LETTRE APOSTOLIOUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIII
A fous les Patriarches. | du monde catholique.
LEON XIII, PAPE
Vénérables Fréres, Salut et hénédiction apostolique.
Parvenu à la vingt-cinquième année de Notre Minis tere. apostolique, et étonné Nous-méme de la longueur lu ehemin qu'au milieu d'âpres et continuels soucis Nous avons parcouru, Nous Nous sentons tout naturellement porté à élever Notre pensée vers le Dieu à jamais béni qui, parmi tant d'autres faveurs, a bien voulu Nous accorler un Pontificat d'une durée telle qu'on en rencontre à peine quelques-uns de pareils dans l'histoire, C'est done vers le Pére de tous les hommes, vers Celui qui tient dans ses mai "mystérieux secret de la vie. que
un impérieux besoin de Notre coeur, lhymne de Notre action de grâces. Assurément, l'œil de homme ne peut pas sonder toute la profondeur des desseins de Dieu. lorsqu'il a ainsi prolongé au delà de toute espérance notre vieillesse : et iei Nous ne pouvons que Nous taire et l'adorer. Mais il y a pourtant une chose que Nous savons bien, c'est que sil Lui a plu, et | Lui plait de conserver encore Notre existence, un zrand devoir Nous incombe : vivre pour le bien
s'élance. comme
léveloppement de son Epouse immaculée, la Saint Église, et, loin de perdre courage en face des soucis et | p 's, lui consacrer le restant de Nos forces jusq " soupir.
: avoir pavé le tribut d'une juste reconnai sance ^ notre l'ere céleste, à qui soient honneur et gloire pen-
3 ‘ut toute l'éternité, il Nous est très agréable de revenir
imats, À rchevéques et Evéques
vers vous par la pensée et de vous adresser la parole, à vous, Vénérables Frères, qui, appelés par |’ Esprit Saint à gouverner des portions choisies du troupeau de Jésus- Christ, participez par cela même avee Nous aux luttes et aux triomphes, aux douleurs et aux joies du ministere des Pasteurs. Non, elles ne s'évanouiront jamais de Notre mémoire, les nombre 'uses et remarquables preuves de religieuse vénération que vous Nous avez prodiguees au cours de Notre Pontificat, et que vous multipliez encore avee une émulation pleine de tendresse dans les eireonstaneos présentes. Intimement uni à vous déj par Notre devoir et par Notre amour paternel, ces témoi gnages de votre dévouement, extrêmement chers à Notre cœur, Nous y ont attaché encore, moins pour ce qu'ils avaient de personnel en ce qui Nous regarde, que pour l'attachement inviolable qu'ils dénotaient à ce Siège Apostolique, centre et soutien de tous les autres sièges de la eatholieité. S'il a toujours été nécessaire qu'aux divers degrés de la hiérarchie ecclésiastique tous les enfants de l'Eglise se tinssent jalousement unis dans les liens d'une charité réciproque et dans la poursuite de: mêmes desseins, de maniere à ne former qu'un cœur et qu'une âne, cette union est devenue de nos temps plus indispe nsable que jamais. Qui peut ignorer en eflet l'immense conjuration de forces hostiles qui vise au-
jourd'hut à ruiner et à faire disparaitre la grande œuvre
de Jésus-Christ, en essayant. avee un acharnement qui ne connait plus de limites, dans l'ordre intelleetuel, de ravir à l'homme le trésor des vérités célestes, et, dans l'ordre social, de déraeiner les plus saintes, les plus salutaires institutions chrétiennes ^ Mais tout cela, vous en étes, vous-mémes, frappés tous les jours, vous qui Nous avez plus d'une fois exprimé vos préoeeupations et vos ang isses, en déplorant la multitude de préjugés, de faux systemes et d'erreurs qu'on seme impunéme nt au milieu des foules. Que de pièges ne tend-on point de tous edt:
aux âmes croyantes ? Que d'obstacles ne multiplie-t-on pas pour aff: uiblir et, autant que possible, pour aanihiler la bienfaisante action de l'Église ^ Et, en attendant,
resser la parole, à ar l'Esprit Saint roupeau de Jésus- Nous aux luttes ux joies du minisanouiront jamais marquables preu- Nous avez prodii£ que vous multide tendresse dans at uni à vous déj:
aternel, ees témoi vent chers à Notre ins pour ce qu'ils garde, que pour ent à ce Siège s les autres sieges nécessaire qu'aux tique tous les ennt unis dans les s la poursuite de:
er qu'un cœur et de nos temps plus ignorer en effet les qui vise au- ( la grande œuvre acharnement qui re intelleetuel, de “élestes, et, dans ites, les plus salutout cela, vous en s, vous qui Nous ceupations et vos préjugés, de faux nément au milieu oint de tous eót ne multiplie-t-on le, pour aanihiler tt, en attendant,
comme pour ajouter la dérision à l'injustice, c'est l'Eglise elle-même qu'on accuse de ne pas savoir recouvrer sa vertu antique, et d'étre impuissante à endiguer le torrent de passions débordées qui menace de tout emporter !
