‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 11 sur 205 · TK NOTRE TRES SAINT-PERE LE PAPE PIE X · texte numérisé non relu

TK NOTRE TRES SAINT-PERE LE PAPE PIE X

ue proelaudu dio-

: A tous les Patriarches, Primats, Archevêques, Evéques * ce dix-

et aux autres Ordinaires, qui sont. en paix et en communion avec le Siege Apostolique.

d'Ottawa.

^ NOS VÉNÉRABLES FRÈRES LES PATRIARCHES, PRIMATS, , ARCHEVÉQUES, ÉVÉQUES ET AUTRES ORDINAIRES QUI SONT EN PAIX ET EN COMMUNION AVEC LE SIEGE APOSTOLIOUE rthy, :

n nodlio: : PIE X, PAPE 'haneelier. P i Vénérables Frères,

Salut et bénédiction apostolique.

Le cours du temps nous ramènera, dans peu d.

mois, à ce jour d'ineomparable allégresse où, entouré d'une magnifique couronne de cardinaux et d'évéq il y a de cela cinquante ans Notre prédécesseur Pie IX, pontife de sainte mémoire, . «clara. et proclama de révélation divine, par l'autorité. du magistere apostolique,

que Mari ‘té, dés le premier instant de sa conception, tot ut exempte de la tache originelle, Proclamation | il n'ignore qu'elle fut accueillie par tous les fidóo- | univers d'un tel cœur, avec de tels transports de

t d'enthousiasme, qu'il n'y eut jamnis, de mémoire mine, manifestation de piété, soit à l'égard de l'auvuste Mère de Dieu, soit vers le Vieaire de Jésus- Christ, ni si grandiose ni si unanime .ujourd' hui, Vénérables Frères, bien qu'à la tance d'un demi-siècle, ne

pouvons-nous espérer qu ouvenir ravivé de la Vierge

Inmnaeulée provoque en nos âmes comme un écho de ces saintes allégresses, et renouvelle les Spectacles magnitiques de foi et. d'amour envers Vauguste Mère de Dieu, qui se contemplerent en ce passé déjà lointain 2 Ce qui Nous le fait désirer ardemment, c'est un sentiment, que Nous avons toujours nourri en Notre eur, de piété envers la bienh-ureuse Vierge, aussi bien que de gratitu le profonde pour ses bienfaits, Ce qui, d'ailleurs, Nous en donne l'assurance, c'est le zèle des catholiques, perpétuellement en éveil, et qui va au-devant de tout nouvel honneur, de tout nouveau témoignage d'unour à rendre à la sublime Vierge, Cependant Nous ne voulons pas dissimuler qu'une chose avive grandement en Nous ee désir : c'est qu'il Nous semble, à en croire uu secret pressentiment de Notre Ame. que Nors pouvons Nous promettre, pour un avenir peu éloigné, | aecomplissement des hautes espérances, et assurément non téméraires, que fit concevoir à Notre prédécesseur Pie IX et à tout l'épiscopat catholique la détinition solennelle du dogme de lIminaeulée Conception de Marie,

Ces espérances, à la vérité, il en est peu qui ne se lamentent de ne les avoir point. vues jusqu'iei se réaliser, et qui n'empruntent à Jérémie cette parole : “Nous avons “attendu la paix, et ce bien n'est pas venu : le temps de la "guérison, et voici la terreur (1.)"— Mais ne faut-il pas tuxer de peu de foi des hommes qui négligent ainsi de pénétrer on de considérer sous leur vrai jour les œuvres de Dieu ? Qui pourrait eompter, en effet, qui pourrait supputer, les trésors secrets de graces, que, durant tout ce temps, Dieu a versés dans son Eglise à la prière de la Vierge ? Et, laissunt mame cela, que dire de ee concile du Vatican, si admirable d'opportunité ? et de la définition de l'infaillibilité pontificale, formulée si bien à point à l'eneontre des erreurs qui allaient sitôt surgir ? et de eet élan de piété, enfin, chose nouvelle et véritablement inonie, qui fait atfuer, depuis longtemps déjà, aux pieds du Vienire de Jésus Christ, pour le vénérer face à tree

