‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme]Chapitre 2 sur 155 · NONSEIGNBUR JOSEPH THOMAS DUHAMEL · texte numérisé non relu

NONSEIGNBUR JOSEPH THOMAS DUHAMEL

établissant l'union d» prières et de bonnes œuvres.

p Pur la Gráce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique,

n Archevéque d'Ottawa, Assistant au Tréne Pontifical, etc.

Au Clergé Séculier et Régulier et aux Fidéles de

l’archidiocèse d'Ottawa, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur.

Nos Tres CHERS FRERES,

La foi nous enseigne qu'il y à un Purgatoire et que les Ames y sont secournes par les fidèles.

Les àmes qui ne méritent point l'enfer lorsque, par la mort, elles laissent leurs dépouilles mortelles, mais qui ne sont pas encore parfaitement purifiées de toute faute et quittes de toute obligation envers la justice divine, sont détenues dans ce lieu de: soufirance jusqu'au moment oü, la justice divine étant entièrement satisfaite, elles sont admises au séjour de la béatitude éternelle.

Les tourments que les àmes y endurent sont & grands que les plus extrémes douleurs de cette vie n'y peuvent étre comparées. L'état de ces àmes est done fort douloureux et vraiment digne de notre compassion. Ecoutons St. Augustin: “ Il faut, ditil, que celui qui a remis à l'autre monde de faire des fruits de pénitence soit purifié par le feu avant d'aller au ciel. Or, ce feu, quoiquil ne soit pas éternel,ne laisse pas d'étre un fort grand mal; car il est plus insupportable que tout ce qu'on à souffert jusqu'ici de plus douloureux en ce monde. Que celui done qui n'ose mettre un de ses doigts dans le feu craigne de brûler, méme un peu de temps, dans celui du purgatoire "

Le vénérable Bède assure que ni les tourments des martyrs, ni les supplices des criminels n'ont rien qui approche les peines du purgatoire ;; et saint Thomas a dit: “c'est le méme feu qui tourmente les damnés en enfer et les justes dans le purgatoire.” A ces peines sensibles s'ajoute toujours la privation de la vue de Dieu.

Les saints du ciel goütent un bonheur indicible en jouissant de la vision béatifique. Quel ne doit pas

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être le tourment des âmes du purgatoire qui, comprennant mieux que nous ce bonheur, sont privées de toutes les joies qui en résultent !

Lorsque nous méditons ces vérités ; lorsque nous pensons qu'au purgatoire souffreüt peut-étre les ames de nos parents, de nos amis, nous sentons le besoin de faire quelque chose pour elles.

L'Eglise, qui ne peut tomber dans l'erreur, éclai rée qu'elle est par le S. Esprit, a toujours prié pour les morts. Nous, ses enfants, devons entrer dans l'esprit de notre mére.

L'amour de Dieu etla charité pour le prochain nous en font un devoir.

Si nous aimons Dieu, nous devons désirer qu'il soit glorifié, nous devons chercher à lui procurer nous-mêmes sa plus grande gloire; or, nous ne pouvons le mieux faire qu'en augmentant le nombre des bienheureux dans le ciel oü Dieu est le plus glorifié: les saints en effet sont éternellement occupés à le contempler, à l'aimer, à le louer, à le bénir, et nous augmentons le nombre de ces bienheureux en délivrant des àmes du purgatoire.

Si nous aimons le prochain nous prierons pour ces pauvres ames. Le prochain qui est dans l'extréme misére a droit à notre assistance, si elle nous est possible, et surtout s'il nous est facile de le secourir ; or ces àmes ayant à souffrir des peines indicibles, la peine du sens et celle du dam, nous leur devons venir en aide, comme nous le pouvons facilemer i.

Mais par quels moyens pouvons-nous les secourir ? Par la prière, par nos bonnes œuvres et principalement par le saint sacrifice de la messe. Depuis le temps des apótres jusqu'aujourd'hui et dans toutes les parties du monde, l'Eglise a pris soin de faire prier pour les âmes des fidèles morts avec l'espé-

rance du bonheur céleste: Que les dmes des fidéles reposent en paix. La prière, comme un encens d'agréable odeur, monte jusqu'au trône de Dieu et en descend, comme une rosée bienfaisante, sur les flammes dont souffrent les âmes du purgatoire.