Nous voudrions bien vous entretenir, Vénérables Fróres, d'un sujet moins triste et qui fût en harmonie plus grande avec | heureuse circonstance qui Nous ineline à vous parler. Mais rien ne comporte un pareil langage, ni les graves épreuves de l'Eglise, qui appellent avec instance Un prompt secours, ni les conditions de la société contemporaine qui, déjà fortement travaillée au point de vue moral et matériel, s’acheinine vers des destinées encore pires par l'abandon des grandes traditions chrétiennes : une loi de la Providence, contirmée par l'histoire, prouvant qu'on ne peut pas porter atteinte aux grands principes religieux, sans ébranler en même temps les bases de l'ordre et de la prospérité sociale. Dans ces circonstances, pour permettre aux âmes de reprendre haleine, pour les réapprovisionner de foi et de courage, il Nous parait opportun et utile de considérer attentivement, dans son origine, dans ses eauses, dans ses formes multiples, l'implaeable guerre, que l'on fait à l'Eglise, et, en en dénonçant les funestes conséquences, d'en assigner les remedes. Que Notre parole résonne done bien haut, quoiquelle doive ‘appeler des vérités affirmées d'autres fois déjà ; qu'elle soit entendue non seulement par les tils de l'unité eatholique, mais eneore par les dissidents et ménie par les infortunés qui n'ont plus la foi; car ils sont tous enfants du méme Père, tous destinés au même bien suprême, qu'elle soit accueillie enfin comme le tes tament qu'à la faible distance où Nous sommes des por tes de l'éternité Nous voulons laisser aux peuples comme un présage du salut que Nous désirons pour tous.
De tout temps, la Sainte Eglise du Christ a eu à combattre et à souffrir pour la vérité et pour la justice. Instituée par le divin Rédempteur lui-inéme pour propager dans le monde le regne de Dieu, elle doit conduire, aux clartés de la loi évangélique, l'humanité déchue vers ses immortelles destinées, c'est-à-dire la faire entrer en pos-
session. des biens sans fin que Dieu nous a promis, à Ia hauteur desquels nos seules forces ne nous permettent pas de monter: céieste mission dans l'aecomplissement de laquelle elle ne pouvait que se heurter aux innombrables passions reçues de l'antique déchéance et de la corruption. qu'elle a engendrée, orgueil, eupidité, amour effréné des jouissances matérielles, vices et désordres qui en découlent et qui ont tous rencontré dans l'Eglise le frein le plus puissant.
Le fait de ces persécutions ne doit pas nous étonner : ne nous ont-elles pas été prédites par le Divin Maitre et ne savons-nous pas quelles dureront autant que le monde? Que dit en effet le Sauveur à ses disciples, lorsquil les envoya porter le trésor de sa doetrine à toutes les nations? Personne ne l'ignore : “ Vous serez poursuivis de ville en ville, à eause de mon nom, vous serez hais et méprisés, vous serez traduits devant les tribunaux et condaninés aux derniers des ehatiments.” Et pour les encourager à supporter de telles épreuves il se donna lui-même en exemple: “Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a hai avant vous, tout le premier,” Sinundus vos audit, scitote mu prion ni vobis odio habuit. ( | ) Voila les joies, voila les récompenses qu ici bas le Divin Sauveur nous promet,
Quiconque juge sainement et simplement des choses ne pourra Jamais découvrir la raison d'une pareille haine Qui done le divin Rédempteur avait-il jamais offensé, ou en quoi avait-il démérité ^ Descendu sur cette terre sous l'inpulsion d'un charité intinie, Hl y. avait enseigné une doctrine, sans tache, consolatrice et on ne peut mieux faite pour unir fraternellement tous les hommes dans la paix et dans l'amour, I n'avait convoité ni les gran deurs de ce monde, ni ses honneurs, et n'avait usurpé sur le droit d. personne: bien au contraire, on l'avait vu infiniment eompatissant pour les faibles, pour les malades, pour les pauvres, pour les pécheurs et pour les opprimés : en sorte qu H n'avait passe dans la vie que pour semer
ous à promis, à Ia nous permettent l'accomplissement ‘urter aux 1nnonihéance et de la I. cupidité, amour ices et désordres ntré dans l'Eglise
ias nous étonner : e Divin Maitre et it autant que le "à ses disciples, le sa doetrine à re: “ Vous serez le mon nom, vous duits devant les 3 des chatiments,” telles épreuves il Si le monde vous tout le premier.” ore vobis odio COMPeHses qu ici
ment des choses ine pareille haine jamais offensé, ou Ir cette terre sous nit enseigné une | ne peut mieux : homines dans la oité ni les gran t n'avait usurpe tire, on l'avait vu pour les malades, Our les opprimeés ‘
qui pour semer
à pleines mains parmi les hommes ses divins bienfaits. Ce fut done un pur excès de malice de la part de ces hommes, excès d'autant plus lamentable qu'il était plus injuste, et suivant la prophétie de Siméon, le Sauveur devint le signe de la contradiction sur cette terre Signum eut contradicetur (2).
