Pierre Joigneaux, loc. cit
défendre le pays. Ce rôle de défense et de protection à main armée était une des raisons de ses privilèges et les avait jadis justifiés. Rien ne montre mieux, que l'histoire des expéditions de Mandrin, à quel point la noblesse s'était déclassée sur la fin de l'ancien régime, et la nécessité des réformes que la Révolution va réaliser. A Beaune, un tailleur et un huissier tombent en défendant les remparts ; tandis que les nobles s'étaient retranchés dans leurs hôtels. La bourgeoisie caustique ne laissa pas d'en faire des chansons : Sur F air : « Quand un tendron... »
Tant que notre noblesse vît
Les Mandrins par la ville, L'on prétend que la foire prit
A ce corps inutile; Mais à peine tous les brigands Battent-ils aux champs, qu'ils se montrent : Là! là! ho! ho!
Sur F air : « Des vapeurs... »
Messieurs, le beau sexe sans doute Redoute
Votre valeur; Il craint que votre compagnie N'essuie
Quelque malheur.
J'entends Climène qui soupire Pour son chevalier en danger :
« Amis, soutenez-moi, j'expire;
J'ai des vapeurs4! »
Mandrin s'était fait précéder d'une avant-garde. La troupe prit la route de Chalon par Chagny. Sur la gauche, la plaine s'étendait toute plate, comme infinie, blanche de neige ; mais sur la droite, ondulaient les collines précieuses