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les fidèles de toute langue et de tout elimat ? Et n'estce pas un admirable effet, de la divine Providence Nos deux prédécesseurs, Pie EX et Léon XII, aient pu, en des temps si troublés, gouverner

dans des conditions de durée, qui n'as

que

saintement l'Eglise, went été accordées à aucun autre pontifieat 7 A quoi il faut ajouter que Pie IX n'avait pas plus tôt iéclnré de croyance catholique la conception sans tache de Marie que, dans la ville de Lourdes, s'inauguraient de merveilleuses manifestations de la. Vierge ; et ce fut, on le sait. l'origine. de ees temples élevés en l'honneur de l'Immaeulée Mare de Dieu, ouvrages de haute magnificence et d'immense travail, où des prodives quotidiens, dus à son intercession, fournissent de splendides arguments pour confondre l'inerédulité moderne, = Tant et de si insignes bienfaits aecordés par Dieu, sur les pieuses sollicitations de Marie, durant les Cinquante années qui vont finir, ne doiventils pas nous faire espérer le salut pour un te mips plus prochain (ue nous We l'avions CU, Aussi bien, est-ce comme une loi de la Providence divine. l'expérienee nous l'apprend, que des dernières extrémités du mal à la délivrance, il n'y a jamais bien loin. “Son t Ips est près "de venir, et ses Jours ne sont pas loin, Car le Seigneur "prendra Jacob en pitié, et en Isrnël encore il élu (2), C'est done avec une entière confiunce que nous pouvons attendre nous-mêmes de nous écrier SOUS peu : "Le Seigneur a brisé la verve des impies, La terre est dans ln paix et le silence: elle sest réjonie et elle exulté (3).

aura son

Mais, si le cinquanti¢me anniversaire de l'uete pon titical, par lequel fut déclarée sans souillure la coneeption de Marie, doit provoquer au sein du peuple chrétien d'enthousiastes Glans, la raison en est surtout dans une necessite qu'ont exposée Nos preeédentes Lettr

es Kneycliques, Nous voulons dire

‘de tout restaurer en Jésus:

Christ." Cur, qui ne tient pour établi qu'il n'est route ni plus süre ni plus facile que Marie, par où les hommes puissent arriver jusqu'à Jésus-Christ, et obtenir, moyennant Jésus-Christ, cette parfaite adoption des fils, qui fait saint et sans tache sous le regard de Dieu ? Certes, ST a été dit avec vérité à la Vierge: *Bienheureuse qui “avez cru, ear les choses s aecompliront qui vous ont été di- “tes par le Seigneur ( 1," savoir qu'elle concevrait et enfunterait le Fils de Dieu: si, conséquemment, elle a accueilli dans son sein celui qui par nature est Vérité, de facon que, "engendré dans un nouvel ordre et par une nouvelle “naissance. invisible en lui-même, il se rendit visible dans "notre chiar (5) ; du moment que le Fils de Dieu est "l'auteur et le consommateur de notre foi.” il est de toute nécessité que Marie soit dite participante des divins mysteres, et en quelque sorte leur gardienne, et que sur ello aussi, comme sur le plus noble fondement apres Jésus-Christ, repose la foi de tous les siècles,

Comment en serait-il autrement ? Dieu n'eüt-il pu, par une autre voie que Marie, nous oetroyer le réparateur de l'humanité et le fondateur de la foi ? Mais, puisqu'il a plu à l'éternelle Providence que | Homme- Dieu nous fût donné par In Vierge, et puisque eelle-ei, rayant eu de la féconde vertu du divin Esprit, l'a porté dans son sein, que reste-t-il si ce n'est que nous reeevions Jésus des mains de Marie ? Aussi. voyons-nous que dans les Saintes Keritures, partout où "est prophétisée la eriee qui doit nous advenir," partout aussi, ou peu s'en faut, le Sauveur des hommes y apparait en compagnie de sa sainte More, H sortira, l'agneau dominateur de la terre. ninis ile la pierre du désert = elle montera la fleur, mat de ln tige de Jessé. A voir, dans l'avenir, Marie écraser lu tôte du serpent, Adam contient les larmes que la n le dietion arrachait n NOH Coeur Marie occupe la pensée de Noe dans les flancs de l'arche libératrice : d'Abraham