Les bonnes ceuvres que nous offrons à Dieu pour le soulazement et la délivrance de ces àmes leur sont aussi trés salutaires, car non seulement elles sont méritoires et impétratoires mais encore satisfactoires.

Les Pères de l'Eglise, vrais témoins de sa doctrine, nous ont enseigné que le saint sacrifice de l'autel, appliqué aux âmes des défunts qui achèvent, dans l'autre vie, d'expier leurs péchés, leur est de la plus grande utilité pour diminuer et terminer leurs souffrances. C'est pour cette raison que de toutes les priéres que saint Augustin souhaite qu'on fasse pour sa mére, il demande particuliérement celles de ]a messe.

Votre esprit de foi et l'affection que vous conser, ez à ceux de vos proches et amis qui ne sont plus nous donnent l'assurance que vous n'oubliez pas vos morts.

Mais ne devrions nous pas entreprendre une œuvre commune pour venir plus efficacement à leurs secours par des priéres, par des ceuvres spéciales et surtout par l'oblation du saint sacrifice ? Nous le croyons et pensons le temps arrivé de vous en faire la proposition.

C'est pourquoi, nous venons vous inviter à faire partie de l'union de prières et de bonnes œuvres que nous établissons canoniquement par la présente lettre pastorale dans toute l'etendue de l'archidiocése d'Ot» tawa, à perpétuité selon le droit, avec les règlements et engagements ci-annexés, Cette confrérie est assez connue pour qu'il ne nous soit pas nécessaire d'en préciser la nature et les avantages. Qu'il nous suffise de dire qu'elle a pour but principal de faire chanter des services pour les associés défunts,

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fideles d'exciter ceux qui en sont membres à prier tous encens les jours pour les confréres et consceurs, vivants et ieu et trépassés et à faire d'autres bonnes œuvres, sur les A ces causes le saint nom de Dieu invoqué, e. nous avons ordonné et réglé, ordonnons et réglons u pour ce qui suit :

ur sont lo. Tout prêtre, desservant une paroisse ou une es sont 1 mission, qui voudra faire bénéficier de l'union de iatisfac- prières el de bonnes œuvres sa paroisse ainsi que : ses paroissiens devra avant tout demander et obte-

ctrine, nir un décret d’érection avec un exemplaire authenl'autel, tique des réglements et engagements. , dans 20. Il devra donner lecture de ce décret au prone la plus de la messe paroissiale, un dimanche ou un jour de

leurs féte chómée.

toutes 9o. Ce décret sera copié verbatim au commencen fasse ment du cahier des recettes et des dépenses de la ‘les de 4 société, puis inséré aux archives de la paroisse. Ce

| cahier des comptes devra étre tenu avec soin.

iser,ez l 4o. Le curé ou desservant sera le directeur de 1s nous 1 l'association. L'Ordinaire pourra cependant nommer | morts. un autre prêtre dans les paroisses où plusieurs œuvre 3 prétres exercent le saint ministére, . leurs j 50. Les contributions des membres de l'union de ales et À prières el de bonnes œuvres fixées à cinquante centins ou lous le a une piistre par année, pour chacun, selon ce qui en on faire E est dit dans les règlements, seront placées en dépôt ve en banque ou prétées aux fabriques ou églises.

à faire x 60. I.es contributions des membres formeront le res que E fonds de la confrérie. Ce fonds sera sous le contróle e lettre de l'Ordinaire et administré par lui.

se d’Ots E 80. Il sera prélevé sur les intérêts annuels on sur ements E le fonds de la société une somme jugée raisonnable st assez 3 et déterminée par l'Ordinaire pour les dépenses re d'en 1 d'administration.

1 nous 5 70. Lorsqu'il y aura un exeédent suffisant des Ve a 3 recettes sur les dépenses, l'Ordinaire pourra statuer €iunts;

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sur l'emploi de cet excédent et l'employer à faire des œuvres paroissiales ou diocésaires.

Sera la présente Lettre pastorale lue et publiée avec le Mandement aux messes paroissiales, le premier dimanche aprés sa réception.