Faut-il s'étonner dès lors si l'Eglise catholique qui est la continuatrice de la mission divine de Jésus-Christ et lincorruptible gardienne de sa vérité, n'a pas pu échapper au sort du Maitre? Le monde ne change pas; à cóté des enfants de Dieu, se trouvent toujours les scides du grand ennemi du genre humain, de celui qui, rebelle au Tres-Haut dès le principe, est appelé dans l'Evangile le prince de ee monde, Et voilà pourquoi, en face de la loi divine et de qui la lui présente au nom de Dieu, ce monde sent bouillonner et se soulever en lui, dans un orgueil sans mesure, un esprit d'indépendance auquel il na aucun droit! Ah! que de fois, avee une eruauté inoule, avec une impudente injustice et pour la perte évidente de toute la société, que de fois, dans les époques les plus agitées, les ennemies de l'Eglise ne se sont-ils pas formés en colonnes profondes pour renverser l'œuvre divine,
Un genre de persécution restait-il sans succès ? ils essayalent d'un autre, Pendant trois grands siècles, l'Empire romain, abusant de la force brutale. parsema toutes ses provinces des cadavres de nos martyrs et em pourpra de leur sang chacune des mottes de terre de cette ville sucrée, — Puis l'hérésie, tantôt sous un masque et. tantot le visage à découvert, recourut aux sophisines et à des artifices pertides, afin de briser l'harmonie de l'Eglise et son unité Comme une tempête dévastatrice, se déchainérent ensuite, du nord les barbares, et du midi l'Islamisme, laissant partout derriere elle des ruines dans un immense désert, Ainsi se transmettait de sipele en siecle le triste héritage de haine sous lequel l'Epouse du Christ était aecablée, Alors vint un césarisme soupcon
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neux autant que puissant, jaloux de la grandeur d'autrui, quelque developpement qu'il eut d'ailleurs donné à la sienne, er qui se reprit à livrer d'incessants assauts à l'Eglise pour faire main basse sur ses droits et pour fouler aux pieds sa liberté. Le cœur saigne à voir cette Mere si souvent assiégée par les angoisses et par d'inexprimables douleurs ! Cependant, triomphant de tous les obstacles, de toutes les violenees et de toutes les tyrannies, elle plantait toujours de plus en plus largement ses tentes pacitiques. elle sauvait du désastre le glorieux patrimoine des arts, de l'histoire, des sciences et des lettres, et, en faisant pénétrer profondément l'esprit de l'Évangile dans toute l'étendue du corps social, elle eréait de toutes pièces la civilisation chrétienne, cette civilisation à qui les peuples, soumis à sa bientaisante influence, doivent l'équité des lois, la douceur des mœurs. la protection des faibles, la pitié pour les pauvres et pour les malheureux, le respeet des droits et de la dignité de tous les hommes et, par là méme, autant du moins que cela est possible au milieu des fluctuations humaines, ce ealine dans la vie sociale qui dérive d'un aecord sage entre la justice et la liberté,
Ces preuves de la bonté intrisèque de l'Eglise sont aussi éclatantes et sublimes qu'elles ont eu de durée. Et cependant, comme au moyen âge et durant les premiers siecles, dans des temps plus voisins du nótre, nous voyons cette Eglise assaillie, d'une certaine facon au moins, plus durement et plus douloureusement que jamais, Par suite d'une série de causes historiques bien connues, la prétendue Réforme leva au XVIe siècle l'étendard de lu révolte, et, résoiue à frapper l'église en plein cœur, elle s'en prit audacieusement à la Papauté ; elle rompit le lien si précieux de l'antique unité de foi et d'autorité, qui, eentu plant bien souvent la force, le prestige, ln gloire, grâce à la poursuite harmonieuse des mêmes desseins, réunissait tous les peuples sous une seule houlette et un seul pasteur, et elle introduisit ainsi dans les rangs chrétiens un principe funeste de lamentable désagrégation Ce n'est pas que Nous prétendions affirmer par là que