(4) Lue,, 1, 48, Leo M

vernm, 2, Natio. D

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t route ni J. hommes ien moyens fils, qui ? Certes, Ireuse qui ont été diet enfan- | accueilli de facon nouvelle sible dans de Dieu "il est de unte des lienne, et mdement les,

t-il pu, ' répara- 1? Mais, '"Honineeelle el, l'a porté recCceVIONS que dans la orüce "en fuut, i^ de sa la terre, ur, malis

pP oeecriser

l pensee

Abraham

empêché d'immoler son fils : de Jacob, contemplant l'é. chelle, où montent et d'où descendent les anges ; de Moise, en admiration devant le Consumer ;

buisson qui brûle sans se de David ehantant et sautant en conduisant l'arche divine; d’Elie. apercevant la petite nuée qui monte de la mer, Et, sans nous étendre davantage, nous trouvons en Marie, apres Jésus, la fin de la ‘oi, la vérité des images et des oracles,

Qu'il appartienne à la Vierge, surtout à elle, de conduire à la connaissance de Jésus, c'est de quoi l'on ne peut douter, si l'on considere, entre autres choses,

que, seule au monde, elle

à eu avec lui, dans une communauté de toit et dans une familiarité intime de trente années, ces relations étroites qui sont de mise entre une more et son fils. Les admirables mystères de la nuissance et

de l'enfance de

Jésus, ceux notamment qui se rapportent à son Incarnation, principe et fondement de notre foi, à qui ont-ils été plus amplement dévoilés quà sa Mère ? “Elle conservait et repassait dans son cœur " ce qu'elle avait vu de ses actes à Bethléem,

ce quelle en avait vu à Jérusalem dans le temple

; inais initiée encore à ses conseils et aux desseins secrets de sa volonté, elle n vécu, doit-on dire, la vie méme de son fils. Non, personne au monde comme elle n'a eonnu à fond Jésus : personne nest meilleur maitre et meilleur guide pour faire connaltre Jésus,

Il suit de là, et Nous l'avons déjà insinué, que persoune ne la vaut, non plus, pour unir les hommes à Jésus, SI, en eflet, selon la doetrine du divin Maitre, “lu vie éter-

nelle consiste à vous connaître, vous qui êtes le seul vrai

Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus Christ (6); " comme nous parvenons pir Marie à la connaissance de Jésus-Christ. par elle aussi, i] nous est plus facile d'aequerir la vie dont il est le principe et la source, Et maintenant, pour peu que nous eonsidérions combien de motifs, et eombien pressants, invitent cette Madre très Sainte à nous donner largement de l'abondance de ces

(6) Joann., xvi, 3.

trésors, quels sureroits n'y puisera pas notre espérance ! Marie n'est-elle par la Mère de Dieu ? Elle est done aussi notre Mére,—Car, un principe à poser, c'est que

Jésus, Verbe fait ehair, est en méme temps le sauveur

du genre humain. Or, en temps que Dieu-Homme, il a un corps comme les autres hommes, en tant que rédempteur de notre race, un corps spirituel ou, comme on dit, mystique, qui n'est autre que la société des chrétiens liés à lui par la foi. “Nombreux comme nous sommes, nous “faisons un seul corps en Jésus-Christ" (7). Or, la Vierge n'a pas seulement conçu le Fils de Dieu afin que, recevant d'elle la nature humaine, il devint homine: mais afin qu'il devint eneore, moyennant cette nature reçus d'elle, le sauveur des hommes. Ce qui explique la parole des anges aux bergers ; * Un Sauveur vous est né, qui “est le Christ, le Seigneur (8)." Aussi, dans le ehaste sein de la Vierge, où Jésus a pris une chair mortelle, là mame il s'est adjoint un corps spirituel, formé de tous ceux que devaient croire en luis et l'on peut dire (que, tenant Jésus dans son sein, Marie y portait encore tous eeux dont la vie du Sauveur renfermait la vie. Nous tous done, qui unis au Christ, sommes, eomime par e l'Apótre, “ les membres de son corps, 18sus de su chair et de ses os" (9), nous devons nous dire originaires du sein de la Vie:

