DU SIÉGE APOSTOLIQUE
Provinces E CCLÉSIASTIQUES DE D'OTTAW A,
Au Clergé Séculier et Réqulier et à
fous les Fidéles de ces dioceses, Salut et Bénédiction en Notre Sei
thcur.
Nos Très Chers Frères,
Nous sommes actuellement témoins d'un
alllige et Nous émeut profondément.
prétre a été l'oceasion
discours et d’écrits
spectacle qui Nous
La chute humiliante d'un Patt aues Injustes contre violents, publications indiscrètes leuse et à la discipline
le clergé, de
de révélations sc: indaleuses,
; de manques de re spect à l'aut
orité reli-
ecclésiastique comme Jamais peut-être ' PAYS,
il n'en a été vu d; ins notr
Dé à, le Pasteur du diocèse où dre tne voix pleine de tristesse
s'est produit le mal a fait t entenet d'indignation pour dé consoler les bons, affe rmir |
surer les graves écarts di
plorer s faible s. Cen- ' Certains ¢ atholiqu 8, siigm d'autres, une Conduite évalement
les fautes commises.
atiser, chez injurieuse à la vérité et à la morale, rappeler à tous leurs devoirs dans les jours difficiles que nous traversons.
Mais. Nos Trés Chers Frères q
grace à la presse—puiss ance terrible pour le mal eomme pour le cde and mer été divulgués au loin, et sont vi nus Jeter l'émoi au sein de nos populations d'or-
dinaire si calmes dans leur foi religieus Le malaise a envahi toutes les classes, la paix des fastitllon a ele troublée et le
sciences sont bouleversées,
Aveuglé pe les préjugés, i venu à soul
i DasSion.
rdes questions qui ne regardent que
ene
ont charge de gouverner l'Église de Dieu, et à qui seuls il appartient de la diriger.
Attristés et i quiets, vous avez tourné vos regards vers vos premiers Pasteurs pour leur demander encouragement, lumière, conseil et direction. C'est cette parole de consolation que Nous vous apportoms aujourd'hui, Nos Très Chers Frères ; c'est cet enseignement que Nous venons vous donner au nom de celui qui a dit aux apôtres dont Nous sommes les successeurs : « Qui «vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise.» (1)
Un prétre est tombé ; n'en soyez ni trop surpris, ni alarmés dans vos croyances religieuses. Notre-S ‘igneur wa-t-il pas dit: « Il est nécessaire qu'il y ait des scandales : cependant malheur
«a l’homme par qui le scandale arrive.» (2j L'histoire de l'Eglise
nous offre de nombreux exemples de la vérité de cette parole. Il s’est rencontré et il se rencontrera encore de malheureuses défections dans le clergé comme parmi les simples fidèles. On a vu el on verra des prêtres indignes de leur auguste caractère, indignes de leur sublime apostolat, indignes de l'Église, leur mere, qui les enfanta au sacerdoce et remit entre leurs mains le Sceptre de ses pouvoirs et la garde des Ames soumises à sa direction.
La fragilité humaine, la violence des passious, l'abus des choses saintes, les ruses du démon, les séductions d'un monde vu de trop près, ont, de tout temps, produit des Judas qui abuserent de leur position élevée, de l'intimité et de la confiance du Maitre pour le livrer, violer leurs serments et trahir leur mission.
L'Église a gémi de ces chutes, elle en a souffert, mais jamais son existence n'en a été ébranlée, ni son action comprornise . L'éclat de son incomparable sainteté est resté le inome, la mème sa salutaire influence sur les âmes, la méme sa puissance de regeneration. Environnée du respect, de la reconnaissance et de l'umour des peuples, la Sainte lpouse du Christ n'eu a pas moins continué, à travers les âges, son œuvre de salut el ses étonnantes conquêtes.
Ainsi l'a voulu sou divin Fondateur : en confiant à des hommes faibles et pécheurs la garde de sa religion, il en démontre la -d ii vos nudit me audit, qui vos spernit me spernit, (Lue, X, 16),
(2) Necesse est enim ut veniant seandala 1 verum tamen væ homini illi per quem
(élpdetum venit. (Math., XVIII, 5).
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vers vos , lumière, jue Nous c'est cet de celui rs : « Qui » (1)
alarmés pas dit :
malheur e l'Église arole, Il es défec- Jn à vu iractere, se, leur nains le es à sa
bus des | monde ui abuance du mission.
| jamais )romiise .
