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étendre le plus possible, avec le trésor de ses doetrines, le champ de son action salutaire.
Tel a été le but des principaux actes de Notre Pontificat, notamment des Eneyeliques sur la p/ ilosophie chretienne, sur la Liberté humaine, sur le mariage chret ien, sur la frane-macon nerie, sur les pouvoirs publics, sur la constitution chrétienne des Etats, sur ie socialisme, sur la question ouvrière, sur les devoirs des citoyens chrétiens et sur d'autres sujets analogues. Mais le vœu ardent de notre âme n'a pas été seulement d'éclairer les intelligenees ; Nous avons voulu encore remuer et purifier les cœurs, en appliquant tous nos efforts à faire refleurir au milieu des peuples les vertus chrétiennes, Aussi ne cessons-nous pas de prodiguer les encouragements et les conseils pour élever les esprits jusqu'aux biens impérissables et pour les mettre ainsi à même de subordonner le corps à l'âme, le pèlerinage terrestre ü la vie céleste et l'homme a Dieu.
Bénie par le Seigneur, Notre parole a pu contribuer a ‘affermir les convictions d'un grand nombre d'hommes, à les éclairer davantage au milieu des difficultés des questions actuelles, à stimuler leur zèle et à promouvoir les œuvres les plus variées, C'est surtout pour le bien des classes déshéritées que ces ‘euvres ont surgi et continuent à surgir encore dans tous les pays, parce que on a vu s'y raviver cotte charité chrétienne qui a toujours trouvé au milieu du peuple son champ d'action le plus aimé, Sila moisson n'a pas été plus abondante, Vénérables Frères, adorons Dieu, mystérieusement juste, et supplions-le en méme temps d'avoir pitié de l'aveuglement de tant d'âmes nuxquelles peut malheureusement s'appliquer l'effrayante parole de Fapôtre : Deus huius seculi exceecavit mentes infidelium, ut non fulgeat i/lis
illuininatio evangelii gloria Christi, (1)
Plus l'Eglise Catholique donne d'extension à son zèle pour le bien moral et matériel des peuples, plus les enfants des ténèbres se lèvent haineusement contre elle et
(1) II. Cor, 1, 4.
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Pontifine chréchrétien, CS, sur Im sme, sur ns chrévœu aralrer les et purifaire reétiennes.
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recourent à tous les moyens, afin de ternir sa HU
divine et de paralyser son action de vivifiante répara tion, Que de sophismes ne propagent-ils pas, et que du calomnies ! Un de leurs artifices les plus perfides consiste à redire sans cesse aux foules ignorantes et aux anh asl envieux que l'Eglise est opposée au progres de la science, qu'elle est hostile à la liberté, que l'Etat voit ses droits usurpés par elle et que la politique est un ch: amp qu'elle envahit à tout propos. Accusations insensées, qu'on a mille fois répétées et qu'oht mille fois réfutées aussi la saine raison, l'histoire et, avec elles, tous ceux qui ont un cœur honnête et ami de ia vérité. L'Eglise ennemie de la science et de l'instruction ? Ah! sans doute elle est la vigilante gardienne du dogme révélé ; mais c'est cette vigilance elle-même qui l'ineline à protéger la science et à favoriser la saine culture de l'esprit ! Non! en ouvrant son intelligence aux révélations du Verbe, vérité suprême de qui émanent originairement toutes les vérités, l'homme ne compromettra
jamais, ni en aucune manière, ses connaissances ration-
nelles. Bien au contraire les rayonnements qui lui viendront du monde divin donneront toujours plus de puissance et de clarté à l'esprit humain, parce qu'ils le préserveront dans les questions les plus importantes, d'angoissantes incertitudes et de mille erreurs. Du r dix-neuf siècles d'ane gloire, conquise par le catholic: me dais toutes les branches du savoir, suffisent. amplement à réfuter cette calomnie, C'est à l'Eglise catholique quil faut faire remonter le mérite d'avoir propagé et défendu la sagesse chrétienne, sans laquelle le monde serait encore gisant dans la nuit des superstitions paiennes et dans une abjeete barbarie. A elle, d'avoir eonservé et transmis aux générations les précieux trésors des lettres e* des sciences antiques ; à ellc, d'avoir ouvert les premieres écoles pour le peuple et d'avoir créé des Universités qui existent encore et dont le renom s'est perpétué jusqu'à nos jours, A elle enfin, d'avoir inspiré la littérature la plus haute, la plus pure et la plus glorieuse, en méme temps qu'elle rassemblait sous ses ailes pro-
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tectrices les artistes du génie le plus élevé.
