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méme travail sera souvent aisé dans une saison qui deviendra intolérable ou trés-pénible dans une artre. Enfin ce que peut réaliser un homme valide et dans la force de l’âge, il ne serait pas équitable de le demander à une femme ou à un enfant. L'enfance en particulier,—et ceci demande à être observé strictement,—ne doit entrer à l'usine qu'après que l’âge aura suffisamment développé en elle les forces physiques, intellectuelles et morales; si non, comme une herbe encore tendre, elle se verra flétrie par un travail trop précoce et il en sera fait de son éducation. De méme, il est des travaux moins adaptés à la femme, que la nature destine plutót aux ouvrages domestiques; ouvrages d'ailleurs qui sauvegardent admirablement l'honneur de son sexe, et répondent mieux par leur nature à ce que demandent la bonne education des enfants et la prospérité de la famille. En général, la durée du repos doit se mesurer d'aprés la dépense des forces qu'il est appelé à restituer, Le droit au repos de chaque jour, ainsi que la cessation du travail le jour du Seigneur, doit étre la condition expresse ou tacite de tout contrat passé entre patrons et ouvriers. Là où cette condition n'entrerait pas, le contrat ne serait pas honnéte, car nul ne peutexiger ou promettre la violation des devoirs de l'homme envers Dieu et envers lui-méme.
Nous passons à présent à un autre point de la question d'une importance non moins grande et qui, pour éviter tout extréme, demande à étre défini avec justesse: nous voulons parler de la fixation du salaire. Le salaire, ainsi raisonne-t-on, une fois librement consenti de part et d'autre, le patron en le payant a rempli tous ses engagements et n'est plus tenu à rien. Alors seulement la justice se trouverait lésée, si lui refusait de tout solder ou l'ouvrier d'achever tout son travail, et de satisfaire à ses engagements: en quels cas seulement le pouvoir public aurait à intervenir pour protéger le droit d'un chacun.—Pareil
on qui avtre, t dens le dence en strictee l’âge s phy- 'onmme par un éducaptés à vrages 'ardent ondent bonne famille.
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raisonnement ne trouvera pas de juge équitable qui consente à y adhérer sans réserve, car il n'embrasse pas tous les côtés de la question et il en omet un de fort sérieux. Travailler, c'est exercer son activité dans le but de se procurer ce qui est requis pour les divers besoins de la vie, mais surtout pour l'entretien de la vie elle-même: Tu .angeras ton pain d la sueur «e. ton front.’ C'est pourquoi le travail a recu de la nature comme une double empreinte : il est personnel, parce que la force active est inhérente à la personne, et qu'elle est la propriété de celui qui l'exerce et qui l'a reçue pour son utilité: il est nécessaire, parce que l'homme a besoin da fruit de son travail pour conserver son existence, et qu'il doit la conserver pour obéir aux ordres irréfragables de la nature. Or,sil'on ne regarde le travail que par le côté où il est personnel, nul doute qu'il ne soit a pouvoir de l'ouvrier de restreindre à son gré le taux du salaire. La même volonté qui donne le travail, peut se contenier d'une laible rémunération ou méme n'en exiger aucune.
Mais 1l en va tout autrement, si au caractére de personnalité on joint celui de nécessité, dont la pensée peut bien faire abstraction, mais qui n'en est pas séparable en réalité. Et en effet conserver l'existence, est un devoir imposé à tous les hommes et auquel ils ne peuvent se soustraire sans crime. De ce devoir découle nécessairement le droit de se procurer les choses nécessaires à la subsistance, et que le pauvre ne se procure que moyennant le salaire de son travail. Que le patron et l'ouvrier fassent donc tant et de telles conventions qu'il leur plaira, qu'ils tombent d'accord notamment sur le chiffre du salaire: au dessus de leur libre volonté, ‘i est une loi de justice naturelle, plus élevée et plus rcienne, à savoir, que le salaire ne doit pas être insufiisant à faire subsister
pp sudore ultus tul vescerts pane. Gen. III, 19.
