est celle | indépen- T orale Sea

suflis nte ; é et fléchit r assez par s Là, en orale chrée plus de

liberté, on a vu promptement dépérir la probité et l'intégrité des mœurs, grandir et se fortifier les opinions les plus monstrueuses et l'audace des crimes couler à pleins bords. Ces maux provoquent au-

jourd'hui des plaintes et des lamentations univer-

selles, auxquelles font parfois écho bon nombre de ceux-là mémes qui, bien malgré eux, sont contraints de rendre hommage à l'évidence de la vérité.

En outre, la nature humaine ayant été viciée par le péché originel et étant devenue à cause de cela beaucoup plus disposée au vice qu'à la vertu, Phonnéteté est absolument impossible si les mouvements désordonnés de lame ne sont pas réprimés et si les appétits n'obéissent pas à la raison. Dans ce conflit, il faut souvent mépriser les intérêts terrestres et se résoudre aux plus durs travaux et à la souflrance, pour que la raison victorieuse demeure en possession de sa principauté. Mais les naturalistes et les francs-maçons n'ajoutant aucune foi à la révélation que nous tenons de Dieu nient qae le per^ du genre humain ait péché et par conséquent que ies forces du libre arbitre soient d'aucune facon * débilitées, ou inclinées vers le mal" (1). Tout au contraire, ils exagérent la puissance et l'excellence de la nature, et mettant uniquement en cile le principe et la régie de la justice, ils ne peuvent méme pas concevoir la nécessité de faire de constants elforts et de déployer un trés grand courage pour comprimer les révoltes de la nature et pour imposer silence à ses appétits.

Aussi voyons-Nous se multiplier et mettre à la portée de tous les hommes tout ce qui peut flatter leurs passions: journaux et brochures d'où la réserve et la pudeur sont bannies; représentations théâtrales dont la licence passe les bornes; œuvres

(1) Concile de Trente, sess. vi , De justifie, chap. 1.

artistiques où s’étalent avec un cynisme révoltant les principes de ce qu'on appelle aujourd'hui /e réalisme : inventions ingénieuses desiinées à augmenter les délicatesses et les jouissances de la vie; en un mot, tout est mis en œuvre en vue de satisfaire l'amour du plaisir, avec lequel finit par se mettre d'accord la vertu endormie.

Assurément, ceux-là sont coupables, mais en méme temps, ils sont conséquents avec eux-mémes qui, supprimant l'espérance des biens futurs, abaissent la félicité au niveau des choses périssables, plus bas même que les horizons terrestres. A l'appui de ces assertions, il serait facile de produire des faits certains, bien qu'en apparence incroyables. Personne, en effet, n’obéissant avec autant de servilité à ces habiles et rusés personnages que ceux dont le courage s'est énervé et brisé dans l'esclavage des passions, il s'est trouvé dans la francmaconnerie des sectaires pour soutenir qu'il fallait systématiquement employer tous les moyens de saturer la multitude de licence et de vices, bien assurés qu'à ces conditions elle serait tout entière entre leurs mains et pourrait servir d'instrument a laccomplissement de leurs projets les plus audacieux.

Relativement à la société domestique, voici à quoi se résume l'enseignement des naturalistes. Le mariage n'est qu'une variété de l'espéce des contrats; il peut done étre légitimement dissous à la volonté des contractants; les chefs du gouvernement ont puissance sur le lien conjugal; dans l'éducation des enfants, il n'y a rien à leur enseigner méthodiquement ni à leur prescrire en fait de religion. C'est affaire à chacun d'eux, lorsqu'ils seront en âge, de choisir la religion qui leur plaira. Or, non seulement les francs-magons adhèrent en tièrement à ces principes, mais ils s'appliquent à les faire passer dans les mœurs et dans les insti-

roltant les > réalisme :

enter les , un mot, e l'amour l'accord la

mas en ux-mémes s futurs, érissables, A l'appui luire des croyables.

iutant de lages que yrisé dans s la francwil fallait oyens de ‘ices, bien ut entière trument à plus auda-

oici à quoi listes. Le e des conssous à la u gouvergal; dans r enseigner n fait de

lorsqu'ils eur plaira.

hèrent en ypliquent à s les insti-

iutions. Déjà, dans beaucoup de pays, méme catholiques, il est établi qu'en dehors du mariage civil il n'y a pas d'union légitime. Ailleurs, la loi autorise le divorce que d'autres peuples s'apprétent à introduire dans leur législation le plus tót possible. Toutes ces mesures hátent la réalisation prochaine du projet de changer l'essence du mariage etle réduire à n'étre plus qu'une union instable, éphémère, née du caprice d'un instant, et pouvant etre dissout quand ce caprice changera.

La secte concentre aussi toutes ses énergies et tous ses efforts pour s'emparer de l'éducation de la jeunesse. Les franes-macons espérent qu'ils pourvont aisément former d'après leurs idées cet âge si tendre et en plier la flexibilité dans le sens qu'ils voudront, rien ne devant étre plus efficace pour préparer à la société civile une race de citoyens telle qu'ils révent de la lui donner. C’est pour cela que, dans l'éducation et dans l'instruction des enfants, ils ne veulent tolérer les ministres de l'Eglise ni comme professeurs, ni comme surveillants. Déjà dans plusieurs pays, Hs ont réussi à faire confier exclusivement à des laiques l'éducation de la jeunesse, aussi bien qu'à proscrire totalement de l'enseignement de la morale les grands et saints devoirs qui unissent l'homme à Dieu.

