‹ MandrinChapitre 142 sur 266 · Archives du Puy-de-Dôme · texte numérisé non relu

Archives du Puy-de-Dôme

3. Lettre de Montperoux, résident de France à Genève, au ministre des affaires étrangères. A. A. E., ms. Genève ôtt.

vingt ou trente paroisses, toutes de religionnaires; que, lorsqu'ils y arrivaient, ils tiraient leurs armes en l'air, pour marquer qu'ils s'y regardaient comme en sûreté1. »

C'est en effet de ce côté qu'il chercha refuge après la tempête. L'arrivée des Mandrins en Vivarais est encore signalée de Lyon, le 27 décembre, et plus tard par M. de Saint- Priest, intendant du Languedoc*.

L'itinéraire exact, que le capitaine général des contrebandiers suivit pour regagner la Savoie, est donné par le registre des délibérations de la communauté de Gex. On sait les rapports entre les contrebandiers, établis dans le nord de la Savoie et en Suisse, avec les habitants du pays de Gex, leurs voisins. Les indications fournies par le registre sont d'ailleurs confirmées par une correspondance adressée de Ghambéry, le 30 janvier 1755, à la Gazette de Hollande, qui l'inséra dans son numéro du 14 février suivant :

Du Vivarais, Mandrin passa en Provence, après avoir franchi le Rhône ; par le comté de Nice et le col de Tende il se rendit en Piémont et, par la route de Turin, il revint en Savoie, regagnant la frontière suisse, son point de départ. Le 24 janvier 1755, il était de retour à Carouge, au Liond'Argent, chez son fidèle ami Gauthier, où il trouva le repos, comme à la suite de sa dernière campagne, quand il était revenu blessé au bras après le combat livré dans la rue du Consulat au Puy \

Ses camarades le rejoignirent, sous des déguisements divers, par petites bandes, dont une seule fit parler d'elle,

1. Mémoire de l'intendant du Dauphiné, M. de Fontanieu, Bibl. nat. ms.

2. Lettre (3 janv. 1755) de M. de Saint-Priest, intendant du Languedoc. Archives de l'Hérault, C 1978.

3. Registre des délibérations de la municipalité de Gex, à la date du 3 mai 1755, Archives municipales de Gex. — Gazette de Hollande, n* XIII, 14 février 1755.

SIXIÈME CAMPAGNE 33a

en passant le Guiers vif, où elle tira sur un poste de huit hommes des volontaires de Flandre *.

Cette sixième campagne avait mis le comble à la renommée de Mandrin. Ses adversaires, eux-mêmes, parlaient de lui avec étonnement. Durant les six derniers jours qui avaient précédé l'affaire de la Sauvetat, il avait franchi avec ses compagnons plus de cent lieues, en plein hiver, dans des pays de montagnes aux sentiers perdus sous les neiges; souvent dans l'obscurité de la nuit, et dans le froid de la saison la plus rigoureuse qu'on eût jamais vue, un hiver plus, dur et plus froid que le fameux hiver de 1709 lui-même2.

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