Donné à Ottawa, sous notre seing, le sceau de l'archidioceése et le contre-seing de notre Chancelier le dix-huitième jours du mois d'octobre mil huit cent quatre-ving six.

t J. THOMAS, ARCHEY. D'OTTAWA.

Par Mandement de Monseigneur, J. À. SLOAN,

Chancelier.

LETTRE PASTORALE

D usen JOSEPH THOMAS. DRAN,

annoncant la fondation d'un monastére des “ Sœurs du Précieux Sang.”

lier.

SL So Ro ar Re a er ere

Par la Grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Archevéque d' Ottawa, Assistant au Tréne Pontifical, etc.

Au Clergé Séculier et Régulier, aux Communautés

Religieuses et aux Fidéles de l'Archidiocése d'Ottawa, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur

Nos Très CHERS FRÈRES,

Parmi la multitude d'institutions si fécondes que l'Esprit de Dieu a suscitées au sein de l'Eglise, les maisons religieuses tiennent une place principale, tant elles contribuent à rehausser le culte de Dieu, à lui rendre gloire, à attirer l'abondance de ses bénédictions sur les fidèles sur qui elles exercent d'ailleurs la plus salutaire influence.

Aussi, dans tous les temps, partout où le règne de Jésus Christ s'est établi et a progressé, on a vu surgir, croitre, se multiplier les maisons religieuses. Cle fait constant et universel nous explique comment les communautés deviennent le couronnement de la société chrétienne.

Ce fait, aussi consolant qu'il est glorieux, nous le voyons se produire avec un grand éclat et une rapidité étonnante dans notre Canada catholique. Et, nous sommes heureux de le dire ici, les communautés nous ont rendu et continuent de nous rendre d'innombrables services: des religieux, coopérateurs dévoués de notre admirable clergé séculier, nous ont préché la plus pure doctrine catholique, d'autres se sont imposés la tâche si ardue de donner l'enseignement à nos enfants à notre jeunesse si bien douée sous tous les rapports; des sœurs remplies de zèle et d'abnégation soignent nos malades, élèvent nos orphelins, prennent soin de nos viellards ou consacrent leur vie à instruction et à l'éducation des jeunes filles.

Le diocèse d'Ottawa, comme les plus anciens, était déja pourvu des institutions d'enseignement et de charité lorsqu'il est devenu archidiocése ; mais l'hon-

neur insigne que le Saint-Siège iui a conféré, les développements rapides qui s'accentuent tous les jours davantage, l'invitent à se procurer des établissements qui lui manquent encore, non tant pour les œuvres extérieures que pour augmenter parmi nous

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les hommages rendus à notre Dieu Sauveur, de qui nous viennent tous les biens, tous les progrés véritables.

l'our ces causes et d'autres que la foi, l'espérance et la charité nous font voir avec une clarté luminoise, Nous avons jugé qu'une communauté vouée a la vie contemplative avait dés maintenant sa place dans notre ville archiépiscopale, Et, pour l'établir, nous nous sommes adressé au monastère du Précieur Sanz, fondé depuis ving-cing ans dans la ville de St. Hyacinthe, et qui a déjà fait deux autres fondations, la premiére a Toronto, la deuxiéme près de Montréal.

En secondant l'agrandissement de cet institut, nous avons en méme temps l'intention de favoriser parmi nous l’accroissement de la vie de prière et d'oraison.

Notre-Seigneur, venu du Ciel pour nous servir de modéle, a passé la grande partie de sa vie dans l'oceupation exclusive de la priére ; la Bienheureuse Vierge Marie a coopéré au salut du monde surtout par ses incessantes supplications, et ce qui a porte au premier rang dans le ciel le grand saint Joseph, chef de la sainte Famille, c'est d'avoir vécu dela vie intérieure, de la vie comtemplative, imitant en cela Jésus et Marie.

Aprés la premiére prédication de l'Evangile, les àmes, attirées par l'esprit de Dieu à la méditation des années éternelles, commencèrent à se retirer en foule dans la solitude, menant une vie angélique, s'immolant pour la diffusion du régne de Dieu et pour le salut de leurs frères.