Vieunent ensuite les dogmes de la science politique. Voici quelles sont en cette matiére les these des naturalistes: Les hommes sont égaux en droits; tous, et à tous les points de vue, sont d'égale condition. Etant tous libres par nature, aucun d'eux n'a le droit de commander à un de ses semblables, et c’est faire violence aux hommes que de prétendre les soumettre à une autorité quelconque, à moins que cette autorité ne procède d'eux mêmes. Tout pouvoir est dans le peuple libre; ceux qui exercent le commandement n'en sont les détenteurs que parle mandat ou par la concession

du peuple, de telle sorte que si la volonté populaire change, il faut dépouiller de leur autorité les chefs de l'État, même malgré eux. La source de tons les droits et de toutes les fonctions civiles résiue soit dans la multitude, soit dans le ponvoir qui régit l'Etat, mais quand il a été constitué d'apres les nouveaux principes. En outre, J'Etat doit être athée ; il ne trouve, en effet, dans les diverses formes religieuses aucune raison de préférer lune

| l'autre; toutes doivent done étre mises sur un pui d'égalité.

Or, que ces doctrines soient professées par les francs-macons, que tel soit pour eux l'idéal d’après lequel ils entendent constituer les sociétés, cela est presque trop évident pour avoir besoin d’être prouvé. Il y a déjà longtemps qu'ils travaillent ouvertement à le réaliser, en y employant toutes leurs forces et toutes leurs ressources. IIs fraient ainsi le chemin à d’autres sectaires nombreux et plus audacieux qui se tiennent prêts à tirer de ces faux principes des conclusions encore plus détestables, à savoir le partage égal et la communauté des biens entre les citoyens, après que toute disiinction de rang et de fortune aura été abolis.

Les faits que nous venons de résumer mettent en une lumière suffisante la constitution intime des francs-maçons et montrent clairement par quelle route ils s’acheminent vers leur but. Leurs dogmes principaux sont en un si complet et si manifeste désaccord avec la raison qu'il ne se peut imaginer rien de plus pervers. En effet, vouloir détruire la religion et l'Eglise établies par Dieu lui-même et assurées par lui d'une perpétuelle protection, pour ramener parmi nous après dix-huit siècles, les mceeurs et les institutions des paiens, n'est-ce pas le comble de la folie et de la plus audacieuse impiété ? Mais ce qui n'est ni moins horrible ni plus supportable, c'est de voir répudier les bienfaits miséricor-

populaire les chefs ' de tons es rés1ce qui régit.

‘après les doit être | diverses ‘rer l'une 8 sur un

's par les ul d'après étés, cela nin d'etre ravaillent int toutes Ils fraient nbreux et ‘er de ces lus détesnmunauté te disiinc-

r mettent intime des var quelle rs dogmes manifeste imaginer létruire la i-méme et tion, pour iècles, les t-ce pas le ' impiété ?

Is suppormiséricor-

dieusement acquis par Jésus-Christ, d'abord aux individus, puis aux hommes groupés en familles et en nations; bienfaits qui, au témoignage des ennemis méme du christianisme, sont du plus haut prix. Certes, dans un plan si insensé et si criminel, il est bien permis de reconnaitre la. haine inexplicable dont Satan est animé à l'égard de J'ésus- Christ et sa passion de vengeance

L'autre dessein, à la réalisation duquel les francs-maçcons emploient tous leurs eflorts, consiste à détruire les fondements principaux de la justice et de l'honnêteté. Par là, ils se font les auxiliaires de ceux qni voudraient qu'à linstar de l'animal l'homme n'eut d'autre règle d'action que ses désirs. Ce dessein ne va rien moins qu'à déshonorer le venre humain et à le précipiter ignominieusement à sa perte, Le mal s'augmente de tous les périls qui menacent la société domestique et la société civile. Ainsi que Nous l'avons exposé ailleurs, tous les peuples, tous les siècles s'accordent à reconnaître dans le mariage quelque chose de sacré et de religieux, et la loi divine a pourvu à ce que les unions conjugales ne puissent pas être dissoutes. Mais si elles deviennent purement profanes, s'il est permis de les rompre au gré des contractants, aussitôt la constitution de la famille sera en proie au trouble et à la confusion; les femmes seront découronnées de leur dignité ; toute protection et toute sécurité disparaitront pour les enfants et pour leurs intérêts. Quant à la prétention de faire l'Etat complétement étranger à la religion et pouvant administrer les affaires publiques sans tenir plus de compte de Dieu que s'il n'existait pas, c'est une témérité sans exemple, méme chez les paiens. Ils portaient si profondément gravée au plus intime de leurs Ames non-seulement une idée vague des dieux, mais la nécessité sociale de la religion, qu'à leur sens, il e^t été plus aisé à une ville de se tenir

debout sans étre appuyée au sol que privée de Dieu, De fait, la société du genre humain, pour laquelle la nature nous a créés, a été constituée par Dieu, auteur de le nature. De lui, comme principe et comme source, découlent dans leur force et dans leur pérennité les bienfaits innombrables dont elle nous enrichit. Aussi, de même que la voix de la nature rappelle à chaque homme en particulier l'obligation où il est d'offrir à Dieu le culte d'une pieuse reconnaissance, parce que est à lui que nous sommes redevables de la vie et des biens qui l'aecompagnent, un devoir semblable s'impose au peuples et aux sociétés.

De la résulte avec la derniere évidence que ceux qui veulent briser toute relation entre la société civile et les devoirs de la religion ne commettent pas seulement une injustice ; leur conduite prouve eneore leur ignorance et leur ineptie. En eflet, c'est par la volonté de Dieu que les hommes naissent pour étre réunis et pour vivre en société ; l'autorité est le lien nécessaire au maintien de la société civile, de telle sorte que, lui brisé, elle se dissout fatalement et immédiatement. L'autorité a done pour auteur le méme Etre qui a créé la société. Aussi, quel que soit celui entre les mains de qui le pouvoir réside, celui-là est le ministre de Dieu. Par con-

dans la mesure où l'exigent la fin et la nature de la société humaine, il faut obéir au pouvoir légitime commandant des choses justes comme à l'autorité méme de Dieu qui gouverne tout: et rien n'est plus contraire à la vérité que de soutenir qu'il dépend dela volonté du peuple de refuser cette obéissance quand il lui plait.