rrandeur d'autrui, lleurs donné à la 'ssants assauts à roits et pour fouigne à voir cette ses et par d'inexiphant de tous les toutes les tyranlus largement ses re le glorieux paices et des lettres, esprit de l'Evanal, elle eréait de cette civilisation ite influence, doicœurs, la protecvres et pour les la dignité de tous moins que cela humaines, ce ealecord sage entre
de l'Eglise sont eu de durée, Et ant les premiers Otre, nous voyons (n AU moins, plus nmais Par suite mnues, la prétenlard de lu révolte, ur, elle s'en prit ipit le lien si prétorite, qui, centu la gloire, grâce | desseins, réunisulette et un seul s rangs chrétiens rrégation,
lirmer par là que
des le début même du mouvement on eût en vue de ban-
nir le principe du christianisme du sein de la société :
mais, en refusant d'une part de reconnaitre la suprématie du Siège de Rome, cause effective et lien de l'unité, et en proelamant de l'autre le principe du libre examen, on ébranlait, jusque dans ses derniers fondements, le divin édifice et on ouvrait la voie à des variations infinies, aux doutes et aux négations sur les matières les plus importantes. si bien que les prévisions des novateurs eux-mêmes furent dépassées,
Le chemin était ouvert : alors surgit le philosophisme orzucilleux et railleur du XVIITe siècle, et il va plus loin. Tl tourne en dérision le recueil sacré des Eeritures et il rejette en bloc toutes les vérités divinement révélées, dans le but d'en arriver tinalement à déraciner de la conscience des peuples toute croyance religieuse et t y étouffer jusqu'au dernier souffle l'esprit chrétien Cest de cette source que découlèrent le rationalisme et le panthéisme, le naturalisme et le matévialisme : systemes funestes et délétores qui réinstaurérent, sous de nouvelles apparences, des erreurs antiques déjà vietori eusement réfutées par les Pères et par les Docteurs de l'Eclise, en sorte que l'orgueil des siècles modernes, par un exces de confiance dans ses propres lumières, fut frappe de céeité et, comme le paganisme, ne se nourrit plus que de réveries, même en ee qui eoneerne les attributs de Tame humaine et les immortelles destinées qui constuent son privilège elorieux.
La lutte contre l'Eglise prenait ainsi un ewractè e de gravité plus grande que par le passé, non moins à cause de la véhémoenee des attaques qu'à cause de leur univer sulité L'incrédulité contempoi ine ne se borne MM On effet a revoquer en doute ou à nier telle ou telle vérit de foi, Ce quelle combat, c'est l'ensemble méme des principes qne la révélation consacre et que la vraie phi losophie soutient ; principes fondamentaux et sacrés qui apprennent à l'homme le but supréme de son passage dans la vie, qui le maintiennent dans le devoir, qui. ver- Bent dans son üme le courage et là résignation et qui, en
lui promettant une incorruptible justice et une félicité parfaite au delà de la tombe, le forment à subordonner le temps à l'éternité, la terre au ciel. Or, que mettait-on à la place de ces préce ptes, réconforts ineompar: ables fournis par la foi ? Un effroyable se epticisme qui glace les cœurs et qui étouffe dans la conscience toutes les aspirations magnanimes,
Des doctrines aussi funestes n'ont que trop passé eoinme vous le voyez, 6 Vénérables Frères, du domaine des idées dans la vie extérieure et dans les spheres publiques. De grands et puissants états vont sans cesse les traduisant dans la pratique, et ils s'imaginent ainsi faire œuvre de civilisation et prendre la tête du progres. — Et, comme si les pouvoirs publies ne devaient pas ramasser en eux-mémes et refléter tout ee qu'il y a de plus sain dans la vie morale, ils se sont tenus pour affranchis du devoir d'honorer Dieu publiquement, et. il n'advient que trop souvent qu'en se vantant de rester indifférents en face de toutes les religions, de fait ils font Ja guerre à la seule religion instituée par Dieu.