ge, d'où nous sortimes un jour à l'instar d'un corps uttaché à su tête, C'est pour cela que nous sommes appelés, en un sens spirituel, à ln vérité, et tout mystique, les fils de Maric, et quelle est, de sou eóté, notre Mère à tous : “Mère selon l'esprit, mère véritable néanmoins des "membres de Jésus-Christ, que nous sommes nous mémes”’ (10), Si done la bienheureuse Vierge est tout à la fois mere de Dieu et des hommes, qui peur douter qu'elle ne s'emploie d | toutes ses forces, aupres de AOI Fils, “tate du corps de l'Eglise (HD) atin qu'il répande sur nous qui

(7) isom, XII, 6

(8) Lue, ti, 1!

(90) Eph: $54 V, 30

(10) 5, Aug., L de S. Virginttai (11) Coloss., 1, 18.

OMM ;0 Vh 0

spéranee !

| est done c'est que Sauveur ime, il a e rédempie on. dit, tions liés hes, nous la Vierve ue, reeene: mais re reçus m parost ue, qui iste Sell là même JUS Ceux e, tenant ous ceux ous tous l'Apótre, ! NES 08 ta Vie:

ps attaappelés, ique, les Mere à Loins des mômes” à la lois d'elle ne “tête du nous qui

sommes ses membres, les dons de s; grace, celui notamment de le connaître et “de vivre par lui (12)" ?

Mais il n'est pas seulement à la louange de la Vierge quelle a fourni “la matière de sa ehairau F " de Dieu, devant naitre aves des membres © (13), et qu'elle a ainsi préparé une victime salut des hommes ; sa mission fut encore de la garder, cette victime, de la nourrir et de la présenter, au jour voulu, à l'autel, Aussi, entre Marie et Jésus, perpétuelle société de vie et de souffrance, qui fait qu'on peut leur appliquer à éval titre cette parole du Prophète : “Ma vie “s'est consumée dans la douleur et mes années dans les “vémissements (14). Et quand vint pour Jésus l'heure

ils unique huinains pour le

supréme, on vit la Vierge debout auprès de la croix, saisie sans doute par l'horreur du Spectacle, *heureuse

"pourtant de ee que son Fils s'immolait pour le salut du "genre humain, et d'ail eurs. participant tellement à ses "douleurs, que de prendre sur elle les tourments qu'il en- "durait lui eût paru, si la chose eût été possible, infini- "niment préférable (15).” La censéquence de cette communauté de sentiments et de souffrances entre Marie et Jésus, c'est que Marie “mérita très légitimement de de- "venir la réparatrice de l'humanité déchue (16), tant, la dispensatrice de tous les trésors que Jé a aequis par sa mort et par son sang,

Certes, l'on ne peut dire que la dispensation de ees trésors ne soit un droit propre et particulier de Jésus- Christ, eur ils sont le fruit exclusif de sa mort, et luimeme est, de par sa nature, le médiateur de Dieu et des hommes. Toutelois, en raison de cette socié

et parsus nous

té de douleurs ot d'angoisses, déjà mentionnée, entre la Mère et le Fils, il a été donné à cette auguste Vierge “d’étre

aupres de ‘son Fils unique la très puissante médii

trice et avocate (12] 1 Joann,, 1v, 9

(13) 8. Bed, Ven, L. tv, in Lue (14) Ps xxx, tt.

(15) 5. Bonav., 1 Sent., d. 48, ad Litt,, dub, 4.

(16) Eadmeri Mon,, De Kwellentia Vire, Maríae, c. 1x.

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