Rapport de Georgy
4. La Morlière au commandant sarde du Pont-de-Beauvoisïn (Savoie), 10 févr. 1755. le Pont-de- Beau voisin (France). Arch. de la Savoie, série G.
5. Lettre de l'agent Georgy. A. G., ms. 3406, n° 81; — Montperoux à Rouillé, 9 avril 1755, Genève, A. A. £., ms. Genève 66, f. 313.
6. Passerat de la Chapelle au ministre de la guerre, 1» mai 1755, Ghàtillon-de-Michaille. A. G., m. 3406, n* 181.
Le docteur Passerat de la Chapelle, qui fréquentait en Savoie, écrit au ministre de la guerre : « Les contrebandiers sont favorisés des Savoyards, je veux dire qu'on en fait l'apologie dans de très bonnes maisons. On y vante les actions de Mandrin et on les met au niveau des traits du plus grand héroïsme. J'en ai été plus d'une fois témoin1. »
Ses dernières campagnes ont mis sur le front du jeune « capitaine » une couronne de lauriers. Il entre en relation avec les meilleures familles de Savoie; il est reçu sur le pied d'un commensal estimé et fêté par la plus haute noblesse, par M. de Saint-Albin de Vaulserre, président au Parlement de Grenoble, et beau-fils du comte de Marcieu, lieutenantgénéral en Dauphiné. M. de Saint- Albin, lui aussi, engageait des fonds dans ses « opérations » 2.
Le château de Saint-Albin s'élevait sur la frontière de Savoie, commandant un domaine à cheval sur Saint-Beron (Savoie) et Saint-Albin ou Vaulserre (France). Mandrin y séjournait fréquemment, logé au château, tandis que ses troupes campaient dans les communs ou les dépendances. C'est par le château de Saint-Albin que Mandrin faisait souvent passer sa contrebande en France, et, par Rives, Tullins, le bac de La Rivière, et, de là, par la rive gauche de l'Isère, par Romans, Bourg-de-Péage, Crest, Bourdeau, Dieulefit et Taulignan, jusqu'en Avignon.
M. de Piolenc de Thoury, président au Parlement du Dauphiné, — fils du premier président qui avait naguère, le 21 juillet 1753, condamné Mandrin à être roué vif, — aimait à lui faire les honneurs de sa table. Les magistrats de Chambéry l'estimaient et l'entouraient d'égards, non moins que leurs confrères de Grenoble.
1. Passerat de la Chapelle au ministre de la guerre, 26 mai 1755, Chatillon-de-Michaille. A. G.t ma. 3406, n* 268.