Ce système d'athéisme pratique devait nécessairement jeter, et de fait a jeté une perturbation profonde dans le domaine de la morale ; car, ainsi que l'ont entrevu les sages les plus fameux de l'antiquité paienne, la religion est le fondement prineipal de la justice et de la vertu, Quand on rompt les liens qui unissent l'homme
Dieu, Législateur souverain et Juge universel, il ne reste plus quun fantôme de morale: morale purement civile, ou, comme on lap pelle, i indépendante, qui, faisant abstraction de toute raison éternelle et des lois divines, nous entraîne inévitablement et par une pente fatale à cette conséquence derniere d'assigner homme à lhom me comme sa. propre loi Incapable des lors de s'élever sur les ailes de l'espérance chrétienne jusque vers les biens supérieurs, cet homme ne cherche plus qu'un ali ment matériel dans l’ensemble des jouissances et des = commodités de la vie; en lui s'allument In soif des plea airs, In eupidité des richesses, l'âpre désir des gains rapi des et sans mesure, doive la justice en souffrir ; en lui
ce et une félicité nt à subordonner Or, que mettait-on rts. incomparables itieisme qui glace ence toutes les as-
ue trop passé eoin- .du domaine des sphères publiques.
js cesse les traduirient ainsi faire e du progres. Et, ient pas ramasser a de plus sain dans flranehis du devoir n'advient que trop différents en face font Ja guerre à la
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TES lors de s'élever e jusque vers les le plus qu'un ali jouissances et des it la soif des pleri ‘vir des gains rapi en souflrir ;en lui
s'enflamment en méme temps toutes les ambitions et je ne sais quelle avidité fiévreuse et frénétique de les satisfaire, méme d'une manière illégitime ; en lui enfin s'établissent en maîtres le mépris des lois et de l'autorité publique et une licence de mœurs qui, en devenant wénérale, entraîne avec soi un véritable déclin de la société. Mais peut-être, exagérons-nous les tristes consequences des troubles douloureux dont nous parlons? Non, ear la réalité est là, à notre portée et elle ne confirme que trop nos déductions TI] est manifeste en effet que, si on ne les raffermit pas au plus tót, les bases mémes de la soeiété vont chanceler et qu'elles entraineront daas leur chute les grands principes du droit et de la morale éternelle. C'est de li que proviennent les graves préjudices quont eu à souffrir toutes les parties du corps social, à commencer par la famille. Car, l'état lnique, sans se souvenir de ses limites, ni du but essentiel de l'autorité qu'il détient, a porté la main sur le lien conjugal pour le profaner, en le dépouillant de son caractère religieux ; il a entrepris autant quil le pouvait sur le droit naturel qu'ont les parents en ee qui concerne l'édueation des enfants; et, dans plusieurs endroits, il a détruit la stabilité du mariage, en donnant à la licene'euse institution du divoree une sanetion légale. Or, chacun sait les fruits que ces empietements ont portés: ils. ont multiplié au delà de toute expression des mariages ébauchés seulement par de honteuses passions et par ‘suite se dissolvant à bref délai, ou dégénérant, tantót en luttes tra- “iques, tantôt en seandaleuses infidélités! Et Nous ne disons rien des enfants, innocente deseendanet qu'on névlige ou qui se pervertit, iei au spectacle des mauvnis exemples des parents, et là sous l'effet du poison que l'état, devenu officiellement lnique, lui verse tous les
jours
\vec la famille l'ordre social et politique est, lui aussi, Iiis cn danger surtout par les doctrines nouvelles qui, assiprnant à ln souveraineté une fausse origine, en ont corrompu par là méme la véritable idée, Car si l'uatorité souveraine découle formellement du consentement
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de la foule et non pas de Dieu, principe supréme et éternel de toute puissance, elle perd aux yeux des sujets son caractère le plus auguste, et elle dégénére en une souveraineté artifieielle qui a pour assiette des bases instables et changeantes, comme la volonté des hommes dont on la fait dériver, Ne à yons-nous prs aussi les conséquences de cette erreur dans les lois? Trop souvent, en effet, au lieu d'étre la raison écrite, ces lois n'expriment plus que la puissance du nombre et la volonté prédeininante d'un parti politique. C’est ainsi qu'on caresse les appétits eoupables des foules et qu'on láehe les rênes aUX passions populaires, même lorsqu'elles troublent la laborieuse tranquillité des citoyens, sauf à recourir ensuite, dans les cas extrêmes, à des répressions violentes où l'on voit couler le sang.
