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culture; elle fournit des encouragements pour toute espèce d'arts et d'industries; et, dirigeant par sa vertu tous ces travaux et toutes ces recherches vers les sentiers de l'honneur et du salut, elle s'efforce d'empêcher l'homme d'égarer son .ntelligence et ses œuvres, et de se détourner de Dieu et de l'héritage céleste.
Cette conduite de l'Eglise, pourtant si pleine de raison et de conseil, se voit en nos jours en complet discrédit: non seulement les Etats refusent de se modéler encore surla sagesse chrétienne, mais ils semblent méme vouloir s'en éloigner chaque jour d'avantage. Malgré cela, comme c’est le propre de la vérité mise en sa pleine lumiére de se répandre au loin d'elle-méine, et de pénétrer insensiblement les esprits des hommes, Nous, conscients de notre devoir le plus grave et le plus saint, má par la légation apostolique que Nous remplissons pour toutes les nations, Nous proclamons librement, selon Notre devoir, ce qui demeure vrai: ce n'est pas que Nous ignorions la raison des temps ou que Nous pensions à répudier les progrés de notre age, honnétes et utiles; mais c'est que Nous voudrions voir les affaires publiques suivre des voies moins périlleuses et réposer sur des fondements plus solides, et cela, en conservant intacte la légitime liberté des peuples; car la vérité est, parmi les hommes, la mére et la meilleure gardienne de la liberté : La vérité vous délivrera. [1].
Dans cette marche si difficile d'affaires, les catholiques, s'ils Nous écoutent comme ils doivent, verront aisément quelles sont les obligations de chacun, tant ce qu'ils doivent penser, que ce qu'ils doivent faire. En fait de pensées, aux enseignements donnés ou à donner par les Pontifes romains, il faut préter, à tous et à chacun, un assentiment réfléchi et inébran-
© 1 Jean VIII, 34.
lable ; en fair au suj:
dernie Siège le pen laisser qu'on et al’ Déjà elles qui o les he S'il e pensé Veffre comp dont tolér:
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lable ; il faut, aussi souvent que la chose le demande, en faire ouvertement profession. Et, nommément, au sujet de ce qu'on appelle /ibertés acquises en ces derniers temps, il faut s'en ienir au jugement du Siege Apostolique, et ce qu'il pensera, chacun devra le penser. Qu'on prenne garde, afin de ne pas se laisser tromper par leurs apparences d'honnéteté : qu'on fasse attention aux sources d'où elles sortent et à l'esprit qui les entretient et les alimente partout. Déjà l'expérience a fait connaitre assez quels effets elles accomplissent dans l'Etat; car, ce sont elles qui ont produit, en plus d’un endroit, ces fruits que les hommes probes et sages déplorent à juste titre. Sil existe quelque part, ou si lon imagine par la pensée, un Etat qui persécute le nom chrétien avec l'effronterie et la brutalité des tyrans, et qu'on le compare avec ce genre de gouvernement moderne dont Nous parlons, celui-ci pourra paraitre plus tolérable. Néanmoins les principes sur lesquels il repose, sont certainement, ainsi que Nous l'avons dit, de telle nature que personne ne doit les approuver.
