‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme] (volume 4)Chapitre 17 sur 105 · LETTRE ENCYCLIQUE · texte numérisé non relu

LETTRE ENCYCLIQUE

TS PL Leon AE Pape par la Divine Providence

Aue Patriarches, Primats, Archevéques, Evéques ef autres ordimatres en pata et ea communion

avec le siège apostolique.

DU ROSAIRE DE MARIE A nos Vénérables Frères les Patriarches, les Primats, les Archeveques et Evéques et aux autres urdinaires en paix el en come nunion avec le apostolique.

LEON XIII PAPE

Vénérables Frères,

siege

Salut et bénédiction apostolique,

La saimte allégresse que Nous éprouvames à l'ouverture de ce cinquantième anniversaire de Notre consécration épiscopale, s'est encore agreablement acerue, quand Nous vimes les catholiques du

monde entier s'unir à Nous, comme des fils à leur Pore, dans une commune et éclatante manifestation de foi et d'amour, Pénétré de reconnaissance Nous découvrons et Nous relevons dans ce lait, de la part de la Providence divine, un dessein spécial à la fois ?de haute bienveillance pour Nous et d'une grande f bénédiction pour l'Eglise De ce bienfait, Nous À 6prouvons aussi un desir non moins vif de remercier tres

2 bonne et puissante médiairice auprès de Tow

Dieu

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bi p : fe, Cont mtn qas rss tet ART oa NEMINEM ca a D IS STE IR UNA

jours et en toutes manières, durant les longues B des h années et les péripéties de notre existence, Nous d persu l'avons sentie Nous couvrir de sa maternelle et ex- — 8 tiqué quise charité, qui eontinue à se manifester à Nous M ront, 1

avec un éclat de plus en plus resplendissant. ile — mais répand dans Notre àme une suavité céleste et lo BM tages remplit d'une confiance toute surnaturelle, Ili Nous @ uu semble entendre la voix mêine de la Reine du ciel, B obéir Nous encourageant au milieu de Nos traverses, Nous — M — Nous aidant de ses conseils dans les mesures à prendre lo fair i pour le bien commun des fideles ; Nous avertissant bonh: d'exciter le peuple chrétien à la piété et à la pratique Nous de toutes les vertus. Plusieurs fois, dans le passé, il de ne Nous a été doux et Nous Nous sommes fait un devoir dans de répondre par Nos actes à ces désirs de Marie. génie Parmi les heureux fruits, que, sous ses auspices, Nos Dana exhortations ont produits, il convient de signaler les Nous grands développements de la dévotion du Saint leurs Rosaire, les nouvelles confréries érigées sous ce nom ment et la reconstitution des anciennes ; les doctes écrits — Ma publiés à cette fin, au grand profit des fideles, et vovon jusqu'à certaines œuvres d'art d'un mérite et d'une breus richesse remarquables, inspirées par cette méme l'ordri pensée. de l'h Aujourd'hui pressé par la Bienheureuse Vierge Nous Mère Nous répétant: Clama ne cesses, " Oriez et ne savoir cessez de crier,” Nous venons avec bonheur, Véné- l'horre rables Frères, vous entretenir de nouveau du Saint future Rosaire de Marie, à l'approche de ce mois d'octobre N que Nous avons consaeré à cette touchante dévotion, qui ni en lenrichissant d'indulgences et de grages nom- raison breuses, Notre parole, toutefois, n'aura pas présen- recon: tement pour but immédiat de décerner de nouvelles plaie: louanges à cette [orme si excellente de prières, ni v voit d'exciter principalement les fideles à y recourir avec les vi piété. Nous voulons plutôt vous rappeler certains comm avantages tres précieux découlant de cette dévotion cotto

et répondant à merveille aux circonstances actuelles que li

es longues tence, Nous nelle et exter à Nous ssant, Wile cleste et la le Ii Nous ine du ciel, verses, Nous (à prendre ; avertissant la pratique s le passe, il it un devoir 's de Marie.

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des hommes et des choses; car Nous sommes trés persuadé, que de la recitation du Saint Rosaire, pratiquée de façon à produire son plein eflet, découleront, non seulement pour les individus en particulier, mais pour toute la République chrétienne, les avantages les plus précieux.