Les prineipes chrétiens répudiés, ces principes qui sont si puissamment efficaces pour sceller la fraternité des peuples et pour réunir l'humanité tout entiere dans une sorte de crande famille. peu à peu a prévalu dans l'ordre international un système d'égoisme jaloux, par suite duquel les nations se regardent mutuellement, sinon toujours avec haine, du moins certainement avee la défiance qui anime des rivaux. Voilà pourquoi dans leurs entreprises elles sont facilement entrainées à laisser dans l'oubli les erands principes de la moralité et de la justice, et la protection des faibles et des opprimés, Dans le désir qui les niguillonne d'augmenter indétiniment la richesse nationale. les nations ne regardent plus que l'opportunité des circonstances, l'utilité de la réussite et la tentante fortune des faits accomplis, sûres que personne ne les inquiètera en uite au nom du droit, et du respect qui Jui est dà. Principes funestes, qui ont consacré la force matérielle, comme la loi supréme du monde, et à qui l'on doit imputer cet accroissement progressif et sans mesure des prépuratifs militaires, ou cette paix armée comparable aux plus désastreux effets de la guerre, sous bien des rapports au moins,
Cette confusion lamentable dans le domaine des idées a fait germer au sein des classes populaires l'inquiétude,
suprême et éterux des sujets son re en une souve- 's bases instables ommes dont on aussi les consé- Trop souvent, en lois n'expriment olonté prédemiqu'on caresse les lache les rónes les troublent la f à recourir en- ‘sslons violentes
S principes qui ller la fraternité out entière dans a prévalu dans ime jaloux, par iutuellement, siinement avec la pourquoi dans ntrainées à laisà moralité et de : des opprimés, jenter indeétini- ‘regardent plus tilité de la réusnplis, sûres que n du droit, et unestes, qui ont oi supréme du roissement prolitaires, où cette reux effets de la
maine des idées es l'inquiétude,
le malaise et l'esprit de révolte, de là une agitation et
les désordres fréquents qui préludent à des tempêtes plus redoutables encore. La misérable condition d'une si grande partie du menu peuple, assurément bien digne de relevement et de secours, sert admirablement les desseins d'agitateurs pleins de finesse, et en particulier ceux des factions socialistes, qui, en prodiguant aux classes les plus humbles de folles promesses, s'acheminent vers l'aceomplissement des plus effrayants desseins.
Qui s'engage sur une pente dangereuse roule forcément jusqu'au fond de l'abime. Avec une logique qui a vengé les principes, s'est done organisée une véritable association de eriminels. D'instinets tout à fait sauvages, dés ses premiers coups, elle a consterné le monde. Grace à sa constitution solide et à ses ramifications internationales, elle est déjà en mesure de lever partout sa main scélerate, sans craindre aucun obstacle et sans reculer devant aucun forfait. Ses affiliés, répudiant toute union avec la société et rompant cyniquement avee les lois, la religion et la morale, ont pris le nom d'awevehistes ; ils se proposent de renverser de fond en comble la société actuelle, en employant tous les moyens qu'une passion aveugle et sauvage peut suggérer. Et, comme la société reçoit l'unité et la vie de l'autorité qui la gouverne, e'est contre l'autorité tout d'abord que lanarehie dirige ses coups. Comment ne pas frémir d'horreur, autant que d'indignation et de pitié, au souvenir des nombreuses victimes tombées dans ces dernieres années, empereurs, impératrices, rois, présidents de républiques puissantes, dont unique erime consistait dans le pouvoir supréme dont ils Gorscas investis ?
Devant lii;mensité des maux qui aeenblent la societe et des périls qui la menacent, Notre devoir exige que Nous avertissions une fois ture les hommes de bonne volonté, surtout eeux
oeeupent les situations les plus hautes, et que Nous le
Nous le fai aux remedes que la situ ation exige et, avee un prés oyante énergie, de les ap pliquer sans retard
Ua THEPICI S, Comm
sons en ee moment. de res
Avant tout, il faut se Jemander queis sont ces remèdes ^t en seruter la valeur. La liberté et ses bienfaits, voilà Vabord ce que Nous avons entendu porter jusques aux nues ; en elle, on exaltait le remède souverain, un incomparable instrument de paix féconde et de prospérité. Mais les faits ont lumineusement démontré qu'elle ne possélait pas l'efficacité qu'on lui prétait. Des conflits économiques, des luttes de classes s'allument et font éruption de tous les côtés, et l'on ne voit pas méme brilier l'aurore d'une vie publique où le calme régnerait. Du reste, et chacun peut le ^onstater, telle qu'on l'entend aujourd'hui c'est-à-dire indistinctement accordée à la vérité et à l'erreur, au bien et au mal, la liberté n'aboutit qu'à rabaisser tout ce quil y a de noble, de saint, de généreux, et à ouvrir plus largement la voie au crime, au suicide et à la tourbe abjecte des passions.