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l'ouvrier sobre et honnête. Que si, contraint par la nécessité, ou poussé par la crainte d'un mal plus grand, il accepte des conditions dures que d'ailleurs i! ne lui serait pas loisible de refuser, parce qu'elles lui sont imposées par le patron ou par qui fait l'offre du travail, c'est là subir une violence contre laquelle la justice proteste.— Mais de peur que dans ces cas et d'autres analogues, comme en ce qui concerne la journée du travail, et la santé des ouvriers, les pouvoirs publics n'interviennent inportunément, va surtout la variété des circonstances, des temps et des lieux, il sera préférable que la solution en soit réservóe aux corporations ou syndicats dont Nous parlerons plus loin, ou que l'on recoure à quelque autre moyen de sauvegarder les intéréts des ouvriers, méme, sila cause le réclamait, avec le secours et l'appui de l'Etat.
L'ouvrier qui percevra un salaire assez fort pour parer aisément à ses besoins et à ceux de sa famille, suivra, s'il est sage, le conseil que semble lai donner la nature elle-méme : il s’appliquera à être pareimonieux, et fera en sorte, par de prudentes ¢pargnes, de se ménager un petit superflu, qui lui permette de parvenir un jour à l'acquisition d'un modeste patrimoine. Nous avons vu, en effet, que la question présente ne pouvait recevoir de solution vraiment efficace, si l'on ne commengait par poser comme principle fondamental l'inviolabilité de la propriété privée. Il importe donc que les lois favorisent l'esprit de propriété, le réveillent et le développent, autant qu'il est possible, dans les masses populaires. Ce résultat, une fois obtenu, serait la source des plus précieux avantages, et d'abord, d'une répartition des biens certainement plus équitable. La violence des révolutions politiques a divisé le corps social en deux classes, et a creusé entre elles un immense abime D'une part la toute-puissance dans l'opulence: une faction qui maitresse absolue de l'indus-
par la al plus ailleurs qu'elles t l'offre aquelle ces cas 'erne la es pount, vu mps et en soit it Nous quelque uvriers, ours et
rt pour famille, donner areimo- )argnes, ermette nodeste là queson vrai- ‘comme ropriété sent l'esloppent, pulaires.
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trie et du commerce, détourne le cours des richesses et en fait affluer ver. elle toutes les sources; faction d'ailleurs, qui tient en sa main plus d'un ressort de l'administration publique. De l'autre, la faiblesse dans l'indigence; une multitude, l'àme ulcérée, toujours préte au désordre. Eh bien! que l'on stimule l'industrieuse activité du peuple par la perspective d'une participation à la propriété du sol, et l'on verra se combler peu à peu l'abime qui sépare l'opulence de la misere, et s'opérer le rapprochement des deux classes.—En outre, la terre produira toute chose en plus grande abondance Car l'homme est ainsi fait, que la pensée de travailler sur un fond qui est à lui redouble son ardeur et son application. Il <n vient même jusqu'à mettre tout son cœur daas une terre qu'il a cultivée lui-màme, qui lui promet, à lui et aux siens, non-seulement le strict nécessaire, mais encore une certaine aisance. Et nul qui ne voie sans peine les heureux effets de ce redoublement d'activité sur la fécondité de la terre et sur la richesse des nations.—Un troisième avantage, sera l'arrét dans le mouvement d'émigration: personne en effet ne consentirait à échanger contre une région étrangére sa patrie et sa terre natale, s'il y trouvait les moyens de mener une vie plus tolérable.—Mais une condition indispensable pour que tous ces avantages deviennent des réalités, c’est que la propriété privée ne soit pas épuisée par un excés de charges et d'impóts. Ce n'est pas des lois humaines, mais de la nature qu'émane le droit de propriété individuelle; l'autorité publique ne peut donc l'abolir; tout ce qu'elle peut, c'est en tempérer l'usage, et le concilier avec le bien commun. C’est pourquoi, elle agit contre la justice et l'humanité quand, sous le nom d'impots, elle gréve outre mesure les biens des particuliers.
En dernier lieu Nous dirons que les maitres et les o;rlers eux-mêmes peuvent singulièrement aider à
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la solution, par toutes les œuvres propres à soulager efficacement l'indigence et à opérer un rapprochement entre les deux classes. De ce nombre sont les sociétés de secours mutuels; les institutions diverses, dues à l'initiative privée, qui ont pour but de secourir les ouvriers, ainsi que leurs veuves et leurs orphelins, en cas de mort, d'accidents ou d'infirmités ; les patronages qui exercent une protection bienfaisante sur les enfants des deux sexes, sur les adolescents et sur les hommes faits. Mais la premiere place appartient aux corporations ouvriéres, qui en soi embrassent à peu prés toutes les œuvres.
