‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 12 sur 205 · XI · texte numérisé non relu

XI

“du monde entier (17).” La source est done Jésus-Christ : "de la plénitude de qui nous avons tous regu (18) ; par “qui tout le corps, lié et rendu compact moyennant les “jointures de communication, prend les accroissements "propres au corps et s'édifie dans la charité (19) Mais Marie, comme le remarqne fort justement saint Bernard, est “laquedue (20) ;'. ou, si l'on veut, cette partie médiane qui a pour propre de rattacher le corps à la téte et de transmettre au corps les influences et efficacités de la tête, Nous voulons dire le cou. Oui dit saint Bernardin de Sienne, “elle est le cou de notre chef ‘ moyennant lequel celui-ci communique à son corps “mystique tous les dons spirituels (21) Il s'en. faut done grandement, on le voit, que Nous attribuions à la Mere de Dieu une vertu productrice de la grâce, vertu qui est de Dieu seul. Néanmoins, parce que Marie l'emporte sur tous en sainteté et en union avee Jésus-Christ, et qu'elle a été associée par. Jésus-Christ à l'œuvre de la rédemption, elle nous mérite de congruo comme disent les théologiens, ee que Jésus-Christ nous a mérité. d condigno, et elle est le ministre supreme de la dispensation des grâces, “Lui,” Jésus, "siege à la droite de la "majesté divine dans la sublimité des cieux (22).” Elle, Marie, se tient à la droite de son fils: * refuge si assuré ' et secours si fidele contre tous les dangers, que l'on n'a ‘rien à craindre, à désespérer de rien sous su. conduite, “SOUS SCR auspices, SOUS SON patronage, SOUS SON ' guide (23), ’

Ces principes posés, et pour revenir à notre dessein, qui ne reeonnaltra que c'est à juste titre que Nous avons affirmé de Marie. que, COM PAE assidue de Jésus, dle la

(17) | v, in Bull. /#effabili

(181 Joann., 1, 16

(19) Eph: IV, 10

(20) Serm, de temp., in Nativ. D, V,, De Agymaeductu, n. 4 (21) ti lragr,, le £ ULL o æterno, Serm, X, a, 3, €: Il.

(23) Pius 1N, in Bull, Zueffabulis

s-Christ :

15) ; par nnant les issements ))" Mais int Bertte partie orps à lu t efhcucidit saint tre chef, ON corps sen faut ons à la ‘6e, vertu wie l'em- 8-Christ, vre de la ie disent icrité de

dispenite de la 2)." Elle, si assuré e l'on n'a eoncd aite, SOUS SON

: desseln,

JUS Hu VOLIN

I5, de la

maison de Nazareth au plateau du Calvaire : initiée. plus que tout autre. aux secrets de son cœur : dispensatrice, comme de droit maternel, des trésors de ses mérites : elle est, pour toutes ces causes, d’un secours très certain et très efficace pour arriver à la connaissance et à l'amour de Jésus-Christ? Ces hommes, hélas ! nous en fournissent dans leur conduite une preuve trop péremptoire, qui, séduits pur les artifices du démon, où trompés par de fausses doctrines. croient pouvoir se passer du secours de la Vierge, Infortunés, qui négligent Marie sous prétexte d'honneur à rendre à Jésus-Christ ! Comme si l'on pouvait Trouver l'enfant autrement qu'avec la Mère /

S'il en est ainsi. Vénérables Fréres, c'est à ce but que doivent surtout viser toutes les solennités qui se préparent partout en l'honneur de la sainte et Immaeulée Conception de Marie. Nul hommage, en effet, ne lui est plus agréable, nul ne lui est plus doux, que si nous connaissons et aimons véritablement Jésus-Christ. Que les foules emplissent done les temples, qu'il se célèbre des fétes pom peuses, qu'il y ait des réjouissances publiques : ce sont choses émineminent propres à raviver la foi. Mais nous n'aurons là, s'il ne sy ajoute les sentiments du eceur, que pure forme, que simples appnrences de piété, A ce spectacle, la Vierge, empruntant les paroles de Jésus-Christ, nous adressera ce Juste reproche : «a peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin ‘de moi ( 24)."

Car enfin, pour être de bon alc’, le culte de la More de Dieu doit jaillir du cœur : les actes du corps n'ont ici utilité ni valeur, s'i's sont isolés des actes de l'âme, Or, ceux-ci ne peuvent se rapporter qu'à un seul objet, qui est que nous observions pleinement ce que le divin Fils de Marie commande. Car, si l'amour véritable est celuilà seul qui a la vertu dunir les volontés, il est de toute nécessité que nous ayons cette même volonté avee Marie, de servir Jésus, notre Seigneur, La recommandation

(24) Matth,, xv, 8,

que fit cette Vierge tres prudente aux serviteurs des noces de Cana, elle nous l'adresse à nous-mêmes : “Faites “tout ee qu'il vous dira (25) Or. voici la parole de Jésus-Christ : “Si vous voulez entrer dans la vie, obser- ‘vez les commandements (26).” Que chacun se persuade done bien de cette vérité, que si sa piété à l'égard de la, bienheureuse Vierge ne le retient pas de péche r ou ne lui inspire pas Ja volonté d'amender une vie coupable c'e st là une piété fallacieuse et mensongère, dépourvue quelle est de son etfe: propre et de son fruit naturel,

Que si quelqu'un désire à ces choses une confirmation, il est facile de la trouver dans le doume même de la conception immaculée de Marie. Car, pour omettre la tradition, souree de vérité, aussi bien que la sainte Eeriture, comment cette persuasion de l'immaculée conception de la Vierge a-t-elle paru de tout temps si eonforme au sens e: itholique, qu'on a pu la tenir comme incorporée et comme innée à lame des fidèles ? * Nous avons en ' horreur de dire de cette femme"— c'est. la réponse de Denys le Chartreux—"que, devant écraser un jour la ‘tête du serpent, elle ait Jamais été écrasée par lui, et " que, mere de Dieu, elle ait jamais été fille du démon "(21)" Non, l'intelligenee chrétienne ne pouvait se faire à eette idée, que la ehair du Christ, sainte, sans tache et innocente, eût pris origine au sein de Marie, d'une chair avant jamais, ne füt-ce que pour un rapide instant, contracté quelque souillure. Et pourquoi cela, sice n'est qu'une opposition infinie sépare Dieu du péché ? C'est la, sans contredit, l'origine de cette conviction commune à tous les chrétiens, que Jésus-Christ, avant même que, revêtu de In nature humaine, 4 nous lavdt de nos pé. thés dans son sung, dut accorder à Marie cette grâce et ce privilège spé cial d'être préservée et exemptée, des le premier instant de sa conception, de toute contagion

de la tache originelle.—Si done Dieu a en telle horreur

(25) Joann , If, 5.

(26) Matth., XIX, 17 (a7) Sent, d., 3, q. 1,

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