Depuis les premiers siècles, le méme souffle céleste n'a cessé d'amener vers les retraites des cloitres toute une armée d'heureuses victimes de l'amour divin.

Les contrées qui virent naitre le christianisme se couvrirent, les premiéres, de monastéres; bientót de l'Orient ces institutions vinrent en Occident : et leur nombre, leur prospérité, comme leurs vertus, ont été

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en proportion du nombre, de la prospérité, des vertus los fidèles, Durant les plus beaux siécles du passé,

es ‘ons chrétiennes se sont fait gloire de donner, leur sein, une place d'honneur à la vie monas- 1qie Notre Jeune Amérique et notre cher Canada, avec leurs autres progrés civils et religieux, voient se

produire aujourd'hui, relativement aux communautés, ce qui | produisit autrefois dans les contrées de l'Asie et de l'Afrique, puis dans toutes les régions de l'Europe.

Naturellement les bes’ ins sociaux soit pour l'instruction, soit pour le soulagement des nombreuses misères humaines, ont amené en premier lieu le développement des communautés vouées aux œuvres de charité sous leurs différentes formes. Mais le mouvement latent qui, comme une efiloraison bénie de tous les autres, amène les ordres conteraplatifs, est commencé depuis nombre d'années et, à l'heure qu'il est, il a déjà fait naitre sur divers points plusieurs institutions de ce genre.

En appelant dans la Japitale du Canada les “ Sœurs du Précieux Sang,” Nous ne faisons, pensons-nous, que suivre cette impulsion surnaturelle à l'heure favorable où elle se manifeste.

Et s'il fallait un motif pour arrêter notre choix et déterminer nos préférences, ne l'avons-nous pas surabondamment dans l'objet spécial proposé au culte de ces religieuses, comme aussi au culte des chrétiens ?

« Jésus-Christ nous a aimés, dit St. Jean (Apoc. I, 5) et nous a lavés de nos péchés dans son sang, " C'est par son sang qu'il nous a ouvert le ciel, selon la doctrine du grand Apótre; et Notre-Seigneur luiméme ne nous a-t-il pas dit le premier : “ Ceci est mon sang qui sera répandu pour tous. à

Jésus-Christ nous a aimés jusqu'à répandre son

sang pour nous, non seulement une fois, mais sept fois.

I] répand ce sang rédempteur, sous le couteau de la circoucision, huit jours aprés sa naissance,

Trente trois ans plus tard, le sang qui circule dans les veines de Jésus s'échappe per ‘ous les pores de son corps divin, tant est grande lo :ristesse de

son Ame au jardin de Gethsémani,

Amené devant le juge qui doit iniquement le condamner à mort, le Christ subit le tourment de la flagellation et ses veines sées laissent couler

flots un sang d’un prix infini.

Pour toute reconnaissance de ses droits à la royauté, le divin Maitre reçoit une couronne dont les épines, s’enfoneant dans son chef sacré, en font jaillir des jets de sang qui empourpre la sainte face du plus beau des enfants des hommes.

Son sang marque chaque pas que fait l'Homme- Dieu, portant sa croix, sur la route du calvaire.

A peine est-il arrivé au lieu de son dernier supplice, ses eruels bourreaux enfoncent des clous dans ses pieds et ses mains adorables et le sang d'un Dieu ruisselle pour la sixiéme fois.

Cependant il reste encore au Sacré-Cœur de Jésus quelques gouttes de sang: un soldat vient, armé de sa lance, ouvrir à ce sang amoureux une issue par oü il peut se répandre.

Kt ce sang qui vivifie les Ames continuera d'être pour elles une source de graces car, la veille de sa mort, le Sauveur a institué son sacrifice perpctuel où, chaque jour et à toutes les heures du jour, il daigne renouveler pour notre salut l’ineffable offrande de son précieux sang.