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céleste origine et la conservation surnaturelle, il éprouve notre foi et nous signale l'abas de la liberté par laquelle nous pouvons nous soustraire à son influence sanctificatrice. A la fin des siècles seulement le bon grain sera separé de l'ivraie, et l'or de tout alliage; à la seule Église triomphante est réservée la gloire
d'une sainteté sans défaillance dans chacun de ses membres.
Au reste, Nos Très Chers Frères, trop communes, hélas ! à certaines époques et dans certains pays, les défections n'ont été, grâce à Dieu, que des exceptions au sein de notre clergé national. Il ne serait done ni sage, ni juste d'envelopper, dans une màme condamnation, quelques prêtres prévaricateurs et la masse du clergé, de faire rejaillir sur tous tes fautes d'un petit nombre, et d'arguer de faits isolés pour laisser planer le soupçon sur le corps ecclésiastique tout entier.
Aussi quelle n'a pas été Notre douleur, disons le mot, Notre l^gitime indignation de voir des hommes qui se disent catholiques, défenseurs de la reiizion et de la morale publique, prendre
occasion de la chute d'un prétre, si profonde et si humiliante
qu'on la suppose, pour jeter le mépris et l'insulte sur le clergé de toute notre province. On s'est plu à en parler dans des termes qui ne pouvaient que le diseréditer dans l'opinion de tous ; on ne lui a ménagé ni le blame. ni le dédain, et chaque courrier, pour ainsi dire, nous apporte de nouvelles censures et d'insolentes suggestions. On le représente ici comm» un clergé corrompu et corrupteur dans un grand nombre de ses m 'inbres, dà comme un Corps trop puissant, fastueux, avide de richesse et de domination. Le respect dont notre peuple a toujours entouré ses prètres, le zèle de ceux-ci pour l'accroissement de la religiou et de la piété dans les Ames, sont devenus l'objet des plus sévères critiques et
des appréciauoas les plus injustes,
Jouan. : rôle démoralisatenr de Voltaire, ces mauvais catholiques ome dan 35 au scandale que Nous dé pl rons si amerement, t plis grands nnblicité possible; on en a parlé de m iniere à aire rougir toute personne qui se respecte.
Des écrits immondes, que le seul sentiment de Ph )nneuretde n aurait dû faire détraire, ont été imprimés, vendus, disdues datis ir public. Et ne irquoi tout ce bruit, ce retentisse-
lout si funeste aux âmes etsi contraire aux lois les plus élémen-
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H taires de la morale et de la charité chrétienne ? Pourquoi toutes ! ces accusations fausses on exagérées ? Pourquoi cette explosion | a
aussi triste qu'inattendue, d'assertions plus que hardies, de propositions malsonnantes, d'insinuations perfides, sinon pour humilier l'Église, discréditer le sacerdoce, et, par là, arréter ou du moius diminuer son action bienfaisante dans le monde ?
Eh bien! Nos Très Chers Frères, Nous, vos chefs spirituels, i Nous, chargés par Jésus-Christ de veiller à la garde du troupeau et de le protéger contre les loups ravisseurs, Nous qui rendrons "s compte un jour du bien que nous aurons omis et du mal que Nous n'aurons pas empéché, Nous vous disons: aimez et if respectez vos prètres ; d'abord parce qu'ils sont dignes de cet amour et de ce respect, ensuite parce que votre bien et celui de la religion le réclament.
Qui ne connait le zèle du clergé canadien, son dévouement, sa piété et sa chasteté ? Qui osera nier ce qu'il a fait dans le passé pour le salut et la prospérité de notre race, aprés comme avant la conquête ? L'influence dont il jouit et qu'on lui reproche, il l'a conquise par la charité, le courage, le sacrifice, un dévouement sans bornes aux intéréts temporels et religieux du pays.
; Or, ce que le clergé fut dans le passé, il l'est encore dans le présent, Nous qui connaissons nos prétres, Nous sommes les témoins plus autorisés que tout autre de leur vertu et de leur
désinléressement. C’est pourquoi Nous regardons comme un
devoir à l'heure présente de protester hautement contre les
attaques dont notre clergé national vient d’être l'objet. Ce clergé,
Nous le proclamons sans erainte d’être démentis, est l'un. des |
plus admirables qui soient au monde par son zèle à toute épreuve, |
par sa foi ardente et pratique, et par la pureté de ses mœurs.
