‹ MandrinChapitre 159 sur 266 · Lettre de Georgy, 5 avr. 1755. A. G., ma. 3406, n« SI · texte numérisé non relu

Lettre de Georgy, 5 avr. 1755. A. G., ma. 3406, n« SI

avait acquis le 25 à la foire de Romont, où il avait, en outre, passé un contrat avec un maquignon juif, Jonas Mayer, qui devait lui livrer à Nyon, pour le 15 mai, quarante « chevaux-dragons1 ». Il s'arrête à Carouge deux heures pour se rafraîchir 2 ; puis il franchit l'Arve au pont de l'Estambière et prend la route de Montmélian3. Le 4 mai, il est à Nyon, où il reçoit encore une livraison de vingt-cinq chevaux*.

Dès la fin du mois de mars, les Mandrins font passer de Suisse en Savoie les marchandises qu'ils y avaient accumulées. Dans la seule localité de Coppet, au pays de Vaud, ils avaient un magasin de trois cents quintaux de tabac. On les voyait ainsi, par bandes de dix ou douze, traverser le lac de Genève sur des barques où s'empilaient les bennes de tabac, les rouleaux d'indiennes et les caisses de montres et d'articles de Genève, puis tirer vers Saint-Jean-de-Maurienne1. Canonnier commandait une bande de vingt-cinq de ces déménageurs. Et c'est ainsi qu'ils parsemèrent la Savoie, depuis Aix jusqu'à la Maurienne, de leurs dépôts de marchandises destinées à la contrebande6.

Aussi bien, en attendant la nouvelle incursion, qui devait dépasser en importance toutes les expéditions précédentes, l'infiltration des marchandises de contrebande se poursuivait en France par les soins de Mandrin et de ses amis, exportation qui continuait d'être pour eux une source d'importants revenus7. Elle se faisait par des bandes de porte-cols,

1. Lettre du comte de Tavanes, 3 mai 1755, Dijon, A. G., ms. 3406, n° 186 ; — lettre du comte de Marcieu, 9 mai 1755, Grenoble, ibid.

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