On a soutenu aussi que le développement de l'instruction, en rendant les foules plus polies et plus éclairées, suffirait à les prémunir contre leurs tendances malsaines et à les retenir dans les limites de la droiture et de la probité. Mais une dure réalité ne nous fait-elle pas toucher du doigt chaque jour à quoi sert une instruction que n'aecompagne pas une solide instruction religieuse et morale? Par suite de leur inexpérience et de la fermentation des passions, l'esprit des Jeunes gens subit la faseination des doetrines perverses. [l| se prend surtout aux erreurs qu'un journalisme sans frein ne eraint pas de semer à pleines mains et qui, en dépravaat à la fois l'intelligence et la volonté, alimentent dans la jeunesse cet esprit d'orgueil et d'insubordination, qui trouble si souvent la paix des familles et le calme des cités.
On avait mis aussi beaucoup de confiance dans les progres de la science. De fait, le siecle dernier en a vu de bien grands, de bien inattendus, de bien merveilleux assurément, Mais est-il si vrai que ces progres nous aient donné l'abondance de fruits, pleine et réparatrice, que le désir d'un si grand nombre d'hommes en attendait ? Sans doute, le vol de la science a ouvert de nouveaux horizons à notre esprit, il a agrandi l'empire de
s sont ees remedes
ses bienfaits, voilà rter jusques aux verain, un incomet de prospérité.
iontré qu'elle ne ait. Des conflits illument et font it pas méme brilcalme regnerait.
elle qu'on l'entend it seeordée à la la liberté n'abou- »ble, de saint, de là vole au erime, ssions.
nent de l’instruc- | et plus éclairées, dances malsaines roiture et de la nous fait-elle pas ert une instrucinstruetion relinexpérience et de s Jeunes gens sues. I] se prend uis frein ne craint dépravaut à la itent dans la jeuation, qui trouble ne des eités.
nfiance dans les ' dernier en à vu )en merveilleux es progres nous e et réparatrice, nimes en attenà ouvert de noundi l'empire. de
V homme sur les forces de la matière et la vie dans ce monde s'en est trouvée adoucie à bien des égards. Néanmoins tous sentent, et beaucoup confessent que la réalité n'a pas été à la hauteur des espérances. On ne peut pas le nier, quand on prend garde à l'état des esprits et des moeurs, à la statistique criminelle, aux sourdes rumeurs qui montent d'en bas et à la prédominance de la foree sur le droit. Pour ne point parler encore des foules qui sont la proie de la misère, il suffit de jeter un coup :! «sil, même superficiel, sur le monde, pour constater qu'une indéfinissable tristesse pèse sur les âmes et qu'un vide immense existe dans les cœurs, L'homme a bien pu s'assujettir la matière, mais la matiere n'a pas pu lui donner ce qu'elle n'a pas, et aux grandes questions qui ont trait à nos intéréts les plus élevés, la science humaine na pas donné de réponse; la soif de vérité, de bien, d'infini, qui nous dévore, n'a pas été étanchée, et ni les joies et les trésors de la terre, ni l'accroissement des aises de la vie n'ont pu endormir l'angoisse morale au fond des cœurs. N'y a-t-il done quà dédaigner ou à laisser de côté les avantages qui découlent de l'instruction, de la science, de la civilisation et d'une sape et douce liberté? Non certes: il faut au contraire les tenir en haute estime, les conserver et les accroître comme un eapital de prix; ear ils constituent des moyens qui de leur nature sont bons, voulus par Dieu lui-méme et ordonnés par l'infinie sagesse au bien de la famille humaine et à son profit. Mais il faut en subordonner l'usage aux intentions du Créateur et faire en sorte qu'on ne les sépare jamais de l'élément religieux, dans lequel. réside la vertu, qui leur confère, avec une valeur particulière, leur véritable fécondité. Tel est le secret du probléme, Quand un être organique dépérit et se corrompt, c'est qu'il a cessé d'être sous l'action des causes qui lui avaient donné sa forme et sa constitution. Pour le refaire sain et florissant, pas de doute quil ne faille le soumettre de nouveau à l'action vivifiante de ces mémes causes, Or la société actuelle, dans la folle
tentative qu'elle a faite pour échapper à son Dieu re jeté l'ordre naturel et la Bees anon divine: elle s'est soustralte ainsi à la salutaire efficacité du Christianisme:
qui est manifestement la garantie la plus solide de lor dre, le lien le plus fort de la fratermté et l'inépuisabl source des vertus privées et publiques.