L'action peut s'exercer, soit dans les affaires privées et domestiques, soit dans les affaires publiques. Dans la conduite privée, le premier devoir est de conformer exactement sa vie et ses mœurs aux préceptes de l'Evangile, et de ne pas reculer devant ce que la vertu chrétienne impose de difficile à souffrir et à endurer. De plus, tous et chacun doivent aimer l'Eglise comme leur Mére: observer ses lois par obéissance, lui rendre honneur, vouloir conserver ses droits, et ne négliger aucun effort pour que ceux sur qui ils ont quelque autorité, mettent la méme piété à la vénérer et à l'aimer. Il importe aussi au salut public de prètr un sage concours aux administrations municipales, :: en cela d'appliquer surtout ses soins et ses efforts à ce que les institutions publiques pourvoient à former les jeunes
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gens à la religion et aux bonnes mœurs, comme il convient à des chrétiens : de la dépend en grande partie le salut de chaque peuple. En outre, que des hommes catholiques étendent leur action au delà de ce champ trop restreint encore, et abordent les grandes charges de l'Etat, ce sera généralement chose utile et honorable. Généralemeut, disons-nous, parcequ'en ceci Nos préceptes regardent toutes les nations. Il peut d'ailleurs arriver en quelque endroit que, pour des motifs fort graves et fort justes, il ne soit pas expédient d'accepter les hautes*charges de l'Etat ni de remplir les mandats politiques. Mais, avons-nous dit, ne vouloir généralement prendre aucune part aux affaires publiques, serait un defaut aussi grand que de ne préter aux intéréts communs ni zele ni concours: d'autant plus que les catholiques, avertis par la doctrine qu'ils professent, sont amenés à gérer les affaires avec intégrité et conscience. Si, au contraire, les catholiques restent inactifs, les rênes tomberont facilement entre les mains de ceux dont les idées n'apportent certes pas grand espoir de salut. Ce serait pour le christianisme une cause de ruine: car les hommes mal disposés contre l'Eglise auraient beaucoup de pouvoir, et les hommes bien disposés en aurait fort peu. Il est donc évident que les catholiques ont de justes motifs d'aborder la vie politique: ils n'entrent pas, et ne doivent pas entrer dans cette carrière, pour approuver ce qu'il y a présentement de condamnable dans les institutions publiques, mais pour faire tourner, autant qu'il se peut, ces institutions mêmes au bien public réel et véritable, étant fermement résolus d'infuser, comme une sève et un sang très salutaire, la sagesse et la vertu de la religion catholique dans toutes les artères de la société.
Ainsi fut-il fait aux premiers âges de l'Eglise. Rien
de plus horriblement opposé aux mœurs ettendances
évangéliques que les mœurs et tendances des
paiens. sembla!
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paiens. On voyait cependant les chrétiens, toujours
semblables à eux-mêmes, incorruptib':s au milieu de lidolatrie, s'introduire courageusement partout où s'ouvrait un accès. D'une fidélité exemplaire envers les princes, obtissant, en ce qui était permis, au commandement des lois, ils jetaient de toute part un merveilleux éclat de sainteté ; ils s'efforcaient d'étre utiles à leurs fróres, d'attirer les autres à la sagesse du Christ, préts toutefois de céder la place et de mourir en braves, s'ils ne pouvaient plus longtemps, sans blesser leur conscience, garder les honneurs, les magistratures, les commandements militaires. De la sorte ils firent pénétrer rapidement les institutions chrétiennes non seulement dans les demeures privées, mais dans les camps, au sénat, jusque dans le palais de César. “Nous sommes « d'hier e! nous remplissons tout, vos villes, vos îles, vos « forleresses, vos municipes, VOS conciliabules, vos camps “mémes, les tribus, les décuries, le palais, le sénal, le «forum? [1] Aussi, lorsqu'il fut permis d'annoncer publiquement l'Evangile, la foi chrétienne apparut dans la plupart des provinces, non pas vagissante dans le berceau, mais adulte et déjà considérablement affermie.