[| n'est personne qui ne sache combien pour obéir au devoir de Notre supréme apostolat, Nous Nous sommes efforcé, comme Nous sommes prêt à le faire encore avec l'aide de Dieu, de travailler au bonheur et à la prospérité des sociétés, Souvent Nous avons averti ceux qui détiennent le pouvoir de ne faire des lois et de ne les appliquer, que dans le sens de la pensée divine. Ceux que leur génie, leurs mérites, la noblesse du sang ou la fortune ont élevés au dessus de leurs concitoyens, Nous les avons exhortés à unir leurs lumieres et leurs forces, pour travailler d'autant plus efficacement à fortifier et à défendre les intéréts communs. — Mais, dans la société civile telle que Nous la voyons constituée aujourd'hui, il est des causes iiombreuses et multiples qui affaiblissent les liens de l'ordre publie, et détournent les peuples de la voie de l'honnêteté et des bonnes mœurs. Ces causes Nous paraissent surtout étre les trois suivantes, à savoir: “aversion pour la vie humble et laborieuse ; l'horreur de ‘ce qui fait souffrir ; l'oubli des biens futurs obj otre espérance.

Nous constatons, avec douleur, et ceux mêmes qui ne jugent toutes choses qu'à la lumière de la raison humaine et d'après les principes d'utilité le reconnaissent et le déplorent avee Nous, qu'une plaie profonde a frappé le corps social, depuis qu'on y voit négligés et comme dédaignés les devoirs et les vertus qui font l'ornement de la vie simple et commune. De là, en effet, au foyer domestique, cette résistance opiniâtre des enfants à l'obéissance que la nature elle-même leur impose, et cette impa-

gen mere À

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tience à supporter tout joug, autre que celui de la mai mollesse et de la volupté. De là, chez l'homme 1 la f condamné au travail, cette recherche à écarter et à 3 p fuir tout labeur pénible, ce profond mécontentement M min de son sort, ces visées à un rang supérieur, ces aspi- M adm

rations inconsidérées vers un égal partage des biens, 6 l'àm

et autres ambitions du même genre, qui font dé- : cien serter la campagne pour aller se plonger dans leta- 9$ exei multe et les jouissances des grandes villes, De là, 1 le ti cette rupture de l'équilibre entre les diverses classes B par! de la société: cette inquiétude universelle; ces M priv i haines et ces poignantes jalousies ; ces violations fla- dité grantes du droit; ces efforts incessants, enfin, de sans tous les déçus à troubler par des séditions et par des tran émeutes la paix publique, et à s'attaquer à ceux de |, mêmes qui ont mission de la protéger.—Le remède ront à ces maux, qu'on le demande au Rosaire de Marie, aime à cette récitation coordonnée de certaines formules lui s de prières accompagnée de la pieuse méditation des suite mystères de la vie du Sauveur et de sa Mère. Que vie « dans un langage convenable et adapté à l'intelli- mer gence des simples fidèles, on leur explique les mys- chai léres joyeux en les leur mettant devant les yeux, l'ho1 comme autant d'images et de tableaux de la pratique aux des vertus; et chacun voit quelle admirable et riche quel

mine il y a là d'arguments faciles et capables, par que eur suave éloquence, de persuader les bonnes { mœurs et l'honnêteté, Nous voici en présence de M jam: la Maison de Nazareth, le domicile de lu sainteté di # ne, Vine et terrestre, Quelle perfection de vie com- | détr mune! Quel modèle achevé de la société domes.

tique ! Tl y règne la eandeur et In simplicité ; une | Perpétuelle concorde: un ordre toujours parfait B Dou un respect mutuel, et un amour rm ciproque, un 1 de Ii amour non point faux et mensonger, mais réel et | tenu P

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actif, qui, par l'assiduite de ses bons offices, ravit le fa même les yeux des simples spectateurs Un zèle qu'il prévoyant y pourvoit à tous les besoins de la vie : "n

e celui de la chez l'homme à écarter et à ‘contentement leur, ces aspitage des biens, qui font déer dans le tuvilles, De la, iverses classes iverselle ; ces | violations flants, enfin, de ons et par des taquer a ceux —Le remède aire de Marie, ines formules néditation des | Mère, Que pté à l'intelliique les mysant les yeux, de la pratique rable et riche capables, par " les honnes | présence de la. sainteté dide vie comrclétée domes.