Nos ancêtres éprouvèrent longtemps la bienfaisante influence de ces corporations. Car tandis que les artisans y trouvaient d'inappréciables avantages, les arts, ainsi qu'une foule de monuments le proclament, y puisaient un nouveau lustre et une nouvelle vie. Aujourd'hui les générations étant plus cultivées, les mœurs plus policées, les exigences de la vie quotidienne plus nombreuses, il n'est point douteux qu'il ne faille adapter les corporations à ces conditions nouvelles. Aussi est-ce avec plaisir, que Nous voyons se former partout des sociétés de ce genre, soit composées des seuls ouvriers, soit mixtes réunissant à la fois des ouvriers et des patrons: il est à désirer qu'elles accroissent leur nombre et l'efficacité de leur action. Bien que Nous Nous en soyions occupé plus d'une fois, Nous voulons exposer ici leur opportunité et leur droit à l'existence, et indiquer comment elles doivent s'organiser et quel doit étre leur programme d'action.
L'expérience quotidienne que fait l'homme de l'exiguité de ses forces, l'engage et le pousse à s'adjoindre une coopération étrangère. C’est dans les Saintes Lettres qu'on lit cette maxime: —1/ vaut mieux élre deux ensemble que tout seul, car alors ils tirent de l'avantage de leur société. Si l'un tombe, l'autre le soutient. Malheur à l’homme seul! car lorsqu'il
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yien failis que ntages, proclajuvelle ; cultie la vie outeux condie Nous genre, réunis- | est à ficacité soyions ser ici idiquer jt étre
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sera tombé, il n'aura personne pour le relever ^, Et cette autre: Ly /rère qui est aidé par son frère est comme une ville forle*, De cette propension naturelle, comme d'un méme germe, naissent la société civile d'abord, puis au sein méme de celle-ci, d'autres sociétés qui, pour étre restreintes et imparfaites, n'en sont pas moins des sociétés véritables. Entre ces petites sociétés et la grande, il y a de profondes différences, qui résultent de leur fin prochaine. La fin de la société civile embrasse universelleme:.t tous les citoyens, car elle réside dans le bien commun, c'està-dire, dans un bien auquel tous et chacun ont le droit de participer dans une mesure proportionnelle. Vest pourquoi on l'appelle publique, parce qu'elle réuni les hommes pow en former une nation’, Au contraire les sociétés qui se constituent dans son sein, sont tenues pour privées, et le sont en effet, car leur raison d’être immédiate est l'utilité particulière et exclusive de leurs membres.
La société privée est celle qui se forme dans un but privé, comme lorsque deux ou trois s'associent pour exercer ensemble le négoce. Or, de ce que les sociétés privées n'ont d'existence qu'au sein de la société civile, dont elles sont comme autant de parties, il ne suit pas, à ne parler qu'en général et à ne considérer que leur nature, qu'il soit au pouvoir de l'Etat de leur dénier l'existence. Le droit à l'existence leur a été octroyé par la nature eile-méme ; et la société civile a été instituée pour protéger le droit naturel, non pour l'anéantir. C’est pourquoi, une société civile qui interdirait les sociétés privées,
t Melius est duos esse simul, quam unum. habent enim emolumentum societatis sua, St unis ceciderit, ab altero fulctetur. — Vae soli: qiia cum ceciderit, non habet sublevantem se... Eccl. IV, 9, 10.
2 Frater qui adjuvatur a fratre, quasi civitas Hrma. Prov. XVII, t9.
3 Privata autem societas est, que ad aliquod negotium privatum exercendum conjungitur, sicut quod duo vel tres societatem ineunt, ut simul nego-
tentur, S. Thom. Contra impugnantes Det cultum et religionem, cap.
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S'attaquerait elle-même, puisque toutes les sociétés publiques et privées tirent leur origine d'un méme principe: la naturelle sociabilité de lhomme.— Assurément, il ya des conjonctures qui autorisent les lois à s'opposer à la fondation d'une société de ce genre. Sien vertu méme de ses statuts organiques, une société poursuivait une fin en opposition flagrante avec la probité, avec la justice, avec la sécurité de l'Etat, les pouvoirs publics auraient le droit d'en empécher la formation, et si elle était formée, de la dissoudre. Mais encore faut-il qu'en tout cela, ils n'agissent qu'avec une trés-grande circonspection, pour éviter d'empiéter sur les droits des citoyens et de statuer, sous couleur d'utilité publique, quelque chose qui serait désavoué par la raison. Car une loi
1e mérite obéissance, qu'autant qu'elle est conforme à la droite raison et à la loi éternelle de lieu.