Ces exemples de nos pères, il y a tout lieu de les renouveler en nos jours. Avant tout, il faut que tous les catholiques, dignes de ce nom, veuillent être et paraitre les fils très dévoués de l'Eglise, qu'ils rejettent sans hésiter ce qui est incompatible avec ce glorieux titre ; qu'ils profitent, autant qu'il peut se faire honorablement, des institutions des peuples pour protéger la justice et la vérité ; qu'ils sefforcent d'empécher que la liberté d'agir ne dépasse pas,les bornes posées par la loi naturelle et divine; qu'ils prennent à tiche d'amener chaque Etat à cette forme chrétienne que Nous avons
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proposée pour modèle, Il n'est pas facile de déterminer un mode unique et certain pour réaliser ces données, attendu qu'il doit toujours convenir aux temps et aux lieux, différant beaucoup les uns des autres, Dans tous les cas, il faut d'abord conserver l'accord des volontés, et tendre ensuite à l'uniformité d'action. On obtiendra lun et l'autre, si l'on garde, comme une loi de vie, les prescriptions du Niège Apostolique et si l'on obéit aux Evéques que “le Saint Esprit a établis pour gouverner l'Eglise de Dieu” [1] La défense du nom catholique réclame impérieusement que, dans la profession des d. »trines enseignées par l'Église, il y ait unanimité, constance inébranlable; et sur ce point il faut prendre garde, soit d'étre, en quoique ce soit, de connivence avec les opinions fausses, soit de.leur opposer une résistance moins vigoureuse que celle que la vérité exige.
Dans les matières d'opinions libres, il est permis de discuter modérément dans le but d'éclaircir la vérité, mais en bannissant les soupçons injurieux et les accusations réciproques. A ce sujet, pour que l'union des esprits ne soit point détruite par de téméraires accusations, tous doivent admettre ceci : l'intégrité de la foi catholique est absolument incompatible avec les opinions tendant au naturalisme ou rationalisme, dont le but capital est de faire disparaitre complètement les institutions chrétiennes et d'établir dans la société la souveraineté de l'homme, au mépris de Dieu. Il n'est pas permis non plus d'avoir deux manières de se conduire, l'une en particulier, l'autre en publie, de facon à respecter l'autorité de l'Eglise dans sa vie privée, à la rejeter dans sa vie publique. Ce serait unir le bien et le mal et mettre l'homme en lutte avec lui-méme, quand au contraire il doit toujours étre conséquent,
1 Act, XX, 28.
et, en s eon s'agit leu e d'org en ce ne s des h dont les ( opini lons :
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et, en aucune affaire ni en aucun genre de vie, ne s'écarter jamais de ln vertu chrétienne, Mais, s'il s'agit de questions purement politiques, de la meillon e forme de gouvernement, de tel ou tel système d'organisation civile, il peut certainement y avoir en ces points des divergences honnétes, L'équité ne soullre done pas que l'on fasse un reproche à des hommes, dont la religion est connue d'ailleurs et dont l'esprit est tout disposé à recevoir avec docilité les décisions du Naint Niège, de ce qu'ils ont des opinions différentes sur les choses dont nous parlons ; ce serait une injustice beaucoup plus grande, si, comme nous avons eu plus d'une [ois à le regretter, on les accusait d'avoir violé leur foi ou d'étre d'une foi suspecte. Voici un précep'? que doivent inviolablenient garder ceux qui sont dans l'habitude de confier leurs pensées à la presse, les rédacteurs de journaux principalement. Dans la lutte actuelle, où les plus grands intérêts sont en jeu, il ne faut laisser aucune place ni aux dissensions intestines ni à l'esprit de parti ; mais, avec un effort unanime des esprits et des volontés, tous doivent tendre à ce qui est le but de tous, la conservation de la religion et de la société.
Ni done jusqu'ici il y a quelques dissentiments, 1l fant les ensevelir dans un oubli volontaire ; s'il y a eu des témérités, s'il y a eu des injures faites, quels que soient ceux a qui la faute en revient, il faut tout réparer par la charité réciproque, il faut tout racheter par la profonde déférence de tous envers le Siege Apostolique. En suivant cette voie, les catholiques parviendront à deux résultats fort remarquables: l'un sera de devenir les aides de l'Eglise pour conserver et propager la sagesse chrétienne; lautre, de rendre le service le plus signalé à la société civile, dont le salut est fortement compromis par l'effet des mau raises doctrines et des mauvaises passions.
Voilà, Vénérables Frères, ce que Nous avons à enseigner à toutes les nations de l'univers catholique, concernant la constitution chrétienne des sociétés civiles et les obligations de chaque citoyen.
