RAN
Nos Tris CHERS FRÈRES,
N. 8. P. le Pape Léon XIII, dans son zèle infatigable pour le salut éternel des àmes et le salut temporel des nations, vient d'adresser au monde entier une nouvelle Lettre Encyclique pour dissiper les ténébres et relever les courages sur un point d'une importance capitale, Cette Encyclique, en date du 10 janvier de cette année, a pour titre: Des principaux devoirs des — citoyens. chrétiens; elle traite des obligations fondamentales qui incombent aux chrétiens dans leur vie sociale et publique, de la conduite digne, noble et ferme qu'ils ont à tenir constamment en face de tous, au milieu des hostilités et de tous les obstacles qui nous environnent.
Voici, N. T. C. F., un coup d'œil d'ensemble sur les graves enseignements et les salutaires préceptes que nous avons à méditer dans la lettre pontificale, afin de les mettre plus fidélement et plus résolument en pratique.
La restauration générale des mœurs et des institutions chrétiennes, nous dit le Saint-Père, peut seule remédier aux maux dont le monde souffre en nos jours et le préserver des calamités plus grandes qui s’'annoncent, Notre âge a fait des progrès considérables dans l’ordre matériel ; mais il semble oublier que tous les biens temporels réunis ne sauraient rassasier notre Ame créée pour des fins plus hautes, faite pour Dieu, centre suprême vers lequel elle aspire et où elle ne peut parvenir, si elle n’est éclairée de la vérité divine et soutenue par la vertu d'en haut. Aussi un état social qui bornerait ses soins aux biens extérieurs, affectant d'ignorer le culte de Dieu et la loi morale, ne serait qu'un simulacre trompeur de société humaine, puisqu'il négligerait le principal, /'wmique nécessaire pour des hommes, savoir le bien de leurs Ames. Par suite de ces funestes tendances, le progrés matériel a eu pour
» infasalut nonde Issiper point n date | printraite taux de la tenir tilités
e sur jeptes ficale, iment
instipeut re en andes nsidéablier raient autes, | elle n'est vertu t ses er le simusqu'il r des te de pour
contre-coup une décadence religieuse et morale, dont la profondeur n'est que trop attestée par l'audace impunie d'attentats inouis contre le nom chrétien : situation lamentable, où une multitude incroyable d'hommes courent à leur perte éternelle, tandis que la société civile se voit irrésistiblement entrainée vers sa ruine, La force reste le seul garant de l'ordre public; et, sans Ja religion, la force n'est que faiblesse, raméne l'esclavage et est impuissante à arrêter les bouleversements les plus formidables, Notre siècle en a vus et peut en craindre encore. I] est done temps d'appliquer le remède : et c'est pour les chrétiens l'heure. de penser, de parler et d'agir comme ils doivent, tant dans la vie privée que dans la vie publique: là est la seule sauvegarde contre toute ruine.
Engagés dans une lutte acharnée, quotidienne, trés difficile, les fidéles courent grand risque d'étre trompés, d'errer, de perdre courage: aux pasteurs à les maintenir dans la voie de la vérité.
Les catholiques ont des obligations plus hautes que ceux qui ne le sont pas. Jésus-Christ impose à tous les hommes la foi à sa doctrine comme condition indispensable de salut et sous peine de damnation. La foi nous fait enfants de l'Eglise et nous rend citoyens du royaume universel de Dieu sur la terre, Le citoyen doit tout à sa patrie pour la vie temporelle, le fidéle doit à l'Eglise l'immortelle vie de son Ame, L'amour de la patrie et l'amour de l'Eglise, venant tous deux de Dieu, principe de tout bien, doivent exister en nos cœurs et s'y harmoniser, de telle sorte cependant que l'amour de'l'Eglise éclaire, dirige et prédomine en tout. L'Eglise, à cet effet, posséde des promesses d'infaillibilité et d'assistance divine dont l'Etat ne jouit pas; et, en cas de conflit entre les deux pouvoirs, nous devons inviolablement écouter l'Eglise ; elle nous commande toujours selon Dieu, et n'entre Jamais en désaecord avec l'Etat que quand celui-ci
Ly rannise, fait des lois iniques, abuse indignement de son autorité, Le meilleur chrétien fut toujours le meilleur citoyen; mais il est prét à souffrir la mort méme pour la cause de Dieu et de son Eglise, Blàmer en lui cette constance, c est méconnaitre la premiere notion des lois. La loi ne peut étre qu'un commandemewt de la droite raison porté par l'autorité légitime powr le bien public. C'est Dieu seul qui peut confier à un homme le pouvoir de comraander aux autres hommes; et l'autorité, loin de rester légitime devient nulle et criminelle, dés qu'elle se tourne contre Dieu : ses prescriptions perdent toute droiture et s'égarent sitôt qu'elles entrent en désaccord avec le religion divine.