Ici, se présentent à Notre esprit les confréries, les congrégations et les ordres religieux de tout genre, auxquels Yautorité de l'Eglise et la piété des fidèles avaient donné naissance : “quels en furent les fruits de salut pour le genre humain jusqu'à nos jours, l'histoire le dit assez. Considérées simplement au point de vue de la raison, ces sociétés apparaissent
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i | comme fondées dans un but honnéte, et conséquemi ment sous les auspices du droit naturel; du côté où : elles touchent à la religion, elles ne relévent que de ] l'Eglise. Les pouvoirs publies ne peuvent donc
b légitimement sarroger sur elles aucun droit, ni s'en
i] attribuer l'administration ; leur office plutót est de
E les respecter, de les protéger et, s'il en est besoin, de
|] les défendre. Or c'est justement tout l'opposé que
Nous avons été condamné à voir, surtout en ces derniers temps. Dans beaucoup de pays, l'Etat a porté la main sur ces sociétés, et a accumulé à leur égard injustice sur injustice: assujettissement aux lois civiles, privation du droit légitime de personne morale, spoliation des biens, Sur ces biens, l'Eglise
ociétés avait pourtant ses droits; chacun des membres avait méme les siens: les donateurs qui leur avaient fixé vne ame,— destination, ceux enfin qui en retiraient des secours orisent et du soulagement avaient les leurs. Aussi ne : de ce pouvons-Nous Nous empêcher de déplorer améreiques, ment des spoliations si iniques et si funestes ; d'autant lagran- plus qu’on frappe de proscription les sociétes cathorité de liques, dans le teraps méme où l'on affirme la légalité en em- des sociétés privées; et que, ce que l'on refuse à des de la hommes paisibles et qui n'ont en vue que l'utilité ela, ils publique, on l'aecorde, et certes tres-largement, à ection, des hommes qui roulent dans leur esprit des desseins 'ens et funestes à la religion tout à la fois et à l'Etat. uelque Jamais assurément, à une aucune autre époque, on une loi ne vit une si grande multiplicité d'associations de nforme tout genre, surtout d'associations ouvrières. D'oü | viennent beaucoup d'entre elles, où elles tendent, fréries, | par, quelles voies, ce n'est pas ici le lieu de le e tout rechercher. Mais c'est une opinion, confirmée par ité des de nombreux indices, qu'elles sont ordinairement ent les gouvernées par des chefs occultes, et qu'elles obéisrà nos sent à un mot d'ordre également hostile au nom lement chré ‘on et à la sécurité des nations; qu'aprés avoir alssent acca,uré toutes les entreprises, s’il se trouve des quem- ouvriers qui se refusent à entrer dans leur sein, elles :0té où leur font expier ce refus par la misére.—Dans cet que de état de choses, les ouvriers chrétiens n'ont plus qu'à donc choisir entre ces deux partis: ou de donner leur ni s'en nom à des sociétés dont la religion a tout à craindre, est de ou de s'organiser eux-mémes et de joindre leurs oin, de | forces, pour pouvoir secouer hardiment un joug si sé que injuste et si intolérable. Qu'il faille opter pour ce en ces dernier parti, y a-t-il des hommes, ayant vraiment à 'Etat a cœur d'arracher le souverain bien de l'humanité à à leur un péril imminent, qui puissent avoir là-dessus le nt aux moindre doute ?