Il faut. d'ailleurs implorer le céleste secours par les prieres les plus ardentes ; il faut supplier Dieu de conduire Lui-méme au terme désiré nos vœux et nos efforts pour sa gloire et pour le salut publie du genre humain, Lui à qui il appartient d'éclairer les esprits, d'entrainer les. volontés des hommes. En gage des divines faveurs et en témoignage de Notre bienveillance paternelle, Nous vous ‘donnons, Vénérables Frères, dans l'effusion de la charité du Seigneur, la Bénédiction Apostolique, à Vous, au Clergé, à tout le peuple confié à votre vigilance et à votre fidélité.
Donné à Rome, près Saint Pierre, le ler nov.
1885, en la huitième année de Notre Pontificat.
LÉON XIII, PAPE
Fons à olique,
ociétés 3ieme. SERIE—No. 16 u's par r Dieu Jq Mid.
PUX et lic e MANDEMEN'T rer les mmes. — DE — ige de nnons, ATTN ité du MONSEIGNEUR LEVEQUE D'OTTAWA us, au nce et Publiant la Lettre Encyclique concernant le Jubilé accordé par N.S. Père le Pape Léon XIII, : nov. le 22 décembre 1885.
PE. Se ie
Par la Miséricorde de Dieu et la Grâce du Saint-Siège Apostolique, Evéq: T Ottawa, Assistant au Trône Pontifical, etc.
Au Clergé, aux Communautés Religieuses et aux Fidèles du diocèse d'Ottawa, salut et bénédiction en Notre Seigneur.
Nos Tris CHERS FRÈRES,
Le Vicaire de Jésus-Christ, sur qui repose l'immense responsabilité de la chrétienté tout entière, a, comme le Divin Maitre, pour règle souveraine de son gouvernement cette consolante maxime: Hec
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est voluntas... Patris, ut omne quod dedit miht, non perdam ex eo (Jean VI, 89) ; c’est la volonté du Père céleste que je ne perde rien de ce qu'il ma donné.
A lui d'écarter les dangers; à lui de confirmer ses fréres dans la foi: confirma fratres tuos (Luc. XXII, 32); à lui de guider l'armée chrétienne et d'indiquer le lieu et l'heure de la lutte et les armes qu'il convient d'adopter; à lui de combattrele premier les ennemis de l'euvre du Christ; à lui d'ordonner, quand il le juge utile ow nécessaire, de remettre le glaive dans le fourreau : Mille...gladiwm in vaginam (Jean XVIII, 11). :
Le grand pape qui gouverne l'Eglise depuis huit ans, remplit avec autant de vigueur que de majesté e laborieux ministère, Il y travaille avec une infatigable ardeur: sentinelle vigilante, il signale avec instance les périls qui menacent le monde de toutes parts; fort d’une force surnaturelle, il arrête les peuples marchant vers des abimes, et, s'ils. le veulent et l'écoutent, il les empéchera d'y tomber; père d’une paternité qui vient de Dieu, en même temps que Pontife infaillible, il offre à tous les meilleurs moyens de salut. Selon les desseins de la Providence éternelle, il emploie tous les secours humains que lui fournissent sa haute position, son esprit très vaste, sa science profonde des choses, son experience consommée des affaires et des hommes ; mais il emploie bien plus encore les secours que la religion met à la disposition de son autorité suprême. Représentant du divin Précepteur, il enseigne aux chrétiens ce qu'ils ont à faire en nos jours, vu les circonstances de temps, de pays, de conditions et de personnes ; il montre aux peuples et à leurs chefs ce qui peut ramener parmi eux la stabilité de l'ordre et assurer la concorde et la paix entre les citoyens; il fait briller à tous les regards Vincomparable flambeau de la science sociale éclairée par la. foi. Chef de l'Eglise militante, il combat ouvertement
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les ennemis de l’état, ennemis aussi de la société religieuse ; et sans que cette sollicitude au dehors ralentisse son zèle pour des intérêts plus intimes et et non moins importants, il ne se lasse pas d'exhorter les âmes catholiques, leur tenant le language de la Divine Srgesse qui ne cesse de nous convier au festin 7«« ius: “ La Sagesse répand ses enseignements “au deho: s, dit la Sainte Ecriture ; elle élève la voit «qu milieu des foules, dans les places publiques et elle & s'écrie : jusques à quand les insensés convoileront-ils “les choses nuisibles ? jusques à quand les imprudents « quront-ils la science en aversion ? (Prov. I, 20 22).