Les chrétiens vénérent les pouvoirs publics comme établis de Dieu et leur obéissent comme tels, Mais, à l'exemple des Apótres, ils doivent ne pas obéir à des lois humaines contraires aux lois du Très-Haut,
La vérité divine est l'unique source de la vie et de la liberté chrétiennes; et cette vérité c'est à son Eglise que Jésus-Christ en a confié à jamais le dépôt. De nos jours tous doivent se tenir en garde contre ce système impie de monstrueuses erreurs, consistant à supprimer en tout Dieu et son action et à se figurer, comme des paiens, que tout résulte des forces de la nature. Le reméde contre ce fléau infernal est une foi vive, une instruction solide dans la foi.
Il ne suffit pas que chacun ait la foi en lui-même ; il doit la professer hautement en tout, en face de tous, pour encourager les uns, réprimer les attaques des autres: à ce prix la victoire est à nous, car le Sauveur nous assure qu'il a à jamais triomphé du monde en notre faveur,si nous avons en lui une entière confiance. Bien plus, il faut que la foi se propage et dissipe l'erreur; et les particuliers mémes, surtout ceux à qui Dieu a départi des talents et de l'influence, peuvent coopérer et aider beaucoup à
nt de irs le mort Amer niére manlé-gipeut aux time urne iture avec
blies tels.
| pas | du
et de
son “pot.
re ce int a arer, le la
une
me ; e de ques r le du une i se mes, | de ip à
le bon combat.
cette divine mission confiée aux pasteurs de l'Eglise, pourvu qu'ils demeurent dans leur rôle d'auxiliaires et se laissent conduire par leurs chefs, comme font les vaillants soldats ^ uie armée rangée en bataille, Eglise est la pl: paissante armés qui uit jamais existé sur la terre, ayant avec elle la toute puissance de Jesus-Christ pour opérer le salut des hommes; elle est aussi la société la plus vaste et embrasse dais son sein tous les peuples ; elle est une et pourvue d'une organisation divine pour la tenir unie.
Le Pape est le chef, maitre infaillible de la doctrine, possédant le comma. dement supréme, dirigeant dens les voies de Dieu le monde des croyants, laissant les itats se gouverner librement dons les choses civiles, mais leur rappelant les lois que Jésus-Christ leur a faites et les obligations qu'il leur a imposées envers son Eglise pour leur prospérité, leur conservation le salut de le rs sujets
L'Eglise seule a élevé et affermi les nations docil:
à sa voix, en leur faisant pratiquer la religion et les vertus qui viennent du ciel; l'kglise seule peut leur conserver ce qu'elle leur a donné de la part du Sauveur: à ce titre le meilleur eatholique, le plus résolument attaché à la cause de l'Eglise dans tous ses combats, sera toujours le plus méritant, le plus utile à sa patrie.