De même, sil’on considère que ious les hommes sont de méme race et de méme nature et qu'ils doivent tous atteindre la méme fin dernière, et si lon regarde aux devoirs et aux droits qui découlent de cette communauté d'origine et de destinée, il

séquent,

ivée de n, pour nstituée comme ur force nbrables que la mme el à Dieu ree que la vie et mblable

que ceux Y société nmettent e prouve En effet, s nalssent l'autorité été civile, ut fatalelone pour é. Aussi, le pon voir Par confin et la obéir au ses justes gouverne vérité que du peuple ait.

:s hommes e et quils niére, et si ui découdestinée, il

nest pas douteux qu'il ne soient tous égaux, mais comme ils n'ont pas tous les mêmes ressources d'intel- Jivence et qu'ils différent les uns des autres, soit par les facultés de l'esprit, soit par les énergies physiques; comme en effet il existe entre eux mille distinctions de mœurs de goûts, de caractères, rien ne répugne tant à la raison que de prétendre lus ramener tous à la méme mesure et d'introduire dans les institutions de la vie civile une égalité rigoureuse et mathématique. De méme, en eflet, que la parfaite constitution du corps humain résulte de l'union et de l'assemblage de membres qui n'ont ui les mémes formes vi les mémes fonctions, mais dont heureuse association et le concours harmonieux donnent à tout l'organisme sa beauté plastique, sa force et son aptitude à rendre les services nécessaires, de méme au sein de la société humaine «e trouve une varieté presque infinie de parties dissemblables. Si elles étaient toutes éoales entre elles et libres, chacune pour son compte, d'agir à leur guise, rien ne serait plus difforme qu'une telle société. Si au contraire, par une sage hiérarchie des mérites, des goûts, des aptitudes, chacune d'elles concourt au bien général, vous voyez se dresser devant vous l'image d'une société bien ordonnée et conforme à la nature

Les malfaisantes erreurs que Nous venons de rappeler menacent les Etats des dangers les plus redoutables, En effet, supprimez la crainte de Dieu et le respect dà à ses lois; laissez tomber en diserédit l'autorité des princes; donnez libre earrière et encouragement à la manie des révolutions ; làchez la bride aux passions populaires ; brisez tout frein, sauf celui des chatiments, vous aboutirez par la force des choses a un bouleversement universel et à la ruine de toute: les institutions : tel est, il est vrai, le but avéré, explicite que poursuivent de leurs efforts beaucoup d'associations communistes

et socialistes; et la. secte des franes-macons n'a. pas le droit de se dire étrangere à leurs attentats, puisqu'elle favorise leurs desseins et que, sur le terrain des principes, elle est entierement d'aecord avec elles,

Ni ees principes ne produisent pas immédiatement et partout leurs conséquences extrémes, ce n'est ni à la discipline de la secte, ni à la volonté des sectaires qu'il faut lattribuer; mais d'abord à la vertu de cette divine religion qui ne peut pas être anéantie; puis aussi à l’action des hommes qui, formant la partie la plus saine des nations, refusent de subir le joug des sociétés secrètes et luttent avec courage contre leurs entreprises insensées,

Et plut à Dieu que tous, jugeant l'arbre par ses fruits, sussent reconnaitre le germe et le principe des maux qui nous accablent, des dangers qui nous menacent, Nous avons affaire 4 un ennemi rusé et fécond en artifices. Il excelle à chatouiller agréablement les oreilles des princes et des peuples, et il a su prendre les uns et les autres par la douceur de ses maximes et l'appát de ses flatteries.

Les princes ? les francs-maçons se sont insinués dans leur faveur sous le masque de lamitié pour faire deux des alliés et de puissants auxiliaires à l'aide desquels ils opprimeraient plus sûrement les catholiques, Afin d’aiguillonner plus vivement le zèle de ces hauts personnages, ils poursuivent l'Eglise d'impudentes calomnies. C’est ainsi qu'ils l'accusent d'étre jalouse de la puissance des souverains et de leur contester leurs droits. Assurés par cette politique de l'impunité de leur audace, ils ont commencé a jouir d'un grand crédit sur les gouvernements.

D'ailleurs, ils se tiennent toujours préts à ébranler les fondements des empires, à poursuivre, à dénoncer, et méme à chasser les princes, toutes les

n'a pas ittentats, sur le d'accord

médiatemes, ce volonté ‘abord à peut pas hommes nations,’ ‘rètes et treprises

par ses principe qui nous smi rusé er agréuples, et douceur

insinués tié pour liaires a nent les sement le t l'Eglise s l'accuuveralns par cette mt comouverne-

à ébransuivre, a outes les

lois que ceux-ci paraissent user du pouvoir autrement que la secte ne ;exige. Les peuples ? ils se jouent d'eux en les flattant par des procédés semblables, Ils ont toujours à la bouche les mots de liberté” et de “ prospérité publique”. A les en croire, c'est l'Eglise, ce sont les souve ‘ains qui ont toujours fait obstacle à ce que les masses fussent arrachées à une servitude injuste et délivrées de la misère Ils ont séduit le peuple par ce langage fallacieux, et, excitant en lui la soit des changements, ils l'ont lancé à l'assaut des deux puissances, ecclésiastique et civile, "Toutefois, la réalité des avantages qu'on espere demeure toujours au-dessous de l'imavination et de ses désirs. Dien loin d'étre devenu plus heureux, le peuple accablé par une oppression et une misere croissantes, se voit encore dépouillé des consolations qu'il eût pu trouver avec tant de facilité et d'abondance, dans les croyances et les pratiques de la religion chrétienne. Lorsque les hommes s'ttaquent à l'ordre providentiellement établi, par une juste punition de leur orgueil ils trouvent souvent l'afllietion et la ruine à la place de la fortune prospère sur la uelle ils avaient témérairement compté pour l'assouvissement de tous leurs désirs.