rsonne Certes, il faut louer hautement le zéle d’un grand
"Eglise nombre des nótres, lesquels se rendant parfaitement
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compte des besoins de l'heure présente, sondent soigneusement le terrain, pour y découvrir une voie honnéte qui conduise au relévement de la classe ouvrière. S'étant constitués les protecteurs des personnes Vouées au travail, ils s'étudient à accroitre leur prospérité, tant domestique qu'individuelle; à régler avec équité les relations réciproques des patrons et des ouvriers; à entretenir et à affermir dans les uns et les autres le souvenir de leurs devoirs, et l'observation des préceptes divins: préceptes, qui en ramenant l'homme à la modération et condamnant tous les excés, maintiennent dans les nations, et parmi des éléments si divers de personnes et de choses, la concorde et l'harmonie la plus parfaite. Sous l'inspiration des mémes pensées, des hommes de grand mérite se réunissent iréquemment en congrés, pour se communiquer leurs vues, unir leurs forces, arréter Ges programmes d'action. D'autres s'occupent de fonder des corporations assorties aux divers métiers, et d'y faire entrer les artisans; ils aident ces derniers de leurs conseils et de leur fortune, et pourvoient à ce qu'ils ne manquent jamais d'un travail honnéte et fructueux. Les Evéques, de leur cóté, encouragent ces efforts, et les mettent sous leur haut patronage: par leur autorité et sous leurs auspices, des membres du Clergé tant séculier que régulier se dévouent en grand nombre aux intéréts spirituels des corporations. Enfin il ne manque pas de catholiques qui, pourvus d'abondantes richesses mais devenus en quelque so:te compagnons volontaires des travailleurs, ne regardent à aucune dépense, pour fonder et étendre au loin des sociétés, où ceuxci puissent trouver, avec une certaine aisance pour le présent, le gage d'un repos honorable pour l'avenir. Tant de zéle, tant et de si industrieux efforts ont déja réalisé parmi les peuples un bien trés-considérable, et trop connu pour qu'il soit nécessaire d'en parler en détail. Il est à Nos yeux d'un heureux
ondent le vole classe es percroitre (je; à 4s des ffermir evolrs, es, qui mnant ns, et et de arfaite.
ommes n con- ' leurs "autres les aux ns; ils ortune, is d'un le leur us leur ; leurs er que ntéréts jue pas chesses volonépense, ü ceux- 'e pour avenir.
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augure pour l'avenir, et Nous Nous promettons de ces corporations les plus heureux fruits, pourvu qu'elles continuent à se développer, et que la prudence préside toujours à leur organisation. Que l'Etat protége ces sociétés fondées selon le droit; que toutefois il ne touche point aux ressorts intimes qui leur donnent la vie: car le mouvement vital procéde essentiellement d'un principe intérieur, et s'éteint trés-facilement sous l'action d'une cause externe.
À ces corporations il faut évidemment, pour qu'il y ait unité d'action et accord des volontés, une organisation et une discipline sage et prudente. Si done, comme il est certain, les citoyens sont libres de s'associer, il doivent l'étre également de se donner les statuts et réglements qui leur paraissent les plus appropriés au but qu'ils poursuivent. Quelsdoivent être ces statuts et règlements ? Nous ne croyons pas qu'on puisse donner de régles certaines et précises pour en déterminer le détail ; tout dépend du génie de chaque nation, des essais tentés et de l'expérience acquise, du genre de travail, de l'étendue du commerce, et d'autres circonstances de choses et de temps qu'il faut peser avec maturité. Toit ce qu'on peut dire en général, c'est qu'on. doit prendre pour régle universelle et constante, de tellement organiser et gouverner les corporations, qu'elles fournissent à chacun de leurs membres les moyens aptes à lui faire atteindre, par la voie la plus commode et la plus courte, le but qu'il se propose, et qui consiste dans l'aecroissement le plus grand possible des biens du corps, de l'esprit, de la fortune.
Mais il est évident qu'il faut viser avant tout à l'objet principal, qui est les perfectionnement moral et religieux; c'est surtout cette fin qui doit régler toute l'économie de ces sociétés; autrement elles dégénéreraient bien vite et tomberaient, ou peu s'en faut, au rang des sociétés, où la religion ne tient
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aucune place. Aussi bien, que servirait à l'artisan d'avoir trouvé au sein de la corporation l'abondance matérielle, si par la disette d'aliments spirituels le salut de son Ame était en péril? Que sert à l'homme de gagner l'univers entier, s'il vient à perdre son dme ?! Voici le caractére auquel Notre Seigneur Jésus- Christ veut qu’on distingue le chrétien d’avec le gentil. Les gentils recherchent toutes ces choses... cherchez d'abord le royaume de Dieu, et toutes choses vous seront ajoutées par surcroit?^. Ainsi donc, après avoir pris Dieu comme point de départ, qu'on donne une large place à l'instruction religieuse, afin que tous connaissent leurs devoirs envers lui: ce qu'il faut croire, ce qu'il faut espérer, ce qu'il faut faire en vue du salut éternel, tout cela doit leur étre soigneusement ineulqué; qu'on les prémunisse avec une sollieitude particuliére contre les opinions erronées et toutes les variétés du vice. Qu'on porte l'ouvrier au culte de Dieu, qu'on excite en lui l'esprit de piété, qu'on le rende surtout fidéle à l'observation des dimanches et des jours de fête. Qu'il apprenne à respecter et à aimer l'Eglise, la commune mère de
d tous les chrétiens, à obtempérer à ses préceptes, à i. lréquenter ses sacrements, qui sont des sources ia divines où l'àme se purifie de ses taches et puise la sainteté.