La nonchalance des catholiques dans l'action et leurs divisions intestines n'ont que trop favorisé les audaces, les ruines, l'œuvre d déchristianisation poursuivie par les ennemis de tout bien. Plusieurs
catholiques, aveuglés par la prudence de la chair qui produit la mort, ont tout laiss: faire, tout toléré et le mal a tout envahi. D'autres également répréhensihles, tourmentés d'un zèle indiscret ou simulé, voudraient tout diriger et conduire à leur gré dans le sein de l'Eglise, en laquelle Dieu a établi à jamais l'ordre selon lequel ses serviteurs doivent combattre
dp
e aie Sn He US
Le grand ennemi à combattre est la secte audacieuse engagée dans une guerre à mort contre le christianisme. Dans cette lutte, tous les chrétiens doivent étre dociles et animés de la prudence de l'esprit, dont parle l'Apótre, qui évite à la fois la nonchalance et la témérité et qui pour les sujets consiste à suivre fidèlement les ordres des chefs légitimes. Au Souverain Pontife appartient non seulement de gouverner l'Eglise, mais aussi de diriger laction générale des citoyens chrétiens, de facon qu'ils tendent à leur destinée éternelle. Près du Pontife Romain et sous lui sont les Wvéques, préposés à leurs diocèses, véritables princes dans l'Eglise, ayant leur clergé à leur aide. ll faut agir conformément à cette immuable constitution de l'Eglise, les Evêques étant étroitement unis au Saint-Siège et le clergé aux Evéques.
Les efforts seraient peu efficaces sans le retour des populations aux vertus chrétiennes. Jadisle peuple Juif était heureux ou malheureux selon que sa conduite était en harmonie ou en opposition avec la loi divine. Il était la figure des peuples chrétiens. L'Eglise n'est jamais abandonnée de Dieu, mais chaque nation chrétienne en partieulier n'a pas les mémes promesses, et le péché rend les peuples misérables : tous les siécles l'ont éprouvé ; comment le nótre en serait-il exempt, vu surtout les complots néfastes de tant de factions perverses et l'aveuglement incroyable d'un trop grand nombre ?
Il est donc d'extréme urgence de fléchir le courroux du ciel en multipliant les humbles supplications et en revenant aux vertus évangéliques. La reine d'entre elles est la charité, lien de perfection nous unissant à Dieu et au prochain d'une manière indissoluble. Que cette union entre nous soit notre force dans la lutte et un rempart inexpugnable contre les ennemis du Christ. Que les péres de familles n'oublient pas leurs inviolables devoirs
e audamtre le hrétiens nce de fois la s sujets 8 chefs ent non ' diriger e facon Prés du réposés l'Eglise, conforl'Eglise, Siege et
our des peuple que sa avec la rétiens.
u, mais pas les peuples mment omplots veugle-
e courications a reine n nous e indis- : notre ignable res de devolrs
envers la patrie temporelle et la patrie céleste ; qu'ils donnent à leurs enfants au foyer une éducation fortement chrétienne, base indispensable au salut et à toute vie sociale,
Voilà, N. T. C. F, un apereu sommaire des devoirs que le Saint-Pére, en sa Lettre Encyclique, nous rappelle avec de pressantes instances et nous trace avec toute la force de sa souveraine autorité,
Le Saint-Père dit aux Evéques: *I] reste mainte- “nant, et c'est votre part, Vénérables Fréres, d'avoir "soin que notre voix pénétre partout et que tous “comprennent combien il importe de faire en effet "ce que Nous exposons en cette Lettre.” C'est. de trés grand cœur, N. T. C. F., que nous nous acquittons de cette charge, en publiant avec empressement cette salutaire Encyclique pour l'instruction du clergé et des fidèles. Aux pasteurs des paroisses de ce diocèse et aux autres prêtres, si remplis de l'esprit de foi, de se pénétrer d'abord eux-mémes profondément de tout ce que leur rappelle et leur apporte l'auguste voix du Saint-Père :
; qu'ils fassent ensuite à leurs ouailles le meilleur exposé de ce code fonda-
mental des devoirs du citoyen. chrétien ; puis que les fidèles accueillent, méditent, conservent tout en leur cœur avec leur docilite, leur fidélité et leur fermeté ordinaires. Ainsi sera réalisée à l'avantage de tous la volonté du Vicaire de Jésus-Christ et de Jésus- Christ méme: sa voix pénétrera tous ] toutes les paroisses, toutes les in et familles de ce diocèse ; tous et chacun comprendront mieux ses enseignements immuables. et leurs indispensables obligations et s'y conformeront avec une nouvelle ardeur, avec un nouveau courage. Dans toutes les contrées de la terre et sous tous les régimes et les administrations honnétes, l'Encyclique Sapientiae Christiane restera à |
i jamais le tableau magnifique et fidéle du gouvernemeut ecclésiastique et civil et sera désormais le manuel obligatoire de
es foyers, stitutions, associations
A es MATTER NN RD ns
sibs ES matron ee ee
ALS Hit nip WU du oss ta nb La d E RE
tout citoyen chrétien depuis l'Evéque jusqu'aulaique ; chacun y verra la li miére qui doit le guider, les devoirs qu'il a à remplir, la part qu'il a à prendre dans la lutte pour la cause de Dieu, le salut de tous et la prospérité commune,
A la veille du combat décisif contre le prince des ténébres, Jésus-Christ demandait instamment à son Pére que tous ses disciples ne fussent partout qu'un seul corps social à travers tous les siécles, et il leur léguait à tous en héritage la loi d'une union inaltérable, d'une charité invincible. Cette loi supréme d'union, de charité, de courage jusqu'à la mort, Léon XIII la rappelle aujourd' hui au monde chrétien dans les termes du Sauveur lui-méme, et la donne à tous comme signe de ralliement et comme étendard de victoire dans la lutte contre l'enfer en fureur cherchant à prévaloir, lutte acharnée engagée partout contre le christianisme, principalement contre son action et sa vie sociale.
