DÉCRET XVI
Sur les écoles d'enfants.
Le Souverain Pontife, le Pape Léon XIII, en sa mémorable Encyclique Nobilissima Gallorum. Gens, rappelle en ces termes! charge extrémement importante contiée en cela uux Evéques: * Voyez, dit-il, “a ce que nulle part ne manquent les écoles, dans "lesquelles les élèves soient imbus très diligem- “ment de la connaissance des biens célestes et des " devoirs envers Dieu, où ils apprennent pleinement "à eonnaitre l'Église, à obéir à sa voix, an point " qu'ils comprennent et sentent que, pour elle, on " peut tout supporter,"
Et ce que, dans ces écoles, les maitres doivent avant tout enseigner aux élèves ces paroles de Pie IX, d'heureuse mémoire, l'exposent fort clairement: “ Tous les enfants de toutes les conditions doivent " être assidüment instruits dès leurs tendres années “des mystéres et des préceptes de notre sainte reli- “gion, étre soigneusement formés à la piété et aux “bonnes mœurs et habitués à pratiquer leurs devoirs “religieux et sociaux : dans ces écoles l'enseienement " religieux doit primer et dominer dans l'instruction “et l'éducation, de telle sorte que toutes les autres " connaissances, qui y sont données à la jeunesse, ne "paraissent qu'aecessoires — C'est pourquoi cette “jeunesse y est exposée à de très grands dangers, si "en ces écoles l'enseignement n'est pas trés étroi- " tement lié avec la doctrine religieuse. Les écoles " du peuple, étant done établies par dessus tout pour “former le peuple à la religion, entretenir en lui la " piété et la vie chrétienne, ont attiré toujours à ce
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“titre et de plein droit, plus encore que les autres * établissements d'éducation, tous les soins, la soll:.i- “tude et la vigilance de l'église." (Ene. Quum non sine, 14 juillet 1864.)
Par suite personne ne sa:;.rait ne pas voir que cette instruction des enfants incombe aux Evéques et que les écoles en question, tant dans les villes que dans les campagnes, viennent au premier rang dans le gouvernement du diocèse.
Elle n'est pas moius évidente l'obligation des parents de procurer une éducation spirituelle à leurs enfants, qui doivent tendre vers Dieu dans l'ordre surnaturel comme vers leur fin supréme.
“IT faut absolument, dit Léon XIII, que les bons “parents veillent à ce que leurs enfants, dés qu'ils " commencent à discerner, apprennent les préceptes “de la religion et que dans les écoles rien ne blesse “l'intégrité de la foi ou des mœurs. Qu'il faille “mettre tant de diligence dans l'éducation des en- “fants, c'est un précepte de la loi naturelle et divine, * et rien ne peut dispenser les parents de cette loi." (Nob. Gall. Gens.)
De ces principes souverainement inportants se déduisent les régles suivantes que tous désormais devront avoir sous les yeux.
1 Les écoles élémentaires, étant en général les plus urgentes et de première nécessité non seulement à la campagne mais aussi dans les villes, où la plupart des citoyens vivent au jour le jour du travail de leurs mains, réclament les soins les plus assidus.
2 Les catholiques doivent se rappeler qu'ils ont à mettre strictement en pratique le 20e décret du V Concile de Québec, où on lit ce qui suit:
* Nous défendons que personne envoie ses enfants “aux écoles non-catholiques. Nous avertissons les “ pasteurs et les confesseurs que ces parents-là ne “peuvent étre absous qui, une fois avertis, persistent “dans la méme ligne de conduite, Si pour quelque
“circonstance de temps ou de lieu cela parait néces- " saire et qu'il n'y ait aucun danger de perversion, il “faut absolument la permission de l'Évéque."
(a) De plus les catholiques ne peuvent fournir de l'argent pour des écoles non-eatholiques, à moins que la loi ou les circonstances ne les y forcent.
(b) Lorsque dans une paroisse les catholiques sont assez nombreux pour construire et soutenir une école catholique, e'est pour eux un devoir de religion de le faire, lors méme qu'ils seraient obligés de payer quelque chose de plus que pour les écoles non-catholiques.
(c) Méme dans le cas où un propriétaire catholique n'aurait pas d'enfant à envoyer à l'école, la religion lui fait un devoir de s'unir aux autres catholiques et de contribuer selon ses moyens à la construction et au support de l'école.
3 Les commissaires, de méme que les parents, doivent faire tous ,eurs efforts, pour que dans les écoles qui leur sont confiées les maitres, tenant la place des parents, soient fidéles et soigneux à enseigner le catéchisme. Ils sont obligés de préter aux pasteurs de l'Église et à ses ministres obéissance spontanée et coopération cordiale, pour qu'on puisse obtenir facilement et parfaitement les fruits si désirables que produisent naturellement les écoles vraiment catholiques.
Et comme le progrès des écoles dépend en trés grande partie de l'aptitude des maitres, qu'ils apportent la plus grande attention à ce que les écoles ne solent confiées qu'à de bons maitres bien capables. Que les commissaires n'engagent ni ne renvoient les maitres ou les maitresses sans l'avis du curé, qui ordinairement sera le meil]^ir juge en cette affaire.
Que d'un commun acc. * les curés et les commissaires choississent des instituteurs qui instruisent les jeunes gens par la parole et l'exemple dans les bonues mœurs, dans l'observation des commandements
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de Dieu et en tout ce qui est nécessaire au salut. Ces élèves, imbus de bons principes, deviendront plus sûrement pour toute leur vie de fidèles enfants de l'Église, non moins que de bons citoyens