“La Sagesse parle à ces hommes dépourvus de sens: * Venez, leur dit-elle, nouwrrissez-vous de mon pain, el “buvez le vin que jai: préparé pour vous" (Prov. 1x, 4— 5).
Mà par cette méme sagesse, le Pape nous redit à tous de nous ranimer dans la foi, dans les vertus de notre vocation, dans la pratique assidue d'une instante priére. Pour nous y engager plus efficacement, il ouvre les trésors célestes dont la dispensation lui a été confiée; il fait annoncer aux hommes de bonne volonté la bonne nouvelle, nouvelle de joie, de paix et de réconciliation, afin que, touchés et émus en leur cœur, ils élèvent avec plus d'ensemble et d'ardeur leurs vœux et leurs regards vers le ciel, afin qu'ils fassent de plus dignes fruits de pénitence. et qu'ils deviennent, en fait comme en parole, de cœur comme d'esprit, disciples plus fidèles d'un Dieu crucifié pour le salut et la restauration de tout le genre humain. Pour la troisième fois, le Saint Pére, par une encyclique du 22 décembre 1885, annonce un Jubilé général à tous les fideles répandus jusqu'aux confins des deux hémisphéres. Dans ce touchant document, il nous expose son dessein avec les motifs qui lui font adopter une fois de plus cette grande mesure; il nous fait part en méme temps de ses graves préoccupations, de ses sujets de tristesse
et de ses motifs d’espérance.
Arrétons-nous, N. T. C. F., à considérer l’œuvre du Pontife: elle se résume a diriger les hommes a travers les orages de la vie jusqu’au port du salut éternel. Or, pour arriver a ce terme, tous ont à remplir deux obligations capitales: croire a la paroles de Dieu et pratiquer sa loi sainte, ce dont la grace de Jésus-Christ seule peut les rendre capables.
“ La foi, dit le Concile de Trente, est pour l'homme “le commencement du salut, elle est le fondement et la “ racine de toute justification ; sans elle il est impossible “de plaire à Dieu et d'obtenir place parmi ses enfants.” (Sess. 6e, ch. 8). Cette foi qui éclaire, purifie et sauve, débute en nous élevant a la science des choses surnaturelles, science d’un prix infini et que les fidéles enfants de Dieu possédent seuls en partage. C'est cette science sublime que le Vicaire de Jésus-Christ a charge et mission d’enseigner a travers chaque époque à tout l’ensemble des peuples. Léon XIII a rempli cette haute fonction avec une superiorité digne de la mémoire des siècles. Ses savantes Encycliques, brillantes de clarté et pleines de vigueur, ont été portées en toutes les langues à toutes les nations de l'univers: ayant en elles une autorité invincible, elles se sont imposées aux plus fiers potentats, aux monarques, à tous les chefs des peuples, partout menacés; elles ont fait taire les audaces insensées d'une science orgueilleuse et réprimé ses écarts; elles ont fait au peuple fidéle les plus pressants appels; elles ont exposé à tous les seules solutions vraies, süres et possibles de de chacune de grandes questions qui agitent présentement les sociétés humaines et les ébranlent jusqu'en leurs fondements.
