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pas sans arriver à la vérité! Toutes ces erreurs : que tout, dans le monde, est matériel ; que l'homme et la bête sont unis ensemble par la communauté de leur première origine et la parenté de leur nature, c'est d'eux qu'elles nous viennent. Ilen est méme qui vont jusqu'à mettre en doute l'existence de lieu méme, le souverain maitre de toutes choses et eréateur du monde, ou qui commettent, au sujet de sa nature, les plus grossières erreurs des paiens. De là quelles altérations doivent nécessairement découler dans la notion même, dans l'essence de la vertu, du droit, du devoir! Et c'est ainsi que, pendant qu'ils glorifient complaisamment la souveraineté de la raison et qu'iis exaltent la puissance de leur génie par des panégyriques hors de toute mesure, ils subissent, par l'ignorance des vérités les plus essentielles, le juste chatiment de leur orgueil. Et en méme temps que lerreur corrompt leur esprit, la corruption morale s’insinue en quelque sorte dans leurs veines et dans la moélle de leurs os, laissant, hélas! en de tels hommes bien peu de chances à la guérison, grace, d'un cóté, à cette altération de la notion du bien produite en eux par leurs opinions vicieuses, et, de l'autre, à cette absence des clartés de la foi divine, laquelle est le principe et le fondement de
toute justice.
Quelles calamités un tel état de choses devait attirer sur la société humaine, il nous arrive aujourd'hui de le contempler en quelque sorte de nos yeux. Le venin des doctrines a, par une circulation naturelle, pénétré dans les actes de la vie et dans la politique ; le rationatisme, le matérialisme, Vathéisme ont enfanté le socialisme, le communisme, le
nihilisme : tristes fléaux sans doute, et pleins de sinistres
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ne rejetterait-on pas toutes les autres religions, à qui de tels signes de crédibilité font évidemment défaut ? Si l'âme n'est pas, de sa nature, distincte du corps, et ce qui en est une conséquence nécessaire, si, lorsque le corps retourne à la terre, aucune espérance ne nous est laissée d'une vie bienheureuse et immortelle, quel motif aurons-nous de nous imposer des travaux et des peines pour soumettre nos appétits à l’obéissance de la raison ? Le souverain bien consistera pour l'homme dans la jouissance des commodités de la vie et dans la possession des plaisirs. Et comme il n'est personne que l'impulsion et l'instinct méme de la nature ne porte à rechercher le bonheur, chacun sera autorisé à prendre aux autres le plus qu'il pourra, afin de trouver dans leurs dépouilles le moyen de vivre heureux. Et il n'est point de puissance disposant de freins suffisants pour pouvoir maitriser la surexcitation des convoitises ; car la conséquence de cette répudiation de la raison supréme et éternelle d'un Dieu nous imposant ses ordres ou ses défenses, c'est que la force des lois soit brisée et toute autorité réduite à l'impuissance. De là, cette perturbation inévitable jusque dans les fondements de la société civile ; de là, cette lutte sans tréve entre les appétits inassouvis, chacun se mettant en guerre, soit pour défendre ce qu'il a, soit pour acquérir ce qu'il convoite.
C'est Ja pente où notre siècle semble prêt à glisser.—Il
est pourtant une pensée capable de nous consoler du spec-
tacle des mœurs présentes et de relever nos âmes par l'espoir d'un meilleur avenir. C'est que Dieu a créé toutes choses pour la vie el qu'il a fail œuérissables les nations de la terre (5). Mais de même que le monde visible ne peut être co vé que par l’action et la providence de Celui qui l'a cree par
sa volonté, de meme aussi les hommes ne peuvent être
| guéris que par la vertu de Celui-là méme à la bonté de qui : ils doivent d'avoir été rappelés de la mort à la vie, Car si i la race humaine n'a été rachetée qu'une fois par l'effusion ( j du sang de Jésus-Christ, permanente et. perpétuelle est la | | vertu de ce grand œuvre et ce grand bienfait, et il y a de | ; salut en aucun autre (4). C'est pourquoi tous ceux qui tra- | j vaillent à arrêter, par linterposition des lo's, l'incendie i toujours croissant des convoitises populaires, combattent sans doute pour la justice ; mais, qu'ils le sachent bien, le | | i fruit qu'ils tireront de leurs travaux sera nul, ou du moins s i sera fort peu de chose, tant que leur cœur s'obstinera à | 1 i repousser la vertu de l'Evangile et à faire fi du concours de | l'Eglise ; il n'y a qu'un moyen de guérison pour nos maux: | réformer ses sentiments, et, dans les mœurs privées comme j a dans Jes mœurs publiques, revenir au point d'où l'on s'est ( éloigné, à Jésus-Christ et à la loi chrétienne de la vie. i " à Or, toute la vie chrétienne peut se résumer dans ce " devoir capital : ne point céder à la corruption des mœurs 2 du siècle, mais lui opposer une lutte, une résistance cons- ti
tante. C’est là ce que l'auteur et le consommateur de notre fot, ce que Jésus proclame par chacune de ses paroles et de ses
(5) Sap. I, 14.
(4) Act. IV. 12.
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actions, par ses lois et ses institutions, par sa vie et par sa mort, Quelle que soit done l'opposition que Ia dépravation de notre nature et de nos mœurs mette dans nos tendances, c'est notre devoir de courir au combat qui nous est proposé animés du méme esprit et armés des mêmes armes que Celvi qui, à la joie qui lui était proposée a préféré la croix. (5) Et pour cela, que les hommes voient et comprennent bien tout d'abord combien est contraire à la profession du nom de chrétien cette recherche, si commune aujourd'hui, des plaisirs de toute nature, cette horreur pour les travaux inséparables de la vertu, cette tendance à ne se refuser aucune de ces délicatesses qui flattent agréablement nos sens. Ceux qui sont au Christ ont crucifié leur chair avec ses vices et ses concupiscences (6), d'où la conséquence qu'ils n'appartiennent pas au Christ ceux qui ne s’exercent ni ne s'accoutument à souffrir et qui ne savent pas mépriser les recherches et les délicatesses du plaisir. L'homme, en eflet, par l'infinie bonté de Dieu, a été rétabli dans l'espoir des biens immortels d'oü il était déchu ; mais il ne peut les atteindre qu'en s'efforoant de suivre les traces mêmes du Christ et en se conformant, dans son àme et dans ses mœurs, au souvenir de ses exemples. Ce n'est done pas un conseil, mais un devoir, et un devoir qui ne concerne pas seulement ceux qui ont einbrassé la vie parfaite, mais qui s'adresse absolument à tous, de norter chacun dans son corps les mortifications de Jésus (7).
(5) Hob. XII, 1, 2.
(6) Gal, V, 24.
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