Les exceptions que l'on peut signaler, les fautes que l'on dé- :
nonce, trop souvent en les grossissant, ne sauraient détruire j
cette vérité si consolante pour vous comme pour Nous. C'est du
reste le peuple canadien tout entier qui, par son respect et sa :
: soumission, son empressement à lui témoigner, aux jours de nos : grandes fêtes nationales, son attachement et sa reconnaissance,
fait le plus bel éloge de notre clergé et le venge de ses détrac- j
teurs
Un autre motif de vénérer vos Pasteurs, Nos Trés Chers
pi toutes xplosion . de proir humi- ‘ou du
irituels, roupeau endrons nal que mez et : de cet 'elui de
nent, sa le passé e avant 'oche, il dévouepays.
dans le mes les de leur ime un ntre les clergé, 'un des preuve, urs.
l'on délétruire C'est du ct et sa s de nos issance, détrac-
; Chers
nli os
Frères, c'est que le respect dû au clergé est d'une importance capitale dans la vie de l'Église, Une nation qui ne respecte pas ses prétres est une nation qui court à sa ruine. Quand Voltaire voulut perdre la France et ébranler sa foi, que fitil? Il commenga par écrire ces perfides paroles : « Vos prétres ne sont pas cequ'un vain peuple pense ;» il sema contre eux dans les esprits le doute et Ja défiance, les poursuivit de ses railleries et de ses sarcasmes, et il accomplit son œuvre,
Or, qu'a-t-on fait autre chose, Nos Trés Chers Frères, depuis quelques semaines, au foyer domestique, sur la rue et jusque dans la presse? Ceux qui ont joué ce triste rdle ne tarderont pas à en rougir; mais comprendront-ils jamais tout le mal qu'ils ont fait? Ici, Nous ne pouvons Nous empécher d'exprimer Notre regret profond de voir que dans Je journalisme —à quelques nobles exceptions pres—il y a absence presque complète de tout contrôle et de toute surveillance exigée par la morale chrétienne. On y voit souvent reprodüils des feuilletons dansereux ; on y publie avec un empressement coupable ou du moins irréfléchi les scenes scandaleuses, les aventures romanesques, les récits lubriques de la rue et des assises eriminelles; on y fait de la réclame en faveur d'onvrages impies et malsains, et ainsi le journalisme, oubliant sa dignité et son devoir, se déshonore et trahit sa mission.
Ne soyez pas surpris, Nos Trés Chers Fréres, de la sévérité de Notre langage. Si Nos personnes seules ou Nos actes eussent été en cause, Nous aurions pu nous'taire, à l'exemple de notre Divin Maitre qui n'opposa que le silence aux outrages dont Pabreuvèrent les Juifs. Mais la doctrine, les sacrements, la discipline de l'Église n? sont pas notre bien propre ; c'est un dépôt sacré que Nous devons religieusement garder et défendre au péril méme de Notre vie. Jésus-Christ, si doux, si miséricordieux envers ses détracteurs, n'a-t-il pas cependant démasqué leur ignorance et leur hypocrisie quand le demandait le bien des âmes simples ou encore peu affermies dans la foi? Nous, ses délégués et ses représentants, Nous devons donc lutter avec une vigueur toute apostolique contre les coupables machinations de ceux qui cherchent à diminuer l'influence de l'Église en dénaturant les plus augustes de ses dogmes et les points les plus sacrés de sa discipline.
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Or, Nos Très Chers Frères, c'est ce qu'ont osé e de coupables agresseurs. Non contents de critiquer le prêtre, et d présenter sous un faux jourses epis de piété et de charité, de cilomnier nos communautes religie et d'entraver leur développement, ils ont osé s'attaquer plus ou moins directement à l'auguste sacrement de péniteuce, Les uns ont eu l'infamie de reproduire ü ujet l'une des pagesges plus revoltantes d'un impie de notre siecle ; d'autres ont tenu un IL ive dont la conclusion logique serait la négation mème de lorigiu vine de cette bienfaisante institution, ou réclamé, à l'exemple d'un tyran dont l'histoire a flétri le nom, le droit de couti r son fonctionnement et le pouvoir de le réglementer à leur gré.