A.asi le supréme Précepteur des peuples leur a appris à tous ce qu'ils ont à croire et ce qu'ils ont à faire pour prévenir les terribles dangers que chaque jour leur annonce et leur prépare. La
l'œuvre nmes à u salut s ont à e à la dont la apables.
l'homme ent et la npossible enfants.” irifie et nce des let que euls en Vicaire igner à peuples.
vec une es, Ses . pleines langues lles une ux plus hefs des taire les leuse et le fidéle 3 à tous ibles de agitent branlent
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lumiere luit en tout lieu, méme au sein des ténèbres ; “ Lux in lenebris lucet, et tenebra) eam non «“comprehenderunt.” (Jean 1, 5). Malheur a ceux ui ne voudront ni la comprendre ni la supporter, qui détourneront leurs oreilles de la parole de vérité, de peur d'avoir à bien faire; qui écouteront encore les maitres de l'erreur pour en suivre les voles, au gré de leur désirs: Noluit inlelligere, ut bene ageret, (ps. 34, v. 4) : erit enim tempus cum sanam doctrinam mon suslinebunt, sed ad sua desideria coacervabunt sibi magistros. prurientes auribus ; et a veritate quidem. auditum avertent, ad fabulas auem convertentur, (II Timoth. IV, 3,4).
Le pére des chrétiens ne s'est pas contenté d'instruire les nations de la terre; il s'est efforcé d'amener les siens à la pratique courageuse, ferme et exacte de leur devoirs. Deux jubilés extraordinaires et universels ont été déja accordés et préchés dans ce but; un grand ordre religieux, voué à la pratique fervente de l'amour de Dieu et de la pénitence, a été récommandé et proposé aux fidéles pour modéle et pour règle, afin de resusciter en chacun la grace de sa vocation toujours sainte. « Je vous supplie, dit aussi l’apôtre, de marcher. digne- “ment dans la vocation en laquelle vous éles appelés," (Eph. IV, 1). Ht comme l'homme laissé à luiméme est impuissant pour le bien, à moins qu'il ne soit refait, soutenu et aidé par la divine grace, et que ce don parlait et ce secours d'en Haut s'obtient par la prière, le Saint Père, à plusieurs reprises, à rappelé fortement au monde catholique l'indispensable devoir de la priére assidue et sa nécessité trés grande dans les temps présents.
Enfin, aprés tant de lecons, d'appels et d'efforts pour le salut commun, Léon XIII, cette fois encore, emploie en faveur de ses enfants le moyen extraornaire et très efficace du jubi/é. La fréquence de si grands rémédes nous indique assez la profondeur
des maux qui nous environnent, et elle nous dit avec quel soin il nous faut profiter de cette année de grâce et de secours apportun: Ecce nunc tempus acceptabile, ecce nunc dies salutis (II Cor. VI, 2).
Dans le monde aujourd’hui, les vertus faiblissent ; les passions s'irritent et s'enflamment; l'erreur travaille sans relache à étendre son ombre de mort; les flots des scandales vont en grossissant ; la foule des timides et des faux sages n'osent plus méme affirmer le vrai, loin d'avoir le courage de le suivre dans leur conduite; des associations universelles, habiles dans l'art et la science du mal, en imposent au peuple, l'éloignent de Dieu, le poussent au désordre et s'appliquent à lui ravir sa foi divine avec ses espérances immortelles.
Considérant cette situation lamentable, le Pape veut encore avertir hautement, presser avec insistance chaeun des chrétiens de rentrer en luiméme et de prendre à cœur son salut; il veut les arracher à leurs préoccupations trop terrestres ef diriger leurs aspirations vers un monde meilleur. Chacun venant à reformer sa propre conduite, s'éloignant du vice, progressant en vertu, il en résultera un renouvellement général: les institutions en seront améliorées aussi bien que les mœurs publiques; les états, au trés grand avantage de tous les citoyens, se rapprocheront de la vérité et des formes chrétiennes; et les nations, sur le penchant de leur ruine, pourront s'arréter dans leur chüte, se relever de leur affaissement et rentrer enfin dans la voie de la civilisation évangélique et du progrés véritable.
