‹ MandrinChapitre 127 sur 266 · Relation du chapitre. Archives de la Côte-d'Or, G · texte numérisé non relu

Relation du chapitre. Archives de la Côte-d'Or, G

ânes de Beaune », rima les petits vers suivant où se retrouve bien sa manière :

Quand Mandrin

Un matin

Yint à Beaune, Vous eussiez vu du Beaunois

L'oreille à cette fois S'allonger de plus d'une aune.

Par le Stix,

Saint-Félix

Dit sans cesse Que, dans les besoins pressants, 11 n'avait vingt mille francs,

En caisse.

Cependant Mandrin le somme De lui compter cette somme :

Aussitôt

Le gros sot

Fait la quête.

La ville se cotisant, La somme se trouvant

Toute prête.

C'est bien fait :

Le beau trait

De prudence !

Contre le meunier enfin De l'âne un peu mutin, Qu'eût servi la défense?

Par argent,

S'en tirant

A merveille, Beaune se tira d'embarras, On ne lui tira pas L'oreille !

Deux jours après le départ de Mandrin, c'est-à-dire le vendredi 20 décembre, le guetteur, en faction vigilante sur le haut de la tour où sonnait l'horloge communale, signala des cavaliers sur la route d'Autun. Il était onze heures du matin.

« En trois minutes tout ce qui était sur la place, et dans le marché, fut enlevé, le prédicateur de PAvent demeura seul dans P Eglise, l'effroi était partout1. » C'étaient les dragons du roi.

Henri Clémencet, de qui la relation est utilisée par Pierre Joigneaux, rappelle — ainsi que le font les chanoines de Notre- Dame de Beaune, — les ce embarras » des bourgeois après le départ des Mandrins. Les grands saules, plantés dans les fossés et qui nouaient autour de la ville une ceinture verdoyante, furent abattus en une nuit, ce II était quatre heures du soir quand cet ordre fut donné : aussitôt les habitants du faubourg se mirent à couper les saules, et, le lendemain, au jour, il n'en resta pas un seul s. » Les « notables » avaient pensé que ces arbres étaient de nature à favoriser un nouveau coup de main. « On établit d'abord une garde à chaque porte de la ville. On fit venir un détachement decanonniers pour instrumenter les canons sur les différents bastions avec des fascines et des tonneaux pleins de terre. Il fut ordonné à tous les habitants de mettre des sacs à terre sur les fenêtres et d'avoir au moins dix coups de fusil à tirer. Il y eut des espions pour savoir ce que la troupe de Mandrin deviendrait. On ne faisait ni fêtes ni dimanches. On travaillait à élever des murs, à faire des redoutes, à rectifier des fossés*. »

De cette époque datent les lourdes grilles de ferqui défendent aujourd'hui encore, de bas en haut, les fenêtres des rez-de-chaussées, dans les vieilles rues de Beaune, et les portes massives.

A la noblesse des provinces aurait dû revenir, conformément aux traditions sociales de l'ancienne France, le soin de

1. Relation du chapitre de Beaune. Archives de la Céte-fOr, G 237».

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