‹ Mandrin (volume 2)Chapitre 13 sur 33 · LE TIRAGB DES MILICES · texte numérisé non relu

LE TIRAGB DES MILICES

Dang rtnciennc France, le service des milices cométait celui de l'armée régulière, laquelle était com- 'sée de soldats de carrière réunis par recrutement. €haque année, en février ou en mars, les intendants :aient dans leurs provinces respectives le nombre de iliciens que les communes devaient fournir ; puis, présence de l'intendant ou de l'un de ses subdéléés, il était procédé au tirage au sort dans les chefsux des élections.

Tous les hommes, ou du moins tous les hommes du uple de dix-huit à quarante ans, pouvaient être souis au tirage ; car les nobles et les riches étaient exemés. Les déserteurs, les réfractairos, ceux mêmes qui, le fois miliciens, s'absentaient sans congé régulier, aient passibles des galères, et le plus souvent à perpéité. La correspondance des intendants et celle des uvemeurs provinciaux sont remplies de doléances !»pulaires contre la milice abhorrée.

Des coutumes malheureuses venaient tncore aggra- )r les troubles que les levées occasionnaient dans les

Eipagnes. C'est ainsi qu*un milicien, (jui parvenait rrêter un réfrâctaire et à le remettre entre les mains autorités, se hbérait du service, a Chaque tirage

notera Tufgot, était le signal des plus grands désordres et d'une espèce de guerre civile entre les paysans, dont les uns se réfugiaient dans les bois où les autres allaient les poursuivre à main armée pour enlever les fuyards et se soustraire au sort que les premiers avaient cherché à éviter ».

La faculté laissée aux garçons, sur qui le sort était

*tombé, d'arrêter les « absents », pour les faire servir

eu 'eur lieu et place, donnait lieu à de vraies batailles,

car les uns et les autres se faisaient soutenir par leun

parents, par leurs amis et camarades.

Le 29 mars 1753, le subdélégué Maucune de Beauregard se rendit à Izeaux, pour y faire procéder au tirage de la milice. Claude Brissaud, qui avait été associé avec Mandrin pour la fourniture des mules, vint trouver le subdélégué et lui soumit des observations à fin de faire dispenser du tirage son fils Pierre ; mais \( subdélégué ne voulut pas accueillir sa requête, en sortt que Brissaud fit évader son fils, qui fut déclaré réfractaire et fugitif. Pierre Roux, laboureur à Beaucroissant avait été désigné par le sort pour être milicien de sa com mune. Assisté de ses deux frères, François et Joseph, el de deux amis, Joseph Tournier et Mathieu Baronnat, i chercha à s'emparer de Pierre Brissaud. En le livran' aux autorités, il s'exempterait lui-même du servic( militaire. Pierre Brissaud apprit le danger qui le mena çait, par son jeune frère Guillaume, alors âgé de quinzi ans. Il s'adressa à Mandrin.

Le 30 mars 1753, une rencontre furieuse entre les deu: bandes, celle des Roux d'une part, et celle des Brissau» de l'autre, eut lieu à cinq cents mètres de Saint-Étienne de-Saint-Geoirs, au mas des Serves, près du quartiei des Ayes, sur l'ancienne route de la Forteresse, rout appelée dans sa première partie la Vie profonde et, aprèj les Ayes, la Vie nove (via nova).

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