A une époque ou, sous une sorte de souffle infernal, les législations humaines se pervertissent, s'arrogeant, par exemple, soit le monopole de l'éducation pour la rendre anti-chrétienne, soit de présider au mariage et d'en prononcer la dissolution malgré la loi divine, soit d'ignorer, méconnaitre, proscrire ou régler le culte divin, le Pape nous rappelle que, si pour l'ordinaire il nous faut obéir aux pouvoirs publics, comme venant de Dieu, nous devons cependant obéir à Dieu plutót qu'aux hommes ; que toute autorité humaine est nulle quand elle ose s'élever contre Dieu; que l'Eglise garde toujours la parole et la loi de Dieu ; que dans tont conflit avec l'Etat c'est elle que nous devons écouter, suivre, servir et défendre ; qu'en un mot les intéréts chrétiens doivent primer les autres et tenir fermement tous les catholiques résolument unis pour leur défense efficace, leur juste et bienfaisant triomphe.
Grace au ciel, nous sommes heureux de joindre ici
1laique ; ; les delre dans us et la
ince des it à son t qu'un t il leur | inaltésupréme rt, Léon len dans Le à tous dard de ur cherpartout ntre son
infernal, rogeant, | pour la mariage i divine, égler le si pour publies, unt obéir autorité r contre et la loi "est elle éfendre ; | primer holiques eur juste
indre ici
notre voix à toutes les voix qui reconnaissent et proclament le fait le plus glorieux et le plus fécond de l'Histoire du Canada catholique: c'est que ce plan d'action, tracé par le Pape et imposé par Dieu méme, a été, dans son ensemble, généralement suivi parmi nous par les catholiques de toute langue et de toute origine. Cette action catholique est certainement une des grandes causes qui ont rendu le Canada loyal, libre et tranquille, honnéte et prospére, et ont attiré sur lui l'attention des peuples chrétiens et les faveurs du Saint-Siége, en y faisant épanouir librement la vie et les vertu schrétiennes, avec toutes les institutions qu'elles suscitent pour tout dégré d'instruction, pour toute œuvre de charité, pour tout devoir de sanctification et de culte envers Dieu et le Sauveur du monde.
Ce qu'ont fait nos pères sur ce gol chéri, ce que vous avez fait assez fidèlement jusqu'à ce jour, vous le continuerez, N. T. C. F., vous et vos enfants, avec plus de fidélité et de confiance, avec une foi plus éclairée, avec un cœur toujours noble, digne de Dieu, inviolablement attaché à l'héritage religieux que Jésus-Christ a conquis au calvaire et nous a légué avec tous ses biens et ses divines promesses, pour la vie présente et pour la vie future.