“ Oh! quels doux transports peut exciter en nous le souvenir des bienfaits de ce sang! Ses flots nous apportent une communication de quelque chose des perfections de Dieu......O'est à ce sang que noi devons tout adoucissement à l'amertume des peint de la vie, ettous ces soins si tendres dont la Provi dence nous entoure. C'est par lui que nous vien

nent toutes les graces et toutes les faveurs, comme les ruisseaux coulent de leurs sources......Il est le bain céleste où nous retrouvons la pureté et l'innocence, où nous puisons la vigueur de la vie surnaturelle. De lui les sacrements tirent leur vertu toute puissante. Dans ses ondes vivifiantes les péchéurs se purifient, les saints retrempent leur ardeur pour se sanctifier davantage." *

Quel culte ne devons-nous donc pas rendre ace sang divin, source pour nous de tousles biens célestes ? Et, sommes-nous assez fidéles à le lui rendre du moins à un degré suffisant ?

Des àmes religieuses, consacrées à ce culte par les graces de leur vocation, le feront à l'avenir, en notre nom, d'une maniére trés agréable à Dieu et trés efficace pour nos âmes. Et c'est pour vous, Nos Trés Chers Fréres, un nouveau motif de saluer avec joie la venu de ces religieuses contemplatives qui ont pour fin spéciale de rendre mille et mile amoureux hommages au sang adorable du Dieu fait Homme, d'adorer assidüment Jésus dans ie Sacrement de l'Autel, de s'offrir continuellement au Seigneur parles mérites du Sang de Jésus-Christ, pour obtenir la conversion des pécheurs ?

Un autre motif qui nous les a fait choisir est qu'ellesse proposent de glorier et honorer particulièrement celle-là méme qui estl'auguste patronne de cet archidiocése, la Vierge Marie, immaculée dans sa conception, en union avec laquelle ces religieuses adorent le sang du Rédempteur.

Les Sœurs du Précieux Sang doivent établir leur cloitre dans la maison méme qui a été le berceau des Sœurs Grises de la Croix, sur la rue St. Patrice, tout prés del'arehevéché. Elles y seront conduites processionnellement le 23 de ce mois, aprés les

* Mandement de Mgr. Joseph LaRocque confirmant l'existence de la communauté des « Sœurs du Précieux Sang, ”

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premières Vépres de la fête de Notre-Dame Auxiliatrice.

Nouvelles Maries, elles se tiendront en oraison aux pieds de Jésus-Christ pendant que leurs devanciéres, à l'exemple de Marthe, s'occuperont des œuvres extérieures d'éducation et de charité : et cette maison, qui a été témoin de l'aetivité, des sacrifices, des mille travaux des unes abritera désormais les autres dont la vie est une comtemplation continuelle et une incessante priére. Les adoratrices du sane divin offriront leurs hommages au Dieu de l'Eucharistie dans cette méme chapelle où les premières Sœurs Grises d'Ottawa, alors Bytown, se sont agenouillées et ont prié et oü Jésus va reprendre sa place au tabernacle. Le fait que cette chapelle a été conservée si longtemps Nous avait toujours paru une preuve indubitable que Dieu voulait y étre encore honoré et adoré par des Ames religieuses. Que son saint nom soit béni, puisqu'il nous est donné de la rouvrir au culte catholique ! Que son saint nom soit béni, puisque le saint sacrifice sera dorénavant offert sur l'autel que nous allons y ériger !

Réveillez-vous, échos de ce sanctuaire, à la voix de ces nouvelles épouses de celui dont jadis vous avez tant de fois répété le nom ! Il est temps pour vous de le répéter encore et le jour et la nuit. Revenez, anges adorateurs de l'Hostie vivante! Reprenez votre place dans cette enceinte sacrée. Venez vous aussi, anges privilégiés qui avez assisté au drame sanglant du Golgotha, venez, des coupes en mains, puiser dans le calice de l'autel le sang du Sauveur pour le. porter partout, dans cet archidiocèse, où il y a des Ames à rafraichir ou à purifier. Et vous, qui venez vous dévouer comme des victimes, entrez avec confiance dans cette Pauvre maison qui vous tiendra lieu de monastère. Par une nouvelle bénédiction de l'Eglise elle va se

trouver encore toute parfumée de l'odeur des vertus angéliques pratiquées par les vierges qui vous y ont précédé et dont plusieurs, ayant quitté cette vallée de larmes, doivent étre en ce moment au pied du tróne de Dieu pour vous obtenir du Pére et du Fils et du Saint-Esprit toutes les graces que vous pouvez désirer.

