LA RÉCLAMATION DU COMMANDEUR
tîaires étrangères, qui en fit tirer sans désemparer une )uble copie, dont un exemplaire fut envoyé au comte ) Sartirane, ambassadeur sarde auprès de Louis XV, l'autre au chevalier de Chauvelin, ambassadeur du i de France auprès de la Cour de Turin. Un troisième :emplaire, agrémenté de mensonges nouveaux, fut Iressé par La Morlière au comte de l'Hospital, qui comandait à Voiron et qui avait été l'un des instigateurs 1 coup de main. A son tour l'Hospital retransmit ces détails authentiques» au ministre de la Guerre, qui les . parvenir à son collègue des Affaires étrangères, lequel i instruisit la cour de Sardaigne, laquelle se trouva nsi posséder des informations provenant de sources verses, des sources les meilleures, informations con- )rdantes : que si, après cela, elle s'avisait encore de 'étendre que des officiers et des soldats du roi de rance avaient opéré l'enlèvement des Mandrins et )mmïs /es brigandages de Saint-Genix-d'Aoste, c'était ie véritablement elle n'était pas de bonne foi. Le commandeur de Sinsan — la forme italienne du Dm est (t Cinzano » — était commandant et lieutenantinéral en Savoie pour le roi de Sardaigne. Il résidait à bambéry. Dès le 11 mai il écrivait à son collègue, le )mte de Marcieu, gouverneur du Dauphiné pour le roi e France :
« Monsieur, « L'attentat qui vient d'être commis par les troupes Jmniandées sur la frontière par M. de La Morlière, ce latin (11 mai), sur les terres du Roi mon maître, est 'une trop grande conséquence pour que je puisse me ispenger d'en faire part à la Cour (de Sardaigne), afin ue l'on prenne les moyens de remédier à un inconvéient auquel je n'avais pas lieu de m'attendre, par la élicatesse avec laquelle j'ai toujours cherché à entre-
tenir l'intelligence qui est nécessaire entre voisM Mais comme on a poussé la hardiesse à un point de violt non seulement les droits de souveraineté, mais enco d'enlever par violence des personnes qui doivent jeu de l'immunité que l'État d'un autre souverain leur pr cure, lorsque la rémission n'est point convenue, j' l'honneur de lui en faire part (à la Cour de France) p M. de la Fournache, mon aide de camp, persuadé qu'i attendant que me viennent les ordres de Sa Ma j est elle voudra bien donner incessamment les siens, poi prévenir toute violence contre les prisonniers qui ont é faits à Saint-Genix et à Rochefort, et les faire jouir c droit qui leur est acquis, comme ayant été arrêtés dai les États d'un autre souverain, jusqu'à ce qu'il en se ultérieurement décidé ».
Le comte de Marcieu, un vrai gentilhomme, de q les auteurs du coup de main se défiaient, n'était £ courant de rien. Stupéfait de la réclamation du coe mandeur de Sinsan, il demanda des éclaircissements £ Pont-de-Beauvoisin. En l'absence de La Morlièr parti pour Paris, Diturbide-Larre lui répondit :
« Tout ce que je puis vous dire, c'est que j'ai appr que la troupe des contrebandiers, qui habitent ordin^ rement Saint-Genix, avaient pris dispute ensemble po le partage des vols qu'ils ont faits dans leurs courses, « façon que les plus forts ont forcé les plus faibles à \ jeter en France, et, par événement, m'étant trouv avec partie de nos troupes, sur la frontière, j'ai ramas: Mandrin, quatre autres de ses compagnons, et fait fus- 1er cinq à six qui se sauvaient. Voilà, Monsieur, touti les circonstances, et c'est un coup du ciel que le hasal m'ait conduit du côté que ces gens-là fuyaient, i j'apprends quelque chose de nouveau et d'intéressai, j'aurai l'honneur de vous en faire part. »
On admirera particulièrement « le coup du ciel