Lecture vous sera donnée de cette En cyclique à la suite de la présente lettre pastorale, à commencer le premier dimanche après sa réception. Les pasteurs qui ont la sollicitude de vos âmes accompagneront les différents points de l'Encyclique des explications opportunes que leur suggéreror* leurs reflexions et leur zéle, par exemple : sur l'excellence des biens de l'âme trop en oubli de nos jours ; sur la prééminence des devoirs envers Dieu dans la vie sociale comme dans la famille et la vie privée; sur la foi et ses enseignements méme sociaux et dont le Saint-Pére est oracle ; sur l'obéissance et le dé inent dus à l'Eiat, dus à l'Eglise, à so1
voue- 1 chef supréme,
à ses pasteurs, tant en général que dans les temps de ténèbres, de confusion et de trouble ; sur la fermeté, la générosité, la prudence, lhéroisme propre au chrétien luttant pour son Dieu et son droit; sur la charité nous unissant inséparablement à Dien et à nos frères ; enfin sur la vie de famille et sur l'éducation première servant de base à tout.
Nous multiplierons tous auprés de Dieu nos supplications et nos priéres pour la conservation, la restauration, l'extension du règne visible et social de N. S. J. C. dont la présente Eucyclique proclame les lois, trace la pratique, inculque la nécessité.
Offrons aux fins de l'Encyclique et aux autres intentions du Saint-Père les prières que les prêtres récitent tous les jours au nom de tous aprés la messe basse ; offrons aussi aux mémes fins la récitation du Rosaire, du chapelet en particulier, en famille et en publie, ainsi que les autres priéres que la liturgie et l'usage nous mettent si souvent sur les lèvres en faveur de l'Eglise. Ajoutons-y quelqu'autre prière et surtout le renouvellement de nos Ames.
Qu'ainsi, le Dieu tout-puissant et miséricordieux nous accorde de revoir satan enchainé, les mœurs régénérées, les vertus refleurissant, l'Evangile accepté, Jésus-Christ triomphant, les nations guéries, les hommes marchant plus fermes et plus nombreux dans la voie du salut: qu'à cet effet ce saint Caréme trouve nos eceurs préparés et dociles et nous apporte grâce et secours abondant.
Donné à Ottawa, sous notre seing, le sceau de larchidiocése et le contre-seing du Chancelier, ce vingtième jour de février mil huit cent quatre-vingtdix, douziéme anniversaire de l'élection de Léon
1 J. THOMAS, Archev. d'Ottawa.
Par Mandement, F. J. McGovern, Ptre.
Chancelier.
temps de | fermeté, ‘opre au sui ln jen et à l'éduca-
108 supation, la soclal de lame les
X autres s prêtres la messe ation du le et en turgie et èvres en ‘e prière
cordieux s mœurs igile ace guéries, ombreux Caréme apporte
ceau de elier, ce re-vingtle Léon
LETTRE ENCYCLIQUE
DE Uoc ' DPDDE à NOTRE TRES-SAINT PERE LE PAPE LÉON X1II.
Des principaux devoirs des citoyens chrétiens.
À nos Vénér:bles Frères, les Patriarches, Primats, Archevéques, Evéques et autres Ordinaires en Gráce et communion avec le Saint-Siége Apostolique,
Salut et bénédiction apostolique.
Retourner aux préceptes de ] et y conformer en tout la vie, le tutions des peuples, est une nécessité qui de jour en jour devient plus évidente. Du mépris où ces préceptes sont tombés, sont résultós de si grands
maux que nul homme sage ne saurait soutenir, sans une douloureuse anxiété, les épreuves du présent, ni envisager sans crainte les perspectives de l'avenir. Il s'est fait, sans douie, un progrés considérable quant à ce qui regarde les jouissances et le bien-étre du corps; mais la nature sensible tout entiére, avec les ressources, les forces et les richesses qu'elle met à notre disposition, tout en multipliant les commodités et les charmes de la vie, ne suffit pas pour rassasier l'àme, créée à des fins plus hautes et plus glorieuses, Regarder vers Dien ettendre à Lui est la loi supréme de la viedeshommes. Faits à son image et à sa ressemblance, ils sont incités puissamment par leur nature méme à aspirer à la possession de leur Créa-
à sagesse chrétienne s mœurs et les insti-
CS dos se ee
VS Rare
A, enel
We" stairs eil tect ain itt dicm p Ses a D ous ce Suc 5 - me
RANTS ACA HUNE eer eT ee
. teur, Or, ce n'est pas par un mouvement ou un effort corporel qu'on tend vers Dieu, mais par les actes. de lame, par la connaissance et l'amour.
est la vérité première et suprême, et l'âme vit de la vérité.