Ne craignez pas de manquer du nécessaire. La Providence de Dieu et la générosité des catholiques de cette ville et du diocèse tout entier vous seront comme des trésors oü vous pourrez puiser en temps opportan.

Nous avons l'espoir, Nos Trés Chers Fréres, que votre charité inépuisable trouvera des secours à donner à ces vierges du Seigneur dont la vie se passera à adorer le sang de Jésus-Christ. Vous n'attendrez pas qu'elles vous tendent la main pour recevoir une aumóne, vous irez vous-mêmes leur porter ou l'offrande du riche ou l'obole du pauvre. En retour, elles vous feront part de leurs richesses spirituelles ; elles vous admettront à partager les qu’elles s'efforcent d'acquérir par leurs

mérites es exercices de la piété

oraisons {et tous les autr chrétienne et"religieuse.

Sera la présente Lettre pastorale lue aux messes puroissiales et en chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche aprés sa réception.

Donné à Ottawa sous notre seing, le sceau de l'archidiocèse et le contre-seing de Notre Secrétaire ad ho», ce dix-neuvieme jour du mois de mai mil huit cent quatre-vingt-sept, en la féte de l' Ascension de Notre-Seigneur.

+ J. THOMAS, ARCHEV. D'OTTAWA.

Par Mandement

J. A. PLANTIN, Sec, ad hoc.

4iéme Série. No. 4.

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ceau Votre P JOSEPH THOMAS DUHAMEL.

ig le Cun s d. po Par la Gráce de Dieu et du Saint-Siége Apostolique,

Archevéque d'Ottawa, Assistant au Trône Pontifical, etc.

E. Au Clergé Séculier et Régulier, aux Communautés | = Religieuses et aux Fidéles de l'Archidiocése A hee a d'Ottawa, Salut et Bénédiction en N otre-Seigneur,

Nos TRÈS CHERS FRÈRES,

Au psaume 188, nous lisons ce verset si digne de notre attention. Vos amis, ó mon Dieu, sont comblés des plus grands honneurs, et leur puissance s'est merveilleusement affermie: Mihi autem nimis honorificati sunt amici tui Deus, nimis confortatus est principatus eorum (vers. 17.)

En laissant ce cri d'admiration s'échapper de son de son Ame qu'avait en vue le prophéte Roi? Ou se portait son regard divinement illuminé ? Etait-ce sur les premiers àges du monde? était-ce sur ses contemporains? était-ce sur les temps à venir? ou plutót sa parole inspirée ne signale-t-elle pas un fait commun à tous les siécles, éclatant pour quiconque a des yeux pour voir ?

Dés l'origine, Dieu s'est glorifié de faire rendre les plus grands honneurs et de communiquer sa puissance à ses serviteurs les plus fidéles, à ces hommes de courage qui affrontérent tout pour rappeler à leurs semblables les droits éternels du Créateur et les imprescriptibles devoirs à lui rendre. Parmi ces hommes aux vertus héroiques, illustres dans le monde, puissants devant le Seigneur, le livre de l'Ecclésiastique (ch. IV. etsuiv.) désigne Enoch, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Moise, Aaron, Josué Samuel, David, Elie, Isaie et d'autres encore, autant de personages remplis du zéle de Dieu et environnés méme ici-bas d'une auréole de gloire, devant laquelle s'éclipse toute gloire humaine.

Sous la loi nouvelle, Jésus-Christ, comme Dieu souverain, a usé d'une magnificence au moins égale à celle de la primitive alliance; il a donné ses honneurs et son pouvoir en partage à ceux qu'il a daigné appeler ses amis. Ce titre ineffable, décerné par lui à tous les observateurs de sa loi, Jésus-Christ, à la dernière cène, en honore particulièrement ses apôtres. Et c’est aux apôtres que la liturgie catho-

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lique applique expressément l'oricle du psalmiste cencernant les amis du divin Roi, nous les montrant resplendissant de sa gloire, revétus de son indestructible autorité, constitués princes de son immortel Empire.