De cet abandon sacrilège est né le trouble qui la travaille actuellement. C’est done dans le giron du Christianisme que cette société dévoyés doit rentrer, si son bien-être, son repos et son salut lui tiennent au cœur.
De même que le Christianisme ne Fes tre pas dans une âme sans l'améliorer, de méme il n entre pas dans la vie publique d'un peuple sans l'orlonner. Avee l'idée d'un Dieu qui régit tout, qui est sage, infiniment bon et infiniment juste, il fait pénétrer dans la conscience humaine le sentiment du devoir, il adoucit la souffrance, il calme les haines et il engendre les hér S'il a transformé la société païenne, et cette transformation fut une résurreetion véritable, puisque la barbarie disparut à proportion que le Christianisme s'étendit, il saura bien de méme, après les terribles secousses de Vineredulité, remettre dans le véritable chemin et réinstaurer dan: l'ordre les Etats modernes et les peuples contemporair
Mais tout n'est point là: le retour au Christinuis ne sera pas un remède efficace et complet, sil n ap lique pas le retour et un amour sincère à l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique. Le Christianisme s'incarne en effet dans l'Evlise catholique, il s'identifie avee cette ociété spirituellle et parfaite, souveraine dans son ordre,
test le corps my stique de Jésus-Christ, et qui a pour
ef visible le ontife Romain, successeur du Prince des asi Elle est la eontinuatrice de la mission du Sau- | eur, la fille et l héritiói re de sa rédemption : elle i propage l'Evangile et elle l'a défendu au prix de son sang :
, forte de le assistance divine et de l'immortalité qui lui zo été promises, ne pactisant jamais avec l'erreur, elle reste fidéle au mandat qu'elle a reçu de porter la doc trine de Jésus-Christ à travers ce monde, et, jusqu à la fin des siècles, de l'y garder dans son inviolable intégrité.
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Léeitim: pi trice des enseignements de l'Evanvile, elle ne revele pas seulement à nous comme la consolatrice et la rédemptrice des Âmes : elle est encore l'éternelle source de la justice et de la charité, et la propagatrice en méme temps que la gardi le la liberté verita et de ln seule égalité qui so e lel-bas. En ap liquan doetrine de son di ondateur, elle maintient un sage équilibre et trace justes limites
entre (ous les droits et tous les privileges dans la société, L'égalité qu'elle proclame ne détruit pas la distinction
des différentes classes sociales: elle la veut intaete, parcequ'évidemment la nature méme les requiert. Pour faire obstacle à l'anarchie de la raison émancipée de ta
foi et abandonnée à elle-mé la liberté quelle donne ne lese ni les droits de la vérité, parce qu'ils sont supérieurs & ceux de la liberté, ni les droits de la justice parce qu'ils sont supérieurs à ce: imbre et de la force, ni les droits de Dieu, pare sont supérieurs a ceux de l'humanité.
Au foyer domestique, l'Eglise pas moins féconde en bons effets. Car non seulen elle résiste aux artilices pervers que l'inerédulité met en œuvre pour attenter à la vie de la famille, mais elle prépare encore et elle
s egarde l'union et la stabilité conjugale, dont elle p! je et développe l'honneur, la fidélité, la sainteté. Elle soutient en méme temps et elle eimente l'ordre civil
et politique, en apportant d'une part une aide efficace à l'autorité, et de l'autre, en se montrant favorable aux sages réformes at aux justes aspirations des sujets; en imposant le respect des Princes et. lobéissance qui leur est due et en défendant les droits impreseriptibles de la conscience humaine, sar s jamais se lasser. Et c'est ainsi que gráce à elle les peuples soumis à son influence. n'ont rien eu à craindre de lu servitude, parce quelle a retenu les princes sur les pentes de la tyrannie.
Parfaitement conscient de cette efficacité divine, dès le commencement de Notre Pontificat, Nous Nous sommes solgneusement appliqué à mettre en pleine lumière et à
faire ressortir les bienfaisants desseins de l'Eglise et à
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