L'Eglise, ennemie de la liberté ? Ah! comme on travestit l'idée de liberté, qui a pour objet un des dons les plus préeieux de Dieu, quand on exploite son nom pour en justifier l'abus et l'excès! Par liberté, que faut-il entendre ? L'exemption de toutes les lois, la. délivrance de tous les freins, et, comme corollaire, le droit de prendre le eapriee pour guide dans toutes les actions ? Cette liberté, l'Eglise la réprouve certainement, et tous les cœurs honnétes la róprou vent avec elle, Mais s:lue-t-on dans la liberté la faculté rationnelle de faire le bien, largement, sans entrave et suivant les règles qu'a posées l'éternelle justice ? Cette liberté gui est la seule diene de l'homme et la seule utile à la société, personne ne la favorise, ne l'encourage et ne la protege plus que l'Eglise. Par la foree de sa doctrine et l'efficacité de son action, c'est cette Eglise en effet qui à affranchi l'humanité du ig de l'eselavage, en préchant an monde la grande loi
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de l'égalité et de la fraternité humaine. Dans tous siveles, elle a pris en mains la défense des faibles et des opprimés contre l'arrogante domination des forts; elle a revendiqué la liberté de la conscience € rétienne en versant à flots le sang de ses martyrs : elle a restitué a l'enfant ct à la femine la dignité et les prérogatives de leur noble nature, en les faisant participer, au nom du méme droit, au respect et à ln justice, et elle a largement coneouru ainsi à introduire et à maintenir la liberté civile et politique au sein des nations.
L'Eglise usurpatrice des droits de l'Etat, l'Eglise, envahissant le domaine politique ? Mais l'Eglise sait et » ordonné de rendre à
enseigne que son divin Fonda!
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César ce qui est à César et à qu'il a ainsi sanctionné l'immunvle principe de ln perpétuelle distinction des deux pouvoirs, tous les deux sou: verains dans leur sphère respective : distinction féeonde et qui a si largement contribué au développement de
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travailler sans doute sur le méme sujet, qui est l'homme, et sur la méme société, mais par les voles et dans le dessein éléve que lui assigne sa mission divine. Plat à Dieu que son action fut aceueillie sans défiance et sans soupçon : ear les innombrables bienfaits dont nous avons parlé plus haut ne feraient que se multiplier. Accuser l'Eglise de visées ambitieuses, ce n'est done que répéter une calomnie bien ancienne, calomnie que ses puissants ennemis ont plus d'une fois employée du reste comme prétexte pour masquer eux-mêmes leur propre tyrannie. Et loin d'opprimer, l'histoire l'enseigne clairement, quand on l'étudie sans préjugés, l'Eglise, comme son divin Fondateur, a été le plus souvent au contraire la vietime de l'oppression et de l'injustice. C'est que sa puissance réside, non pas dans la force des armes, mais dans la force de la pensée et dans celle de la vérité.
C'est done sürement dans une intention perverse qu'on lance contre l'Eglise de semblables accusations. Œuvre pernieieuse et déloyale dan: la poursuite de laquelle va, précédant tous les autres, une secte ténébreuse, quo la société porte depuis de longues années dans ses flanes et qui, comme un germe mortel, y contamine le bien-étre, la fécondité et la vie. Personnification permanente de la révolution, elle constitue une sorte de société retournée, dont le but est d'exercer ane suzeraineté occulte sur la société reconnue et dont la raison d'être consiste entièrement dans la guerre à faire à Dieu et à son Eglise. ll n'est pas besoin de la nommer, car à ces traits, tout le monde a reconnu la frane-maconnerie, dont Nous avons parlé d'une façon expresse, dans Notre Encyclique * Humanum genus" du 20 avril 1884, en dénonçant ses tendances délétères, ses doctrines erronées et son œuvre néfaste. Embrassant dans ses immenses filets la presque totalité des nations et so reliant à d'autres sectes qu'elle fait mouvoir par des fils cachés, attirant d'abord et retenant ensuite ses affiliés par l’appât des avantages quelle leur procure, pliant les gouvernants à ses desseins, tantôt par ses promesses et tantót par ses menaces, cette secte est parvenue à s'infiltrer dans toutes les