L'histoire du genre humain nous apprend à son tour que, parmi les conquérants qui ont le plus illustré ou troublé les nations, aucun n'est parvenu à fonder un empire comparable, soit par l'étendue, soit par la durée, soit par l'excellence, à l'empire fondé, organisé par les apôtres, savoir le Royaume de Jésus-Christ sur la terre, le monde chrétien, l'Eglise catholique.

Le pouvoir des apótresa été comme le pouvoir de Jésus-Christ, leurs œuvres comme ses œuvres ; et leur gloire sera partout célébrée jusqu'à la fin des siécles avec celle du Dieu Sauveur.

Les successeurs des apótres oni hérité de leur pouvoir, ont continué leurs œuvres et ont participé aux mémes honneurs.

Pour les succeseurs de saint Pierre, cela a eu lieu à la face de l'univers, avec un éclat à jamais unique.

Les souverains Pontifes, représentants supréme de Jésus-Christ sur la terre, n'ont cessé d'étre ses amis, ayant en main sa cause avec les intérêts Ze la chrétienté; et le Sauveur qui leur a communiqué tout honneur avec tout pouvoir, les a doués aussi de lumières. de vertus et de dons proportionnés à leur immense charge. Aussi, en considérant l'histoire des Pontifes Romains dans le tableau de l'histoire universelle, le cri d'admiraiion du prophéte Royal

s'échappe spontanément de l'àme fidèle: Vos amis, 6 mon Dieu, sont comblés des plus grands honneurs, el leur puissance s'est merveilleusement affermie : tant sont grandes leurs lumiéres, leurs ceuvres, leurs vertus, leur gloire, qui ajoutent un vif éclat à leur pouvoir perpétuel.

En cela, le témoignage du XIXième siècle est loin d'infirmer celui des siècles précédents; au contraire avec une force qui semble redoubler, il atteste et redit aux esprits les plus incrédules * que les Pontifes Romains, aimés de Dieu et des hommes, ont une gloire et un pouvoir sans égaux, et que leur universelle autorité demeure indestructible, étant Ctablie de Dieu et affermie par sa toute puissance. "

Pendant ce siècle méme, les Papes qui ont subi la captivité ou l'exil, ne demeurent-ils pas les personnages les plus justement honorés et les plus puissants contre les maux dont souffre le monde? Et pour ne parler que du Pape qui a le plus longtemps gouverné l'Eglise, l'immortel Pie IX ne vit-il pas grandir partovt son ascendant irrésistible et les cœurs se tourner vers lui de toute part avec plus de force, à mesure que la révolution d'Italie multipliait les attentats autour de son trône ?

Et qui n'est aujourd'hui le témoin étonné de l'influence profonde, universelle, souverainement salutaire, exercée par notre grand Pape, sur la marche agitée et inquiéte du genre humain tout entier? Léon XIII n'est pas seulement le chef auguste, le guide infaillible, le champion infatigable du monde catholique; son action bienfaisante et pacificatrice s'étend sur le monde du dehors et pénétre toute la société contemporaine : il représente à merveille celui que le prophète appelle le Prince de la paix, le Roi pacifique qui annonga aux bons des paroles de paix au jour de sa naissance, qui souhaita si souvent A ses apótres le bienfait de la paix.

Oe n'est pas pour la paix avec l'erreur ni avec le vice que Léon XIII travaille : ses écrits et ses actes en sont les témoins ; c'est pour la paix fondée sur la vérité, sur la justice, la paix profitable à tous: d'abord la paix dans toute l'Eglise de Dieu, la paix parmi les pasteurs et parmi les fidèles ; c'est aussi la

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paix avec la vraie sience, l'accord avec le progrés réel, la paix enfin avec les gouvernements de toutes les parties de la terre, dés que ces gouvernements se montrent disposés à traiter sur des bases justes et honorables,

Aussi le monde entier, on peut le dire, s'apprête à fêter, au 31 décembre prochain, le cinquantième anniversaire de l'Ordination sacerdotal: du Pontife-Roi, rendant hommage à sa dignité, à sa personne, à l'action présente de son pouvoir et redisant pour lui, avec une voix immense, le mot du psalmiste : Vos amis, 6 mon Dieu, sont comblés des plus grands honneurs, et leur puissance s'est merveilleusement affermie.

