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concert universel d'hommages; il proclame hautement que de tous les points du monde les esprits et les cœurs sont tournés vers le Vicaire de Jésus-Christ ; qu'en dépit de tous les maux qui l'assiegent, c'est vers la Chaire A postolique, comme vers l'intarissable et incorruptible source de la vie, que se fixe le regard confiant des hommes, et que, sur tous les rivages où regne le nom de catholique, il y a. pour rendre à l'Eglise romaine, mère et maitresse de toutes les Eglises, l'honneur et le respect qui lui sont dus, la
même ardeur de zèle et le même unanime accord.
C'est pour tous ces motifs que bien des fois, durant les mois qui viennent de finir, Nos yeux se sont levés au Ciel pour rendre graces au Dieu bon et immortel, qui, avec le bienfait de la prolongation de Nos jours, a bien voulu Nous accorder, au milieu de Nos peines, les sujets de consolation que Nous venons de rappeler; et, pendant tout ce temps, Nous n'avons pas manqué, chaque fois que l'occasion s'en est présentée, de témoigner à qui de droit la reconnaissance qui remplit Notre cœur: Mais voici que la fin de cette année solennelle Nous invite encore à renouveler la mémoire du bienfait reçu, avec cette heureuse circonstance que l'Eglise entiere, avec Nous et en Notre nom, s'unit pour offrir à Dieu un dernier concert d'actions de grâces. Et, en même temps, il plait à Notre cœur d'attester publiquement, comme Nous le faisons par ces Lettres, qu'avec la consolation si efficace que Nous ont apportée, pour adoucir Nos soucis et Nos peines, tous ces témoignages de respect, d'affection et d'amour, ils laisseront aussi en Nous un souvenir et une gratitude qui ne periront jamais.— Mais il
est un devoir, et plus haut et plus saint, qui Nous reste à
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remplir. En effet, dans cette disposition des àmes qui s'empressent avec une ardeur inaccoutumée pour entourer d'honneur et de respect le Pontife romain, il Nous semble reconnaitre un signe de la volonté de Celui qui sait souvent, et qui le peut seul, faire naitre des plus petites causes le principe des plus grands biens. Il est certain que la Providence de Dieu semble avoir voulu, au milieu de tant d'erreurs de la pensée, réveiller la foi et donner occasion au peuple chrétien de reprendre les préoccupations de la vie surnaturelle. Aussi, une chose Nous reste à faire : travailler à ce que ces bons commencements amènent dans la suite de bons résultats, et faire effort pour qu'à l'intelligence des desseins divins s'ajoute l'activité qui les réalise. Alors seulement ce dévouement envers le Siège Apostolique aura sa pleine et compiéte perfection, quand, s'unissant honorablement aux vertus chrétiennes, il sert au salut des àmes ; c'est là le seul résultat qu'il faut rechercher, le seul qui doit demeurer toujours.
Du haut de ce degré supréme de la charge apostolique oü la bonté de Dieu Nous a placé, il Nous est fréquemment arrivé de prendre, selon Notre devoir, la défense de la vérité, et Nous Nous sommes particulièrement appliqué à exposer les points de doctrine qui Nous paraissaient d'un intérét plus actuel pour la chose publique. Nous voulions que ce tableau de la vérité inspirat à chacun vigilance et précaution, pour éviter la funeste contagion de l'erreur. Aujourd'hui, Nous voulons adresser la parole à tous les chrétiens comme un bon pére qui parle à ses enfants, et, par une exhortation familiere, exciter chacun d'eux à régler saintement sa vie. Car il est de toute nécessité, pour
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mériter le nom de Chrétien, qu'à la profession de la foi l'on ajoute la pratique et. l'exercice des vertus chrétiennes ; et ce n'est pas seulement le salut éternel des àmes, qui y est intéressé, mais aussi la prospérité vraie et la tranquillité stable des relations humaines et de la société. Or, si l'on examine ce qu'est communément la vie des hommes, il n'est personne qui ne voie combien les mœurs publiques et privées sout en désaecord avec les préceptes évangéliques; et ce n'est qu'à trop juste titre que parait s'appliquer à notre âge cette parole de l'apôtre saint Jean: Tout ce qui es. dans le monde est concupiscence de la chair, et concupiscence des yeux, et orgueil de la vie (i). En effet, la plupart des homme: oublieux de leur origine et de leur destinée, tiennent toutes leurs affections et leurs pensées fixées vers ces biens fragiles et périssables ; faisant violence à la nature en renversant l'ordre véritable, ils asservissent leur volonté aux choses sur lesquelles l'homme, comme la raison
méme le proclame, devrait dominer.
Le goüt du bien-étre et du plaisir a naturellement pour compagnon le désir de ce qui peut nous procurer lun et l'autre. De la cet amour effréné de l'argent qui aveugle ceux qui en sont saisis et dont lardeur, quand il s'agit d'assouvir sa cupidité, ne peut plus se contenir, foulant aux pieds la distinetion du juste et de linjuste, et affichant parfois pour la misère d'autrui le plus insolent dédain. C'est ainsi qu'un grand nombre, tout en passant leur vie au sein des richesses, se servent du mot de fraternité aupres d'une foule pour qui leur cœur, au fond, n'a que de superbes
(1) Jean, II, 16.
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dédains. Enflé pareillement par l'orgueil, le cœur rejette tout respect de la loi, toute crainte de l'autorité: l'amour de soi, voilà pour lui toute la liberté, I/ se croit né libre. comme le petit de Vine sauvage (2). Ajoutons à cela ces séductions du vice, ces funestes invitations au péché: nous voulons parler de ces représentations théâtrales où s'étalent l'impiété et la licence, de ces livres et ces journaux écrits dans le but de ridiculiser la vertu et de glorifier l'infamie, de tous ces arts qui, inventés pour les besoins de la vie et les honnétes jouissances de l'àme, sont mis au service des passions pour suborner les âmes. Et ce n'est pas sans frayeur que Nous portons Nos regards vers l'avenir, en pensant à ces futures moissons de maux dont on ne cesse de jeter les germes dans le cœur de l'enfance. Vous savez ce que sont devenues les écoles publiques: aucune place n'y est plus laissée à l'autorité de l'Eglise, et, à ce moment où il serait si nécessaire de travailler avec amour à faconner ces àmes encore tendres aux devoirs de la vie chrétienne,
c'est alors qu'on impose silence à la voix de la religion.
Ceux qui sont plus avancés en Age courent un péril encore
plus grand: celui du vice méme de l'enseignement, qui,
au lieu d'initier la jeunesse à la connaissance du vrai, ne produit en elle que l'infatuation des doctrines les plus fallacieuses.
Combien de professeurs qui, dans leur enseignement, met. leur philosophie à la seule école de la raison, laissant absolument de cóté la foi divine, et qui, privés de ce ferme appui et de ce surcroit de lumiére, tombent à chaque
(2) Job, XI, 12.
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Pense