1 La religion ainsi constituée comme fondement de | toutes les lois sociales, il n'est pas difficile de détermi- | ner les relationsmutuelles à établir entre ies membres, | pour obtenir la paix et la prospérité de la société. t Les diverses fonctions doivent être réparties de la 1 manière la plus profitable aux intérêts communs, et {| de telle sorte que l'inégalité ne nuise point à la con-
corde.
t Oud prodest homint, st mundum universum lucretur, anime vero sua detrt mentum patiatur? Mat. XVI 26,
o flac omnia gentes ingutrvunt. .quarrte primum resnum Det, et justi- Han cjus, et hac omnia adjictentur vobrs. Mat VI, 33, 34.
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choses apres lonne | que qu'il ire en gneu- > une onées rier piété, n des ane à sre de tes, à )urces ‘ise la
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et Justi
Il importe grandement que les charges soient distribuées avec intelligence, et clairement définies, afin que personne n'ait à souffrir dinjustice. Que la masse commune soit administrée avec intégrité, et qu'on détermine d'avance, par le degré d'indigence de chaeun des membres, la mesure de secours à lui accorder; que les droits et les devoirs des patrons soient parfaitement conciliés avec les droits et les devoirs des ouvriers. Afin de parer aux réclamations éventuelles qui s'éléveraient dans l'une ou l'autre classe au sujet de droits lésés, il serait très-désirable, que les statuts mêmes chargeassent des hommes prudents et intègres, tirés de son sein, de régler le litige en qualité d’arbitres. Il faut encore pourvoir d'une manière toute spéciale à ‘ce qu'en aucun temps l'ouvrier ne manque de travail, et qu'il y ait un fond de réserve destiné à faire face, non seulement aux accidents soudains et fortuits inséparables du travail industriel, mais encore à la maladie, à la vieillesse et aux coups de la mauvaise fortune.— Ces lois, pourvu qu'elles soient acceptées de bon cœur, suffisent pour assurer aux faibles la subsistance et un certain bienétre; mais les corporations catholiques sont appelées encore à apporter leur bonne part à la prospérite générale. Par le passé, nous pouvons juger sans témérité de l'avenir. Un Age fait place à un autre ; mais le cours des choses présente de merveilleuse similitudes, menagées par cette Providence qui dirige tout, et fait tout converger vers la fin que Dieu s'est proposée en créant l'humanité.
Nous savons que, dans les premiers ages de i Eglise, on lui faisait un crime de l'indigence de ses membres condamnés à vivre d'aumônes ou du travail. Mais dénués comme ils étaient de richesses et de puissance, ils surent se concilier la faveur des riches et la protection des puissants On pouvait les voir diligents, laborieux, pacifiques, modèles de justice et surtout de charité. Au spectacle d'une vie si par-
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faite et de mœurs si pures, tous les préjugés se dissipèrent, le sarcasme se tut, et les fictions d'une superstition invétérée s'évanouirent peu à peu devant la vérité chrétienne.—Le sort de la classe ouvrière, telle est la question qui s'agite aujourd'hui: elle sera résolue par la raison ou sans elle, et il ne peut étre indifférent aux nations, qu'elle le soit par l’une ou l'autre voie. Or, les ouvriers chrétiens la résoudront facilement par la raison, si unis en sociétés et obéissant à une direction prudente, ils entrent dans la voie où leurs pères et leurs ancêtres trouvèrent leur salut et celui des peuples. Quelle que soit dans les hommes la force des préjugés et des passions, si une volonté perverse n’a pas entièrement étouffé le sentiment du juste et de l'honnéte, il faudra que tôt ou tard la bienveillance publique se tourne vers ces ouvriers, qu'on aura vus actifs et modestes, mettant l'équité avant le gain, et préfèrant à tout la religion du devoir, Il résultera d^ là cet autre avantage, que l'espoir du salut et de grandes facilités pour l’atteindre seront offerts à ces ouvriers, qui vivent