Quant à l'Eglise, si, par dessus toute chose, elle ordonne aux hommes d'obéir à Dieu. souverain seigneur de l'univers, l’on porterait contre elle un jugement calomnieux, si on croyait qu'elle est jalouse de la puissance civile, ou quelle songe à entreprendre sur les droits des princes. Loin delà. Elle met sous la sanction du devoir et de la conscience l'obligation de rendre à la puissance civile ce qui lui est légitimement dà. Si elle fait découler de Dieu lui même le droit de commander, il en résulte pour l'autorité un sureroit considérable de dignité et une facilité plus grande de se concilier l'obéissance, le

respect et le bon vouloir des citoyens. D'ailleurs, toujours amie de la paix, c'est elle qui nourrit la concorde, en embrassant tous les hommes dans la tendresse de sa charité maternelle, Uniquement attentive à procurer le bien des mortels, elle ne se lasse pas de rappeler qu'il faut toujours tempérer la justice par la clémence, le commandement par l'équité, les lois par la modération ; que le droit de chacun est inviolable; que c'est un devoir de travailler au maintien de l'ordre et de la tranquilité générale et de venir en aide dans toute la mesure du possible, parla charité privée et publique, aux souffrances des malheureux. Mais, pour employer assez à propos les paroles de St. Augustin, “ ils croient ou ils cherchent à faire croire que la doctrine chrétienne est impraticable avec le bien de l'Etat, parce qu'ils veulent fonder l'Etat, non sur la sohdité des vertus, mais sur l'impunité des vices. Si tout cela était mieux connu, princes et peuples feraient preuve de sagesse politique et agiraient conformément aux exigences du salut général ; si, au lieu de s'unir aux francs-macons pour cambattre l'Eglise, ils s'unissaient à l'Egise pour résister aux attaques des francs-macons.

Quoiqu'il en puisse advenir, Notre devoir est de Nous appliquer à trouver des remèdes proportionnés à un mal si intense et dont les ravages ne se sont que trop étendus, Nous lesavons: notre meilleur et plus solide espoir de guérison est dans la vertu de cette religion divine que les franes-macons haissent d'autant plus qu'ils la redoutent davantage. I] importe dóne souverainement de faire d'elle le point central de la résistance contre l'ennemi commun. Aussi, tous les décrets portés par les Pontifes Romains, Nos Prédécesseurs, en vu de paralyser les efforts et les tentatives de la secte maçonnique ; toutes les sentences prononcées par eux pour détourner les hommes de s'affilier à cette secte, ou pour le détermi-

illeurs, t la conla tenit attense lasse la justi- 'équité, icun est ller au érale et 'ossible, ffrances | propos ls chernne est > qu'ils vertus, la était preuve ent aux unir aux | s'unisies. des

* est de rtionnés se sont

llleur et rertu de haissent Il im-

le point ommun.

ifes Royser les ; toutes irner les détermi-

ner à en sortir, Nous entendons les ratifier de nouveau tanten général qu'en particulier. Pleins de confiaace à cet égard dans la bonne volonté des chrétiens, Nous les supplions, au nom de leur salut

éternel, et Nous leur demandons de se faire une

obligation sacrée de conscience de ne jamais s'écarter, même d'une seule ligne, des prescriptions promulguées à ce sujet par le Siege apostolique.

"Quant à vous, Vénérables Frères, Nous vous prions, Nous vous conjurons d'unir vos cíforis aux Nôtres et d'employer tout votre zèle à faire disparaitre l'impure contagion du poison qui circule dans ies veines de la société etl'infecte toute entiere, Il s'agit pour vous de procurer la gloire de Dieu et le salut du prochain. Combattant pour une si grande cause, nile courage ni la force ne vous feront défaut. Il vous appartient de déterminer dans votre sagesse par quels moyens plus efficaces vous pourrez avoir raison des difficultés et des obstacles qui se dresseront contre vous. Mais puisque l'autorité inhérente à Notre charge Nous impose le devoir de vous tracer nous méme la ligne de conduite que Nous estimons la meilleu:^ nous vous dirons :

En premier lieu, arrachez à la franc-maçonnerie le masque dont elle se couvre, et faites-la voir telle quelle est.

Secondement, par vos discours et par des Lettres pastorales spécialement consacrées à cette question, instruisez vos peuples, faites leur connaitre les artifices employés par ces sectes pour séduire les hommes et les attirer dans leurs rangs, la perversité de leurs doctrines, l'infamie de leurs actes. Rappelez-vous qu'en vertu des sentences plusieurs fois portées par Nos Prédécesseurs, aucun catholique, s'il veut rester digne de ce nom et avoir de son salut le souci qu'il mérite, ne peut, sous aucun prétexte, s'affilier à Ja secte des francs-maçons. Que personne

donc ne se laisse tromper par de fausses apparences d'honnêteté. Quelques personnes peuvent, en effet, croire que dans les projets des francs-macons il n'y a rien de formellement contraire à la sainteté de la religion et des mœurs. Toutefois, le principe fondamental qui est comme l'àme de la secte étant condamné par la morale, il ne saurait étre permis de se joindre à elle, ni de lui venir en aide d'aucune façon.

[1 faut ensuite, à l'aide de fréquentes instructions et exhortations, faire en sorte que les masses acquierent la connaissance de la religion. Dans ce but, nous conseillons très fort d'exposer, soit par écrit, soit de vive voix et dans des discours ad hoc, les éléments des principes sacrés qui constituent la philosophie chrétienne. Cette derniere recommandation a surtout pour but de guérir par une science de bon aloiles maladies intellectuelles des hommes et de les prémunir tout à la fois contre les formes multiples de l'erreur et contre les nombreuses séductions du vice, surtout en un temps où la licence des écrits va de pair avec une insatiables avidité d'apprendre. L'œuvre est immense pour l'accomplir, vous aurez avant tout l'aide et la collaboration de votre clergé, si vous donnez tous vos soins à le bien former et à le maintenir dans la perfection de la discipline ecclésiastique et dans la science des saintes lettres.