Dans ce jubilé sacerdotal, la principale part revient aux catholiques ; et partout les catholiques sauront remplir dignement le devoir de piété [filiale envers leur pére commun.

Et vous, Nos Trés Chers Fréres, que ne ferez-vous pas ?

À plusieurs reprises, nous avons eu le bonheur de vous transmettre les enseignements du docteur

Anfaillible, nous vous avons exhortés à prendre part

aux priéres publiques demandées par le Souverain Pontife, comme aussi à profiter des graces et faveurs jubilaires ; surtout nous vous avons signalé la grande attention du Saint-Pére envers nous, sa bienveillance si efficace pour le Canada, pour ce diocése qui lui doit maintenant sa dignité plus haute.

En ce jour, nous venons vous inviter à renouveler les sentiments si catholiques qui ont toujours fait votre gloire, votre force, votre consolation. Célébrez le jubilé de Léon XIII d’une manière digne de votre passé, digne du Vicaire de J ésus-Christ ; demandez au Seigneur de conserver longtemps au monde et à notre affection un Pontife si grand ; demandez qu’en face des maux présents, des erreurs modernes, des dangers a venir, il triomphe de plus en plus comme Docteur infaillible, comme Pasteur

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supréme de l'Eglise, comme guide des pasteurs et des peuples.

Rappelez-vous que si le Pape partage les honneurs, le pouvoir de Jésus-Christ, il en partage également la pauvreté, et qu'il reçoit laumóme ou plutôt le tribut, de méme que le Sauveur l’acceptait des âmes généreuses, empressées de pourvoir à ses besoins et à ceux des apótres.

Vous aimez les fétes religieuses et les fétes de famille, et vous ne craignez pas d'en faire les frais ; agissez de méme ponr le jubilé sacerdotal du Saint- Pere; donnez de grand cœur en cette occasion, d’autant plus que les offrandes ainsi présentées sont une nécessité pour le gouvernement et la prospérité de l'Eglise. |

A ces causes, le saint nom de Dieu invoqué, Nous avons réglé et ordonné, réglous et ordonnons ce qui suit :

lo. Une quête sera faite dans toutes les églises et chapelles ot se fait l'Office divin, le Dimanche de la solemnité de l'Assomption de la B. V. M. ou un autre dimanches du mois d'août prochain, la quêtes pour les écoles du Nord-Ouest étant renvoyée, cette année, au second dimanche d'octobre ;

20. Les membres du clergé séculier et les communautés religieuses voudront bien nous envoyer leurs offrandes particuliéres avant le premier septembre, afin que nous puissions inserire leurs noms et le montant de leurs contributions, sur la liste des paroisses, laquelle liste sera envoyée à Rome avec les offrandes.

3o. Nous vous invitons à prier souvent à l'intention du Souverain Pontife, afin que son année jubilaire soit, si Dieu le veut, l'année du triomphe de la papauté ;

4o. Le trente-un décembre prochain, il sera chanté, dans la Basilique, à sept heures du soir, un Te Deum solennel, avec salut du Très Saint Sacre-

ment, pour remercier Dieu de toutes les graces ac-

rs et ‘ n : ;

| cordées au monde et à l'Eglise pendant les cinqaneure tes derniéres années ;

mont 50. A la méme intention, aprés la messe principale

at Yo | célébrée le ler janvier 1888 dans tous les églises et chapelles de cet archidiocése, il sera aussi chanté

àmes a F um at un Te Deum avec toute la solennité possible.

Sera la présente Lettre pastorale, avec Mandebé da ment, lue aux messes paroissiales et en chapitre dans haie les communautés religieuses, le premier dimanche int aprés sa réception.

ing Donné à Ottawa sous notre seing, le sceau de : MO l'archidiocése, et le contre-seing de Notre Secrétaire > À es . . . . , rr ad hoc, ce neuviéme jour du mois de Juin, mil huit cent quatre-ving-sept, en la Féte-Dieu.

Nous se qui TJ. THOMAS, Ancnuzv. D'OTTAWA.

[i ises et | Par Mandement de la j u xu ded de Monseigneur, [e J. A. PLANTIN, ) Prétre.

com- ‘ voyer | sepnoms te des ? avec inten- 6e juhe de chanan Ze

Sacre-

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