Tel est, N. T. C. F., le but du jubilé : le salut du monde par le salut de chacun, la conversion et lamélioration des états et des peuples par la conversion et l'amélioration de chaque chrétien, de chaque citoyen. C’est là le grand mobile que nous propose le Pape lui-méme, afin de stimuler notre
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ssent ; 'Yreur ‘e de ssant ; , plus de le niveral, en issent livine
Pape
avec n luiut les res ef illeur.
id uite, il en nstitunœurs ge de et des ichant ite, se lans la rogrés
lut du ion et jr la en, de e nous notre
ardeur dura
nt l’année
sainte qu'il nous accorde,
nous ouvrant les trésors du ciel, afin que nous nous
empressions de Le salut, vol
les moyens ?
méditer la parole divine, c'est de la pratiqu
puiser aux sources là le terme à atteindre.
Le Pape nous les indique:
de la miséricorde.
Quels sont
c'est de
er, c'est
d'implorer le secours dela grace et de la recevoir
parles sacrements:
autant de bénéditions que le
jubilé répand sur le monde avec une abondance
plus qu'ordinaire.
avec une force n
Le Pape prescrit qu'on pr
ouvelle la parole de Dieu, qu'on
éche
préche surtout la pénitence: la pénitence du corps,
le jeune et abstinence; la pénitence duc fuite du mal, la repression des passions ces choses, c'est pour
prescrit qu'o fidèles par leur propres pasteurs qu
rappeler aux ont à sinstruire de
étroitement obl
en ce qu'il y a de molesse d'un siécle sensue affamé de plaisirs.
Le Pape du peuple fidèle,
veut aussi qu'on
n prêche
cur, la et s'il
faire ils
la loi évangélique, et qu'ils sont
igés d'y conformer leur vie, même plus pénible, et quelle que soit la 1, affolé de jouissances et insiste beaucoup, aupres sur l'obligation très urgente où
l'on se trouve aujourd'hui de multiplier les supplicades priéres
tions, de persév ferventes.
calamités, et ils ont o le pardon avec l'assistance :
nous de le faire, comme eux, av
érer tous les jours dans Nos péres l'ont fait aux jours btenu miséricorde et secours, le temps est venu pour ec la meme assiduité
de grandes
et avec la méme force ; nous serons aussi exaucés.
Les paroles di
vines qui nous p
rescrivent l'indispen-
sable devoir de prier, nous garantissent en méme Tumble,
temps l'infaillible effica
persévérante,
demandez, et vous recevre
(Math. vu, 7);
tout ce que vou
Pore en mon nom, je le ferai, (Jean xiv, 13
écrivait
aux
premiers chrétiens:
cité de la priére faite au nom de Jés z, nous dit le saint Ev s demanderez « mon
us-Christ :
angile,
L'apótre
que
votre
tots | t
cin impe tn MINA prn
hanc
priére soit continuelle, (1'Thessal. v, 11) ; Je recommande avant toutes choses qu'on fasse des supplicalions, des prières, des demandes, des actions de grâce pour tous les hommes (Timoth. 11, 1). Les fidèles des premiers siècles suivirent ces avis: en les suivant, ils sauvèrent et convertirent le monde; ils inaugurèrent pour le genre humain l'ère de grandeur et de civilisation que le Fils de Dieu lui a apportées. Que nos prières égalent en valeur celles de nôs ancêtres, afin que la Bonté souveraine les couronne d’un semblable succès. C’est sous la protection de Marie que nous devons nous approcher du Trône de la miséricorde, redisant son très Saint Rosaire, méditant les mystères de son Divin Fils, tous unis dans une même supplication et dans les liens intimes de la charité.
Ces moyens de salut public, proposés par le Pape, entrent comme conditions dans la faveur insigne qu'il accorde, en forme de jubilé, à tous les fidèles de l'un et de l'autre sexe, savoir, l'indulgence de tous leurs péchés. Pour gagner cette indulgence aussi précieuse que solennelle, il faut accomplir les œuvres suivantes :
lo. Faire six visites aux églises désignées par l'Ordinaire de chaque diocèse, et y prier chaque fois selon les intentions du Souverain Pontife ;