‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 195 sur 205 · NOTRE TRES SAINT-PERE LE PAPE PIE X · texte numérisé non relu

NOTRE TRES SAINT-PERE LE PAPE PIE X

PAPE PAR LA DIVINE PROVIDENCE A TOUS LES ÉVÉQUES DE L'UNIVERS CATHOLIQUE, SUR L'ENSEIGNEMENT DE LA DOCTRINE CHRETIENNE.

A nos Vénérables Frères, les Patriarches, Primats, Archevéques, Evéques, et autres ordinaires de tous lieux en paix et en communion avec le Siège apostolique.

PIE X, PAPE

Vénérables Fréres,

Salut et Bénédiction Apostolique,

Les desseins secrets de Dieu ont élevé Notre petitesse à la charge du suprême pastorat, pour la direction du troupeau universel du Christ, dans des temps bien douloureux et difficiles. Car l'ennemi róde depuis si longtemps déjà autour de ce troupeau et lui tend des pièges avec une astuce si perfide que c’est maintenant surtout que parait s'étre accomplie la prédiction de l'Apótre aux Anciens de l'Eglise d'Ephése: “ Je sais que parmi vous pénétreront.... des loups rapaces qui n'épargneront pas votre troupeau. (1) "

De ce dommage causé à la religion il n'est personne ayant encore le zèle de la gloire divine qui ne cherche les raisons et les causes; et pendant que les uns et les autres en donnent de différentes, chacun propose des moyens différents, selon son avis personnel, pour défendre et restaurer le royaume de Dieu sur cette terre.

(1) Act., xx, 29.

VU TRE mS ce e PNIS HIST IET ERR E TII NETTE

Pour Nous, Vénérables Frères. quoique Nous ne repoussions pas les autres manières de voir, Nous pen sons surtout avee ceux qui croient que cette dépression et cette débilité des esprits, d’où résultent les m: wx les plus graves, provient surtout de l'ignoranee des choses

divines. Ce sentiment s'accorde tout à fait avec ce que

Dieu lui-même a dit par son pep Osée: Ll n'y « plus de science de Dieu sur la ter La ealomnie et L Ht WSOC l'homicide. li vol et i'nduiltivs out tout ( neal i et li scc n yest accumulé SAUT le Sn]. Aussi la le»n m wrera et quiconque l'habite Ser afl iqé (2).

Et, en effet, dans un temps où il y a un si grand

nombre de chrétiens absolument ignorants des choses

quil est néessalre de connaitre pour le salut éternel combien ces doléances sont malheureusement fondées | Mais quand Nous parlons du peuple ehrétien, Nous n'en tendons pas seulement la plebe ni les hommes de la classe inférieure qui ont souvent une certaine excuse de leur ignorance dans ce fait qu'étant au service de maîtres durs, ils peuvent à peine soccuper d'eux-mêmes et de leurs intérêts : mais nous comprenons aussi et surtout ceux qui bien que ne manquant ni d' intelligenee ni de eulture, brillent dans l'érudition prof: ine et, en ce qui concerne la re liv "lon, vivent tout à fait temérairement et imprudemiment. On peut à peine dire combien ils. sont souvent enveloppés dans d'épaisses ténèbres à cet égard et, ce qui est plus douloureux encore, duns quelle fune ‘ste sécurité ils restent! Ils pensent à peine au souverain Auteur et Maître de toutes choses et aux enseignements de la foi chrétienne.

Aussi ne savent-ils rien de linearnation du Verbe et de la parfaite restauration du genre humain par lui; rien de la wrâce qui est le prine ipal seconrs pour l'aequi sition des biens éternels ; rien du saint Sacrifice et des sacrements par lesque ls nous acqué rons et nous conser vons la grâce. Quant au péché, ils n'en connaissent ni lu malice ni l'o pprobre ; aussi n'ont-ils aucun souei ni de

ue Nous ne Nous pen * dépression s maux les

des choses avec ce que

"i n'y (t lomni et le tout envaht sst de terre Eh n si grand

| des choses

alut éternel it fondées | , Nous n'en nmes de la ie excuse de e de maîtres émes et de | et surtout igence ni de en ce qui alrement et jen ils sont à cet égard ielle funeste 1 souverain selgnementas

| du Verbe un par lui, pour l'aequi

Mice et des ous conser

naissent ni h souci iii de

l'éviter ni de s'en décharger, et ils arrivent au dernier

jour dans de telles conditions que le prétre, pour ne pas

les laisser sans quelque espoir de salut, est obligé d'einployer les derniers instants de leur vie à leur enseigner sommairement la religion, au lieu de les consacrer, comine il faudrait surtout, à exciter en eux des sentiments de charité, si toutefois encore, ce qui arrive souvent, le moribond n'est pas affligé d'une si coupable ignorance quil estime lassistance du prétre inutile et se dispose à franchir tranquillement le seuil de l'éternité, sans avoir satisfait à Dieu, Aussi notre prédécesseur Benoit XIV, a-t-il pu écrire: * Nous aftirmons que la plus grande partie de ceux qui sont damnés pour l'éternité doivent leur malheur à l'ivaoranee des mystères de la fol, qu'ils sont obligés de connaitre et de croire pour être comptés parmi les élus (1). "

Puisqu'il en est ainsi, Vénérables Frères, qu'y a-t-il d'étonnant à ce que la corruption des mœurs et la dépravation des habitudes augmentent de jour en jour, non seulement parmi les nations barbares, mais móme dans les Etats dits chrétiens ? L'apótre saint Paul écrivant aux Ephésiens leur disait: * Que la fornication et toute impureté ou l'avariee ne soit pas même nommée parmi

ous, comme il convient à des saints, et qu'il ny ait point de turpitudes ni de folles paroles (2).” Par contre, il a donné dans les paroles suivantes, comme fondement à ia sainteté et la continence, la science des choses divines : " Ayez soin, mes Frères, de marcher avec cireonspection non comme ces insensés, mais comme des homines Riges..., Ne SOV eZ done pas des étourdis, mais des hommes ayant l'intelligence de la volonté de Dieu (3).

