‹ MandrinChapitre 160 sur 266 · Lettre de Georgy, 30 avr. 1755, Genève. Ibid · texte numérisé non relu

Lettre de Georgy, 30 avr. 1755, Genève. Ibid

4. Lettre de Georgy, 5 mai 1755, Genève. A. G., ms. 3406, n» 193.

5. Lettre de Montperoux, 23 avr. 1755. A. A. E.% ms. Genève 66, f. 314.

6. Le comte de Tavanes au ministre de la guerre, 20 mars 1755, Dijon. A. G., ms. 3406, n« 48.

7. Montperoux à Rouillé, 9 avr. 1755. A. A. £., ms. Genève 66, f. 313.

c'est-à-dire de contrebandiers à pied, qui chargeaient leurs ballots sur leur dos. Nos chefs contrebandiers y employaient leurs domestiques. C'est au cours d'une de ces expéditions que La Pierre, valet de Mandrin, fut pris. Il se nommait de son vrai nom Pierre Michel. Il était originaire de Beaurières, au diocèse de Die. Il avait déserté des volontaires de Dauphiné, où il servait en qualité de tambour. Il fut arrêté le

22 avril 1755, avec un chargement de tabac. Condamné par la commission de Valence, le 10 mai 1755, à être rompu vif, il fut exécuté le 16 mai suivant1.

Les contrebandiers faisaient également parvenir leurs marchandises par le Rhône, à des correspondants qu'ils avaient en France et qui se chargeaient de les écouler. Des barques dissimulées dans les vergnes des rives, les faisaient passer de Savoie en Bresse. A la hauteur de Culle en Bugey, les Mandrins avaient établi sur les rives opposées du fleuve des cordes avec poulies, soutenues par des perches en chevalet et tendues d'un bord à l'autre. A cet endroit, la berge est très escarpée du côté de la Savoie, et ainsi ils pouvaient faire glisser rapidement une quantité considérable de ballots jusqu'en terre française2.

Quelques chefs, indépendants de Mandrin, profitent dans ce moment du mouvement qu'il a créé, et de ce qu'il concentre sur lui l'attention des autorités, pour pousser en France des pointes audacieuses8. L'un d'entre eux, qui s'était fait connaître depuis plusieurs années et de qui il faut retenir le nom, Louis Cochet, dit Manot le Tailleur, ou la Liberté ou la Jeunesse, originaire de l'Entre-deux-Guiers

1. L'ilospital au ministre de la guerre, 22 avril 1755, Voiron. A. G., ms. 3460, n* 135. — Sentence contre P. Michel, dit La Pierre. Archives de la Drame, B 1304, f. 285.

2. Montperoux à Rouillé, 9 avr. 1755. A. A. E.9 ms. Genève 66, f. 313.

3. Moisson, subdélégué général & Grenoble, & l'intendant de Lyon»

23 avril 1755. A. G., ms. 3406, n« 143.

en Dauphiné, habitant des Echelles (Savoie), cherchait dans ce moment à donner à sa bande une extension nouvelle. On le nommait depuis peu « le Petit Mandrin » ou « Mandrin le Savoyard ». « Cet homme fait beaucoup de mouvement pour lever une troupe qu'il veut commander lui-même, écrit Saulx-Tavanes le 25 mars 1755. Il a déjà vingt hommes et il est très riche1. » Il avait trente-quatre ans, les yeux gris i fleur de tête, les cheveux châtain clair et lisses *. Il avait été blessé au talon dans un combat contre les brigades des Fermes. Manot ne marcha jamais avec Mandrin. Aussi bien, c'était un voleur et Mandrin n'aurait pas voulu de lui. A Rencurel, lui et ses gens « brisèrent et cassèrent les armoires, coffres et bureaux de différents particuliers pour y prendre l'argent et autres effets qui y étaient enfermés8 ». Procédés que notre chef de bande n'eût pas admis4.

A mesure qu'approchait le moment fixé par Mandrin pour son retour en France, les fausses nouvelles, auxquelles certes il n'était pas étranger, se répandaient pour dépister ses adversaires. Tantôt on disait que ses compagnons, las de sa domination, l'avaient rejeté et qu'il était errant de côté et d'autre * ; tantôt que, s'étant pris de querelle, à Saint- Jean-de-Maurienne, avec Saint-Pierre, son major, celui-ci lui avait cassé la tète d'un coup de pistolet1. Cette dernière nouvelle prit de la consistance. Des lettres affluèrent i

4. Lettre de Saulx-Tavanes, 23 mars 1755, Dijon. A. G.,ms. 5406, n* 54. — Lettre de Montperoux, 21 mars 1755. A. A. £., ms. Genève 66.

2. Signalement transmis au Sénat de Savoie, éd. J.-J. Vernier, Mandrin et les Mandr inities, p. 25.

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