Dieu, en effet,
Il est la sainteté parfaite et le souverain bien,
vers lequel la volonté seule peut aspirer et tendre, guidée par la vertu.
Ce qui est vrai de chaque homme l'est aussi de la
société, tant domestique que civile, nature elle-même a institué la société, ce n'a pas été pour qu'elle fut la fin derniere de l'homme, mais pour quil trouvât en elle et par elle des secours qui le rendissent capable d'atteindre à sa perfection. Si done une société ne ponrsuit autre chose que les avantages extérieurs et les biens qui assurent à la vie plus dagréments et de jouissances, si elle fait profession
En effet, si la
de ne donner à Dieu aucune place dans
l'administration de la chose publique et de ne tenir aucun compte des lois morales, elle s’Gearte d'une façon trés coupable de son but e de la nature.
t des prescriptions
C'est moins une société qu'un simula-
cre et une imitation mensongère d'une véritable société et communauté humaine.
4uant à ces biens de l'àme dont Nous parlons, et 3,
aucun
des biens de l'àme.
prix.
Pour ces causes une
qui n'existent pas en dehors de la vraie religion et de la pratique persévérante les préceptes du christianisme, Nous les voyons chaque jour tenir moins de place parmi les hommes, soit à canse de l'oubli dan lequel on les laisse, soit par le mépris qu'on en fait On pourrait presque dire que plus le bien-étre physique est en progrés, pluss’accentue la décadance Une preuve évidente de la diminution et du grand affaiblissement de la foi chrétienne, ce sont les injures trop souvent répétées faites à la religion ostensiblement et aux yeux de tous; injures qu'un áge plus religieux n'eut tolérées
multitude
incroyable d'hommes se trouve exposée à la perdi-
u un effort s actes de u, en effet, | vit de la erain bien, et tendre,
uss] de la effet, si la Va pas été mais pour urs qui le ‘ection. Si TU que les nt à la vie ' fait prolace dans ne tenir rte d'une scriptions in simulavéritable
arlons, et eligion et Iu christimoins de ubli dann en fait bien-étre écadance ite de la le la foi répétées yeux de tolérées nultitude la perdi-
tion éternelle; et les sociétés elles-mémes et les empires ne pourront rester longtemps sans en étre ébranlés, car la ruine des institutions et des moeurs ch'étiennes entraine nécessairement celle des premières bases de la société humaine. La force demeure l'unique garantie de l'ordre et de la tranquilité publique. Mais rien n'est faible comme la force, quand elle ne s'appuie pas sur la religion, Plus propre dans ce cas à engendrer la servitude que l'obéissance, elle renferme en elle-méme le germe de grandes pertubations, Déjà le siécle présent a subi de graves et mémorables catastrophes, et i] n'est. pas clair qu'il n'y ait pas lieu d'en redouter de semblables. Le temps lui-même dans lequel nous vivons nous avertit done de chercher les remèdes là où ils se trouvent, c'est-à-dire de rétablir dans la vie privée et dans toutes les parties de l'organisme social le règne de la pensée et de l'action chrétiennes ; c'est l'unique moyen de nous délivrer des +
Tiaux qui nous accablent et de prévenir les dangers dont nous som-
mes menacés, Voilà, Vénérables Frères, à quoi nous devons nous appliquer, voilà ce qui réclame im périeusement tous nos efforts et toute notre activité,
C'est pourquoi, bien qu'en d’autres circonstances, et toutes les fois que l'occasion s’en est présentée, nous avons déjà traité ces matières, nous estimons utile d'exposer avec plus de détails dans ces Lettres les devoir des catholiques : devoirs dont l’accomplissement exact contribue d’une manière admirable à sauver ]a société, Nous sommes engagés, sur des intéréts de premier ordre, dans une lutte violente et presque quotidenne, où il est très difficile pour beaucoup de ne pas étre trompés, de ne pas errer, de ne pas se décourager quelquefois. A Nous, Vénérables Fréres, de les avertir, de les instruire. de les exhorter tous d'une maniére conforme aux exigences des temps, afin que personne n: sorie de la voie de la vérité,
i RY Sai qs
L8 Ber Inici a us tipi Bes pet gs,