Toutefois, une cause si belle et d'une si haute importance appelle encore à son secours le dévouement intelligent des laiques qui unissent les bonnes mœurs et l'intruction à l'amour de la religion et de la patrie. Mettez en commun, Vénérables Fréres, les forces de ces deux ordres, et donnez tous vos soins à ce que les hommes connaissent à fond l'Eglise catholique et l'aiment de tout leur cœur.

Car, plus cette connaissance et cet amour grandi-

parences en effet, sil n'ya té de la principe te étant ermis de d'aucune

tructions s acquiès ce but, par écrit, hoc, les ituent la 'commane science s hommes es formes 'euses séla licence es avidité r l'accomlaboration soins à le ‘fection de rience des

| si haute le dévoueles bonnes gion et de les Frères, 7 tous vos nt a fond leur cœur.

ur grandi-

vont dans les âmes, plus on prendra en dégout les cociétés secrètes, plus on sera empressé de les fuir. Nous profitons à dessein de la nouvelle occasion qui Nous est offerte d'insister sur la recommandation déjà faite par Nous en faveur du Tiers Ordre de Saint-François, à la dissi ^ ne duquel nous avons apporté de sages tempéram uts. I] faut mettre un orand zèle à le propager et à laffermir. Tel, en effet, qu'il a été établi par son auteur, il consiste rout entier en ceci: attirer les hommes à l'amour de Jésus-Christ, à l'amour de l'Eglise, à la pratique des vertus chrétiennes. Il peut done rendre de erands services pour aider à vaincre la contagion de ces sectes détestables. Que cette sainte association fasse done tous les jours de nouveaux progres. Parmi les nombreux avantages que l'on peut attendre. d'elle, il en est un qui prime tous les autres : cette association est une véritable école de liberté, de fraternité, d'égalité, non de l'absurde facon dont les franes-macons entendent ces choses. mais telles que Jésus-Christ a voulu en enrichir le genre humain et que Saint Francois les a mises en pratique. Nous parlons done ici de la liberté des enfants de Dieu, au nom de laquelle nous refusons d'obéir à ces maîtres iniques qui s'appellent Natan et les mauvaises passions; Nous parlons de la fraternité qui nous rattache à Dieu, commun créateur et père de tous les hommes ; Nous parlons de l'égalité qui, établie sur les fondements de la justice et de la charité, ne réve pas de supprimer toute distinction entre les hommes, mais excelle à faire de la variété des conditions et des devoirs de la vie une harmonie admirable, et une sorte de mer veilleux concert dont profitent naturellement les intéréts et la dignité de la vie civile.

En troisieme lieu, une institution due à la sagesse de nos pères et momentanément interrompue par le cours des temps pourrait, à l'époque où nous

sommes, redevenir le type et la forme de créations analogues. Nous voulons parler de ces corporations ouvrières destinées à protéger, sous la tutelle de la religion, les intérêts du travail et les mœurs des travailleurs. Si la pierre de touche d'une longue expérienee en avait fait apprécier à mos ancétres l'utilité, notre âge en retirerait peut-être de plus grands fruits, tant elles offrent de précieuses ressources pour combattre avec succès et pour écraser Ja puissance des sectes, Ceux qui n'échappent à la misere qu'au prix du labeur de leurs mains, en méme temps que, par leur condition, ils sont souverainement dignes de la charitable assistance de leurs semblables, sont aussi les plus exposés à étre trompés par les séductions et les ruses des apótres du mensonge. I] faut done leur venir en aide avec une trés grande bonté et leur ouvrir les rangs d'associations honnêtes pour les empêcher d’être enrólés dans les mauvaises. En conséquence, et pour le salut du peuple, Nous souhaitons ardemment de voir se rétablir, sous les auspiees et le patronage des évéques, ces corporations appropriées aux besoins du temps présent, Ce n'est pas pour Nous une joie médiocre d'avoir vu déjà se continuer en plusieurs lieux des associations de ce genre, ainsi que des sociétés de patrons, le but des unes et des autres étant de venir en aide à l'honorable classe des prolétaires, d'assurer à leurs familles et à leurs enfants le bienfait d'un. patronage tutélaire, de leur fournir les moyens de garder, avee de bonnes mours, la connaissance de la religion et l'amour de la piété. Nous ne saurons ici passer sous silence une société qui a donné tant d'exemples admirables et édiliants, et qui a si bien mérité des classes populaires : Nous voulons parler de celle qui a pris lenom de son pére, Saint Vincent de Paul On connait assez les œuvres accomplies par cette société et le but qu'elle se propose. Les efforts de ses

créations porations lle de la œurs des ie longue ancêtres de plus uses resir écraser ypent à la nains, en nt souvetance de sés à ètre s apôtres aide avec angs d'asrr d'être uence, et ‘demment patronage iées aux ur Nous tinuer en nre, ainsi es et des ble classe pt à leurs ‘e, de leur le bonnes ‘amour de us silence dmirables es classes qui a pris Paul. On tte sociét^ ts de ses

membres tendent uniquement à se porter par une charitable initiative au secours des pauvres et des malheureux, ce qu'ils font avec une merveilleuse sagacité et une non moins admirable modestie. Mais plus cette société cache le bien qu'elle opère, plus elle est apte à pratiquer la charité chrétienne et à soulager les misères des hommes.