I] n'y a pas lieu à développer ici les preuves incontestables sur lesquelles s'appuie un dogme qu'aucun catholique ne saurai
nier ou mettre en doute, sans fair ufi dans la foi, Disons seulement, et Nous sommes sûrs det mnpris, qu'à l'autorité
ecclésiastique seule incombe la tâche importante autant que déli- 'ate de régler les diverses questions de temps, de lieu, de circon stances relatives à l'administratiou d’un d
s sacrements les plus
consolants et les plus salutaires de notre sainte "ion. Sans doute, des abus peuvent se glisser, malg | Lions miuu tieuses qu'emploie la prudence ectairee di J ; mais c'est à Nous, ses chefs et ses premiers Pasteurs, à vous seuls qu'il appartient de réprimer et de punir ces lan 8 et exception-
nels écarts.
Est-ce tout, Nos Tres Chers Fréres? Non; les hommes qui, les premit is et le plus haut, ont crié au scandale, en ont donne un bien grand eux-mémes, en meconnaissant de la maniere la plus directe et la plus formelle la hiérarchie catholique.
L'Église, Nos Très Chers Frères, a ses chefs légitimement constitués, comme la famille et la société civile. Ce que sont ces chefs, leur nom, leurs talents, leurs qualités, peu importe; ils sont aux yeux de la foi les dépositaires de l'autorité de Dieu méme et les lieutenants de Jésus-Christ. Lorsque Notre-Seigneur disait à ses apôtres : « Comme mon Pere m'a envoye je vous en-
né nmxrtUnirPe ot «3 Mmisaeroh* 1! inisni if LOIS IPS BLT PS >+ lo SCS POUVOITS Ci Sd HIjSSIUIHE , di idisuit UL LUUS ivS t UC tic» Cu uU
tous les prétres choisis et ordonués par eux les continuateurs de
jables senler minier ment, iguste duire li n n gique isante
es sur aurai isons itorité » déliircon 5 p us Sans minu C'est a quil ption-
s qui, lonné ere la
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on œuvre, de ses travaux et de ses enseignements. En un mot,
il créait, dans son Église, des attributions et des droits différents ;
il en partageait |: mbres en deux classes parfaitement dis-
tinctes : celle des cl lle des laiques, division répondant
aux deux éléments. ps social: l'autorité et la multitude, gouvernants et li ouvernés.
Dans la famille, en eff est-ce aux fils à commander et a reprendre? Dans l'État, est-ce aux siniples citoyens à légiférer et à juger? Dans l'armée est-ce le soldat qui diete les plans de campagne, sonne la charge ou la retraite? Il en est ainsi sure tout dans l’Église. Ce sont les évêques que le Saint-Esprit a établis pour la regir; ce n'est pas aux fideles, quelque catholiques qu'ils soient ou étendent, à leur tracer une ligne de conduite, encore moins ? "ger et à les censurer. En tout ce qui regarde la pi norale et la discipline, ils ne relevent aucunement de l'o les hommes, et n'ont pas de leçons à recevoir de ceux d Dieu les a constitués les juges et les pasteurs.
Sachez done, Nos Très Chers Frères, respecter dans vos pensées el vos discours, dans votre vie publique et privée, cet ordre établi par Jésus-Christ. Si vous avez des sujets de mécontentements et de plaintes, si vous croyez de l'intérêt général de signaler des désordres et des abus, faites-le, c'est. votre devoir, mais toujours devant le tribunal de l'autorité compétente, vous gardant d'écouter la voix du ressentiment, de la colere ou de l'intérét. A Nous ensuite de juger, de condamner ou d'absoudre.
Rappelez-vous cependant, que s'il faut punir parfois, il faut aussi, quand on le peut, guérir et sauver. L'évéque qui est un Juge, est en méme temps un père; il irait contre la volonté et l'exemple de Jésus-Christ, s'il brisait le roseau à demi rompu, et s'il éteignait la mèche qui fume encore, Il a, dans ces circonstances difficiles, des lumières et des graces particulières ; vou-
loir blâmer ses décisions serait s'exposer à errer, et telle mesure peu comprise et mal appréciée, sera, en réalité, un acte de force, de prudence et de sagesse.
Tels sont, Nos Trés Chers Fréres, les graves enseignements jus avons Cru devoir vous donner, sûrs qu'ils seront pour vous, en qui Nous avons toujours trouvé des chrétiens dociles et obéissants, l'expression de la doctrine même de l'Église et celle de la simple raison.
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART
(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
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