nplicité ; une ours parfait ; ciproque, un , mais réel et offices, ravit irs, Un zèle ins de la vie :

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mais cela, /n su dore vultus, * à la sueur du front,” à la facon de ceux, qui sachant se contenter de peu, s'efforcent moins de multiplier leur avoir que de diminuer leur pauvreté. Par dessus tout, ce quon admire dans ce foyer domestique, c’est la paix de l’âme et la joie de l'esprit, double trésor de la conscience de tout homme de bien.— Or ces grands exemples de modestie et d'humilité, de patience dans le travail, de bienveillance envers le prochain, d'un parfait accomplissement des menus devoirs de la vie privée et de toutes les vertus ne sauralent étre mé. dités ni se fixer ainsi peu à peu dans la mémoire, sans qu'insensiblement il n'en résuite une salutaire transformation dans les pensées et dans les habitudes de la vie. Alors les obligations d'un chacun cesseront de lui peser et de lui inspirer le dégoût ; il les aimera, et trouvera à les remplir une jouissance qui lui sera un nouveau stimulant pour le bien, Par suite aussi les mœurs deviendront plus douces; la vie de famille plus agréable et plus chère ; le commerce avec le prochain plus pénétré de sincérité, de charité et de respect, Et si ces transformations de l'homme privé s'étendent aux familles, aux cités, aux pouples et à ses institutions, l'on voit aisément quels immenses avantages en retirera la chose publi que tout entière, :

Un second mal extrémement funeste et que jamais Nous ne sanrions assez déplorer parce qu'il ne cesse de se propager de jour en jour au grand détriment des Ames, c'est la. volonté arrétée de se soustraire à la douleur, d'employer tous les moyens pour éviter la souffrance et repousser l'ad versité l'our la grande majorité des hommes la recompense de Ja vertu, de la fidélité au devoir, du travail sou. tenu, des obstacles surmontés, n'est. plus, comme il le faudrait, dans la paix et la liberté de l'âme ; ce qu'ils poursuivent, comme perfection dernière, c'est un état. ehimérique de la société, où il n'y aurait

plus rien à endurer, et où l’on goüterait, à la fois, toutes les jouissances terrestres. Or il est impossible que les Ames ne soient pas souillées sous l’action de ce désir effréné des jouissances : si elles ne vont pas jusqu'à en devenir les complètes victimes, il en résulte toujours un énervement tel, que les maux d. ln vie venant à se faire sentir, elles fléchissent honteusement et finissent par misérablement y suecomher.—Ici encore, il est permis d'espérer que par la vertu de l'exemple, la dévotion du Saint Rosaire donnera aux Ames plus de force et d'énergie; et pourquoi en adviendrait-il autrement, quand le chrétien, dès sa plus tendre enfance et constamment depuis, s'est appliqué, dans le silence et le recueillement, à la suave contemplation des mystères appelés douloureux, Dans ces mystères nous apprenons qne Jésus-Christ, l'auteur et le consommateur de notre for, a commencé simultanément par faire et par enseigner :

afin que nous trouvions en lui, réduit en pratique, ce.

qu'il devait nous enseigner touchant la patience et la générosité dans les douleurs et les souflrances, au point de vouloir endurer lui-méme tout ce qu'il peut y avoir de plus erucifiant et de plus pénible à supporter, Nous le voyons accablé sous le poids d'une tristesse, qui comprimant les vaisseanx du cœur en ‘ait sortir une sueur de sang, Nous le contemplons lié à la façon des malfaiteurs ; subissant le jugement des scélérats, injurié, calomnié, accusé de faux crimes, frappé de verges, couronné d'épines, attaché à la croix, jugé indigne de vivre et méritant que In foule réelamát sa mort \ tout cela nons ajJoutons la méditation des douleurs de sa trèssninte Mère, dont un glaive tranchant, n'a pas senloment eflleuré

le cœur, mais l'a transpereé de part en part, afin qu'elle devi neritàt d'être appelée la Mère des douleurs, conque contemplera fréquemment

non pas seulement des yeux du corps, mais par la pensée et la méditation, d'aussi grands exemples de

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