Quatrièmement, afin d'atteindre plus aisément le but de Nos désirs, Nous recommandons avec une nouvelle instance à votre foi et à votre vigilance la

jeunesse qui est l'espoir de la société. Appliquez à

sa formation la plus grande partie de vos sollicitudes pastorales, Quels qu'aient déjà pu être à cet égard votre zèle et votre croyance, croyez que vous n'en ferez jamais assez pour soustraire la jeunesse aux (coles et aux maitres près desquels elle serait exposée à respirer le souffle empoisonné des sectes. Parmi les prescriptions de la doctrine chrétienne, il en est une sur laquelle devront insister les parents, les pieux instituteurs, les curés, recevant l'impulsion de leurs évêques. Nous voulons dire la nécessité de prémunir leurs enfants ou leurs élèves contre ces sociétés criminelles, en leur apprenant de bonne heure à se défier des artifices perfides et variés à l'aide desquels leurs prosélytes cherchent à enlacer les hommes. Ceux qui ont charge de préparer les jeunes gens à recevoir les sacrements comme il laut, agiraient sagement s'ils amenaient chacun d'eux à prendre la ferme résolution de ne s'agréger à aucune société à l'insu de leurs parents ou sans avoir consulté leur curé ou leur confesseur.

Du reste, Nous savons très bien que nos communs labeurs pour arracher du champ du Seigneur ces semences pernicieuses seraient tout à fait impuissantes, si, du haut du ciel, le Maitre de la vigne ne secondait nos efforts. Il est donc nécessaire d'implorer son assistance et son secours avec une grande ardeur et par des sollicitations réitérées, propor-

tionnées à la nécessité des circonstances et à l'intensité du péril. Fière de ces précédents succès, la secte des francs-maçons lève insolemment la tête, et son audace semble ne plus connaitre aucunes bornes Rattachés les uns aux autres par le lien dune fédération criminelle et de leurs projets occultes, ses adeptes se prétent un mutuel appui et se provoquent entre eux à oser et à faire le mal.

A une si violente attaque doit répondre une défense énergique. Que les gens de bien s'unissent done, eux aussi, et forment une immense coalition de prières et d'efforts. En conséquence, Nous leur demandons de faire entre eux, par la concorde des esprits et des cœurs, une cohésion qui les rende invineibles contre les assauts des sectaires, En outre, qu'ils tendent vers Dieu des mains suppliantes et que les gémissements persévérants s'efforcent d'obtenir la prospérité et les progrès du christianisme, la paisible jouissance pour l'Eglise de la liberté nécessaire, le retour des égarés au bien, le triomphe de la vérité sur l'erreur, de la vertu sur le vice.

Demandons à la Vierge Marie, Mère de Dieu, de se faire notre auxiliaire et notre interpréte, Victorieuse de Satan dés le premier instant de sa Conception, qu'elle déploie sa puissance contre les sectes réprouvées qui font si évidemment revivre parmi nous l'esprit de révolte, l'incorrigible perfidie et la ruse du démon. Appelons à notre aide le prince des milices célestes N. Michel, qui a précipité’ dans les enfers les Anges révoltés; puis S. Joseph, l'époux de la très S. Vierge, le céleste et tutélaire patron de l'Eglise catholique; et les grands apótres S. Pierre et S. Paul, ess infatigables semeurs et ces champions invincibles de la foi catholique. Grace à leur protection et à la persévérence de tous les fidèles dans la prière, nous avons la confiance que Dieu daignera envoyer un secours opportun et

et a l'insuccès, la la téte, et aucunes ir le lien s projets appui et | mal.

dre une s'unissent coalition ous leur corde des les rende ires, En ippliantes s'efforcent | christiaise de la 1 bien, le vertu sur

Dieu, de se e, Victoe sa Conles sectes vre parmi rfidie et la le prince ipité’ dans . Joseph, tL tutélaire ds apótres ours et ces ve. Grace le tous les fiance que )portun et

miséricordieux au genre humain en proie à un si grand danger.

- D'ailleurs, en gage des dons célestes et comme témoignage de Notre bienveillance, Nous vous envoyons du fond du cœur la Bénédiction apostolique, à vous vénérables fréres, au clergé et aux peuples confiés à votre sollicitude.

Donné à Rome, prés Saint Pierre, le 20 avril 1884, de Notre Pontificat la Te année.

LÉON XIII, PAPE

dans vene plus Cen, Pi inco pose

9icine SERIE—No 9.

Jd. Nils JJ.

MAN DEMEN'T — DE —

MONSEIGNEUR L'ÉVÉQUE D'UTTAWA Sur l'Encyclique Humanum. Genus,

LL mer Le LE mI rmm

Par la Miséricorde de Dieu et la Grave du Saint Siège Apostolique, Evéque d'Ottawa, Assistant au Trône 2 hin ’ Pontifical, ete,

Au Clergé, aux Communautés Religieuses et aux Fideles du diocèse d'Ottawa, salut et hénédiction en Notre Seigneur.

Nos TRÈS CHERS FRÈRES,

Comme Nous vous en avions fait la promesse dans Notre mandement du 24 mai dernier, Nous venons aujourd'hui, et nous reviendrons encore plus tard, vous entretenir de l'Eneyelique Humanum C'enus contre la franc-maçonnerie. :

Personne ne doit perdre de vue cette vérité incontestable que les enseignements du Pape s'imposent à tous. Cette seule raison suffit à la démon-

| trer: ces enseignements ont pour objet le salut de

la chrétienté, et ils sont au-dessus de toute ambition

et de tout intérét purement humain. Ce que. Léon

VIII nous dit dans son Eneyclique mérite done

| i notre plus sérieuse attention et réclame toute notre | coopération,

Des problemes sociaux de la plus haute importance se posent chez toutes les nations; elles en sont vivement tourmentées. Voilà un fait incontestable et incontesté. Il faut des solutions. De détestables théoriciens refusent d'accepter celles que le christianisme a depuis longtemps données, ces hommes à fausses théories n'omettent rien pour soustraire les ames et les peuples à l'influence de la religion, les menant ainsi, s'ils ne leur résistent point, à l'abime de la décadence et de la ruine, Le Vicaire de Jésus-Christ à qui, dans la personne de Pierre, il a été dit: * Pais mes agneaux ; pais mes brebis,” notre Pére commun, vient au secours de l'humanité toute entière en signalant et condamnant les erreurs, en fulminant contre les théoriciens qui veulent mettre de côté la religion.