Et c'est avec raison. Cur la volonté de l'homme a conservé à peine cet amour de l'honnéte et du juste inne en lui par Dieu, qui l'entrainait en quelque sorte vers le hien, et non le bien mélé d'ombre, mais le bien pur et parfait. Dépravée par suite de la chute or ginelle et comme oublieuse de Dieu son auteur, elle tourne toutes

(1) Instit., Xxvi, 18.—(2) Aphes. v, 35.—(3) Aphes. v, 15 ss,

UNTEN

E ent eel ta ome I tin the grs Tee itn 7

EL à iceqee >

ses aspirations à aimer la vanité et à chercher le mea

songe. Cette volonté égarée et aveuglée par les mau vaises passions a besoin d'un guide qui lui montre la voie, pour qu'elle retrouve les chemins de la justice mal

heureusement abandonnés par elle. Ce guide, quil ny a point à ehereher ailleurs et que la nature lui a donné, cest la raison elle-même: mais la raison vient-elle à manquer de cette lumière sœur qui est la science des choses divines, il arrive alors que c’est un aveugle qui conduit un aveugle et que tous deux tombent dans le fossé, Le saint roi David en glorifiant Dieu de cette lumière de la vérité qu'il avait infusée dans la raison de l'homme disait : “ La lumiere de votre face, Seigneur est empreinte sur nous (4). ' Et l'effet de cette communica

tion de la lumiere, il l'indique en ajoutant: * Vous m'avez mis la joie au eceur;” cette joie par laquelle notre cœur dilaté court dans le chemin des préceptes divins.

Et il est fucile de voir qu'il en est ainsi. La doctrine chrétienne, en effet, nous manifeste Dieu et ce que

nous appelons Ses intinies perfeetious b 'aucoup plus Hu fond que ne permettraient d'y atteindre les forces de la nature. Et comment? Elle nous ordophe en méme temps de révérer ce Dieu souverain par le devoir de la foi, qui se rapporte à la raison, par celui de l'espérance qui se rapporte à la volonté, par celui de la. charité, qui se rapporte au cœur, et ainsi elle soumet tout l'homin à ce suprême Créateur et Maitre. Et de même la doc trine chrétienne seule met l'homme en possession de son eminente dignité naturelle, en tant qu'il est le fils du Pere céleste qui est dans les cicux, ayant été créé à son image et devant vivre éternellement heureux avee lui Mais de cette dignité elle-même et de la connaissance que l'on en doit avoir, le Christ infère que les hommes doivent saimer les uns les autres comme des frères et vivre ici-bas comme il convient à des enfants de la lumière, " non dans les excès de table et les ivrogneries,

or le mea

ur les mau

montre la justice mal e, quil n) ui a donné, vient-elle à scienee des . veugle qui nt dans le eu de cette à raison de eigneur est ommunie:

jp; Vous ar laquelle s préceptes

La docu et ce que up plus à jrees de la en méme voir de la l'espérance harité, qui it l'homin:

ne la doe sion de SO le tils du créé à son avec lui nnaissance ^s hommes es frères ot ants de la

Ivroeneries,

non dans les débauches et les impudieités, non dans l'esprit de contention et l'envie (1) " ; il nous ordonne de méme de nous en remettre à Dieu de tout souci, puisquil a soin de nous; il nous ordonne de donner aux pauvres, de faire du bien à ceux qui nous haissent, de préférer les avantages éternels de l'âme aux biens passagers de ce temps. Et sans parler de chaque chose en détail, n'est-ce pas l'enseignement du : hrist qui recommande et prescrit à l'homme superbe cette humilité qui est la vraie source de sa gloire? “Quiconque se sera humilié.... celui-là est le plus grand dans le royaume des cieux (2).” Cet enseipnement divin nous apprend aussi la sagesse de l'esprit qui nous sert à nous garder de celle de la chair; la justice qui nous fait rendre À chacun ce qui lui est dà ; la force qui nous rend capables de tout souffrir et endurer d'un cœur généreux pour Dieu et la béatitude éternelle : la temperance enfin qui nous fait aimer la pauvreté elle-méme pour lamour de Dieu et nous fait nous gloritier dans la croix. an milieu de nos humiliations

Il est done établi que non seulement notre intelligence: emprunte à la sagesse chrétienne Ia lumière qui lui permet d'acquérir la vérité, mais qu'elle y prend aussi cette volonté et cette ardeur qui nous portent vers Dieu et qui nous unissent à lui dans l'exercice de la vertu.

Il s'en faut que Nous prétendions que la déprava tion de l'esprit et lu corruption des mœurs ne puissent sunir à la science de la religion, Plàt à Dieu qu'il ny eût point tant d'exemples du contraire! Mais Nous affirmons que là où la raison est entourée des ténèbres d'une complète ignorance, il ne peut y avoir ni volonté droite, ni bonne meurs Car, si celui qui marche les yeux ouverts peut, sans doute, dévier du bon chemin celui qui est aveugle court fatalement ce danger. Ajoutez que la corruption des mœurs, si la lumiere de la foi n'est pas completement éteinte, laisse l'espoir d'une guérison ;

mais si la dépravation des mœurs est jointe à l'ignorance

1) Aon. NI. 13 (2) Matth, XVII, 4

Page 1