dans le mépris de la foi chrétienne, ou dans les habitudes qu'elle réprouve. Ils comprennent d'ordinaire, ces ouvriers, qu'ils ont été le jouet d'espérances trompeuses et d'apparences mensongéres, Oar ils sentent par les traitements inhumains qu'ils reçoivent de leurs maitres, qu'ils n'en sont guére estimés qu'au poids de l'or produit par leur travail; quant aux sociétés qui les ont circonvenus, ils voient bien qu'à la place de la charité et de l'amour, ils n'y trouvent que les discordes intestines, ces compagnes inséparables de la pauvreté insolente et incrédule. L'àme brisée, le corps exténué, combien qui voudraient secouer un joug si humiliant ; mais, soit respect humain, soit crainte de l'indigence, ils ne l'osent pas. Eh bien! à tous ces ouvriers, les sociétés catholiques peuvent étre d'une merveilleuse utilité, si, hésitants, elles les invitent à venir cher-
font cher dans leur sein un reméde a tous leurs maux, si, que repentants, elles les accueillent avec empressement i et leur assurent sauvegarde et protection. i Vous voyez, Vénérables Fréres, par qui et par Ten quels moyens cette question si difficile demande à Fon étre traitée et résolue. Que chacun se mette à la pns tache qui lui incombe, et cela sans délai, de peur EN qu'en différant le reméde, on ne rende incurable un dE. mal déjà si grave. Que les gouvernants fassent vee usage de l'autorit: protectrice des lois et des iustiwae tutions ; que les riches et les maitres se rappellent ares leurs devoirs; que les ouvriers dont le sort est en ae jeu poursuivent leurs intéréts par des voies légitimes, sees et puisque la religion seule, comme Nous l'avons dit T dés le début, est capable de détruire le mal dans sa sont racine, que tous se rappellent que la première condidues: tion à réaliser, c'est la restauration des mœurs SIM chrétiennes, sans lesquelles méme les moyens sugws gérés par la prudence humaine comme les plus ane efficaces, seront peu aptes à produire de salutaires d résultats —Quant à l'Eglise, son action ne fera jamais i us défaut en aucune maniére et sera d'autant plus FUE : féconde qu'elle a: ra pu se développer avec plus de pics liberté: et ceci Nous désirons que ceux-là surtout le nu comprennent dont la mission est de veiller au bien i Airis public. Que les ministres sacrés déploient toutes les " in forces de leur àme et toutes les industries de leur I Ar zèle; et que sous l'autorité de vos paroles et de vos à en k exemples, Vénérables Fréres, ils ne cessent d'inculke : quer aux hommes de toutes les classes les règles et He évangéliques dela vie chrétienae ; qu’ils travaillent E 2096 de tous leur pouvoir au salut des peuples, et par p etie dessus tout, qu'ils s'appliquent à nourir en eux-mémes na et à faire naitre dans les autres, la charité reine et died maitresse de toutes les vertus. C'est en effet, d'une h Age. | abondante effusion de charité qu'il faut principale- a IL ise ment attendre le salut: Nous parlons de la charité rik euse
h chrétienne, qui résume tout l'Evangile, et qui, tou- dog cher-
jours préte à se dévouer au soulagement du prochain, est un antidote trés-assuré contre l'arrogance du siecle et l'amour immodéré de soi-méme ; vertu, dont l'Apótre S. Paul a décrit les offices et les traits divins dans ces paroles: La charité est patiente, elle est bénigne ;... elle ne cherche pis son propre intérét ;... elle souffre tout ;...elle supporte tout?
Comme gage des faveurs divines et en témoignage de Notre bienv eillance, Nous vous accordons, de tout cœur, à chacun de vous, Vénérables Frères, à votre clergé et à vos fideles, la bénédiction apostolique dans le Seigneur.
Donné à Rome, près de 5. Pierre, le 15 Mai de l'année 1891, de Notre Pontificat la quatorziéme.
LÉON XIII PAPE
3 Caritas patiens est, benigna est... non quarit que sua sunt ; omnia suffert,... omnia sustinet, 1 Corinth. XIII, 4-7.
'ochain, nce du tu, dont s divinus elle est bc 8l/0
ojgnage de tout à votre stolique
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