L'Eneyelique est venue à son heure, à l'heure marquée par l'Esprit-Saint qui doit rendre témoienage de Notre Seigneur, en faveur de l'Église contre tous ses ennemis, selon cette promesse : “ Lorsque le consolateur sera venu, cet esprit de vérité qui procéde du Pére, et que je vous enverrai de la part de mon Pére, rendra témoignage de moi" Quun autem venerit. Paracletus, quem ego millam vobis a

Patre, spirilum veritatis, qui a Patre procedit, ille lestimonium perhibebit de me (Jean XV, 26). L'heure | est solennelle, c'est pourquoi le Pape a parlé, encore selon la promesse de Jésus-Christ: “ Et vous aussi vous rendrez témoignage, parce que vous étes avec moi dès le commencement: 4 vos testimonium perhibebitis : quia ab initio mecum estis (ibid. 27). H3 parlé au nom du ciel, selon l'ordre reçu: “ Ensei-

wieZ (Mat ‘ Le ee ( {ne (Lu

men viet sent out lait miel ime la Pay seu qui con (‘o) col (01 de se

ex

salut de ambition ue Léon jte done ite notre

te impor-

elles en ait inconions. De er celles données, rien pour enee de la tent point, Le Vicaire de Pierre, xs brebis,” l'humanité les erreurs, d veulent

a l'heure dre témoile l'Église sse : * Lorse vérité qui i de la part ioi," | Quum fam vobis a »rocedit, ille 5). L'heure arlé, encore [ vous aussi is étes avec ionium perhi- L 07 NA

ou: ‘ Ense

eneZz toutes les nations”: Dorele omnes geules

(Matth. XXVIII, 19), et avec les lumières du ciel : «Le Saint Esprit vous enseignera à l'heure méme ce quil faudra que vous disiez ^ : Spiritus enti uelis docebil vos in ipsa hora quid oporteat vos dicere (Lue, XI, 12).

Un immense péril menace le monde ; il sagit de le conjurer, Ce danger, toujeurs de plus en plus menacant, toujours se rapprochant, la sentinelle vigilante du Vatican la signalé à toutes les autres sentinelles qui veillent amoureusement sur les omailles du divin Pasteur. En cela, Léon XIII a fait œuvre d'opportunité, d'actualité, de charité, meme à Pégard de ceux qui ne sont pas ses enfants,

Ce danger vient des sociétés secretes dont la mieux organisée et partant la plus redoutable est ln franc-maçonnerie, C'est pourquoi lénergique Pape anathématise ces sociétés sans en excepter une seule; c'est pourquoi, avec le courage apostolique qui le caractérise, il dénonce la franc-maçonnerie comme l'association la plus funeste a l'Église. Contre la secte maçonnique, il a renouvelé les condamnations portées par ses prédécesseurs : il l'a condamnée partout, toujours, en toutes les contrées de la terre, sous quelque forme que ce soit qu'elle «e déguise et se cache, sans réticence et sans exception.

C'est la frane-maconnerie universelle qu'il a ainsi dénoncée et anathématisée, la franc-maçonnerie du Canada comme celle de toute l'Amérique, comme celle de l'Angleiorre et de ses possessions, comme celle de l'Allemagne, de la Belgique, de la France, de l'Italie et du reste de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique, etc. ete. de toute la terre, la frane-maconnerie qui menace les sociétés protestantes comme les sociétés catholiques, les gouvernements aussi hien que les peuples. Ce sont les doctrines de la lrane-maconnerie, ses tendances, ses aspirations

qu'il a condamnées, Qu'elles se dévoilent au grand jour o". quelles restent à l'état d'insinuations qm

na p en ücore nuire à l'Église ou aux âmes, elles 0 appées des nnathemes du Vicaire de FELT iV]

Et le Prisoiier du Vatican seit à quelle puissance

| s'attaque, Victime de ceux contre lesquels il fulmine sans la moindre hésitation, il sait qu'ils peuvent tout oser contre lui. Comme lapôtre saint Paul il dit: “je m'attends à des chaines et à des afflictions; mais je ne crai»* rien de tout cela et je n'eslime pas ma vie plus précieuse que moiméme et que le salut des peuples, pourvu que j'acheve ma course et que j'accomplisse le ministère que j'ai recu du Seigneur Jésus: Vineula et tribulationes Jerosolymis me manent, sed nihi! horum vereor, nec facio animam meam pretiosiorem quam me, dummodo consummem cursum. meum, el minislerium verbi quod accept a Domino Jesu (Act. XX, 23, 24).

Léon XIII ne manque pas de courage. Son Pontilicat est déjà bien rempli, et l'Encyclique Humanum venas en est un des actes les plus graves: son importance majeure ne saurait échapper à ceux qui veulent réfléchir.

En vain maintenant la franc-maçonnerie cherchera à se couvrir de voiles, en vain elle tentera de s'envelopper d'hypoerisie. Personne n'ignore plus ce qu'elle est, ce qu'elle veut, ce à quoi elle travaille : son procès est instruit au yeux du monde entier; ses desseins occultes sont rendus manifestes ; son organisation antisociale et ses doctrines antireligieuses sont jugées et anathématisées; son but et ses procédés sont connus ; son système de duperie universelle est dévoilé à tout jamais.

Nous devons une éternelle reconnaissance au Saint Pére pour nous avoir fait connaitre le mal dont souffrent les sociétés modernes sous l'influence

eu

et

au grand tions qni ux Ames, icaire de

puissance squels il ait qu'ils l'apótre ies et à tout cela que moi.

» jachève que j'ai ibulutiones ereor, nec dummodo erbi quod

jon Ponti- Humanum on imporceux qui

| chercheentera de nore plus travaille :

le entier:

estes ; son tireligieujut et ses perie uni-

ssance au re le mal l'influence

croissante de la secte maçonnique Ceux-là seuls qui le voudront se laisseront duper à l'avenir.

La semence de la vérité a été lanese à tous les vents: elle fécondera la terre, car les enseignements du Nouverain Pontife ne sauraient demeurer inefficaces et stériles,

Léon XII a fait plus que de fnlininer contre [a franc-maçonnerie ; il a entrepris contre la secte ine véritable organisation de combat; ii a trace aux catholiques leur strict devoir, leur montrant le terrain pratique de la lutte pour la défense de l'Église et de la société,

Les évêques prennent place tour à tour sur le champ de bataille avec une fidélité remarquable et un empressement qui ne manquera pas d'édilier les fideles. commis à leur garde, La milice sacrée reçoit les ordres de ses chefs avec respect et se met en devoir de les exécuter en combattant le bon combat,

I] en doit étre ainsi, ear ce n'est pas assez d'écouter avec déférence la parole pontificale ou de la répéter seulement, il faut que chacun, selon ses forces, coopere à l'action commune ordonnée par le Nouverain Pontife, Il ne suffit pas de se mettre personnellement à l'abri des censures portées contre les francs-maçons, il est urgent que tous prennent part à la croisade chrétienne préchée par Léon XIII. Tous doivent y participer, en Canada comme en tous pays: Dieu le veut! Dieu le veut! Les laiques fideles doivent prendre leur part toute spóciale dans les infaillibles enseignements du Suecesseur de saint Pierre; ils doivent s'en approprier l'esprit et mettre courageusement en pratique les conseils et les remèdes qu'il offre à tous les vrais serviteurs du divin Maitre.

Le Pape a dit: * Que les gens de bien s'unissent, eux aussi, et forment une imense coalition de prières et d'efforts." Evidemment il veut qu'ils agissent au

erand jour — Leur action devra se porter sur tous les points qu'attaquent les ennemis du christianisme.

Le Pape fait appel au dévoument intelligent. de tous ceux qui menent une vie eatholique, plus particulièrement ceux qui ont. de l'instruction ou qui, jouissant d'influence, peuvent davantage pour la religion et la patrie.

Le péril est bien orand, Nos Tres Chers Frères, et, nous n'en pouvons douter, le mal bien subtil puisque l'on trouve encore des honnétes gens, méme parmi les enfants de l'Eglise, qui hésitent a le reconnaitre.

Faut-il obéir au Pasteur supreme ? Indubitablement oui. Dans le cas de l'Eneyelique. Humanum genus, y a-tàl un devoir particulier qui incombe aux catholiques ¢ Assurément ou, et une obligation plus spéciale est imposée à la classe dirigeante. Nul cependant n'est dispensé du devoir et rien ne devrait arréter ou retarder son accom plissement.

A nous, chrétiens, d'unir nos forces à celles de notre chef; à nous de faire si bien que l'affiliation aux loges ne puisse étre une source de profits, une force dans les affaires; à nous de travailler à rendre cette affiliation contraire à tous les intérêts. Le en d'alarme a retenti bien. haut : répondons par notre cri de ralliement, Combattons comme de vaillants aoldats chrétiens; sil y a lieu, " quittons les œuvres de ténèbres, et revétons-nous des armes de lumiere :" Abjiciamus ergo opera tenebrarum, et indua mur arma lucis (Rom. XIII, 12) ; prions jusqu'à ce que les ennemis de l'Église soient ou convertis ou réduits à l'impuissance de nuire.

réglons et ordonnons ce qui suit :

lo, Dans toutes les églises et chapelles paroissales, dans les chapelles des communautés reli-

ojeuses, du collège et des pensionnats, une neuvaine de priéres sera faite dans les intentions du Souverain

sui ftotis tianisine.

ligent de plus par- 1 où qui, e pour la

s Frères, ien. subtil tes gens, hésitent a

dubitable- Humanuu :ombe aux obligation livigeante.

et rien ne sement.

à celles de l'affiliation rofits, une oy à rendre ts, Le cri par notre e vaillants uittons les ; armes de un, et induajusqu'à ce onvertis ou

oque, nous

les paroisnautés reline neuvaine lu Souverain

29, Cette neuvaine consistera dans le chant de: Lilanies de la Sainte Vierge et de l'invocation trois fois répétée: Marta, auscilium christianorum, ord. pro nobis.

à Pour exciter la ferveur des fideles, les pretres leur rappelleront, chaque dimanche avant le salut. lex intentions de la neuvaime.

Sera le présent Mandement lu et publié au prone des Gelises et chapelles paroissiales, et en chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche aprés sa réception.

Donné à Ottawa sous notre seing, le sceau. du diocese et le eontreseing de Notre Secrétaire, le huit septembre mil huit cent quatre- vingt-quatre, fete de la Nativité de la B. V. Marie.

t J. THOMAS, Ev. D'OTTAWA.

Par Mandement,

J. SEOAN, Pire,

Necrélaire.

Pa

Au

8ième SERIE—No 10.

LETTRE PASTORALE -—— DE

MONSEIGNEUR LEVEQUE D'OTTAWA sur la Franc-maçonnerie.

Par la Miséricorde de Dieu et la Grâce du Saint Siège Apostolique, Evéque d'Ottawa, Assistant au Trône Pontifical, etc.

Au Clergé, aux Communautés Religieuses et aux Fidéles du diocése d'Ottawa, salut et bénédiction en Notre Seigneur.

Nos TRès CHERS FRÈRES,

Dans son Encyclique Humannum Genus, Léon XIII dit aux évêques ; “ arrachez à la franc-maçonnerie le masque dont elle se couvre, et faites la voir telle qu'elle est......... ; par des lettres pastorales spécialement consacrées à cette question, instruisez vos peuples."

Nous devons soumission entière au Pape, lorsqu'il nous donne un ordre ou nous indique un devoir.

Page 1